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dimanche 2 novembre 2025

Dafné Kritharas : « Prayer and Sin »

 




Fruit d’une longue période de maturation, quatre longues années se sont écoulées depuis son dernier disque, ce troisième album voit la proposition musicale de la chanteuse considérablement évoluer. Après deux albums consacrés au répertoire traditionnel, la chanteuse ose, pour la première fois, dévoiler ses compositions personnelles, dont deux en français, renforçant ainsi l’aspect multi-culturel de sa musique, en accord avec son histoire personnelle écrite entre la France et la Grèce. La pochette montre également l’évolution de l’identité visuelle de son projet, plus sombre et agrémentée d’une typographie, une peu trompeuse, digne d’un groupe punk gothique. Rien de tel à l’écoute. Enfin presque. Car si la chanteuse, loin de hurler à la mort, continue de caresser délicatement l’oreille de sa voix douce, la musique semble plus sombre, légèrement teintée de rock et d’électro (« Kaigesai » ; « Xapa »), qu’elle amalgame délicatement avec ses habituelles sonorités grecques et orientales, qu’elle affectionne tout particulièrement. Passant d’une délicate caresse acoustique (« Prayer & Sin ») à une déflagration sonique (ou inversement) ce nouvel effort s’écoute comme on traverse les émotions, un voyage musical faisant fi des frontières, marqué par la joie et la peine. L’émotion à fleur de peau toujours mise en avant. On en ressort bouleversés.

En concert le 19 janvier 2026 au Théâtre du Châtelet

https://www.facebook.com/dafnekritharasofficial/







dimanche 19 octobre 2025

Dafné Kritharas, Festival de Marne, Théâtre Romain Rolland, Villejuif, 10 octobre 2025.

Artiste fascinante s’il en est, Dafné Kritharas, née d’un père grec et d’une mère française, fait de sa musique un voyage tenant à la fois de l’introspection familiale (le chant en grec à la recherche d’un père trop tôt disparu) que du pont tendu entre les cultures. Si la chose émeut sur disque (elle a déjà sorti 3 albums) c’est sur scène que la musique de Dafné prend réellement à la gorge. Chanteuse remarquable aux impressionnantes capacités vocales, c’est sur scène, pieds nus, que Dafné irradie, au milieu de ses musiciens. Elle virevolte, tournoie et danse, solaire bien que toute de noir vêtue. Et si ses chansons évoquent des destins tragiques, c’est pour mieux rayonner par la suite, comme une lueur d’espoir, la proverbiale lumière au bout du tunnel. L’espoir c’est bien là le maître mot, que la chanteuse trouve dans des mélodies ensoleillées, chaudes et rougeoyantes comme le soleil se couchant sur la mer Egée. Contrebasse (Pierre-Antoine Despatures) et batterie (Milàn Tabak) offrent une assise rythmique remarquable, parfois rehaussée de percussions orientales et empruntes de swing jazz. Au piano, Camille El Bacha révèle une personnalité musicale aventureuse, ses doigts défilent sur le clavier avec émotivité entre classicisme et électro. Enfin, derrière sa Stratocaster rose, le guitariste Louis Desseigne est la dernière pièce du puzzle et peut-être bien la plus versatile. Sa guitare se faufile dans l’improbable espace qui sépare les gammes arabisantes des (rares) éclairs rock. Prise dans sa globalité la formation dégage une force impressionnante qui semble faire vaciller la chanteuse. Dans le feu de l’action cette dernière dégage un charisme fou et paraît comme emportée par la musique, tourneboulée, parsemant son chant de cris d’encouragement vers les musiciens comme vers le public. Elle est tout aussi remarquable dans un registre plus dépouillé, piano/voix, intime et émouvant, en grec ou en français. Le concert se vit comme une grande fête, une bacchanale où le public est invité à danser sur scène lors du dernier rappel, dans la joie et la liesse. La musique, c’est la vie semble nous dire la chanteuse.

https://www.facebook.com/dafnekritharasofficial