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samedi 5 juin 2010

Audition MJC 5 JUIN 2010.




Cette année, ça commençait plutôt mal notre petite affaire annuelle… Tout d’abord, il y a cette crève qui me laisse sur le flanc depuis deux jours. J’aurais préféré être en pleine forme. Ensuite, il y a l’ampli de basse qui nous a laissé sur le flanc. Et enfin, la basse vintage d’Alain a attendu jeudi dernier pour tomber en panne, lors de notre dernière répète avant l’échéance. Et puis, sur un plan plus personnel, j’ai une grosse pensée pour mon ami Rob qui, j’en suis sur, aurait adoré chanté avec nous… C’est d’ailleurs à lui que je pense alors que je prends ma place derrière le kit de batterie. Cette année on attaque avec « All your love », une reprise de John Mayall. Comme d’habitude dans la petite salle qui nous est allouée par la MJC, pas vraiment faîte pour les concerts, le son est horrible, le moindre coup de caisse claire tourne dans l’air et résonne de partout, je suis donc obligé de jouer avec le frein à main. Et avec cette chaleur, j’ai les mains moites au point d’avoir les baguettes collées aux doigts. Cette année j’assure !!! Non, non, je vous jure, c’est pas pour me vanter. Mais je sens les progrès, j’ai eu un déclic un peu plus tôt. L’année dernière, je me tapais des angoisses pas possibles, au moindre break avec la peur au ventre de rater le tempo. Là, pas de souci et que je me tape mes doubles croches, un deux trois quatre, en veux-tu, en voilà. Je ne rate pas un tempo. Et même quand les autres saute un pont pour aller directement au couplet, pas de souci. Vraiment content. Laurent, mon prof de batterie, me félicite : « bravo et merci cher ami » ! Ensuite, je retrouve ma guitare pour la reprise suivante, « Come together » des Beatles. Là je m’éclate, j’ai grandi en écoutant ce truc là et ça me fait vraiment plaisir de la jouer. Adrien, à la deuxième guitare, part en live au moment de son solo. Et je n’ai jamais entendu Alain chanter comme ça avant. Il se donne à fond. Je crois que cette année on a tous très, très envie de jouer… J’ai laissé ma place derrière la batterie à un petit gamin, Kendall, qui après une seule année de cours assure déjà comme un chef. Enfin pour notre dernier titre « Mary had a little lamb » de Stevie Ray Vaughan, on est très blues cette année, c’est Chloé qui nous rejoint derrière la batterie. On s’encourage mutuellement, on partage les mêmes angoisses quand il faut accompagner le groupe à la batterie. C’est pas facile d’être batteur, personnellement je me sens beaucoup plus exposé qu’à la guitare, où les fausses notes peuvent passer inaperçues. A la batterie la moindre erreur se paye cash et en plus on plante complètement les autres au passage. Il faut vraiment être le métronome, « le patron du groupe » comme dit Laurent, tracer et ne rien lâcher. Bref là encore pas de souci. Tout roule. Pour moi c’est presque les vacances, pas grand-chose à faire, juste passer mes trois accords, bien marquer les premiers temps pour avoir des pêches. A la fin, tout le monde est content. Laurent me dit qu’il a trouvé ça vraiment bien cette année. Le directeur de la MJC me salue le pouce en l’air, « la classe » qu’il me fait. Bon il ne faut pas exagérer quand même. En tout cas, moi, je regrette que cela soit déjà fini…

samedi 24 avril 2010

Les dessous d’un plan de com’ foiré (et foireux)

Ah décidément, ces chers artistes n’ont de cesse de mettre au point tout un tas de stratagèmes tous plus ingénieux les uns que les autres dans le seul but de faire parler de leur personne. Vraiment, ce petit monde du showbizness ne cesse de m’étonner. Donc dernier concept en date : « le concert en appartement ». C’est simple, l’artiste se pointe chez toi et chante pour toi et tes potes. Là, dit comme ça, c’est sympa. Dans les faits, c’est une véritable connerie. Je m’explique. Un peu plus tôt cette semaine, je reçois un mail : « X donne un concert en appart’, est-ce que cela te dit de couvrir l’évènement ». Moi : « ben oui bien sur ». C’est aussi un problème, ça, c’est que j’aime tellement la musique que je suis d’accord pour quasiment tout. Bon j’avoue, le jour où on me propose de couvrir un festival de black métal au fin fond de l’Islande en plein hiver, ok là je réfléchis à deux fois avant de donner mon accord. Mais bon, là le plan avait l’air sympa. Donc je reprends mon histoire, je retrouve l’attachée de presse et on part à la recherche du fameux appart quelque part dans le onzième arrondissement. Jusque là c’est assez rigolo, on part un peu à l’aventure, on bataille pour ouvrir la porte de l’immeuble, bref cela change de d’habitude. L’embrouille commence quand on arrive au pas de l’appartement du couple que l’on va rebaptiser pour les besoins de cet article, M. et Mme Baltringue. Ces derniers n’ont pas l’air au courant de notre venue ni spécialement ravis de nous voir. On nous mate, on nous regarde un peu de travers, l’ambiance est bobo à mort, bref le bon plan commence à puer un peu. Monsieur Baltringue (aka crâne d’œuf eu égard à son « impressionnante crinière ») commence à nous sortir les vieilles excuses : « Ah, je ne sais pas si c’est possible, on ne va pas avoir assez de place, on attends VRAIMENT BEAUCOUP de monde… ». Eh, Crâne d’œuf, déjà t’as vu la taille de ta terrasse ? C’est bon on n’est que trois ton salon ne vas pas non plus devenir la fosse du Zénith. Sur ce, l’Artiste, accompagné de son guitariste, font leur apparition, une interview est également prévue. On s’installe dans un coin de la terrasse, il fait bon, le soleil se couche ça pourrait même être agréable, mais je me sens tellement mal dans cette ambiance que je n’arrive même plus à mettre en route mon petit magneto à mini-disc. Cependant, je dois admettre que l’interview se passe plutôt bien, ils sont très sympas tous les deux et on rigole entre deux questions. Ne serait-ce qu’une crotte d’oiseau, que l’on a évité avec brio (encore une manigance de M. Baltringue, le crâne d’œuf pour nous faire dégager ?), les choses se sont assez bien passées. Mais je sens que quelque chose cloche, dans les regards. J’essaye de ne pas trop y prêter attention, je me concentre dans ma bulle, après tout j’ai une interview à mener et je tiens à ce que le boulot soit fait correctement. L’attachée de presse s’excuse un instant et, sous le prétexte d’aller nous chercher des verres d’eau, va s’enquérir de la situation auprès de Mme Baltringue (car soit dit en passant Mr et Mme Baltringue ont un sens de l’accueil tellement développé qu’ils ne nous ont même pas proposé un quelconque rafraîchissement…). L’attachée de presse, qui a été nickel du début à la fin, revient et je lui fait part de mon malaise : « Je ne me sens pas le bienvenu du tout, j’ai l’impression que l’on dérange depuis que l’on est arrivé… ». Elle m’assure alors que tout a été arrangé avec Mme Baltringue et que nous avons le droit de rester assister au concert. Bon OK, alors. Sur ce, Mr Baltringue, le Crâne d’œuf, qui n’a même pas les couilles de nous dire les choses en face, revient accompagné de l’Artiste. Cette dernière, toute contrite, est véritablement gênée aux entournures, se tortille comme une anguille et nous annonce : « Bon, je ne sais pas comment vous dire ça, mais bon, là, pour le concert ce n’est pas possible… ». Monsieur Baltringue, le Crâne d’œuf, est aux anges. L’attachée de presse bondit d’un seul coup et fulmine : « Mais on est venus spécialement pour couvrir le concert ! ». De mon côté, je ne comprends pas très bien ce qui se passe et je prends ça presque comme une bonne nouvelle, tellement j’avais envie de me casser de cette ambiance de mort. Bon, il faut savoir que dans ce milieu, les choses ne se passent jamais comme prévu. Les problèmes avec la « sacro-sainte liste » sont légions : Ah bon, il y avait aussi un pass photo de prévu ? Désolé je ne trouve pas ton nom sur la liste où deux invites, désolé mais il n’y a qu’un seul nom d’indiqué sur « la liste ». Ca arrive tout le temps, c’est classique, il faut aussi parfois faire preuve de diplomatie et de souplesse. Mais là, c’est quand même le pompon : on me propose de couvrir un concert et au final on se fait jeter comme des malpropres avant même que ledit concert ait commencé. L’Artiste trouve quand même le moyen de me dire : « Bon j’espère que tu vas quand même mettre en ligne l’interview ». Et puis quoi encore ? Après ce qui vient de se passer tu crois que j’ai envie de me prendre la tête pendant quatre heures pour tout retranscrire ? Sans parler de ce beau soleil, qui me donne plus envie d’être dehors que devant mon écran d’ordinateur… Et bien non, MERDE, il n’y aura pas d’interview et prends ça dans ton plan de com’ hyper hype !! Et c’est juste dommage, par ce que moi j’ai bien aimé ton album et ce concert, j’avais envie d’y assister. Je fais l’effort de me déplacer, de te rencontrer pour parler de toi et de ta musique et c’est comme ça que l’on me remercie ? En nous mettant dehors ? Je ne comprends pas bien la logique, ni la finalité, là ? Je me permets de te rappeler que tu es une jeune artiste qui débute, que personne ne connaît, que ton album sort bientôt et que tu as besoin de promo. Foutre dehors les gens qui s’intéressent à toi ça ne me paraît pas un bon calcul. Là, tu vois, je t’explique un truc vite fait, ta musique je n’ai plus du tout envie de la défendre…

dimanche 28 mars 2010

Robert Paulmann


I guess some post are just harder to write, and there is some words you wish you would never have to say. My friend Robert Paulmann, who used to sing with the band The Gyst, passed away yesterday, on march 27, after struggling more than a year against an horrible disease. I’ve met him when i was in vacations in New York at my cousins’s place during a barbecue. That was a nice party, a great time. We started talking and we soon befriended over the music. He told me about his band and i’ve shown him this blog, on my cousin’s laptop. He couldn’t read french, so i’ve shown him some pictures from previous gigs that i’ve played. « Nice guitar ! » he told me. « And you play drums too ! I love playing drums man !! ». Boy, he really loved music. I just had to be friend with him. At that point, he already was sick and had to stop singing with the band. He told me that being up on stage and riding his motorbike was the two things he missed the most. I just wish that i had met him sooner when he was at his peak, fronting the Gyst. The party came to an end and he left the house. We promised each other to see one another next summer, have a party and drink a shot : « I’ll be cured by then, you’re more than welcome to a gig ! ». I guess this isn’t going to happen. That hurts. He was a young great person, his smile was contagious, and a good friend. Life is so unfair sometimes and i’m sorry that he never get the miracle that he deserved. I don’t know when i’ll be back in New York, but i just can’t believe that he won’t be here to welcome me… Rest In Peace Rob, you are truly missed...
www.myspace.com/thegyst

mercredi 3 juin 2009

AUDITION MJC, 30 mai 2009, MJC de la Haye aux Moines, Créteil




Ah la, la, la, les amis, quelle aventure ! Bon, déjà, Alain, notre prof de guitare avait bien choisi son jour pour être en retard. Renseignement téléphonique pris, il avait même oublié de venir. C’est une première, mais pas le dernier coup de pression de la journée. On décide donc de laisser les autres élèves, piano, guitare classique et saxophone, passer avant. Il n’empêche, toujours pas de trace d’Alain et le temps passe dangereusement vite ! Lorsqu’il passe sa tête dans l’entrebâillement de la porte, on souffle un peu vite un soupir de soulagement, oubliant les autres problèmes à régler. Déjà le manque de câbles électriques et la recherche de rallonges qui s’en suit et qui prend des allures de chasse au trésor. On finit par un bricolage, un trafic insensé avec toutes les multiprises que l’on a pu trouver. Pendant ce temps-là le public patiente. Les amplis branchés, encore faut-il trouver un micro ! Bah, oui, il y en a bien un, mais un groupe qui enregistre dans le studio du dessous est en train de l’utiliser ! Le public patiente toujours… Le micro trouvé, il a fallu s’occuper de la console, il fallait nous voir nous gratter le crâne devant ledit engin que personne ne sait faire marcher, ni même mettre en route… Ah, si mon pote Nico me voyait… Petite précision, le public patiente encore… Décision est rapidement prise de se passer du bordel plein de boutons et de molettes et de se lancer. On accorde rapidement nos guitares, planqués derrière le piano et on y va sur « Sunshine of your love » de Cream. Trop vite… Le son est immonde, un maelström sonore, une bouillie inécoutable. Je suis mort de honte. Devant l’ampleur de la catastrophe, on décide d’abréger le massacre. Nouvelle pause pour enfin régler les amplis comme il se doit. Le public patiente… Alors que je m’installe derrière les fûts, les choses sérieuses commencent enfin avec « Riders on the storm » des Doors, avec un fameux break qui m’angoisse depuis des semaines… Ca passe ric-rac, mais cela passe quand même, heureusement Laurent, le prof de batterie, est là pour me remettre sur les rails alors que je pars dangereusement en vrille. Et je ne suis pas au bout de mes émotions… Aldo, prof de sax de son état, vient taper le bœuf avec nous sur notre dernier titre « Fortunate son » de Creedence Clearwater Revival. Alain et lui se connaissent depuis toujours et jouent ensemble depuis des années. Leur complicité est impressionnante. Il souffle du feu de Dieu. Complètement exalté. J’en suis tellement interloqué que j’en oublie de jouer pendant une mesure ! Les applaudissements sont cette fois nourris, oubliant les galères du début. On nous a même réclamé un rappel. On a donc décidé de refaire, proprement ce coup-ci « Sunshine of your love ». Et là Laurent me fout la honte : « Reprise de Cream avec Eric Clapton, super guitariste et on en a un bon avec nous : Régis ! ». Je ne sais plus où me foutre… La mère d’Adrien, l’autre guitariste, qui nous voit souvent répéter se lève alors et crie : « Ouais REGIS ! » en applaudissant. Le doute n’est alors plus permis, votre serviteur est le grand vainqueur du concours de la tomate sous pression ! Cette fois-ci le morceau se passe vraiment bien, c’est propre, nickel. Régler son ampli, ça change tout ! On a alors une bonne slave d’applaudissements, Adrien me glisse alors : « Putain on a foutu le feu, là ! ». Et enfin l’après-midi s’est terminée avec une bonne séance de musculation à base de portage d’amplis et de la batterie car, tout le monde vous le dira, dans la musique, tant qu’on n’est pas une star, on a plutôt intérêt d’avoir des bons bras !!!



vendredi 14 novembre 2008

TAG MUSICAL

Le tag, c’est un petit jeu entre blogueurs. Cela consiste en une série de questions à laquelle il faut répondre le plus honnêtement possible, le but étant de mieux se connaître. Le dernier tag en date qui vient fatalement de me tomber dessus est simple (encore que) : décrire sa personnalité en cinq chansons. C’est assez difficile. Déjà, premièrement si on joue le jeu suivant les règles, on a comme l’impression de se retrouver tout nu en public. Ensuite, cinq chansons c’est peu. Une goutte d’eau dans l’océan du jukebox qui me fait office de cerveau. Des playlists, je pourrais en rédiger 400 en expliquant le pourquoi du comment de chaque note et comment elle me touche, mais soyons honnête, cela ferait chier tout le monde. Donc, après une intense réflexion, j’en suis arrivé à la playlist suivante qui n’est évidemment en rien définitive. Reposez-moi la question dans six mois et il n’est pas improbable que vous vous retrouviez avec une sélection goth/new wave. Disons qu’elle est circonstancielle et correspond surtout à mon humeur du moment. Les absences sont criantes, pas de Beatles, Stones, Hendrix, Led Zeppelin, Cure, Neil Young, Creedence Clearwater Revival… Ensuite, autant l’avouer de suite, cinq chansons je n’y suis pas arrivé, il y en aura donc sept. Puisque Saab a triché, eh bien moi aussi je fais pareil et c’est de sa faute après tout, na ! Te fâche pas Saab, je plaisante… Donc voilà à quoi cela ressemble :

Sparklehorse : « Wish you were here » (Pink Floyd cover)
Tous les musiciens vous le diront, il y en a nous une chanson, LA chanson. Celle qui a provoqué le déclic, l’étincelle qui déclenche l’incendie. On appelle cela l’effet papillon, quand les vibrations émises par un battement d’aile de papillon ont pour conséquence un tsunami à l’autre bout de la planète. Le truc que l’on aurait été fier d’écrire. Moi, c’est un titre de Pink Floyd « Wish you were here » que l’on peut traduire par : « j’aimerai que tu sois là ». Par ce que la perte d’un être cher est une blessure qui ne cicatrise jamais tout à fait même si l’on saigne moins au fil du temps. Et l’on a parfois cette pensée, ces paroles suspendues au dessus du vide : « putain j’aimerai tellement que tu sois là », « I wish you were here »…

Je vous propose ici la version, moins connue, du groupe Sparklehorse encore plus mélancolique que l’original et si vous n’êtes pas bouleversé, c’est que vous avez un cœur de pierre…


Minnie Ripperton : « Inside my love »
Je suis un grand amateur de Voix, de chanteuses notamment. Et avec Minnie Ripperton, niveau Voix on est servi. C’est bien simple elle était incroyable et avait cette capacité à monter très haut dans les aigus, sa voix couvrait cinq octaves. Si quelqu’un était né pour chanter, c’était elle. Après des années passées dans les coulisses de la Motown, notamment auprès de Leon Ware et de Stevie Wonder (qui l’avait prise sous son aile), elle a enfin pu enregistrer en solo. Elle s’est, hélas, éteinte en 1979, emportée par un cancer, sans avoir, à mon sens, enregistré ce chef d’œuvre qu’elle portait pourtant en elle. Il nous reste malgré tout de nombreuses pépites, comme ce « Inside my love ». Comment tu fais Minnie ? C’est quoi ton secret ? Evidemment si je l’ai choisi, c’est par ce qu’il y a une fille qui se cache derrière tout ça à laquelle je pense quand je l’écoute. La première à qui j’ai dit que je l’aimais. C’est terrifiant et difficile d’avouer ses sentiments à l’autre. Mais c’est une satisfaction quand on y arrive.


Bettye LaVette : « Joy »
Bettye LaVette a passé des années, des décennies même, à chanter dans des bouges tous plus sordides les uns que les autres. Pour l’avoir vu en concert (deux fois), je peux l’affirmer cette Femme c’est une force de la nature. C’est à la force de ses cordes vocales qu’elle s’est fait sa place, toute relative car elle surtout connue des spécialistes, au soleil. Donc c’est un peu tout cela que l’on entend ici, sur une trame blues classique, le « joy » du titre faisant référence à sa simple joie de chanter. Moralité de l’histoire : ne jamais lâcher l’affaire.


Leon Russell : « A song for you »
Le chanteur/pianiste/guitariste Leon Russell est un musicien virtuose et ce, en dépit d’une paralysie partielle de la main. Avant de sortir son premier album solo, d’où est extraite ce « A song for you », Russell, natif de l’Oklahoma, a beaucoup écrit, composé et produit pour d’autres plus connus que lui, comme Joe Cocker, livrant tubes et succès clés en mains. « I love you for my life, you are a friend of mine, and when my life is over, remember when we where together ». Voilà tout est dit, vous êtes mes amis et je vous aime même si je ne suis pas toujours très disponible vu que je m’investis beaucoup dans la musique. J’ai toujours essayé d’être là quand vous aviez besoin de moi.


Buddy Miles : « Them Changes »
Chaque fois que je là réécoute, je revois Amsterdam, les vacances avec mon pote et le tas d’herbe sur la table de la chambre d’hôtel. C’était notre remake, version cannabis, de Scarface, cette fameuse scène où Al Pacino tombe la tête la première dans une montagne de coke. On roulait les spliffs (j’étais doué pour la chose à l’époque) avec toujours en fond sonore cette chanson que l’on écoutait à plein volume. Seulement voilà, le temps passe et ce fameux pote et moi on ne se parle plus depuis trois ans après une embrouille de thune et pourtant on en a partagé des fous rires, des voyages, des musiques, des parties de baby foot ou de billard. Mais le plus triste dans l’histoire, c’est que depuis Buddy Miles nous a quitté, un peu plus tôt cette année.


Curtis Mayfield : « Billy Jack »
Le chanteur/guitariste Curtis Mayfield est un géant de la soul de Chicago au destin tragique. En 1990, lors d’un concert à Brooklyn une rampe avec projecteurs s’écroule sur la scène. Curtis ne s’en relèvera pas et passera les dernières années de sa vie cloué dans un fauteuil roulant, tétraplégique, et incapable de jouer. Il jettera ses dernières forces dans l’enregistrement d’un ultime album « New world order » et décédera peu de temps après la sortie de ce dernier. « Billy Jack » n’est pas extraite de ce disque mais de « There’s no place like America today », sorti en 1975 époque à laquelle il est au sommet de son art. Rythme ternaire, guitare wha-wha, percussions et cuivres, aucun élément ne manque pour faire de cette chanson un grand moment. Comme toujours avec Curtis, le message social est présent. Ici, la difficulté qu’il y a parfois à assumer ses origines et celle de « s’élever » au dessus de son environnement. Le choix n’est pas innocent alors qu’Obama vient d’être élu Président des Etats-Unis. « I have a dream » et aujourd’hui il se réalise, Curtis aurait été heureux. Quant à moi, je l’écoute souvent le matin en me préparant pour aller travailler. J’y trouve du courage et de la force pour affronter la journée.


Suprême NTM : « Tout n’est pas si facile »
Tout simplement parce qu’au fil du temps, je constate avec dépit et amertume que je comprends de mieux en mieux le sens des paroles :
« Tout n’est pas si facile
Tout ne tient qu’à un fil
Les destins se séparent
L’amitié c’est fragile ».

samedi 4 octobre 2008

De la souffrance…

La Musique est une souffrance. Je ne parle pas là d’une quelconque souffrance morale, d’un blues particulier.

Non d’une souffrance physique.

De la douleur.

D’avoir les bras ballants, vidés de toute force après avoir joué de la batterie pendant des heures et des heures. D’avoir mal aux poignets d’avoir trop serré le manche de la guitare, du sang sacrificiel qui s’écoule le long des cordes. Et aussi du batteur du groupe normand Tahiti 80 qui souffre d’hypersensibilité auditive et qui, mais j’espère de tout cœur me tromper, ne pourra plus jamais jouer.

Toute création a un coût, et il est parfois lourd à payer.

Les musiciens payent de leur personne, il est parfois bon de le rappeler.

Pourtant nombreux sont ceux qui affirment : « la Musique c’est toute ma vie et il faudra m’arracher les deux bras pour m’arrêter »…

samedi 24 mai 2008

Showtime, Audition MJC La Haye aux Moines, Créteil, 24 mai 2008.


J’ai l’intime conviction que personne ne met un pied sur scène la fleur au fusil. Quelque soit le niveau auquel on joue, que ce soit pour dix potes, une fille (encore pire) ou plusieurs personnes, on monte sur scène la peur au ventre, la boule à l’estomac et les mains moites, ce qui est très gênant car après elles glissent sur le manche de la guitare et le médiator vous échappe des doigts…

Cette année comme tous les ans, je suis passé de l’autre côté de la scène, une fois n’est pas coutume, à l’occasion de l’audition de fin d’année de la petite MJC de banlieue où je prends mes cours de musique.

Afin d’éviter au mieux les inconvénients ci-dessus évoqués, j’ai l’habitude de me concentrer sur le premier geste : le premier accord à jouer, la première note, le reste viendra tout seul. La musique, c’est comme un train, une fois à bord, il n’y a plus moyen de descendre avant sa station, ça défile, il faut suivre le rythme.

On a donc commencé par « le crocodile » un duo à deux batteries dont l’une est jouée par votre serviteur, je n’en parlerai pas plus avant, je me suis planté, l’autre mec s’est planté aussi, le son était mauvais, un désastre… Ca été par contre beaucoup mieux sur « Summertime blues », la reprise d’Eddie Cochran, un standard du rock n’roll où j’ai également officié comme batteur. Laurent, le prof, me tape amicalement sur l’épaule : « t’as assuré mon pote, t’étais bien dedans », moi un peu modeste, un peu incrédule aussi : « C’est vrai ? ». On a ensuite enchaîné avec « Doctor, Doctor » une vieille scie hard-rock/blues des années 70 du groupe UFO, il n’y a qu’Alain, le prof de guitare pour aller dénicher des trucs pareils ! Néanmoins, je suis quand même assez fier depuis que j’ai lu quelque part que Robert Vennum, des BellRays, cite régulièrement UFO, comme une des principales influence de son groupe. Y’a pas à dire, ça quand même de la gueule ! J’ai ensuite délaissé un instant mes partenaires dans le crime du jour, le temps qu’ils jouent (sans moi), « Seven Nation Army » des White Stripes. J’en profite pour souffler cinq minutes, il fait une chaleur étouffante dans la salle, le temps est très lourd, il n’y a pas un souffle d’air, je suis complètement en nage et je m’essuie comme je peux.

Ca été ensuite le bouquet final, les trois saxophones sont venus nous rejoindre pour le dernier morceau « Mercy, Mercy » une reprise de Joe Zawinul (Weather report) un grand musicien de jazz qui nous a quitté il n’y a pas très longtemps et auquel Aldo, le prof de sax a rendu un bel hommage. J’avoue, j’étais un peu en panique quand j’ai vu les cuivres débarquer, vu qu’on n’avait jamais répété ensemble, ce n’était pas prévu ou alors je n’étais pas au courant. Mais bon, les gars et la fille étaient super sympa et au final notre affaire a plutôt bien roulé, bien swingué. Sauf que les sax, ça fait tellement de boucan, que j’entends à peine ma guitare. Ils ont vraiment assuré, et moi, c’est la première fois que je joue avec des cuivres et ça m’a fait bien plaisir, cette petite jam un peu improvisée.

Et voilà, c’est sur cette bonne note que s’est terminée l’audition de cette année. Mine de rien c’est des mois (on répète depuis fin février, début mars), des semaines et des heures à répéter les mêmes gestes, dans l’espoir de ne pas faire de connerie le jour J. Tout ça pour 25 petites minutes qui viennent de s’achever, c’est une sensation étrange. L’adrénaline est retombée maintenant, et j’ai une grande fatigue qui me tombe sur les épaules, j’ai mal aux bras, je suis complètement crevé et j’ai comme une sensation de vide. A l’année prochaine !


Loin de moi l'idée de me comparer au grand maître, mais dans la vie toutes les occasions sont bonnes pour réécouter Eddie Cochran:

Eddie Cochran : Summertime Blues


Eddie Cochran : "C'mon everybody"

samedi 29 mars 2008

CRUAUTE

Depuis que j’ai commencé ce blog il y a de cela plus d’un an, il a toujours été question ici de musique, et j’ai bien conscience que ce nouveau message déborde largement du cadre que je m’était fixé au préalable. Néanmoins, certaines exactions me font vomir, et je reste persuadé, mais je suis peut-être un grand naïf, qu’ensemble il est possible de faire une différence.

En 2007, Guillermo Vargas Habacuc, prétendument « artiste », mais véritable ordure si vous voulez mon opinion, a payé deux jeunes enfants pour lui attraper un chien. Il a ensuite attaché l’animal à une corde, elle-même fixée au mur d’une galerie d’art. Il a ensuite laissé le chien mourir, le privant d’eau et de nourriture sous le regard des visiteurs de la galerie, sans que personne n’ait jugé utile de faire quoi que ce soit.

La pauvre bête est morte d’inanition.

Pire encore, ce Monsieur Habacuc a été invité par la biennale d’art du Honduras a rééditer son « œuvre » dans sa version 2008.

Il ne s’agit malheureusement pas d’une blague scabreuse ou d’un hoax de mauvais goût mais de faits avérés, très facilement vérifiables via google, photos à l’appui (mais je me refuse personnellement a diffuser de telles saloperies).

Eviter une telle ignominie est possible et une pétition (en espagnol) appelant à boycotter la présence de ce Monsieur à la biennale du Honduras est disponible ici.

Je suis le signataire n°1427768 et je vous invite tous à manifester votre écoeurement devant de semblables agissements, bien éloignés de ma définition personnelle de l’art.

Merci d’avance.

Régis Gaudin.

lundi 17 septembre 2007

LA LECON DE PIANO

Mercredi dernier, j’ai du remplacer une collègue absente. Ce qui m’a amené à changer de bureau. Malgré des conditions de travail pas toujours évidentes, le téléphone qui n’arrête pas de sonner et de nombreux dossiers à traiter, j’apprécie d’avoir une grande fenêtre avec la lumière du jour que je me suis empressé d’ouvrir. J’étais alors entre deux messages envoyés sur le blackberry du boss, absent, lorsque quelques notes de musiques se sont fait entendre. C’est ainsi que j’ai découvert que dans le même immeuble que le mien, de l’autre côté de la cour intérieure, vivait un(e ?) professeur de piano. Qui était présentement en pleine leçon. Ces quelques notes de musique ont agréablement agrémentées ma journée. Certes ce n’était ni du rock, ni aucune des musiques dont je parle ici régulièrement, et les élèves faisant parfois des fausses notes, mais voilà une pause bienvenue dans le flot incessant d’une journée de travail. Je me rends compte à quel point les journées de boulot sont tristes et mornes d’un point de vue auditif. Rythmée par la sonnerie du téléphone et les musiques d’attente… Je me suis pris à rêvasser transporté par ce piano sorti de nulle part. Et d’attendre avec (presque) impatiente mercredi prochain et le nouveau remplacement de ma collègue au 4/5ème.

dimanche 27 mai 2007

SHOWTIME ! Audition MJC La Haye Aux Moines, Créteil, 26 Mai 2007.


Andy Warhol l’a dit, on aura tous notre quart d’heure de gloire. Et je dois être chanceux puisque j’y ai droit tous les ans. Et pas qu’un quart d’heure, non, non, vingt bonnes minutes ! C’est aujourd’hui l’audition annuelle, le spectacle de fin d’année de la MJC ou je prends mes cours de musique. Et j’ai été très occupé cet après-midi, puisque je prends des cours de guitare et de batterie et que, fidèle à mes engagements, je dois jouer des deux, pas en même temps tout de même ! Mes partenaires dans le crime sont aujourd’hui Adrien à la guitare, Alain, le prof de guitare, qui aujourd’hui assure la basse (sur une superbe Fender qu’il a acheté en 1970) et le chant et enfin, Zoé, Charlotte et votre fidèle serviteur qui se succèdent à la batterie.

A peine arrivé, je suis déjà en panique quand je vois le tome basse de la batterie en train de se casser à moitié la gueule sur deux pieds (au lieu de trois). On m’explique : « Tu vois, la vis est tombée à l’intérieur et il faut une pince spéciale pour tout ouvrir. T’as pas ça sur toi par hasard ? ». Je me résout à l’idée de jouer sans quand Mac Giver fait son apparition sous les traits de Laurent, le prof de batterie, qui sort la fameuse pince en sifflotant, l’air de rien : « j’ai toujours ça sur moi au cas où… ».

Après quelques réglages sonores, on profite des quelques éclaircies de la journée en attendant que les spectateurs arrivent. Je sirote un coca, il fait lourd, une chaleur pas possible dans la salle. La salle dans laquelle on se produit est habituellement utilisée pour les cours de danse, pas tellement faite pour la musique live, ça résonne beaucoup. Les fenêtres sur le mur droit laissent échapper quelques rayons de soleil entre les branchages des arbres c’est agréable. Au plafond subsistent quelques décorations de Nöel. La salle est maintenant pleine, plus le choix, il faut y aller. On commence à quatre, Laurent, Zoé, Charlotte et moi alignés derrière la batterie pour une batucada, un rythme brésilien. Je me plante un peu au milieu mais bon ça ne s’entend pas trop, donc il n’y a rien de grave.

« Vous aimez le Rock n’roll ? » demande Alain au public avant que nous attaquions notre premier morceau « Suzie Q », une reprise de Creedence Clearwater Revival. Aussitôt je me décompose, mon ampli ne marche pas ! Je secoue les bras en l’air, attendez je n’ai pas de son, au secours je me noie ! (bon, ok, j’exagère un peu). Dieu (lire Laurent) fait alors son apparition et me remet le bidule en route d’une pichenette bien sentie, cet homme est mon sauveur !

Et c’est parti…

J’assure la partie rythmique ça va, pas de problème. On enchaîne ensuite notre deuxième morceau un instrumental intitulé « Chitlin’con carne », c’est Alain qui a dégotté ce truc, je ne sais absolument pas d’où ça sort. Là je n’ai que trois accords à jouer en boucle, je m’acquitte de ma tâche avant de remplacer Charlotte derrière les fûts, elle me glisse un « bonne chance » au passage. J’attrape mes baguette, là on joue un blues en 12/8 à moitié improvisé, composé pendant les répétitions. Nous sommes en trio avec Adrien à la guitare et Alain à la basse. Alain : « A la batterie : Régis et l’année prochaine il joue aussi du saxophone ! » Tu rêves, toi, tu le sais ? Donc je m’imprègne du rythme qui est ternaire. Je regarde mes partenaires dans le crime, tout le monde est prêt ? 1,2,3 1,2,3 on y va ! J’essaye de tenir la baraque du mieux possible, je me plante un peu sur le break, mais ça ne s’entend pas. Alain improvise les paroles en anglais. A la fin, Laurent me tape sur l’épaule, t’as assuré mon pote ! Il n’a pas vu que j’ai frôlé la crise d’apoplexie ! Les vingt minutes de gloire touchent à leur fin alors que l’on inverse la batterie pour Zoé qui est gauchère. Je reprends mon Epiphone LesPaul à paillettes pour le dernier morceau, « Honky Tonk Woman », la reprise des Stones où je joue le rôle de Keith Richards. J’adore les Stones depuis mon adolescence, donc le moment est d’importance ! A la fin de la chanson, la foule est en délire, c’est Woodstock, les gens hurlent, sautent dans tous sens, les filles me jettent leurs soutifs, non je déconne, on a juste eu des applaudissements !

Je quitte la MJC alors que l’orage commence à tonner, pour la deuxième fois en deux jours je me tape la pluie, la météo commence à sérieusement contrarier mes plans ce week end !

lundi 15 janvier 2007

Let Freedom reign !

Aujourd'hui, le troisième lundi de janvier, c'est le Martin Luther King Day, férié aux Etats-Unis. L'excellent groupe portugais Wraygunn a rendu hommage à Martin Luther King sur sa chanson "Soul City", extraite de l'album "ecclesiastes 1.11", samplant l'un de ses discours. Pour voir Wraygunn interpréter live "Soul City", cliquez sur le lien suivant :

http://www.wraygunn.com/index_fr.html

Have a great Martin Luther King Day. Peace.

lundi 8 janvier 2007

MORT AUX EDITIONS DELUXE !!!!!

Si, comme moi, il vous arrive encore de temps à autres d'acheter un CD, vous avez dû remarquer dans les magasins la prolifération d'albums réédités sous forme DELUXE ou COLLECTOR. Des digipack plutôt luxueux avec un beau livret et un deuxième disque bonus en général remplis d'inédits. Un beau cadeau pour les fans ? Permettez-moi d'en douter. Outre le fait que les bonus en questions sont parfois d'intérêt discutable, outre le prix exorbitant de la chose (30 euros voire plus pour un CD même double, c'est cher), il y a cette désagréable impression d'être pris pour une vache à lait. Car bien souvent ces albums je les ai déjà. Et, même fan, je n'ai pas envie de racheter encore et toujours le même disque. A méditer...