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lundi 11 octobre 2010

Point Blank + Robin Trower, Bobino, 9 octobre 2010.


Belle soirée de rock n’roll en perspective à Bobino en ce samedi soir. On commence avec du très lourd et les Point Blank, vétérans texans issus de la scène blues-rock des années 70. Portés disparus après deux albums sortis en 1976 et 1977, les Point Blank se sont reformés il y a quelques années et ont même refait un disque. Au trio rescapé Rusty Burns (guitare), Kim Davis (guitar) et John O’Daniel (chant) s’ajoute dorénavant un clavier ainsi qu’une toute nouvelle section rythmique. Débonnaires et tout heureux d’être là, le groupe arbore cheveux longs, chapeaux et barbe démentielle (Rusty) digne des rivaux de ZZ TOP (les deux groupes partageaient le même manageur, Bill Ham, et un seul a réussi…). Point Blank en live, c’est du lourd, de l’énorme. Les papys font du bruit ! Gros son, influences blues de la guitare slide, vocaux écorchés ; le groupe ne fait pas dans la dentelle. Les deux guitaristes sont redoutable surtout lorsqu’ils ferraillent ensemble et non pas l’un contre l’autre. Une petite accalmie viendra cependant le temps d’une ballade instrumentale que Rusty Burns a dédiée à son père. Bien qu’assez peu connus du groupe le groupe a ses partisans qui se lèvent comme un seul homme à la fin du set et réclament un rappel. Le groupe s’exécute et revient sur scène. On se croirait à la fin du show alors qu’il ne s’agit que de la première partie…

Changement d’ambiance avec le vétéran suivant, le guitariste Robin Trower. Depuis son dernier passage au Plan de Ris-Orangis, il me semble que l’ex-Procol Harum a pris un petit coup de vieux. Par contre sa guitare est toujours aussi efficace. Rock, blues et funk se télescopent grâce à la pédale wha-wha de ce bon vieux Robin, le tout faisant honneur à sa réputation d’Hendrix anglais. Un qui manque toujours de charisme c’est le chanteur Davey Pattinson. Ca en devient désespérant. Le regard rivé sur ses chaussures (est-il le père spirituel du shoegazing ?), il communique très peu avec le public. Et tourne le dos, quitte la scène sans piper un mot, une fois son boulot terminé. Robin Trower a alors le champ libre pour partir dans ses longs solos psychédéliques et planants, une autre de ses spécialités depuis son passage dans Procol Harum. C’est sur que son chanteur, très bon avec une excellente voix au demeurant, ne risque pas de lui faire de l’ombre ni de lui piquer la vedette. Quelque part l’association est idéale et fonctionne à merveille entre les deux. Sur scène Trower est assez impressionnant et est un guitariste très expressif faisant corps avec son instrument. De nombreuses mimiques sur son visage trahissent ainsi son plaisir de jouer. Si la prestation de Trower est aussi réussie c’est notamment grâce à l’excellente section rythmique qui l’accompagne alliant groove et puissance, c’est parfaitement dans le ton. Profitant de la sortie d’un nouvel album, Trower et compagnie nous ont gratifié de quelques nouveautés entre quelques grands classiques : « Lady Love », « Day of the eagle », « Too Rolling Stoned »… Une excellente soirée.
www.pointblanksouthernrock.com
www.trowerpower.com

lundi 28 avril 2008

Robin Trower, Le Plan, Ris-Orangis, 26 avril 2008.




Même s’il n’a jamais bénéficié du même crédit que ses collègues et contemporains, Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page, Robin Trower est l’un des guitaristes les plus intéressant issus de la scène rock anglaise de la fin des années 60. Entre 1967 et 1971, Robin Trower fut le guitariste du groupe Procol Harum, mondialement connu grâce au hit « A whiter shade of pale ». Bluesman dans l’âme, Robin Trower, se sentit vite à l’étroit dans ce groupe, se reconnaissant à peine dans le mélange psychédélique/progressif pratiqué par le sextet. En 1973, Robin publie son premier album solo, sous son nom propre, alors qu’il n’a jamais, ou si peu, chanté de sa vie. Une image vient immédiatement à l’esprit à l’écoute de la guitare de Robin Trower, celle de Jimi Hendrix, auquel il a souvent été comparé. Si l’influence d’Hendrix est évidente chez Robin, ce dernier a néanmoins sa propre personnalité. Il est quoi qu’il en soit (avec les Black Keys), l’un des plus dignes des héritiers d’Hendrix, la folie et la flamboyance en moins. Mais quelqu’un est-il seulement capable d’égaler l’immense Jimi dans ce domaine là ?

Le fait que le concert de ce soir ait lieu non pas à Paris mais à Ris-Orangis, une banlieue perdue au milieu des champs, est quelque part symptomatique du manque de crédit accordé à Robin Trower. Je dis ça, mais il ne faut surtout pas le prendre comme une insulte faite au Plan, par ailleurs une belle salle noire et rouge qui me rappelle un peu le New Morning et dans laquelle on a été très bien accueilli, qui se bat pour exister à côté de Paris et propose régulièrement des concerts de qualité et dans laquelle plusieurs pointures internationales se sont déjà produit. La rue où est située le Plan a d’ailleurs été rebaptisée rue Rory Gallagher, en hommage au grand bluesman irlandais qui avait ses habitudes ici. C’est sur, j’adorerai avoir un endroit comme celui-là à Créteil… C’est juste que c’est un peu une aventure pour aller jusqu’à là-bas, et je ne vous parle même pas du retour (laborieux, c’est le moins que l’on puisse dire !) en pleine nuit !

Bref, fin de la parenthèse, parlons musique maintenant ! Et sur ce plan là, Robin Trower n’a rien à envier à personne et en remontre même aux jeunes turcs de la scène rock actuelle. Extrêmement bien entouré par un groupe de vieux de la vieille qui connaît toutes les ficelles par cœur, Robin a donné une prestation avec l’enthousiasme d’un jouvenceau ! Comptant avec gourmandise, « one two three four », entre chaque chanson et se contorsionnant de plaisir derrière sa Fender. Sa wha-wha infernale m’a envoyé au paradis plus d’une fois au cours de cette soirée ! Ca c’est du rock n’roll Baby ! J’aimerais pour finir rendre hommage au chanteur, valeureux, une bonne voix mais qui manque cruellement de charisme et s’est effacé plusieurs fois derrière la guitare de Trower au point même de quitter la scène à plusieurs reprises.

http://www.trowerpower.com/


Robin Trower : "Too rolling stoned" (live)


Robin Trower : "Day of the eagle" (live)