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lundi 22 avril 2019

Elisapie, La Boule Noire, 16 avril 2019.

D'aucuns, et ils sont nombreux, à vouloir faire rentrer la musique dans des cases seront bien à la peine avec la chanteuse Inuit… L'album nous avait charmé, la découverte sur scène a donné une nouvelle ampleur à l'artiste. L'intention de fond est rock'n'roll sans aucun doute mais pour atteindre l'objectif Elisapie aime à prendre les chemins de traverses. Déjà l'accompagnement est inhabituel, un batteur et deux guitares (sans basse). Ensuite, entre nappes synthétiques rêveuses (sur le premier titre) et éclairs autant expérimentaux que bruitistes (limites grunge par moments) de la guitare lead, le tout a donné un nouveau relief à la musique de l'artiste que l'on a pris, un temps, au début, pour une chanteuse folk. Ce qu'elle est également dans le fond comme le prouve le très délicat rappel en duo, chanté en français. Un éclectisme que l'on retrouve aussi dans le chant, subtil jonglage entre l'anglais et langue vernaculaire et, au final, un sacré, et magnifique, périple musical qui nous en a fait voir de toutes les couleurs. 

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lundi 24 décembre 2018

Elisapie : « The ballad of the runaway girl »



Trois minutes et vingt-cinq secondes. C'est la durée d' « Arnaq » le titre qui ouvre ce troisième album, mais le premier à être distribué de ce côté-ci de l'Atlantique, de la chanteuse inuit Elisapie Isaac. Trois minutes et vingt-cinq secondes d'un blues aride, d'un garage rock fiévreux et, déjà, la chanteuse est prise en flagrant délit d'excellence. Trois minutes divines, certes, mais trompeuses. Car, ailleurs, sur la majorité des titres à vrai dire, l'album développe des climats acoustiques rêveurs et délicats, inspirés par les paysages de neige à perte de vue de son grand nord canadien natal (« Wolves don't play by the rules »). En ce sens, l'album est intrinsèquement américain (le continent, pas le pays) c'est à dire ancré dans les idiomes, le blues, le folk (« Ikajunga », « Call of the moose », "The ballad of the runaway girl"), traditionnels du continent. Mais avec une perspective inuit, chanté (trop peu à notre goût) en langue vernaculaire (« Una »), passé au tamis de la dream pop (cf. « Don't make me blue »), oscillant entre luminosité et noir profond (« Rodeo ») à l'image de sa région natale, froide, aride et dure à vivre au quotidien. Enfin, placée en clôture, la magnifique et bouleversante « Darkness bring the light », incarne le tour de force du disque, son morceau le plus long (six minutes et treize secondes) et son climax émotionnel dont on ne ressort pas indemne. Un voyage sublime. 

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