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jeudi 9 avril 2020

Louis-Jean Cormier : « Quand la nuit tombe »



Voix, hélas, confidentielle de ce côté-ci de l'Atlantique mais immense star dans son Québec natal (il a été juré de La Voix version québécoise de The Voice c'est dire le niveau de notoriété du bonhomme) Louis-Jean Cormier a été le leader de Karkwa, un groupe un peu vite catalogué comme le « Radiohead francophone ». De fait, Louis-Jean (en groupe ou en solo) a, surtout, toujours cherché à recréer une sorte d'emphase qui emporte sa musique vers des hauteurs progressives, sans pour autant développer une obsession particulière pour les années 1970. C'est toujours le cas avec ce nouvel album qui se distingue par l'absence totale de guitare, instrument qui caractérisait sa musique jusqu'ici et particulièrement durant sa période « folk » en solo. Car on a fini par l'oublier mais le piano est bel et bien l'instrument qui a vu Louis-Jean entrer en musique, 88 touches avec lesquels il renoue sur ce nouvel effort. Le résultat est à la fois plus intime, personnel (le magnifique blues « Croire en rien ») et engagé, marqué à la fois par le décès de son Père ou le racisme touchant sa compagne (« Les poings ouverts » incartade au bonheur incertain en territoire slam/rap). Cependant l'artiste n'a cependant pas abandonné son ambition progressive (cf. « Je me moi » ; « Ravin ») remplaçant les six cordes par des synthés (tenus par François Lafontaine, son ancien compère de Karkwa) à l'étrange stridence électro (« Face au vent »). Un album de très haute tenue évoquant la vie comme un parcours semé d’embûches, à l'instar de son titre d'ouverture « 100 mètres haies ». 

https://www.louisjeancormier.com/
https://www.facebook.com/LouisJeanCormierOfficiel/
https://twitter.com/louisjean_solo

dimanche 18 décembre 2016

Louis-Jean Cormier : « Les Grandes Artères »



Ancien leader de Karkwa, souvent décrit comme le Radiohead francophone, Louis-Jean Cormier est une célébrité dans son Québec natal. A telle enseigne qu'il est membre du jury de ce que nos cousins Québecois appellent « La Voix », l'émission que nous désignons, en bon français, « The Voice ». Son deuxième album en solo, voit Louis-Jean débarquer en France. Comme souvent au Québec, Louis-Jean Cormier est à cheval entre plusieurs cultures, francophone en Amérique du Nord, au croisement des cultures. C'est un peu un résumé, de l'album, étonnant par sa diversité, partant parfois dans des directions étonnantes. De Karkwa, il reste un certain sens de l'emphase, une sorte de grandeur musicale qui se fait jour au travers d'arrangements ambitieux et alambiqués sans toutefois tomber dans la surenchère maladroite (« Vol plané »). Mais à côté de cela, « Les grandes artères » est également un album de chansons aux textes justes et émouvants (cf. « J'aime mieux rêver que de voir sans y croire » in « La fanfare » ; la sublime « Faire semblant » ; « Traverser les travaux ») dont les contours acoustiques se parent d'atours folk (« Le jour où elle m'a dit je pars » ; « Jouer des tours ») et country, banjo à l'appui (« Tête première », « Traverser les travaux »). Dans ce contexte la reprise de « Complot d'enfants » (Félix Leclerc) fait office de lien entre les différents univers et de figure tutélaire. Un excellent disque qui sort enfin en France, ça n'a l'air de rien dit comme ça, mais c'est une très bonne nouvelle.
En concert le 16 mars 2017 à Paris (La Maroquinerie)