Sorte de multinationale du rock
(chanteuse anglaise, batteur suédois,
guitariste français) White Crocodile fête en grande pompe la sortie
de son premier album The Stranger. Comme l'affirme la chanteuse
Julie : « Ce soir le crocodile sort des égouts » !
Pour l'occasion, la petite salle de la boule noire, dont le charme
cabaret rétro leur va comme un gant, a été redécorée par le
quatuor avec moult sculptures de dragons et des lampes en forme de
bouquets de fleurs ; tout un décorum a été mis en place pour
traduire sur scène l'univers frappadingue de White Crocodile et
affirmer encore un peu plus l'identité visuelle du groupe. Plus
qu'un concert on assiste à un spectacle rock avec changement de
costumes voire de masques (presque aussi laids que ceux de Slipknot)
en ce qui concerne le batteur et une voix off intervient plusieurs
fois pour narrer le fil de l'histoire (qui reste malgré tout un peu
obscur pour l'auteur de ces lignes). Sur scène, White Crocodile fait
péter les potentiomètres par une décharge d'énergie pure en
dignes héritiers de la scène punk (« Restless »), bien
aidé en cela par le guitariste Julien Omé, impressionant d'un point
de vue rythmique (« Big City »). Le batteur Erik Manoury
se distingue par son kit de batterie customisé par ses soins, sa
complémentarité avec le bassiste Mathias Fédou apporte au groupe une
dose de groove élevant le groupe bien au-dessus du tout venant punk.
Particulièrement charismatique, Julie nous fait un grand numéro de
charme et assure le show. Ah c'est sur qu'on la suivrait les yeux
fermés quand elle nous sussure, allongée sur le dos, « Oh oui
oh mon Chéri viens avec moi oh oui je t'adore» au milieu de « Je
t'aime l'amour » et on irait même en sa compagnie jusqu'à
« Santa Fe » où il fait, selon elle, « chaud ».
Sacré personnage que cette chanteuse, balançant à tire larigot des
poignées de faux billets en hurlant « where is the fucking
money » ! Parfois, Julie joue de la grosse caisse, prenant
le soin de recouvrir l'instrument de confettis au préalable,
provoquant un mini feu d'artifice. Entre la scène recouverte de
confettis et le sol de la salle jonché de faux billets, la boule
noire ressemble à un foutoir sans nom une fois la tornade White
Crocodile terminée... Les femmes de ménage vont avoir du boulot !
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vendredi 17 avril 2015
mercredi 8 avril 2015
White Crocodile : « The Stranger »
Premier album pour White Crocodile dont
on avait évoqué l'ep l'année dernière. Si les influences cabaret
de l'ep précédent semble avoir été remisée sur ce disque, White
Crocodile continue de nous captiver grâce à la diversité
d'influences dont se teinte leur crête punk. On embarque dans
l'album avec la bien nommée « One way ticket », morceau
plutôt calme en apparence mais à la violence soujacente, rentrée.
Un peu à l'image de l'univers de White Crocodile fait de faux
semblants subtils, comme autant de niveaux de lecture différents.
« Santa Fé » nous transporte dans un western spaghetti
de pacotille alors que « Le Crocodile Blanc » nous
entraîne en plein trip psyché (Julie dans le rôle de la prêcheuse
possédée). La face la plus expérimentale du groupe. On retrouve
sur cet album trois titres qui nous avaient régalés sur l'ep :
« Big City », « Restless » (gros son
rock/punk classique et efficace) et l'acoustique crépusculaire de
« The Walker ». Entre autres réussites marquantes citons
la mélancolie de « Loneliness » et de « Sleepless
Tango » cette dernière rappelant le son cabaret de l'ep (grand
numéro de charme de Julie). Au terme des onze titres, il apparaît
que White Crocodile se moque des genres et des écoles et aborde des
styles différents qu'il arrive à faire sien à chaque fois grâce,
entre autre, au charisme de la chanteuse anglaise Julie Biereye dont
la voix puissante personifie les différentes incarnations du groupe.
Saluons également le bilinguisme de Julie qui fait l'effort de
chanter en français sur quatre titres. Un disque bigarré, barré,
gentiment bordélique à l'image de sa pochette.
En concert à Paris (la boule noire) le 14 avril
www.facebook.com/whitecrocodile1En concert à Paris (la boule noire) le 14 avril
dimanche 8 juin 2014
White Crocodile : « Je t'aime l'amour »
En matière de punk, ce sont bien
souvent les groupes déviants, ceux qui partent rechercher
l'originalité dans d'autres influences, qui se révèlent les plus
intéressants. Ainsi en va-t-il de White Crocodile, une alliance de
musiciens anglais, américains, suédois et français, parti
rechercher de la fraîcheur dans le cabaret Berlinois. L'EP commence
avec « Je t'aime l'amour » qui n'est pas sans rappeler
les Doors lorsque ceux-ci s'attaquaient au répertoire de Brecht (cf.
« Whisky Bar »). L'EP s'écoute comme un carnet de voyage
qui se poursuit ensuite du côté des Balkans avec « Different
roads » grâce à un accordéon inspiré. « Big City »
et l'excellente « Restless » sont plus classiquement
rock et jouent la carte du gros son rageur mené tambour battant sur
une rythmique d'enfer. Cette livrée de cinq titres se termine avec
« The Walker », morceau plus acoustique mettant en avant
des influences country/blues. On retrouve en White Crocodile ce que
l'on aime tant chez les Bellrays et naguère sur les premiers albums
des Noisettes ou de Gossip, un groupe furieux mené par une
chanteuse, l'anglaise Julie Biereye, à la forte personnalité
vocale. Une voix qui à elle seule transcende la musique pour
l'emmener vers un ailleurs radieux. Ce qui fait la différence avec
le tout venant rock. Une formation à suivre en attendant la sortie
de l'album prévue pour novembre 2014.
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