Affichage des articles dont le libellé est Django. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Django. Afficher tous les articles

samedi 11 novembre 2017

The Amazing Keystone Big Band : « Django extended »



Big Band, à géométrie variable, composé de 17 musiciens, The Amazing Keystone Big Band fait régulièrement le lien entre classique et jazz ce qui a donné ces dernières d'étonnantes relectures des œuvres de Prokofiev (« Pierre et le loup et le jazz ») ou Camille Saint-Saens (« Le carnaval jazz des animaux »). C'est d'ailleurs lors d'une représentation de ce dernier projet, au Parc Floral en Août 2016, que l'on avait eu vent pour la première fois de ce nouveau projet autour de l’œuvre de Django Reinhardt. Le grand mérite de ce nouvel album est de propulser la musique du guitariste manouche dans une autre dimension, celle du big band et des cuivres. Qui dit jazz manouche dit guitare (forcément!), violon, contrebasse ; un jazz sec et nerveux, souvent ultra-rapide. Bien loin de la luxuriance d'un groupe étendu et de la puissance dégagée par ses vents. Ainsi l'album se révèle très varié, nous réserve quelques belles parties d'une guitare virtuose (cf. « Djangology ») Thomas Dutronc est de la partie, et quelques moments down-tempo (« Troublant Boléro ») ; la version proposée du tube « Nuages » proposant une belle synthèse de la démarche du groupe, des cuivres totalement free prenant le relais d'un violon attendu (et joué pour l'occasion par Didier Lockwood). Et puis, sur une grande partie du disque, les instruments à cordes typiques du jazz manouche sont totalement absents propulsant les compositions archi-connues et rabâchées (« Minor Swing ») dans un territoire totalement inconnu. A noter enfin « Rythme Futur », une composition assez obscure du guitariste exhumée pour l'occasion et livrée dans une version abstraite et baroque. 

En concert à Paris (Salle Pleyel) le 10 mars 2018.
https://www.keystonebigband.com/
https://fr-fr.facebook.com/keystonebigband/



mercredi 26 avril 2017

Rosenberg Trio : « Django – Bande originale du film »


Cette semaine, les mélomanes ont, aussi, rendez-vous dans les salles obscures ! Accompagnant le biopic de très bonne facture sorti ce mercredi (chronique du film ici), la bande originale par le Rosenberg Trio est, elle aussi, d'excellente tenue. Spécialiste de l'idiome jazz manouche, le groupe, formé à la fin des années 1970, se réapproprie ici le répertoire du guitariste avec tout le respect que l’œuvre originale mérite. Cependant, loin de se contenter d'une simple copie, certes classieuse, le Rosenberg Trio réussit a poser une patte personnelle sur le répertoire. Toute la différence se trouve dans l'exécution. Grâce à un jeu survolté, les compositions retrouvent ici une nouvelle jeunesse, les musiciens réussissant la prouesse d'apporter une dynamique contemporaine aux pièces sans pour autant les dénaturer. Résultat : l'ensemble pulse et swingue sur un rythme infernal faisant frissonner l'auditeur. Le répertoire est quant à lui varié passant du jazz à la chanson (« Mélodie au crépuscule ») en faisant un petit détour par la musique traditionnelle tzigane (« Mer Ham Sinti »). Enfin, le disque se termine avec « Lacrimosa song », composée par le réalisateur Etienne Comar et Warren Ellis (The Bad Seeds) inspiré par le Requiem composé par Django, la seule incursion du guitariste dans la musique classique, joué une seule fois et dont les partitions ont été en partie perdues depuis. Cet album constitue le plus bel hommage à la musique de Django entendu depuis des lustres.

jeudi 6 avril 2017

Django d'Etienne Comar



Dans la première scène où il apparaît, Django Reinhardt (Reda Kateb) pèche au bord de la Seine puis s'en suit une longue scène, enfiévrée, de concert. En deux séquences, le réalisateur Etienne Comar a défini son personnage. « Son » Django est un type un peu sauvage, un peu solitaire, cherchant à tout prix à maintenir son lien avec la nature et entretenant un rapport quasi fusionnel avec la musique et sa guitare. En inscrivant son récit dans un contexte historique bien particulier, celui de l'Occupation de 1943, Comar drape son film d'un voile anxiogène, installant une tension qui ne disparaît jamais tout à fait et perceptible dans le jeu inquiet de ses interprètes. Django n'est donc pas tout à fait un biopic, mais un récit à moitié romancé (le personnage de Louise de Clerk incarné par Cécile de France est totalement fictif et ressemble à une synthèse des différentes femmes fréquentées par Django) empruntant aux codes du thriller et des films de guerre et d'espionnage. Dans ce contexte, la musique apparaît comme un refuge de joie et de bonheur à l'image de Django se saisissant de sa guitare dès que le besoin de réconfort se fait sentir. Mais le jazz est, aussi, une source de frustration terrible à l'énoncé des règles ridicules édictées par les dignitaires nazis (le blues est interdit, les solos ne doivent pas dépasser les sept secondes) où lorsque ces mêmes nazis interrompent brutalement un concert estimant que « cette musique rend fou ». Django nous conte donc l'itinéraire du personnage durant une période somme toute assez courte, un parcours entamé sous les vivas de la foule d'une salle de concert pleine comme un œuf et qui se termine par une cavale, éperdue et solitaire, seul dans la neige, la guitare sous le bras, ledit instrument se brisant dans la panique ambiante. D'une facture assez classique, mais élégante, Django est porté par le talent et le jeu fiévreux et subtil de Reda Kateb qui s'impose comme une évidence dans le rôle titre.

Sortie le 26 avril.