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jeudi 18 avril 2024

JJ Milteau : « Key to the highway »

 


Sa carrière stoppée nette par la Covid, JJ Milteau s’imaginait à la retraite, rangé des harmonicas. Mais c’était faire peu de cas de la passion et, c’est avec l’aide de son comparse Johan Dalgaard (avec qui il anime une fois par mois l’émission Bon Temps Rouler sur TSF Jazz) que JJ a remis le couvert. Un nouvel album où il est pour la première fois accompagné (sur un titre) par son fils Toma à la batterie et quelques autres suspects habituels, les chanteurs Harrison Kennedy, Michael Robinson, Mike Andersen ou Carlton Moody. Au menu deux titres originaux et six reprises étonnantes plutôt puisées dans le répertoire rock (« Sunshine of your love ») ou folk (« Maggie’s farm », « Love the one you’re with ») et enregistrées, surprise, sans la moindre note de guitare, une rareté pour un disque de blues ! C’est aussi un signe de l’évolution de Milteau vers un registre plus soul, dans la lignée de Donny Hathaway, avec une prédominance des claviers, la promesse d’un moment langoureux passé en compagnie de ce disque. C’est un véritable plaisir de retrouver le phrasé si caractéristique de JJ à l’harmonica. Une réussite à savourer confortablement installé.

En concert le 21 mai au New Morning.

https://www.jjmilteau.net/

https://www.facebook.com/JJMilteau/




mardi 4 avril 2017

Eric Bibb : « Migration blues »



Mettant en parallèle le sort d'un citoyen d'Alep, fuyant la guerre et ses horreurs, et celui d'un ancien esclave quittant le sud ségrégationniste à la recherche d'une vie meilleure dans le nord (transhumance qui a donné naissance au Chicago blues), Eric Bibb en arrive au constat suivant, nous sommes tous issus de migrants, de familles qui, à un moment ou à un autre, ont dû partir… Avec la finesse d'écriture et l'élégance qui le caractérisent, Eric Bibb a enregistré ce nouvel album en comité restreint. On retrouve l'harmoniciste Jean-Jacques Milteau, un partenaire de jeu habituel d'Eric, et le multi-instrumentiste (banjo, mandoline, guitare, violon, triangle) Canadien Michael Jerome Brown, la grande révélation du disque. En dépit de son caractère minimaliste, qui incarne à merveille le propos (tous les instruments utilisés sont facilement transportables renforçant cette impression d'exil et de route) ; Eric et ses partenaires livrent un album minutieux, délicat et mélodique, entre folk, blues et country. Mettant l'émotion en avant, les musiciens jouent sur la retenue, à l'image de l'harmoniciste JJ Milteau, discret, jamais envahissant mais aux interventions toujours justes. L'écrin est parfait pour mettre en valeur le chant, grave et doux d'Eric. Une pièce maîtresse supplémentaire dans la discographie de cet artiste, profondément humaniste et toujours prompt à s'émouvoir du sort de son prochain.


lundi 24 juin 2013

Paris Jazz Festival



Alors que viennent les beaux jours, restons optimistes, il est temps de dire au revoir aux salles de concerts pour profiter de la musique en extérieur. Avant de sillonner les routes (enfin plutôt les voix ferrées) de France pendant la saison des festivals, on va commencer par faire un petit arrêt du côté du Parc Floral, où se tient tous les ans les Paris Jazz Festival, des concerts gratuits, les week ends du juin et juillet avant que la musique classique ne prenne le relais au mois d’août.

Samedi 22 juin : Le vent et la pluie qui s’invitent en ce samedi après-midi ont au moins un mérite, celui d’éviter la foule. D’ordinaire pris d’assaut au moindre rayon de soleil, le chapiteau balayé aux quatre vents, est quasiment vide, pas de queue ni de file d’attente interminable et pour les courageux mélomanes l’assurance d’avoir de bonnes places. Le froid a du bon parfois. On commence avec une superbe révélation en ce week end, les Nantais de Malted Milk. Empruntant autant au blues qu’à la soul, la bande d’Arnaud Fradin propose un mélange détonnant. Du blues les Malted Milk, gardent le touché de guitare, soli inspirés et le chant, assez stupéfiant pour un Français, plein de feeling. La note soul, voire funky par moment, vient de l’adjonction d’un orgue bien senti et surtout, des cuivres : trompette et trombone. Ces derniers ajoutent une touche de peps bienvenue et un sens du show incomparable. Homme talentueux, Arnaud Fradin est aussi à l’aise en solo intégral laissant surgir une émotion qui prend aux tripes. Entre autres vertus curatives, le blues de Malted Milk a le don de réchauffer, magnifique découverte.


Dimanche 23 juin : Rebelote en ce dimanche après-midi, un soleil toujours aussi timide, du vent, de la pluie et surtout du blues qui réchauffe en compagnie du quintet de Jean-Jacques Milteau, renforcé, sur quelques titres, pour l’occasion par une chorale de collégiens venus de Cachan. Toujours aussi inspiré, l’harmoniciste revisite les musiques étasuniennes en compagnie du guitariste Manu Galvin et des chanteurs Michael Robinson et Ron Smyth, le showman invétéré. Le bassiste Gilles Michel et le batteur Eric Lafont apportant la dose de groove nécessaire. Il est bien évidemment question de blues, de soul music mais aussi de gospel, grâce à la chorale et il est amusant de voir Michael et Ron se transformer en chef de chœur encadrant les enfants. Le feeling et l’émotion sont présents à tout moments, lorsque JJ débute le concert seul ou lors d’une reprise bien sentie du « For what it’s worth » de Buffalo Springfield. Assurant la première partie le guitariste Mathis Haug est venu taper le bœuf avec ses amis, distillant un solo inspiré sur sa superbe Gibson Firebird. Il y a de l’espoir « We’re gonna make it » et une bonne dose d’humour pince sans rire signé JJ, bref de quoi passer une belle après-midi.

mardi 20 décembre 2011

Jean-Jacques Milteau sextet, le Café de la Danse, 19 décembre 2011.

Il y a bien longtemps que nous n’avons pas pris sur cette page des nouvelles de notre ami Jean-Jacques Milteau. Un nouvel album, « Considération » est sorti à l’automne dernier où JJ est entouré du fidèle guitariste Manu Galvin, des chanteurs Ron Smyth et Michael Robinson, du bassiste Gilles Michel et du batteur Eric Lafont, soit la même équipe que sur l’album précédent et le même groupe que l’on retrouve sur scène ce soir alors qu’il s’agit de défendre ce nouvel opus. On commence tranquillement avec un solo de basse et on réalise alors qu’un concert de JJ Milteau et de son groupe est toujours un moment de grande musicalité. C’est aussi la grande classe de produire une musique de ce niveau avec une déconcertante impression de facilité. Comme d’habitude on plonge dans les racines de la musique étasunienne à la fois blues et soul avec également un soupçon de country. La guitare, plus électrifiée que d’habitude, de Manu Galvin nous ramène sur un terrain plus rock et boogie. La voix des deux chanteurs, Ron Smyth et Michael Robinson, se marient à merveille et l’ensemble prend des allures de mini gospel. Michael et Ron amènent également du visuel au show grâce à leurs chorégraphies, mention spéciale à Ron qui bouge magnifiquement bien, les autres musiciens étant plus statiques, ce qui en aucun cas est un reproche, Jean-Jacques gardant pour sa part son sens de l’humour à froid un peu déconcertant. Après une première partie où le public se fait un peu timide, il faut dire aussi que c’est dans cette première partie qu’on été concentrés les morceaux les plus « lents », l’audience se fait entendre dans la deuxième moitié du show, plus enlevée. On rentre alors dans le vif du sujet et on retrouve l’ambiance d’un vrai concert, le partage érigé en valeur fondatrice. Le groupe remporte tous les suffrages et reviendra plusieurs fois sur scène pour les rappels sous un tonnerre d’applaudissements. Ce qui nous vaudra même un petit, et discret, saut de cabri de JJ pour fêter ce succès, geste extrêmement rare chez lui. Une excellente soirée.
www.jjmilteau.net

vendredi 2 avril 2010

JJ Milteau : Harmonicas



Copieux double cd, 40 titres soit plus de deux heures de musique, « Harmonicas » revisite les anciens albums, indisponibles depuis des années, de Jean-Jacques Milteau. Un constat s’impose d’emblée, la musique de Milteau couvre une large palette, celtique, bal populaire, country, jazz, et il semble qu’il se soit réellement recentré sur la soul et le blues depuis l’album « Memphis » sorti en 2001. Comme son titre l’indique, cette compilation se concentre sur l’instrument, les notes de la pochette indiquent les tonalités de chaque harmonica utilisé, et est entièrement instrumentale. Un seul titre, « I can’t hold out », est chanté. Si on ne retrouve rien à redire sur le jeu de Milteau, toujours impeccable, en revanche certains arrangements, les synthés notamment, accusent le poids des ans et sonnent un peu trop les années 80. L’absence de livret et des notes de pochettes plutôt chiches, aucune indication sur les années d’enregistrements, le nom du chanteur intervenant « I can’t hold out » n’est indiqué nulle part, constituent une autre déception. En revanche, les photos, nostalgiques à souhait, sont plutôt bien choisies. Au final, les amateurs du Milteau des derniers albums risquent bien d’être surpris…
http://www.jjmilteau.net/

mercredi 8 juillet 2009

JJ Milteau + Pura Fé, Paris Jazz Festival Parc Floral, 28 juin 2009.


Cet été comme tous les étés commence sous les meilleurs auspices puisque est venu le temps du Paris Jazz Festival et des concerts gratuits et en plein air du Parc Floral.



On commence donc cette année avec un illuminé qui s’autoproclame « artiste faisant la première partie » avant de chanter à cappella « Amsterdam » de Jacques Brel dans les travées de l’auditorium du Parc Floral. La mascarade sera de courte durée (et nos oreilles épargnées par la même occasion) et la sécurité montrera la sortie à l’intrus. Les choses sérieuses arrivent enfin avec notre chère Pura Fé, de retour avec son nouveau guitariste, Kareem, amérindien comme elle. Contrairement à son prédécesseur, Danny Godinez, dont je n’étais pas vraiment fan, Kareem n’utilise pas de pédales d’effet ou de delay. Danny Godinez avait un peu tendance à abuser de ces artifices et à dénaturer la musique. Avec une simple guitare folk, Kareem fait aussi bien. C’est à la fois, plus clair et plus compact. Kareem a également une belle voix et a eu le droit de chanter, seul, un titre de sa composition. Beaucoup de nouvelles chansons - peut-être extraites d’un nouvel album - notamment un « Borders » des plus prometteurs. Le public accroche bien, les applaudissements sont nourris…



On continue ensuite avec l’harmoniciste Jean-Jacques Milteau et les cinq musiciens du projet « Soul Conversation » : Gilles Michel à la basse, Manu Galvin à la guitare, Eric Lafont à la batterie et les chanteurs Michael Robinson et Ron Smith. On se met en jambes avec deux instrumentaux, les oiseaux chantent à l’unisson, c’est beau. Viennent ensuite les deux chanteurs « soulful » avec une interprétation toute en délicatesse « People get ready » de Curtis Mayfield, qui est originaire de Chicago tout comme Michael Robinson. Ron et Michael s’échangent les vocaux un coup le lead, un coup les chœurs chacun son tour. L’entente est parfaite entre tous les membres du groupe, les embrassades et tapes amicales dans le dos sont légions. Séquence émotion avec l’hommage de Michael Robinson au « King of Pop », Michael Jackson, un exercice obligatoire par les temps qui courent. Enorme succès pour JJ et son groupe, le public refuse de les laisser quitter la scène et ils reviennent par deux fois pour étancher la soif de musique de l’audience. Deux chanteurs exceptionnels, un accompagnement musical de haute tenue et le soleil en prime que demander de plus ?

dimanche 1 février 2009

Bon Temps Rouler Spécial Alligator Records


En plus de sa, conséquente, oeuvre de musicien, Jean-Jacques Milteau est en train de se construire une discographie parallèle. L’harmoniciste en est à sa quatrième compilation, deux consacrées à l’harmonica et un best-of de la programmation de « Bon Temps Rouler », son émission de radio. Ce nouveau volume est consacré à Alligator, fameux label de blues de Chicago, l’un des derniers encore debout. La liste des artistes ici sélectionnés ne dira probablement rien aux béotiens de la chose bleue, mais qu’importe, le livret très complet et très bien rédigé par Jean-Jacques et son comparse Sebastian Danchin, permettra de remplir les blancs. La sélection est sans tâches et les titres s’enchaînent naturellement sans temps mort, un peu comme à la radio. Le tracklisting prouve aussi que le blues de Chicago est bien plus varié que l’on pourrait se l’imaginer de prime abord, et n’est pas aussi tributaire de la guitare électrique que l’on veut bien le croire. L’écoute de ce « bon temps rouler » est bien agréable et il convient d’utiliser ce CD comme une clé. Celle qui ouvrira la porte d’une bonne dizaine d’autres albums.

lundi 8 décembre 2008

J.J. MILTEAU, le sunset, 7 décembre 2008.


C’est devenu, une habitude, presque un petit rituel en soi, à chaque nouvel album, l’harmoniciste JJ Milteau « squatte », une semaine durant la scène du Sunset, le petit club de jazz de Châtelet les Halles. Le Sunset, c’est un club minuscule tout en longueur, en forme de tube. Les murs, de forme arrondie, sont recouverts de rectangles de faïence blanche, on se croirait dans une station de métro désaffectée. Cette année, la « Soul Conversation » à plusieurs voix est de rigueur, Jean-Jacques est entouré des deux chanteurs « jumeaux » : Ron Smyth et Michael Robinson, du fidèle guitariste Manu Galvin et la rythmique composée de Gilles Michel à la basse et Eric Lafont à la batterie. Le groupe se chauffe tranquillement avec deux instrumentaux avant l’arrivée des deux « soul twins » : Ron Smyth et Michael Robinson, même look tout en noir et lunettes de soleil. Le groupe nous a offert un beau voyage, JJ décrit l’arrivée à Memphis, la voiture qui va tout doucement la radio blues locale allumée et l’arrivée au porte du delta du Mississippi avant d’enchaîner sur la reprise de « down in Mississippi » de JB Lenoir. Autre grand moment la reprise de « You can’t always get what you want » des Rolling Stones, Ron Smyth littéralement possédé transcende les paroles, le message est palpable : « you’ll get what you need » (i certainly hope so…). « Rock n’roll will never die », les deux compères vocalisent et chorégraphient de concert. Les voix se mêlent à merveille, Ron Smyth et Michael Robinson sont deux grands chanteurs. On a aussi ri des petites scènes de ménage entre JJ et Manu :

- Excusez-moi une minute mais, contrairement à l’harmonica, la guitare est un instrument qui s’accorde…
- 25 ans que je subis cela…
- Manu en train de s’accorder : Tu peux meubler si tu veux…
- Je veux bien mais il n’y a plus de place (la salle est plutôt exiguë)… On vient d’acheter ce petit endroit
- C’est assez dur à chauffer…

Voilà j’arrête là la petite partie de ping-pong. Le concert s’est achevé sur une note particulièrement émouvante, Michael à cappella, JJ à l’harmonica, le reste du groupe et le public qui claque des doigts à l’unisson, j’ai presque l’impression de jouer avec eux… C’était chouette. Merci Messieurs.

samedi 1 novembre 2008

J.J. Milteau : Soul Conversation


L’avantage lorsque l’on possède l’expérience et la bouteille d’un Jean-Jacques Milteau, c’est que l’on donne l’impression d’enregistrer, sans difficulté ni effort, des albums des albums de qualité égale, autrement dit, toujours excellents. Ce qui est une fois de plus le cas avec ce nouvel opus intitulé « Soul Conversation ». Grand amateur de voix, JJ, nous encore cette fois ci dégotté deux chanteurs de grande classe à savoir Michael Robinson et Ron Smyth pour dialoguer avec son harmonica. La nouveauté, c’est que ce coup ci, les deux lascars chantent souvent ensemble et non pas l’un après l’autre, comme d’habitude. Conséquence logique, ce nouvel effort me semble plus « chanté » et moins instrumental qu’à l’accoutumée. Cet album s’inscrit comme un hommage aux musiques que Milteau porte en lui depuis toujours : du rock n’roll, la reprise méconnaissable du « You can’t always get what you want » des Rolling Stones ; de la soul « People Get Ready » de Curtis Mayfield ; du folk tendance hippie « Long Time Gone » de David Crosby et enfin encore et toujours du blues « Down in Mississippi » de JB Lenoir. A l’instar de ce qu’il a pu faire il y a quelques années avec le « Heart of gold » de Neil Young, Jean-Jacques et son groupe embrassent toutes ces musiques et les emmènent toujours vers la même direction, celle de cette fameuse note bleue. Ces reprises, toutes très réussies car respectueuses de l’esprit sans en plagier la lettre, ne doivent pas cependant faire oublier la qualité des compositions originales : « Rock n’roll will never die », « You never know », « Summer moments ». JJ et ses acolytes, le fidèle Manu Galvin à la guitare, le bassiste Gilles Michel, le batteur Christophe Deschamps et Eric Lafont aux percussions font également montre d’un touché classe et raffiné tout au long du disque en particulier sur les instrumentaux. De quoi en tout cas passer l’hiver qui s’annonce au chaud.
http://www.jjmilteau.free.fr/


jeudi 30 août 2007

Jean-Jacques Milteau Trio, le Divan du Monde, 29 Août 2007.

C’est une belle fin de semaine qui s’annonce. La pluie a cessée, et même si le temps reste frais, le soleil est revenu. Et puis surtout, il y a de la bonne musique à apprécier en live. La première étape à lieu ce soir au Divan du Monde, petite salle de la rue (pavée et en côte) des Martyrs, à Pigalle, juste au pied de la butte Montmartre et du Sacré Cœur.

Le Divan du Monde est une salle minuscule avec une fosse où sont installées quelques tables agrémentées de bougies. Le bar se trouve sur la gauche. A l’étage, il y a un balcon avec un bar dans le fond et également des tables et chaises en métal qui courent le long de la balustrade de la même matière (ça donne froid !). Au plafond pendent une boule à miroir disco et quelques lumières. L’endroit est peint dans des tons assez chauds jaunes et rouges, ce qui donne au Divan du Monde un cachet mi-oriental, mi-futuriste. Sans conteste une très belle salle, on s’y sent bien, dans cette lumière tamisée, à l’aise pour apprécier la musique…

Qui commence ce soir avec un huluberlu violoniste, Didier Riey et son trio composé d’une contrebasse et d’un guitariste qui pompe aussi bien que Maître Django. L’individu attire spontanément la sympathie. On évolue dans un registre plutôt jazz, d’obédience manouche avec des hommages appuyés à Stéphane Grappelli (logique) et Michel Legrand, ponctué d’une reprise du thème du film « les parapluies de Cherbourg ».

Puis le silence respectueux se fait pour laisser la place à l’harmoniciste Jean-Jacques Milteau, ce soir en trio acoustique avec le guitariste Manu Galvin et la chanteuse Demi Evans. Le set commence en catimini et en duo harmonica/guitare sur le titre « Fragile ». Blow, J.J, Blow… Au troisième morceau, Demi Evans fait son entrée, saluée par des applaudissements on ne peut plus mérités, et on monte doucement en pression avec une reprise de « Chains of Fools ». Le trio revisitera plusieurs classiques, « Before you accuse me », « how sweet it is to be love by you » (Marvin Gaye), un extraordinaire medley hommage à Ray Charles, « What i’d say/Georgia », « Heart of Gold » (Neil Young). Le concert sera, à mon sens, marqué par deux temps forts, le premier sera la version d’anthologie de « Jack the man » où la voix de Demi Evans, entre chant, scat et rap, m’a donné des frissons le long de la colonne verticale, l’osmose se fait entre le groupe et le public qui bat la mesure en rythme et saluera cet moment de bravoure des trois musiciens par une tonnerre d’applaudissement. Puis viendra « Same Kind of Pressure » marquée par une performance vocale exceptionnelle de Demi, qui a eu bien du mal à prendre le départ, coupée dans son élan par un fou rire. Une fois encore le public reprend les paroles en cœur encouragé par Demi : « Ouh, ouh, baby, baby, baby, sing c’est trop bon ça »… A mon sens, Demi a une véritable voix soul, dans le sens où son chant vient directement des tripes, du coeur...

Manu et J.J reviendront en duo pour un dernier rappel, « What a wonderful world », dans une version instrumentale avec le final chanté par l’auditoire. Et c’est sûr qu’après une soirée comme celle là, on aussi envie d’y croire, à un monde meilleur …

http://jjmilteau.artistes.universalmusic.fr/

dimanche 25 février 2007

J.J Milteau : « Live Hot n’Blue »




L’harmoniciste, souffleur de blues, Jean-Jacques Milteau accompagné de son groupe sort un nouvel album enregistré live pendant la tournée 2005. J’ai eu la chance de voir ce Monsieur cinq fois en concert, et à chaque fois je suis ressorti de la salle avec un sourire jusqu’aux oreilles. Le disque procure la même « boogie euphorie » que celle ressentie pendant les concerts. Après deux titres instrumentaux, « Messin’ with the kid » et « T.M.C.P. », JJ et sa bande sortent de leur manche leur joker ultime à savoir la chanteuse texane Demi Evans (qui a par ailleurs sorti l’année dernière un excellent album en solo « Why do you run »). Que Demi fasse carrière en France est une bénédiction pour nos oreilles. Avouons le tout net, j’adore cette femme ! Elle possède une Voix rare, chaude et grave et beaucoup de coffre. Sans oublier cette faculté d’accélérer le débit (à la limite du rap) tout en restant mélodique qui fait des merveilles sur par exemple « Jack the man » (extraite du dernier album studio de JJ « Fragile »), hélas non incluse sur ce disque. Ecoutez l’exaltante version du traditionnel « Wade in the water » que Demi fini a cappella. Jean-Jacques est un harmoniciste virtuose et nous en apporte la preuve sur son « Boogie Mix » ou encore sur l’extraordinaire reprise du « What i’d say » de Ray Charles ou son harmonica sert de seul accompagnement à la voix de Demi. Soyons honnête, JJ et Demi sont particulièrement bien entouré sur ce live, le fidèle Manu Galvin à la guitare ; Andrew « Junior Boy » Jones à la deuxième guitare qui chante aussi fort bien « Make Some Changes ». La section rythmique Mark Mack à la batterie et le bassiste Felton Crews groove tranquillement, Benoit Sourisse saupoudre le tout de chaudes notes d’orgue. Bien évidemment l’achat de cet excellent album ne vous dispense en rien d’aller voir ce gentleman en concert car il est en sus un excellent pédagogue, érudit de la chose blues et soul. Chaque concert est une mine d’information sur l’histoire de ces musiques. JJ anime aussi tous les samedis à 19h « Bon temps rouler » une émission consacrée au blues sur la radio TSF (89.9) et croyez-moi sans lui on entendrait pas souvent James Carr, Dr John ou Johnny Adams (pour citer quelques uns de mes favoris) à la radio. Merci pour tout J.J.