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vendredi 13 mai 2011

Greg Zlap : Air


Harmoniciste réputé sur la scène française, Greg Zlap a été choisi par Johnny Hallyday pour l’accompagner lors de son tour 66. C’est d’ailleurs sur la route, entre scènes immenses et chambres d’hôtels, que ce nouvel effort, son sixième déjà, a été composé. S’interrogeant sur les fondements de sa vocation, Greg est arrivé à la conclusion que derrière l’harmonica, ce petit instrument en ferraille, il n’y avait finalement que du souffle et donc de l’air (cf. le titre de l’album). Cette ligne directrice se tient tout au long du disque, que ce soit dans les titres (The wind is rising, O2, Oxygen, Sit down and breathe, Where the wind blows), ou dans le choix de l’instrumentation. En effet, toutes les parties d’orgue ont été remplacées par de l’accordéon (un autre instrument à vent) et certaines compositions ménagent un peu d’espace pour l’intervention d’une section de cuivres. Ce qui ne manque pas de donner parfois des résultats étonnants à l’image du duo harmonica/trombone « O2 » ou de « Sit down and breathe » où Greg assure tous les instruments, soit des harmonicas et du rythme. D’une manière générale, l’album est empreint de légèreté, où l’harmonica de Greg vole d’une note à l’autre. Ce disque voit également Greg renouer avec sa langue natale, le polonais, sur « Niech Poplyna Lzy » où le blues tâte le tréfonds de l’âme slave. En dehors de ces expérimentations, on se retrouve en terrain connu, dans un disque de blues, parfois teinté d’ambiances western rappelant l’album « road movies », où les guitares et dobro se taillent la part du lion. C’est enfin avec plaisir que l’on retrouve le vocaliste/guitariste anglais Ian Siegal et son timbre de voix si particulier, qui avait déjà fait une apparition d’anthologie sur l’album précédent de Greg, le temps de « The wind is rising ». Un album joué avec passion et libre comme l’air.

En concert le 10 juin à l’Alhambra (Paris)

www.gregzlap.com

samedi 19 décembre 2009

Greg Zlap, Le Café de la Danse, 18 décembre 2009.



La soirée a commencé avec une magnifique, mais hélas trop courte, première partie assurée par le duo Mathieu Pesqué, guitare acoustique + voix, et Roll Pignault, sosie de Bruce Springsteen jouant de l’harmonica. Malgré leur jeune age, les deux Palois jouent le blues avec la maturité des grands anciens. Mathieu tire de sa guitare acoustique, jouée en slide et posée sur les genoux, des sonorités très pures, très roots. Sa voix a beaucoup de grain. C’est beau. On est transporté.

13 mois après sa dernière venue, Greg Zlap fit son retour dans sa salle fétiche du Café de la Danse pour présenter son nouveau projet. Le groupe est légèrement remanié, on reconnaît entre autres Damien Cornelis, aux claviers, que l’on avait pu écouter auparavant avec les excellents Blues Power Band. Ce nouveau projet donc s’articule autour des notions d’air et de souffle, car comme le dit Greg, « l’harmonica et la voix ce n’est que du souffle », et donc pour poursuivre cette théorie, quiconque respire peut jouer de l’harmonica. Et puisqu’il est question de « jeu » la notion de plaisir n’est jamais bien loin. Et pour jouer, ça a joué et particulièrement bien, ce vendredi soir. Un solo de basse énorme et funky, un autre, de batterie inoubliable, l’auteur Toma Milteau est un spécialiste en la matière, le guitariste, Eric, impeccable du début à la fin et le clavier Damien, toujours aussi bon. Ne manque plus que notre homme Greg, aux solos d’harmonica inspirés et chanteur à la voix de plus en plus assurée. Entre les musiciens ça chauffe, mais dans le meilleur sens du terme et Greg n’est pas le dernier à exhorter ses compagnons de jeu à repousser un peu plus loin les limites. Un concert de blues qui respire la joie, ce n’est pas incompatible. D’un point de vue strictement musical, j’ai l’impression que le groupe s’oriente vers des sonorités plus rock, ce n’est pas fait pour me déplaire. Parmi les invités, le slammeur D’ revenu faire un numéro déconseillé aux âmes sensibles sur le thème « I am the blues ». Et enfin n’oublions pas les deux compères de la première partie, revenus taper le bœuf ce qui accouchera d’un duel d’harmonicas entre Roll et Greg, un de ces moments magiques comme seul le live peut en procurer. Le spectacle se terminera avec « Oxygen » en forme de bouffée d’air frais pour bien terminer cette année de concerts.
www.myspace.com/gregzlap
www.myspace.com/mathieupesque2roll

dimanche 9 novembre 2008

Greg Zlap, le Café de la danse, 3 novembre 2008.


C’est un café de la danse plein comme un œuf qui a accueilli Greg Zlap et son groupe pour un concert malheureusement unique, un mois après la sortie du dernier album du Monsieur, road movie(s). Le silence se fait dans la salle alors que le batteur Toma Milteau, s’installe derrière son kit et commence le concert en solo. Les musiciens arrivent un par un, piano, guitare, basse. Lorsque Greg et son harmonica déboulent le premier morceau « Wedding Theme », le mariage du blues et du cinéma, est déjà bien entamé. Vient ensuite la reprise du thème « l’homme à l’harmonica » extrait d’ « il était une fois dans l’ouest », Greg arbore alors un chapeau de cow-boy du plus bel effet. Greg nous promet un voyage (immobile) sur les routes du blues et du cinéma, et on n’a pas été déçu, des surprises il y en a eu. Tout d’abord la version live de « Who’s gonna take my damn soul », nettement plus musclée en live et qui prend des allures d’ « Honky tonk woman » des Rolling Stones. Le batteur Toma Milteau est énorme, cogne mais avec finesse, le juste équilibre entre puissance brute et feeling. A voir ses cymbales virevolter dans tous les sens comme emportées une vague qui déferle sur le sable, on en aurait presque le mal de mer. Vint ensuite le premier invité et le premier choc culturel de la soirée lorsque Nono, le guitariste de Trust vient taper le bœuf. On n’a pas vraiment l’habitude de le voir s’aventurer sur ces « terres bleues », mais ça vaut le coup d’être entendu comme le précise Greg, il n’est pas « antisocial » et joue avec « beaucoup de feeling ». Preuve de l’éclectisme de Greg Zlap l’invité suivant est encore plus surprenant, le slammeur D. Le deux hommes attaquent une composition inédite en duo voix/harmonica. C’est très intéressant ce lien entre slam/rap et blues qui se fait sous nos yeux. D a un physique assez impressionnant, grand, baraqué, dreadlocké et couvert de tatouages. Mais c’est surtout sa voix qui est marquante, grave et comme venue d’outre-tombe, soyons honnête, les âmes sensibles sont priées de s’abstenir. Le concert s’achève dans la liesse, le groupe faisant entonner à la salle entière le refrain de « Long way home », le Café de la danse se transforme alors en une église de Harlem, la fosse prend des airs de chorale gospel. Pour un voyage, s’en fut un beau…
www.myspace.com/gregzlap

dimanche 26 octobre 2008

Greg Zlap : Road Movies


L’harmoniciste Greg Szlapczynski a accompagné le gratin de la chanson française, Johnny Hallyday (en quête de crédibilité blues), Charles Aznavour etc… Comme artiste solo, il a sorti quatre albums et pour ce cinquième opus, il effectue un retour au blues assez spectaculaire avec 24 images secondes en toile de fond. Comme un résumé de son existence (il est né a Varsovie et a grandi en Pologne), le disque s’intitule « Road movies » et son écoute est une sorte de voyage immobile, une projection cinématographique. Outre ses propres compositions Greg reprend ici les thèmes de « Paris, Texas », « Calling you » (Bagdad Cafe), « Ascenseur pour l’échafaud » et « Mo’Better blues » (de Spike Lee). Parmi ses compagnons de voyage, on note la présence du chanteur/guitariste Ian Siegal, une voix extraordinairement « blues », un petit quelque chose de Calvin Russell dans le fond de la gorge. Son chant fait des merveilles sur « Moon River », très Tom Waits dans l’esprit, « Now i am the blues », aux paroles assez marquantes, « Who’s gonna take my damn soul » et la très courte mais intense « Knocking on devil’s door ». Autre grande réussite « Wedding Theme » qui ouvre et ferme l’album comme un western. Quand Ian Siegal est en congé, c’est Greg lui-même qui prend en charge le chant, avec bonheur, sur « Sleepless nights », « The right spot » et « Long way home ». Route désertique, poussière, cactus et soleil de plomb sont les visions procurées par ce disque qui confirme la bonne forme de la scène blues Hexagonale. Maintenant, il ne manquerait plus qu’elle se fasse enfin entendre…
www.myspace.com/gregzlap

Greg Zlap : « Who’s gonna take my damn soul »


Greg Zlap : « Knocking on devil’s door »