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samedi 25 mai 2024

The Black Crowes + Jim Jones All Stars, Olympia, 24 mai 2024

C’est une double affiche de rêve, rock’n’roll en diable, qui s’offre à nous sur la scène de l’Olympia, en forme de retrouvailles. On commence avec Jim Jones All Stars (« A proper rock’n’roll outfit » dixit Chris Robinson) qui débute la soirée en fanfare. Bien décidés à mettre à profit la grosse demi-heure qui s’offre à eux, les Anglais enchaînent les titres pied au plancher et semblent encore plus exaltés qu’à l’ordinaire si tant est que cela soit possible. Un set le pied sur l’accélérateur, où les guitares sont contrebalancées par le swing du piano, pour le groupe qui ne s’interdit plus de revisiter le répertoire de la défunte Jim Jones Revue (« Burning your house down »). Seul regret, le son un peu moyen qui peine à faire justice au groupe, on entends trop peu le duo de saxophones par exemple. De « true brothers » comme les qualifient Chris Robinson qui, pour la petite histoire, avait produit en 1994 « The Very Crystal Speed Machine » des Thee Hypnotics, une des formations précédentes de Jim Jones.

Tentures, miroirs, lampes et effigie de Chuck Berry en carton sur le côté, c’est un décor barnum digne du « Rock’n’Roll Circus » des Rolling Stones, et au son d’AC/DC, que débarquent les Black Crowes qui, si ils ont pris un petit coup de vieux, restent en grande forme. La scénographie est assez étonnante, la batterie, ainsi que le piano et les choristes, sont installés très haut sur une estrade dominant les frères Robinson, ainsi que le basse et la deuxième guitare, installés sur scène. Un impressionnant mur d’amplis est installé derrière le chanteur et les guitaristes, dont on doute fortement qu’ils soient tous en état de fonctionner. Les Black Crowes donc, en hiatus depuis une bonne dizaine d’années, ont décidé de remettre le couvert avec un line-up fortement remanié, et restent sur un album « Happiness Bastards » de rock’n’roll de haute facture. De nombreux extraits en seront joués ainsi que des classiques du groupe, principalement issus des trois premiers disques (« Twice as hard », « My Morning Song », « Sting Me », « Thorn in my pride », « Remedy », « Jealous Again » etc.) C’est avec une joie non dissimulée que l’on retrouve ce classic-rock à mi-chemin du rock’n’roll et de la soul, et un soupçon d’acoustique sur la merveilleuse « She Talks To Angels ». La voix de Chris Robinson n’a pas bougé malgré les années et nous sommes surpris de voir son frère Rich Robinson régulièrement laisser les soli à son nouvel (et excellent) acolyte. Le concert se termine dans l’euphorie générale, Rich Robinson fête son anniversaire en ce jour même, un gâteau lui est apporté sur scène et des danseuses de French Cancan viennent sur scène fêter l’anniversaire du guitariste en grandes pompes. Enfin, si le groupe nous a habitué depuis des années à l’art de la reprise (« Hard to Handle » d’Otis Redding -extraite du premier disque- et « Carol » de Chuck Berry ont été jouées un peu plus tôt), la formation nous surprend en reprenant, de manière assez inattendue, « White Light/White Heat » du Velvet Underground en guise d’unique rappel. La soirée se termine par de nombreuses embrassades entre musiciens sur scène, un geste font les précédents line-up du groupe n’avaient pas l’habitude…

samedi 10 mai 2008

The Black Crowes : Warpaint





Suivant la perspective selon laquelle on se place, les Black Crowes (venus d’Atlanta, Georgie) sont soit les sauveurs du rock ou la pire engeance que ce dernier pouvait connaître. Je m’explique : lorsqu’ils sont apparus, en 1990, les Black Crowes étaient à contre-courant de toutes les tendances possibles et imaginables : c’était un groupe de rock n’roll ! Sur leur premier album, éponyme, ils reprenaient, avec beaucoup de talent, « Hard to Handle » d’Otis Redding. Ca n’a l’air de rien, dit comme ça, mais les Black Crowes étaient alors en totale rupture avec ce qui était en vogue à l’époque. Réentendre un groupe qui savait alors ce qu’était le swing après des années (80) étouffantes de lourdeur métallique et de groupes chevelus californiens tous plus insupportables les uns que les autres, cela faisait un bien fou. Le rock est alors entré dans un trip fleurant la nostalgie des années 60/70. Les Black Crowes étaient les précurseurs, ensuite il y a eu, avec un bonheur inégal, Lenny Kravitz, Oasis, le Brian Jonestown Massacre et j’en oublie… L’engeance dont je parlais au début, c’est qu’aujourd’hui on en est toujours pas sorti, de cette nostalgie…




Bref, après 8 années d’absence, finalement pas si longues que cela, les corbeaux d’Atlanta sont de retour. Une reformation avec un effectif remanié. Exit (hélas) le génial guitariste Marc Ford (qui a également été membre des Innocent Criminals, le groupe de Ben Harper) parti chercher sa bonne fortune en solo (son premier album en solo « it’s about time » est introuvable et je ne suis pas loin de penser que c’est un crime contre l’humanité tellement ce disque est riche) et est remplacé ici par Luther Dickinson. Fin de parcours également pour le claviériste Eddie Harsh, le nouvel organiste s’appelle Adam McDougall. Musicalement peu de choses ont changé chez les Black Crowes, sous les influences conjuguées de Jimi Hendrix (Wee who see the deep) et des Rolling Stones pour les titres électriques et de Neil Young (« Locus street ») pour les chansons acoustiques. Le passage de Jimmy Page (avec qui ils ont partagé une tournée, un album live existe en guise de témoignage) dans leurs rangs a également laissé une empreinte durable dans la guitare de Rich Robinson. Le gospel qui a probablement bercé leur enfance dans leur sud natal (entraînant de fait d’infinies comparaisons avec les Allman Brothers et Lynyrd Skynyrd) fait toujours partie de leurs préoccupations premières : « Movin’on down the line » et « God’s got it » en sont la preuve. Comme avant, l’ensemble de l’album a été composé par les deux frères terribles Chris (chant) et Rich (guitare) Robinson, espérons toutefois qu’ils perdent l’habitude de s’engueuler à tout va. Et alors, tout ira bien dans le plus rock n’roll des mondes. Welcome back brothers !

http://www.blackcrowes.com/


The Black Crowes : "Wounded Bird" (on Letterman 04/25/2008)