Parmi les nombreux bouleversement induits par le digital et la dématérialisation de la musique qui en découle, il y a pour les groupes l'obligation de multiplier les sorties sous risque de tomber dans l'oubli. Parmi les rescapés des années 1990, Spain, le groupe mené par le chanteur bassiste Josh Haden, se plie tant bien que mal à la règle en rendant disponible au téléchargement nombre d'archives et de concerts. De ce flot émarge ce titre étrange, « Night Crawling », morceau fleuve au long cours, 15 minutes, presque un EP à lui seul qui permet au groupe de renouer avec un exercice (cf. « World of blue ») déjà pratiqué au temps de leur premier album (« The Blue Moods of Spain », 1995). Marquée par une manière de psychédélisme lent, cette longue mélopée atmosphérique et hypnotique est bercée par les accents mélancoliques du violon (joué par Petra Haden). Le chant n'intervient qu'à mi-parcours après une longue introduction. Un morceau long par lequel il convient de se laisser bercer avant de succomber à son charme vénéneux. Une réussite.
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jeudi 16 avril 2020
vendredi 17 juin 2016
Spain, Petit Bain, 14 juin 2016.
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| Josh Haden (c) Miriam Brummel |
Après maintes
péripéties et une fermeture pour cause d'inondation après les
pluies diluviennes de ces derniers jours, le Petit Bain (une péniche
sur la Seine, rappelons-le) a rouvert ses portes pour accueillir les
mythiques Spain mardi soir dernier. Du line-up des années 1990, ne
reste plus aujourd'hui que le bassiste /chanteur Josh Haden. Le
groupe se présente en formation serrée, un trio
guitare/basse/batterie en opposition à la configuration quatuor qui
a fait la gloire du groupe. Spain œuvre dans un genre répondant au
nom de slowcore, mais qu'importe les étiquettes, le nouveau trio est
profondément ancré dans les musiques telluriques étasuniennes. Le
jazz par atavisme familial (Josh est le fils du regretté et mythique
contrebassiste Charlie Haden) et le folk. Il est finalement logique
que l'intérêt du groupe se soit ensuite déplacé vers des genre
cousins comme le blues et la country qu'il mélange avec des sons
venus du rock et de la pop indé. Ainsi, un concert de Spain prend la
forme d'une ballade bucolique dans le patrimoine musical américain
ce qu'a retranscrit le concert du soir, alternant les passages
mélancoliques ("Ten Nights") et les brusques envolées de décibels. Passant d'un
genre à l'autre, le trio fait preuve d'une cohésion remarquable et
d'une maîtrise à toute épreuve (la version free de « World
of blue » assez différente de l'originale). Enfin, Josh a
ravit ses plus anciens fans piochant dans le répertoire des premiers
albums (« Nobody has to know », « Untitled #1 »)
pour le plus grand bonheur du public. Un chouette moment.
http://www.spaintheband.com/home
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https://twitter.com/spaintheband
mercredi 18 mai 2016
Spain : « Carolina »
Le temps de trois
albums magnifiques, à la lisière du jazz et de la pop indé, Spain
avait illuminé la fin des années 1990 avant de disparaître à
l'aube du nouveau millénaire. Puis ce fût un silence long de quinze
années avant que le groupe ne refasse surface à la surprise
générale. De la formation originale ne reste plus aujourd'hui que
Josh Haden chanteur/bassiste de son état et issu d'une sacrée
lignée musicale. Son père, le regretté Charlie Haden fût un
contrebassiste de jazz légendaire et ses sœurs, Petra et Rachel,
ont, quant à elles, œuvré au sein du groupe That Dog. Mais
revenons à nos moutons à savoir ce nouvel effort, le septième
disque du groupe. Après vingt et une années de carrière, il est
évident que notre homme Josh connaît son affaire et possède une
signature sonore, cette mélancolie latente charriée par la voix
traînante du chanteur et qui ne l'a jamais quittée. Pourtant ce
nouvel effort marque une nouvelle étape dans l'histoire du groupe
tout en restant fidèle à cette dernière. Délaissant les ambiances
jazzy nocturnes et enfumées qui avaient fait sa réputation Spain
évolue dorénavant sur un terrain plus acoustique, épris de
terroir, évoquant des musiques terriennes qui nous sont chères ici
comme le blues (« For You »), la country (cf.
« In my hour », « Battle of Saratoga »), ou le folk cette dernière composante faisant le lien avec le fabuleux album « I Believe » sorti
en 2001. Solidement écrit et composé, force est de constater que la
mue fonctionne, « Carolina » est un disque d'americana
d'excellente tenue et cela suffit amplement à notre bonheur du jour.
En concert le 14/06
à Paris (Petit Bain), le 15/06 à Bordeaux (Rock School Barbey) et
le 17/06 à Lille (Aéronef)
jeudi 19 avril 2012
Spain : "Untitled #1"
Puisque le groupe se reforme (enfin presque) et qu'un nouvel album est annoncé, le premier depuis 2001, il est certainement temps de se faire un petit revival. Voici le groupe en live à Nulle Part Ailleurs en février 1996. Toujours aussi magique...
www.spaintheband.com
lundi 22 septembre 2008
Spain


L’un des groupes dont je regrette le plus la disparition est sans conteste Spain. Apparu au mitan des années 90, originaire des Etats-Unis, sans que l’on sache exactement d’où, le quartet Spain était mené par le bassiste/chanteur Josh Haden, une personnage qui mérite que l’on s’arrête un petite seconde. Elevé dans une famille musicale à l’extrême, Josh est le fils de Charlie Haden, un contrebassiste de jazz assez célèbre et le frère de Petra et Tanya Haden qui se sont illustrées un temps avec le groupe indé That Dog. Spain, groupe indépendant, a trouvé de suite un créneau peu usité entre rock et jazz. C’est une filiation entre le père Charlie et le fils Josh qui s’établie, une même fascination pour le silence (pas forcément incompatible avec la musique) où, la note silencieuse est aussi importante que celle qui sera finalement jouée. Spain proposait un univers très marqué, la bande son d’une nuit d’insomnie, enfumée et d’une soirée que l’on finira, encore une fois, seul. Les pochettes étaient toujours évocatrices et superbes, j’ai un faible pour celle du premier disque « The blue moods of Spain », démonstrations graphiques d’un univers hiératique, codifié à l’extrême, et d’une certaine manière, une invite à la lenteur et à la paresse. Peut-être une vision de l’Espagne rêvée, fantasmée ou un hommage au « Sketches of Spain » de Miles Davis. Sur scène, Josh Haden parlait peu, bougeait encore moins, se contentant de battre la mesure du pied, mais chantait les yeux fermés, vivant intensément ses textes et sa musique, quelque part c’était beau et émouvant. Des trois albums de Spain, il n’y a rien à jeter, aucun déchet. Les deux premiers « The blue moods of Spain » et « She haunts my dreams » sont sans conteste les plus jazzy, le deuxième ayant été enregistré à Stockholm avec l’aide du trio d’Esbjorn Svensson, qui nous a quitté récemment. Sur le troisième et dernier disque « I Believe », Spain, délaisse un peu le jazz du début pour un folk d’ambiance proche, dans l’esprit, de Nick Drake. Hélas, en septembre 2001, un peu avant un concert prévu au divan du monde, Spain a annoncé sa séparation aussi soudaine qu’abrupte, alors que l’album « I Believe » venait de sortir. Depuis peu de nouvelles de Josh Haden qui a refait surface l’année dernière avec un album solo, dont on reparlera bientôt. Il aurait également remis Spain sur les rails avec de nouveaux musiciens. Espérons que tout cela effacera la sensation d’inachevé donnée par leur séparation.Spain : Untitled #1 (The Blue moods of Spain)
Spain : Make your body move (I Believe)
Spain : Before it all went wrong (She haunts my dreams)
Spain : Nobody has to know (She haunts my dreams)
http://homepage.mac.com/jhaden/Menu1.html
http://www.saghaug.no/spain/
Spain : Everytime i try
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