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dimanche 4 janvier 2009

Ben Folds : « Way to normal »


Trois ans après un album, « Songs for Silverman », plutôt orienté ballades, le pianiste Ben Folds (voir mon post du 26 novembre 2008 ) est de retour avec un nouvel opus nettement plus expérimental. On sent tout de suite la différence dès le premier morceau « Hiroshima » où le piano est tellement trafiqué que l’on a l’impression d’écouter Depeche Mode version synthé vintage, impression encore renforcée sur « Free Coffee ». Ce nouveau disque est également plus rock, toujours sans guitare mais avec piano, « Dr Yang », « Errant Dog » bourrinnent (trop ?) à tout va. La grande réussite du disque est à mon sens, « You don’t know me », le duo avec Regina Spektor, où Folds fait montre d’un talent d’orfèvre pour tailler ce petit bijou pop irrésistible. Folds fait toujours preuve de beaucoup d’humour dans ses paroles (« Bitch went nuts ») irrésistibles. Sinon entre autres réussites, il n’y a guère que les superbes ballades mélancoliques « Cologne » et « Kylie from Connecticut » qui ressemblent au Folds d’avant, celui de « Brick ». Folds a toujours été un personnage un peu à part sur la scène rock indépendante US. Il le prouve une fois de plus avec cet album inattendu mais pas, loin s’en faut, dénué de qualités.
http://www.benfolds.com/

mercredi 26 novembre 2008

Ben Folds, le Trabendo, 24 novembre 2008.


Ce concert là, longtemps je l’ai attendu. La dernière visite de Ben Folds, remonte à 1999 à l’Elysée-Montmartre à l’époque il était encore le leader du Ben Folds Five. Je ne l’avais pas vu à l’époque et depuis j’espérais en vain de vivre ce moment, déçu à chaque nouvel album de constater que ses, rares, tournées européennes évitaient toujours l’Hexagone. Visiblement je ne suis pas le seul, à voir l’ovation que lui a réservé la salle à son entrée sur scène. Ben à l’air à la fois ahuri et ravi un immense sourire lui barrant le visage d’une oreille à l’autre. J’ai alors l’impression de vivre un moment rare et privilégié en compagnie d’une (quasi) légende vivante. Petite contrariété cependant, le Trabendo ne me paraît pas l’endroit le plus adapté pour ce concert. Même de la fosse on ne voit pas quasiment pas Ben assis derrière son piano. Ce qui est tout de même frustrant quand on a attendu un artiste pendant aussi longtemps. Cependant les choses s’arrangeant au fil du temps, on a pu se rapprocher au fur et à mesure que les premiers rangs quittaient la fosse. Ben Folds a attaqué son concert par trois titres en mode piano solo : « Zak and Sara », « Fred Jones part 2 » et « The Luckiest ». Folds a un sacré sens de l’humour : « Mon groupe s’est perdu, le taxi les a largué et ils ne savent absolument pas où ils sont… ». Vaste plaisanterie, le groupe en question, basse et batterie, claviers additionnels et percussions sur certains titres faisant son apparition dès le quatrième titre. Changement d’ambiance radical, on assiste alors à un vrai concert de rock, sans guitare, c’est assez rare (mais pas tant que cela finalement) pour être signalé. Le volume me paraît démentiel, et je suis bien heureux d’avoir mes bouchons, sans lesquels je pense que j’aurai fini avec des acouphènes. D’ailleurs je trouve que le bassiste et le batteur bourrinnent un peu trop pour mon goût personnel, à plusieurs fois l’ensemble bascule dans un maelström indescriptible et invraisemblable. Ils ont joués de larges extraits du nouvel album « Way to normal » (on en reparle bientôt, n’arrivant pas à me procurer ledit opus, j’ai en désespoir de cause attendu le concert pour l’acheter), notamment les excellentes « You don’t know me » et « Kylie from Connecticut » et quelques « fake songs » ; le dernier canular de Ben en date. Avant la sortie du nouveau disque, Ben a enregistré de nouvelles chansons portant les mêmes titres que celles figurant sur l’album, mais différentes. Ils les ont ensuite posté sur internet et ont trompé tout le monde qui pensait écouter le nouvel opus. Il y a donc 12 nouvelles chansons de Ben Folds sur le disque et une poignée d’autres (avec les mêmes titres) qui se baladent dans la nature, sur la toile. Mais le dindon de la farce est peut-être bien Ben Folds lui-même puisqu’il paraît que les fans préfèrent les « fausses » chansons… Le moment le plus expérimental a probablement été « Hiroshima » ou Ben trafique son piano avec un espèce de boîtier (j’ai oublié le nom mais il paraît qu’aux Etats-Unis on s’en sert pour remplacer la brosse à dent) posé sur les cordes de l’instrument. Rajoutez là-dessus une pédale de distorsion et le piano ne sonne plus du tout comme un piano, la première image qui me vient à l’esprit (un peu rapidement peut-être) est celle de Depeche Mode. A la fin du set, Ben s’adresse à l’audience : « Comme je ne viens pas très souvent on va passer la formalité de quitter la scène et attaquer de suite les rappels ». On a viré alors en pleine nostalgie avec les titres de l’époque Ben Folds Five : « Army » (la foule remplace spontanément les cuivres pour le plus grand plaisir de Folds), "Kate" et « One angry dwarf and 200 solemn faces » la fosse danse en plein délire. Le concert s’achève avec « Not the same ». C’est alors le public qui chante, Ben Folds dirigeant la manœuvre tel un chef d’orchestre, avec encore quelques plaisanteries à la clef. Y’a plus qu’à espérer que sa prochaine visite n’aura pas lieu lors de la décennie prochaine.
http://www.benfolds.com/
Ben Folds five : Army (live 1999)
Ben Folds Five : "Kate"