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dimanche 5 novembre 2017

Gary Numan : « Savage : songs from a broken world»



Vingt-deuxième album pour Gary Numan ! Le vétéran de la scène industrielle est de retour avec un nouvel effort écrit au moment où Donald Trump était élu. Le Président des Etats-Unis et, surtout, son discours climato-sceptique a eu une grande influence sur l'artiste. Visiblement tourneboulé, Numan en a sorti un album dystopique, décrivant une planète devenue un désert de sable, où, sans la technologie tombée en désuétude, l'homme revient à sa nature primale, l'eau devenant dans ce contexte apocalyptique le bien le plus précieux. Force est de constater que Numan a parfaitement mis ses angoisses en musiques en un album nerveux et tendu évoluant sur le fil du rasoir. Les synthés traduisant parfaitement cette sensation de fin du monde («The end of things », « And it all began with you », "Mercy") alors que les guitares laissent exploser toute la violence sous-jacente et contenue en de brusques montées de décibels (cf « When the world comes apart »). Nine Inch Nails n'est jamais bien loin (comme d'habitude). Mais le plus impressionnant reste la voix étranglée de Numan qui laisse transparaître tout le désarroi qui est le sien (cf. « My name is ruin »). Ainsi, l'album ressemble à une crise d'angoisse qui va crescendo jusqu'à l'explosion finale. George Miller (« Mad Max ») tirerait probablement un chef d’œuvre de cet album particulièrement cinématographique. Numan est comme le bon vin, il vieillit plutôt (très) bien. Cette nouvelle réussite en est la preuve éclatante.
https://garynuman.com/
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https://twitter.com/numanofficial



dimanche 8 décembre 2013

Gary Numan : "Splinter, songs from a broken mind"


Superstar à l'orée des années 1980, 15 millions d'albums vendus un peu partout dans le monde (sauf en France...), Gary Numan fait partie de ces pionniers (avec Kraftwerk, Depeche Mode etc...) d'une démarche entièrement synthétique. Même si sa carrière a fortement déclinée depuis ses grandes heures, il y a trente ans de cela, son influence sur la scène actuelle est immense. Il est probablement le seul artiste dont se réclame à la fois la scène rock (Nine Inch Nails, Foo Fighters, Queens of the stone age) et rap (J Dilla, Kanye West). Même Prince est fan. Sur son nouvel effort, le premier composé de matériel original depuis 2006, Numan met pourtant la pédale douce sur les expérimentations funky pour renouer avec un son fondamentalement dark, le sous-titre « Chanson d'une âme brisée » est ainsi particulièrement éloquent. Et on ne parle même pas du tracklisting : « Here in the black », « Love hurt bleed », « My last day », tout un programme... On pense à NIN, qu'il a tant influencé, et par un étrange mouvement de balancier, c'est le guitariste Robin Finck (accompagnateur régulier de Trent Reznor) que l'on retrouve ici aux manettes. Splinter est l'album de nuit idéal, un disque d'ambiance, qui s'ouvre sur le tempo industriel puissant d' « I am dust ». Les nappes synthétiques et autres machines font souffler un vent glacial (« Where i can never be ») contrebalancé par la puissance de guitares inspirées (« We're the unforgiven » magnifique) parfois pas si éloigné de la musique de film. Entre autres réussites citons « Lost », une manière de ballade idéale (ne fuyez pas...) et que dire des grandes envolées de violons lyriques de "The Calling" ? Mais tout le charme du disque réside dans le chant de son interprète qui module sa voix à merveille, on pense à Maynard James Keenan (Tool, A Perfect Circle, un autre fan ?). Un petit mot pour finir sur la magnifique pochette d'inspiration steampunk, les photos du livret sont également superbes.