jeudi 16 janvier 2020

Barefoot Iano : « Keep it simple »



Plus qu'une révélation, c'est une redécouverte. Celle de Ian Giddey, aka Barefoot Iano, que l'on connaissait principalement comme harmoniciste des, désormais « en pause », Mountain Men. Six albums au sein du duo et on avait fini par oublier que l'Australien aux pieds nus, exilé de longue date en France, était également guitariste / chanteur (et quel chanteur!) Ce nouvel effort, le quatrième (et oui!) de sa carrière en solo, est donc l'occasion de renouer avec son univers personnel, sensiblement différent de celui des Mountain Men. Le son est plus étoffé que celui du duo, principalement grâce à la présence d'une section rythmique complète, basse et batterie, ce qui change considérablement la donne et éloigne le musicien du blues au sens strict même si l'influence de ce dernier plane du début à la fin du disque, notamment au travers de ses licks d'harmonica bien sentis. Pour le reste nous tenons là une pépite folk/rock, apaisée, ensoleillée, propre au voyage immobile de l'auditeur où à écouter en voiture au gré de routes désertiques et poussiéreuses. Excellent. 

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mercredi 15 janvier 2020

Franck & Damien : « You can find your way »



Franck et Damien, deux prénoms qui constituent une façon simple et directe de se présenter et définit assez bien l'approche naturelle de leur musique. L'album s'intitule « You can find your way » et, à l'écoute, il semble bien que le duo a trouvé la sienne, de voie, folk et bleutée bien évidemment, quelque part entre Ben Harper, Jon Butler Trio ou Xavier Rudd. Guitares acoustiques, lap-steel, quelques percussions éparses, un harmonica et un banjo qui traînent, le résultat est aéré et ample, respire la forêt et le grand air, les chansons grattées et/ou composées au milieu d'un champs. Et le rock'n'roll dans tout ça ? Savamment caché dans le fond du buisson, telle une engeance prête à frapper, il est là, dans l'ombre, sous la forme d'une saturation de guitare savamment étudiée ou dans le mouvement sec du poignet frappant les cordes avec énergie. Le détail qui tue : la voix magnifiquement éraillée incarne l'univers du duo avec beaucoup de soul et de vécu. Un très bel album. 

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mardi 14 janvier 2020

Baston : « Primates »



Complètement passés sous nos radars jusqu'à présent, c'est avec ce premier album que l'on découvre le quatuor breton. Et c'est un bien étrange objet qui se cache derrière cette toute aussi intrigante pochette naïve. Sorte de trait d'union entre les années 1970 et 1980, Baston incarne une sorte de magma sonore où se télescopent nappes synthétiques, tantôt anxiogènes, tantôt hypnotiques et guitares d'obédiences garage, le tout porté par des lignes de basses énormes et une batterie métronomique quasi mécanique. Le chant, quant à lui, est noyé dans la nasse, une couche d'effet le masque, le déforme, au point de rendre les paroles quasiment inintelligibles dans un grand effet de délire kafkaïen. Une interrogation demeure cependant : est-ce du krautrock, de la cold wave, du garage/psyché ? Oui, oui et oui, tout en même temps ! Et c'est là que réside la grande réussite de ce disque, rendre cohérent tout un agrégat d'influences éparses dans un rendu harmonieux et impeccable. Il ne s'agît pas là d'un énième revival mais d'un disque autant personnel qu'intemporel. Et, de plus, sacrément réussi ! 
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lundi 13 janvier 2020

Double Date With Death : « L'au-delà »



Avec un nom pareil, difficile de ne pas attirer l'attention. A ce point, on ignore encore si la camarde attend l'auditeur au tournant à l'écoute de ce nouveau disque des Québécois, mais on peut toutefois d'ores-et-déjà affirmer qu'on est sur le point de se prendre une sacrée décharge d'électricité ! Dans la lignée du Nombre, de Ponctuation ou de Chocolat, Double Date With Death nous offre une nouvelle preuve de la vitalité de la scène garage/punk de Montréal. Car s'il est bien question de cela, d'électricité, de guitares et de batteries révoltées, sur ces neuf nouvelles pistes, la montagne de décibels qui se dresse devant l'auditeur ne saurait obérer les aspirations pop psyché barrées du groupe (cf. « Fluorescent » ; « L'au-delà ») et les jolies mélodies qu'ils sont autant capables de trousser que de vitrioler. Une réussite ornée d'une magnifique pochette signée du génial graphiste Elzo Durt. 

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dimanche 12 janvier 2020

Sarah Amsellem : « Miracles »



S'il est des œuvres qui transportent, bouleversent au point de laisser une empreinte durable chez l'auditeur, alors, assurément « Miracles », premier album de Sarah Amsellem en fait assurément partie. Car si miracle il y a, il tient, en l'espèce, dans cette capacité à marier les contraires entre une musique d'obédience mélancolique, aux accents trip-hop, et un étrange rayon lumineux, faible mais persistant, qui irradie les compositions de la chanteuse, sous la forme d'un accord de ukulélé (« Console-moi ») ou de piano (« Vue de l'intérieur » ; « Miracles ») contrastant avec les nappes de clavier. Dense et d'une profondeur infinie, l'album réclame de l'attention et des écoutes répétées pour en saisir toutes les nuances et plonger dans cet univers où paroles et musiques forment un univers cohérent et personnel jonglant avec les langues (français, anglais et hébreu). Au-dessus du magma sombre plane la voix de Sarah, le cap vers les étoiles, prenant l'auditeur par l'oreille et le guidant dans ce labyrinthe aux murs noirs, entre failles et résilience. On achève l'écoute comme on se réveille d'un songe enfantin (« L'âme innocente »). 
En showcase à Paris le 16/01 (La Fabrique des Ballades Sonores - 19h30)
https://sarahamsellem.com/
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samedi 11 janvier 2020

Rod Barthet : « Ascendant Johnny Cash »



Etat civil, Barthet, Rod, profession musicien ascendant Johnny Cash. Un ascendant rare sur la scène blues hexagonale et, en l'espèce, tenant plus du fantasme tant la musique de Barthet s'éloigne dudit modèle. Ce qui n’empêche pas ce dernier d'attaquer la chose bleue suivant un angle original et personnel. La scène blues française, aussi fournie et intéressante soit-elle, souffre d'une sorte de syndrome de l'imitation prenant sa source chez des groupes chantant dans un anglais mal maîtrisé et ne livrant au final qu'une pâle imitation du modèle original. Rod Barthet a assimilé lui qu'il n'était ni Noir ni Américain et que, par conséquent, son blues, pour être crédible, doit rester fidèle à sa personnalité et donc sera chanté dans sa langue maternelle, celle de Molière, avec la complicité du grand parolier Boris Bergman sur quatre titres, cette approche étant la seule façon de faire résonner ses cordes vocales de vécu et d'émotion. Ainsi, ce nouvel effort de Rod s'invite tel un ovni sur nos platines, un étrange objet à équidistance du fameux blues (le magnifique acoustique « En noir et blanc ») du rock'n'roll (les guitares incisives de « Dans mon monde ») et, plus étonnant, de la chanson française grâce à l'apport original d'un quatuor à cordes sur deux titres (dont le très épuré et sublime « Un homme tout petit » ; Bashung n'est plus très loin). Une présence loin d'être incongrue et qui, à elle seule, fait basculer la musique dans une autre dimension, atypique. 

http://www.rod-barthet.com/
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jeudi 9 janvier 2020

Duplessy and Brothers of String : « The violins of the world »



Guitariste aventureux, motivé par la soif des grands espaces et la découverte de sons différents, mais plus encore, curieux de l'autre, grand voyageur en musique, Mathias Duplessy est à la tête de ce projet baroque et original où il s'est entouré de trois vielles : japonaise, suédoise et mongole (instrument que l'on a également entendu récemment dans un cadre plus métal au sein du groupe The Hu) tous réunis derrière un alias commun : les frères de cordes ! L'album qui en résulte est une petite merveille de virtuosité navigant entre les styles, nos musiciens faisant office de bâtisseurs construisant, note après note, un pont imaginaire entre les cultures (un bien beau message soit dit en passant). Est-ce du folk, du jazz, du blues ou du country and western ? Non, rien de tout ça au sens strict et, pourtant, tout à la fois en même temps, après avoir emprunté nombre de traverses et autres chemins détournés. Si l'album séduit par ses reprises (le « Brothers in arms » de Dire Straits) qui, parfois, renforcent l'angle cinématographique du groupe (le thème « The good the bad the ugly » signé Ennio Morricone), l'essentiel est pourtant ailleurs. Dans le feeling constant qui porte la musique et emporte littéralement l'auditeur dans un long périple autour du monde. Un album délicat et doux (« Horizon blues ») quoique euphorisant (« Chiken del »), acoustique et chaleureux, mélodique à la douce mélancolie par lequel il convient de se laisser bercer. Magnifique ! 
https://mathiasduplessy.fr/
En concert le 27/02 à Paris (Café de la danse)



mardi 7 janvier 2020

Normcore : « Six Pack »



Si l'on doit parler chiffons, bien plus que le phénomène « Normcore » (le fait de passer incognito en portant des vêtements neutres), la musique du quatuor du même nom évoque plus les jeans déchirés et les chemises bûcherons telles que l'on les affectionnait dans les années 1990. Dis-moi ce que tu écoutes et je te dirais ce qui tu es. A tout les coups si l'on se prenait à fouiller la discothèque de Normcore on y trouverait l'intégrale de Weezer et de Nirvana et peut-être même les quelques albums de Snot (un groupe métal californien de ces années-là) pour reprendre le titre d'un des morceaux de l'ep. Une musique chargée en électricité donc, dont les guitares reprennent l'esthétique des quelques trucs cools évoqués plus avant, et une agressivité justement dosée qui n'obère ni les mélodies ni les harmonies vocales du groupe. Excellent !

https://normcore.bandcamp.com/album/six-pack
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lundi 6 janvier 2020

Chris Shiflett : « Hard Lessons »



Connu principalement comme guitariste des Foo Fighters, Chris Shiflett étonne en solo dévoilant un amour immodéré pour la musique country, indécelable par ailleurs. Néanmoins, on ne se refait jamais totalement et Chris a bien gardé deux ou trois trucs de son groupe fétiche, en matière de saturation sonore générale (qui proviendrait paraît-il d'un ampli de guitare vintage, le Marshall JMC800) et de dynamique rythmique. Filant à la vitesse du vent, les compositions ont une durée moyenne de deux minutes, l'album défie le temps dans une sorte d'hybride country-hard, les amplis dans le rouge, finalement pas si éloignée que cela, dans l'esprit, de ce que proposait Steve Earle à l'époque de « Copperhead Road » il y a trente ans de cela. C'est plutôt réussi. 

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dimanche 5 janvier 2020

Bobby Rush : « Sitting on top of the blues »



Il est là, fier comme Artaban, assis sur le capot de sa bagnole. Bobby Rush est, suivant ses propres dires, sur le trône du Blues. Et c'est probablement vrai ! 26 ème album studio, 75 ème au total, qui dit mieux ? Comme il l'affirme lui-même lors de la première plage, « I'm a bluesman ». Un genre dont il connaît par coeur les moindres arcanes et auquel il rend hommage tout au long de ces onze titres dont certains contiennent son nom (cf. « Hey Hey Bobby Rush » ; « Bobby Rush Shuffle »). Armé de sa foi inaltérable Rush livre 11 pépites, dont certaines s'éloignent un peu du style de Chicago pour des rivages acoustiques (« Recipe for love ») ou la soul music (le grivois "Slow Motion"). Du classique, du solide, débordant de groove et de feeling, incarné à merveille par sa voix rauque, Rush délivre ce que l'on attend de lui : le fameux « Good Stuff ». Dans le genre il est assez difficile de faire mieux. Euphorisant et intemporel. 



samedi 4 janvier 2020

Delbert McClinton and Self-Made Men + Dana : « Tall, Dark and Handsome »




Harmoniciste, vu aux côtés de légendes telles que Tom Petty, BB King, Howlin'Wolf, Jimmy Reid ou Mavis Staples, et songwriter de talent (Emmylou Harris a décroché un tube avec son « Two more bottles of wine » de 1978), Delbert McClinton est devenu un véritable artiste solo après une longue période de maturation. Un vétéran méconnu de 79 ans et une trentaine d'albums au compteur : le Texan a tout vu, tout connu ! Conclusion logique : ce type sait tout faire ! Une preuve supplémentaire nous en est apportée avec ce superbe nouvel effort passant habilement du jazz (« Lulu » ; « Ruby & Jules ») aux accents latins de « Gone to Mexico » sans oublier au passage les indispensables blues (« Loud Mouth » ; « Down in the Mouth »), country voire rock'n'roll. Autant de genres abordés avec maestria, incarnés avec grâce par son timbre de voix rocailleux dégageant une émouvante sensation de vécu du bout de la route (cf. "Temporarily Insane"), sans fausse note ni de goût. Sa personnalité est tellement forte que l'album ne souffre nullement d'un syndrome patchwork, en dépit de sa diversité, et se tient d'un bout à l'autre sans temps morts. Un album qui s'écoute d'une traite comme on voyagerait à travers le temps et l'espace, les époques et les styles. Superbe. 

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vendredi 3 janvier 2020

Jewish Monkeys : « Catastrophic Life »



Enraciné dans la bouillonnante scène musicale de Tel-Aviv depuis 2014, le sextet débarque en France avec cette première sortie en bonne et due forme. Fidèle à ses origines culturelles, le groupe propose un son frais et original, rock'n'roll mais pas que, où les guitares d'inspirations surf côtoient des instruments dont les groupes de rock ont généralement peu l'usage : l'accordéon, le trombone et la clarinette. Autant d'artefacts destinés à offrir un son orientalisant, mi-punk/mi-klezmer, inédit, primesautier et, du moins vu d'ici, exotique (cf. « Punkfurt » ; « Too little too late »). Un grand délire en perspective donc (cf. les costumes de scène ; l'hilarante "Can't get it up") mais qui révèle un fond autrement plus conscient à travers ses paroles positives, prônant l'acceptation d'autrui. La musique survitaminée et le grand tourbillon de langues qui se bousculent (anglais, hébreu et même français) promettent de futurs grands moments sur scène, l'incarnation ultime de cette formation festive (cf. le reggae « Catastrophic Life »). A découvrir. 

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jeudi 2 janvier 2020

Laurence Jones Band



Encore peu connu dans nos contrées, et en dépit de son jeune âge, le Britannique Laurence Jones a déjà un solide parcours derrière lui, fort de cinq albums sortis en solo avant la formation de son Band, un quatuor dont il s'agit du premier véritable album. Allons droit au but, le disque est une véritable petite bombe classic rock placée sous la figure tutélaire des deux groupes majeurs du rock anglais, les Beatles (cf. la reprise de « Day Tripper ») et les Rolling Stones, qui ont, suivant toute vraisemblance, beaucoup inspiré « Everything's Gonna Be Alright » la première piste qui ouvre magnifiquement les débats (et qui ressemble beaucoup à « Gimme Shelter »). Voilà qui vous classe le bonhomme ! Entre les deux, l'album est un festival de guitares en furie, débordant du groove furieux de l'orgue, entre rhythm'n'blues (« I'm waiting », « Stay ») et blues (« Mistreated », « Long Long Lonely Ride ») et, quoi qu'il en soit, toujours plein de feeling. Que du classique certes, mais joué avec passion et envie, le genre d'album qui procure une sensation de plaisir immédiat et dont il est impossible de se lasser. Intemporel, on écoutera encore ce disque dans dix ans sans que la chose ai pris, gageons-le, la moindre ride ! 

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lundi 30 décembre 2019

Red Beans and Pepper Sauce : « Mechanic Marmalade »



Le groupe mené par la chanteuse Jessyka Aké est de retour avec un cinquième album. Un nouvel effort placé sous le signe de la mécanique rutilante (cf. le titre et la photo de la pochette prise dans un garage) qui les voit suivre peu ou prou la même direction. Celle d'un rock heavy, inspiré par une veine seventies (« Give it to me »), et infusé d'influences venues du blues (cf. « Thank You ») ou de la soul (« My Holy Guest »). Un mélange digne des BellRays, dont ils incarnent une très décente descendance. Ce nouvel album voit cependant l'ambition du groupe revue à la hausse. Pas de révolution de Palais en vue, mais une maîtrise générale du moindre détail que l'on ressent à l'écoute. Plus de dérapages de guitares déraisonnés, les watts dans le rouge et à fond dans l'électricité, le groupe ménage dorénavant ses effets et laisse sa juste place au groove : l'orgue est soulful (Serge Auzier) et la section rythmique (Niko Sarran, batterie et Denis Bourdié, basse) pratique un dosage savant entre puissance rock et swing funk (« The Battle »). Enfin, tel un grain de sable, la guitare de Laurent Galichon se fait joueuse et parsème le disque de lignes alternant psyché, pédale wha-wha et heavy, apportant un angle barré assez inédit pour le groupe. Excellent. 

En concert à Paris (La Boule Noire) le 30/01.
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samedi 28 décembre 2019

Jersey Julie Band : « Multiball »



Six longues années s'étaient écoulées depuis « Goosebump » le premier album du Jersey Julie Band. Le groupe est aujourd'hui de retour, et à défaut de jouer au flipper, est obligé de se réinventer après le départ du contrebassiste Stéphane Blanc. C'est à la fois dommage, car le groupe abandonne la formule du trio et ce son, sans batterie, caractéristique qui faisait l'originalité et la personnalité du groupe. Mais c'est aussi un nouveau départ pour la formation et des horizons étoffés qui s'ouvrent à eux à l'image de la ligne de piano, un instrument inédit jusqu'ici dans le panorama du groupe, par laquelle débute ce nouvel effort ; une manière de nous souhaiter la bienvenue dans ce Jersey Julie Band nouvelle mouture. Et, force est de constater que le son du groupe s'est considérablement étoffé ; outre le piano, la batterie et les chœurs apportent une nouvelle ampleur à la musique. Autant de petites briques ajoutées une à une qui à la fin bâtissent un magnifique écrin pour accompagner la voix spectaculaire (on pense parfois un peu à Beth Ditto) de la chanteuse Julie, magnifique de puissance et d'émotion. Pour le reste si l'habillage est différent, le fond de la chose, la substantifique inspiration, reste finalement la même entre jazz (cf. le saxophone de Julie y est pour beaucoup) et, blues. La musique respire d'un swing nouveau, revigoré, comme une collection de torch-songs dynamiques refilant la pèche (« Five days alone ») plutôt que le blues mais, tout de même, un peu au détriment du feeling rock'n'roll/rockabilly qui habitait le premier disque. 13 titres au total et autant de raisons de visiter ce « Crowded Bar », pour rependre le titre d'une piste instrumentale de l'album, car en compagnie de musiciens de ce niveau, la soirée devrait être belle. 

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dimanche 22 décembre 2019

Acide Adore : « Tu me captures »



Duo franco-britannique, Acide Adore, accouche d'un EP (5 titres) que l'on a bien du mal à cerner. Est-ce du rock, de la pop, de l'électro ? Oui, et un peu tout à la fois, tant pis pour les catégories, ceux qui aiment tant faire rentrer la musique dans des cases en seront pour leurs frais. Acide Adore donc, c'est une voix, celle de Mathilde, douce et voluptueuse qui enrobe les oreilles de l'auditeur. Tout autour, on retrouve la patte de Jeremy qui d'arpèges délicats, de nappes synthétiques rêveuses et de boîtes à rythmes en sourdine emballe le tout dans un subtil alliage de dream pop et d'électro. Et puis tout est remis en question lorsqu'une guitare aux accents grunge maîtrisés vient s'amalgamer avec harmonie, ce qui n'était pas gagné d'avance, dans cet ensemble à l'équilibre délicat apportant une nouvelle profondeur. A noter, une reprise baroque, acoustique et en français, du « Ava Adore » des Smashing Pumpkins (1998).

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jeudi 19 décembre 2019

Foggy Tapes : « Cogito Ergo Fog »



Unis par une ligne artistique commune et une identité forte, toutes les sorties du label Howlin'Banana sont comme reliées par un fil invisible. Avatar récent de l'étiquette, Foggy Tapes, qui comme son nom l'indique tient à enregistrer sur bande magnétique, rassemble tous les éléments qui, d'ordinaire, nous font nous précipiter sur toutes les sorties Howlin'Banana les yeux fermés : des guitares fuzz en pagaille et des bizarreries baroques en tout genre (thérémine, orgues divers) qui, en l'espèce, cohabitent harmonieusement. Ainsi, la trajectoire de ce premier album voit le groupe surfer la vague avant de terminer sa course au fin fond du garage non sans avoir revisité le western entre les deux (cf. « Mist from above »). Un déferlement de sons acides et psychés qui revisitent les années 60 et 70 sur un mode déglingué et doux à la fois. Arrangements pop et harmonies vocales léchées font que les Beach Boys et autres Beatles ne sont jamais bien loin (la merveilleuse « Days to come »). Entre groove acide, mélodies pop et guitares foutraques, le quatuor toulousain, vise juste et toujours dans le mille ! Une réussite ! 

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mardi 17 décembre 2019

Les Nus : « Enfer et Paradis »



Formation mythique du Rennes du début des années 1980, Les Nus, dont le chanteur Christian Dargelos fût un membre fondateur de Marquis de Sade, ont disparu corps et biens après un unique album sorti en 1982. C'est à l'initiative d'Etienne Daho que Les Nus refont surface avec un deuxième album en 2016, 34 après le premier. Ce nouvel effort, le troisième, scelle donc pour de bon le retour du groupe, loin d'être un feu de paille sans lendemain. « Vous faîtes du rock n'est-ce pas ? » interroge ce nouveau disque sur un de ses titres phares. La réponse est claire et sans appel. Fidèle à ses convictions Dargelos affine sa plume, d'encre noire, en français alors que la musique lorgne par-delà la mer à la fois en direction de New York, pour la tentation bruitiste savamment canalisée (« Suspicion »), que vers l'Angleterre (« Ceci n'est qu'une nuit » ; « Café bizarre »), en ce qui concerne la richesse et l'élégance des arrangements (« Jim Crow »). Point d'imitation ici dans un anglais bafouillant, mais au contraire, une appropriation habile des codes anglo-saxons définissant ainsi un modèle esthétique rock à la française. Impeccablement mis en sons par Romain Baousson (l'ancien batteur des Wankin'Noodles) ce nouvel effort, inespéré, s'annonce comme un classique immédiat et intemporel. 

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lundi 16 décembre 2019

Vile Assembly : « Propaganda »



La vile assemblée nous arrive de Liverpool et fait des merveilles dans un créneau post punk plutôt en vogue à l'heure actuelle (Idles, Fontaines DC, Murder Capital). Mû par l'énergie du désespoir, peut-être une conséquence du climat actuel, le groupe a mis son agressivité sous une chape de plomb. L'électricité est contenue dans une ambiance sombre et froide, héritée de la cold wave (« Gone ») et incarné par un chant plaintif. Même les morceaux les plus lents de l'ep (« Them drugs 2») font montre d'une anxiété sous-jacente et d'une tension fuyante allant crescendo. 

En concert le 20/12 à Paris (Espace B)
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vendredi 13 décembre 2019

Carla Mariani : "Sweet Little Angel"

C'est un lien comme on en reçoit des dizaines par jour. Pourquoi as-t-on ouvert celui en particulier ? Mystère... Peut-être qu'un texte de présentation évoquant Janis Joplin, Etta James et Nina Simone constitue un bon début, éculé et dangereux, vu le talent desdites références, mais un bon début quand même... La chanteuse s'appelle Carla Mariani et nous vient du Brésil. En un peu moins de six minutes, la durée de sa nouvelle chanson, Mariani nous fait fondre. Feeling entre jazz et blues, piano élégant, swing ourlé de la batterie, tout y est parfaitement intégré, digéré et reproduit avec grâce d'une voix habité transportant l'auditeur dans un imaginaire blues urbain et pluvieux. Intemporel. Cela nous fait la soirée, merci.

jeudi 12 décembre 2019

Frustration : « So cold streams »



Toujours aussi fidèle à son patronyme, le groupe laisse exploser sa frustration dans un courant froid, voire glacial, faisant honneur au titre de ce nouvel effort, sur le rock français. Bien que fortement enraciné dans le punk et la cold wave (cf. « Pulse » sous influence Joy Division), Frustration ouvre sa musique aux sonorités synthétiques d'hier et d'aujourd'hui inscrivant sa démarche entre la cold wave des années 1980 (« Slave Market » qui peut s'enorgueillir de la participation de Jason Williamson des Sleaford Mods) et l'électro du 21ème siècle, le tout mené par des lignes de basse énormes, une constante du début à la fin du disque. Les aiguilles du potentiomètre dans le rouge, le quintet, qui fût la toute première signature du label Born Bad, rajoute du boucan au boucan superposant la saturation synthétique à celle des guitares dans le but ultime de toujours faire péter les décibels. Ainsi « Insane » qui ouvre les débats de sa rythmique martiale marque un virage certain vers la musique industrielle. Un album salutaire par les temps qui courent. 
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mercredi 11 décembre 2019

Cold War Kids : « New Age Norms 1 »



Souvent coincé dans une bulle nostalgique, cherchant, le plus en souvent en vain, à recréer un supposé age d'or, pourtant révolu depuis un demi-siècle, le rock'n'roll donne l'impression de tourner en rond à la poursuite de sa gloire passée. Et puis de temps en temps arrive un disque qui change la donne. C'est un peu ce que l'on ressent à l'écoute de ce nouvel effort des Cold War Kids, un disque très court, 8 titres et à peine 30 minutes, autant respectueux du passé qu'à la recherche d'un nouveau souffle. Un album très ramassé donc, qui file sans donner le temps de s'ennuyer. Si quelques fantômes planent ici et là (« Fine fine fine » sous influence Iggy Pop alors que « Waiting for your love » rappelle plutôt les intonations des Rolling Stones fin 70s) le tout est dynamité par une production contemporaine où la basse dicte le groove avec autorité autant qu'elle claque dans les oreilles (« Dirt in my eyes »). Un vernis pop maintient la foudre qui anime les musiciens à un juste niveau ouvrant le champ vers une jolie ballade mélancolique au piano (« Beyond the pale »). Une belle réussite. 

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mardi 10 décembre 2019

Half Moon Run : « A Blemish in the great light »



Pour ce qui constitue le troisième effort de leur carrière, les Canadiens sortent le grand album de saison. Aussi doux et douillet qu'une couette alors que frémissent les premiers frimas de l'hiver naissant. Parfaitement produit et d'une grande richesse d'arrangements, ce nouveau disque se trouve au mitan du folk (leur incarnation première) et de la pop, qui constitue leur incarnation la plus récente. Si quelques arpèges rappellent la nature acoustique de leur musique (« Flesh and bones » ; « Naturel Disaster »), c'est bien à un album pop que nous avons affaire. Délicat sans être mièvre (« Black Diamond ») et n'ayant pas peur de monter brusquement dans les tours (« Then again ») pour apporter un soupçon de fièvre rock'n'roll à toute cette affaire. Ainsi si les influences se bousculent, des années 1960 à 80 (cf. les synthés), au fil des sons, il n'est pour une fois aucunement question d'un revival quelconque. On pencherait plutôt pour une sorte de spleen intemporel bercé par les flocons de neige sous un ciel gris qui laisserait, de temps en temps, percer quelques rayons de lumière rasante du soleil hivernal. 

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lundi 9 décembre 2019

Moonlight Benjamin : « Simido »



Haïtienne de naissance et authentique prêtresse vaudou, la chanteuse est installée en France depuis 2002. Après d'innombrables expériences musicales, du jazz à la chanson pour enfants, Moonlight Benjamin se consacre depuis deux ans à un projet plus personnel entre blues et garage rock, chanté en créole en compagnie du guitariste Matthis Pascaud (également auteur d'un excellent album en solo cette année). Suivant une trajectoire parallèle à celle du trio Delgres, Moonlight chante son île, son histoire comme sa détresse actuelle, dans sa langue vernaculaire, le créole haïtien. Cette dernière n'est pas le seul élément rattachant la musique de Moonlight à la créolité, la ferveur des rythmiques et la transe fiévreuse qui s'en dégagent procurent une sensation de tournis (cf. « Pale Pawol ») qui permet à la musique de s'élever bien au-delà du tout venant. Le tout est parfaitement incarné en voix par Moonlight, qui se révèle à la fois forte, profonde et féline. Son chant semble ainsi comme profondément ancré dans la terre. Musicalement il était difficile d'égaler le tourbillon de guitares du premier disque. Aussi ce nouvel album propose un pas de côté au profit d'une approche plus en retenue, lissée et pop, mais qui n'obère ni son esprit aventureux (les quasi sept minutes de « Salwe ») ni l'entregent des musiciens que l'on sent transpirer à grosses gouttes à chaque note jouée (« Tchoule »). Un disque moite et hypnotique. 

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jeudi 5 décembre 2019

Les Amirales : "Mountains"


Mirabelle Gilis (violon), Sarah Petit (chant) et le batteur Guillaume Rossel (Rachid Taha) forment le trio Les Amirales. Tout premier clip du groupe, "Mountains" se situe au croisement de la pop et de l'électro où guitares et sonorités synthétiques constituent le parfait écrin pour la voix ample et spectaculaire de la chanteuse Sarah.En concert le 7/12 aux Transmusicales de Rennes.
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mercredi 4 décembre 2019

Matthis Pascaud, Studio de l'Ermitage, 02/12/2019.


Guitariste émérite, Matthis Pascaud nous a gratifié d'une sublime performance aux confins des genres sur la scène intime du Studio de l'Ermitage. Entouré de son groupe (un saxophone usé d'allure steampunk, batterie et basse), le guitariste nous a livré un concert sur le fil, très doué pour s'approprier à la perfection les codes traditionnels du jazz et du blues (notamment lorsqu'il fût rejoint par le chanteur Hugh Coltman), notamment ceux de la Nouvelle-Orléans qui guident son projet actuel, mais qui n'a pas son pareil pour s'en éloigner également, entraînant la musique vers des rivages progressifs et expérimentaux. Sa guitare se fait alors joueuse détournant le son pour s'éloigner au point de trouver des sonorités originales hors des sentiers battus. Mais comme le prouve la fin du set Matthis sait aussi se jouer du gros son saturé flirtant avec le rock garage. Un talent protéiforme, également au lap-steel (sauf quand ce dernier tombe en panne, c'est ça le blues), donc qu'il convient de suivre avec attention. 

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dimanche 1 décembre 2019

Moon Duo : « Stars are the light »



Nous sommes certains à ce jour que les musiciens de Moon Duo n'ont pas débarqués de la lune, leur musique néanmoins vient d'ailleurs. Un ailleurs que le duo se plaît à imaginer le long de ces huit plages cosmiques et contemplatives, savant alliage de synthés vintages, de guitares déliées et de vocaux éthérés. Ripley Johnson et Sanae Yamada qui composent le groupe ont bien retenu les leçons psychédéliques de leur ville natale de San Francisco mais ont plutôt décidé de garder vivace l'inventivité et la transe de leurs morceaux plutôt que de repiquer les plans de leurs aînés. Point de guitares survoltées ici, ni d'héritage blues ou folk mais des boîtes à rythmes répétitives et des circonvolutions synthétiques analogiques partant dans de folles arabesques psychédéliques. Bien tapie dans le fond, la guitare se coule entre les interstices suivant le fil d'arpèges délicats et de solos étirés au son clair. Avant-gardiste sans avoir l'air d'y toucher, respectueux d'un passé qu'ils cherchent à renouveler, le duo de la lune nous offre une proposition musicale suffisamment affirmée pour planer au-dessus des contingences quotidiennes. Définitivement venu d'ailleurs. 

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samedi 30 novembre 2019

Seratones, Pop-up du Label, 29/11/2019.


La claque du vendredi soir ! Sur la petite scène exiguë du Pop-Up du Label, à deux pas de la Gare de Lyon, les Seratones, groupe venu de Louisiane, ont explosé de toute leur classe dans un exercice périlleux, entre soul et rock garage, à la fois intemporel et respectueux de la tradition mais aussi novateur lorsqu'il s'agît de la trahir pour faire prendre une autre tournure à la musique. Ainsi on oscille entre les genres, quand les claviers prennent plus d'espace, le groupe se retrouve dans un entre-deux soul et suffisamment synthétique pour être original. Mais les Seratones ont aussi les deux pieds bien ancrés dans la terre de leur état natal (La Louisiane) et s'entendent aussi bien en matière de soul sexy et langoureuse que de rock garage gorgé d'électricité. Quelque soit le contexte la chanteuse AJ Haynes irradie de son charisme se mélangeant sans vergogne avec les premiers rangs des spectateurs et voix, dans la lignée de Lisa des BellRays, charme quelque soit le contexte. Magnifique soirée. 

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vendredi 29 novembre 2019

Deadly Shakes



Une ligne de basse énorme, un riff de guitare gras, une batterie carrée et efficace, mais que se passe-t-il ? Il se passe que nous sommes en train d'écouter le nouvel EP de Deadly Shakes, un trio originaire de l'Est de la France. En quatre titres d'équerre, le groupe nous prouve que le rock'n'roll lorsqu'il est joué avec autant de passion reste d'une force de persuasion redoutable ! Car s'il est peu dire que le groupe est efficace (cf. « Reap what you sow ») il ne s'agît là que de la partie visible de l'iceberg. Car c'est sous la couche, épaisse, d'électricité que tout se joue. Là ou le groupe laisse s'infiltrer des manipulations sonores à visée psychédélique (« Living by the river ») qui donnent toute leur substance à la musique du trio. Ne surtout pas se fier à l'aspect brut de décoffrage du disque qui constitue la facette la plus abordable de la chose. Cette dernière n'obère ni la sensibilité (« Left behind » ; « Never Return ») ni l'ambition affichée de ces quatre titres produits avec le plus grand soin. Une belle découverte, en attendant la suite sur long format. 



jeudi 28 novembre 2019

Matthis Pascaud : « Clap Clap »



Guitariste talentueux et collaborateur recherché, on avait pour notre part pu apprécier sa présence aux côtés de Moonlight Benjamin, Matthis Pascaud continue son escapade en solitaire avec ce deuxième album solo. Entièrement instrumental, l'album se situe aux confins du jazz, là où la musique mute sous les coups de boutoirs électriques de sa six cordes inspiré par le contact avec d'autres musiques. Il n'est plus question dès lors de jurer fidélité absolue à un idiome mais de laisser la créativité voguer librement, le swing en ligne de mire (« Bayou »). Afin d'incarner la musique et de palier à l'absence de chant, ce sont les instrumentistes qui récupèrent la mise à force soli, sans jamais abasourdir l'auditeur de virtuosité déplacée. Au contraire, les instruments dialoguent, improvisent renouant ainsi avec une dimension progressive et labyrinthique à la limite de l'expérimentation (les interludes « Clap » qui parsèment le disque). Puissance rock et feeling jazz sont ainsi les deux pôles guidant la musique, transformant cette dernière en matière libre et mouvante. C'est beau. 

En concert le 02/12 à Paris (Studio de l'Ermitage)
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