Affichage des articles dont le libellé est Cory Seznec. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cory Seznec. Afficher tous les articles

vendredi 1 septembre 2017

Cory Seznec : « Backroad Carnival »



Globe trotteur infatigable et bien décidé à ne rentrer dans aucune case prédéfinie, Cory Seznec est de retour, avec un deuxième album sous le bras, enregistré après un séjour de trois ans et demi en Ethiopie. Pour autant, notre homme ne s'est pas jeté à corps perdu dans la musique africaine mais a plutôt décidé d'inclure cette dernière (au sens large) dans ses influences au même titre que le blues, le folk, la soul ou la country. Un agrégat musical somptueux que l'on retrouve ici dans toute sa splendeur et servi avec passion. Le risque d'un album patchwork, décousu a été intelligemment évité par l'artiste grâce à sa qualité d'écriture et une interprétation hautement personnelle des différents idiomes précités, mélangés avec une maestria rare. Peu importe, en effet, la diversité des styles abordés, l'essentiel étant que le disque possède une véritable âme, une personnalité qui s'exprime soit à travers les cordes d'un banjo (« Hawk on a haystack », « Let it all go ») ou d'une guitare congolaise (« Tattered Flag »). Ainsi, c'est toute son humanité que l'artiste nous donne à écouter le long de ces dix plages, son expérience (« Colette bar & restaurant ») et ses voyages aussi (« Zanzibar (Ebb & Flow) »). Et lorsque cette dernière est servie par une telle qualité d'écriture, d'interprétation (« Sell you my soul », « Pigeon man ») et une production privilégiant un son intime et chaleureux, la proposition musicale ne peut être que de très haute tenue. A écouter d'urgence.

http://www.coryseznec.com/
https://www.facebook.com/coryseznec
https://twitter.com/cocoringo
https://coryseznec.bandcamp.com/

vendredi 21 avril 2017

Mathis Haug + Cory Seznec, Le New Morning, 20/04/2017.



C'est avec Cory Seznec, une belle découverte, que nous avons débuté la soirée. Ce dernier, guitariste et banjoïste est accompagné d'un excellent percussionniste, avec qui il déconstruit le blues de façon très personnelle à l'aide de guitares désaccordées et « trafiquées » selon ses propres termes, afin d'obtenir un son pour le moins étonnant. Les classiques du blues en ressortent transfigurés, entre expérimentations et incursions africaines. Charismatique et sympa, la paire nous livre un résultat intriguant mais séduisant.

Place ensuite à la tête d'affiche de la soirée, Mathis Haug, venu fêter en trio la sortie de son excellent album « Wild Country ». Particulièrement survolté, extatique, Mathis nous a livré un concert fort en émotions où à de nombreuses occasions la musique est sortie grande gagnante des débats, mené par un trio de musiciens en transe. Stéphane le batteur fait forte impression. Son kit mélange des tomes et cymbales classiques agrémenté d'éléments de récupération assez étonnants. Une vieille valise abîmée fait office de grosse caisse (contre toute attente ça sonne super bien), une boîte de café en fer et une bonbonne d'eau vide complètent le dispositif. Ceci dit seul un musicien aussi virtuose et puissant que Stéphane peut faire sonner aussi bien un tel assemblage de bric et de broc. Sa frappe est puissante (il faut voir les cymbales onduler telles des vagues sous ses coups de baguettes) et pleine de feeling sur des rythmiques ternaires jazzy. Egalement très impressionnant au frottoir, son énergie contagieuse se transmet aux autres musiciens et au public aussi qu'il emporte dans sa transe. Derrière sa guitare, Mathis n'est pas en reste et saute comme un cabri avec un enthousiasme communicatif comme il le dit lui-même : « C'est presque un concert de rock n'roll ». Profitant d'un line-up sortant de l'ordinaire, un clavier remplace la basse, un violon et une deuxième guitare font une apparition sporadique, Mathis exploite toutes les variations qu'offrent cette formation, passant d'ambiances mélancoliques (le violon) servant son propos humaniste (cf. « Luigi ») à un groove soul puissant (le clavier funky) sans oublier un duo de guitares entre blues et rock et un soupçon de country. Après deux heures de road trip immobile au cœur de musiques telluriques, le show s'achève sur une magnifique reprise de « Cortez the killer » (Neil Young) en forme de bœuf improvisé. Magnifique soirée.