samedi 26 septembre 2020

JD Simo




Tel que l'on se l'imagine, JD Simo est ce type obsédé de musique, de guitare, de matière sonore. Un geek capable de s'enfermer des jours, son instrument fétiche en mains, à la recherche du son. Un Graal dont la quête se poursuit avec ce premier effort solo après deux albums en compagnie de son trio SIMO. Il va sans dire que notre homme est fortement influencé par les grands classiques des années 1960, comment pourrait-il en être autrement ? Des classiques qu'il ne cherche pourtant pas à singer poursuivant une voie personnelle et originale tout en conservant à l'esprit la capacité d'innovation, le bouillonnement créatif, des grands musiciens des années 60 et 70 qui ont donné naissance à tant de classiques du rock. Ainsi, chez JD Simo, la musique ne va jamais en ligne droite mais épouse des courbes, comme autant de virages, qui vont d'un style à l'autre du blues au funk à la soul le tout sous l'égide du gros son de guitare, gras et saturé, et du groove dévastateur, placé en valeur cardinale. De giclées de guitares acides en coups de grisous, la démarche se révèle passionnante à l'image de la passion dévorante qui anime le musicien. Recommandé. 




jeudi 24 septembre 2020

Kaz Hawkins : « Memories of »




Sorti en totale auto-production, ce nouvel effort de l'Irlandaise, installée en France, s'avance masqué (c'est de saison). Un disque de reprises de grands classiques chipés chez Otis Redding (« Miss Pitiful », « Security ») ou Etta James (« At Last ») dont on pourrait ne pas attendre une grande originalité. Mais c'est faire peu de cas de l'exceptionnel talent d'interprète de Kaz Hawkins, d'une grande expressivité, sans jamais en faire trop, comme si la puissance des émotions transperçait littéralement les cordes vocales de l'interprète. Charismatique, la chanteuse entraîne tout son petit groupe de musiciens dans son sillage, comme si ces derniers étaient envoûtés par la timbre grave et éraillé de la chanteuse. Le matériel de base s'en retrouve transcendé, transfiguré. Le moindre solo de piano ou de guitare déborde de feeling. Les cuivres et vents se chargent de dynamiter le tout d'un souffle ravageur. La rythmique groove aux petits oignons. Kaz Hawkins peut bien hurler tant qu'elle peut nous sommes soufflés ! De l'art de dynamiter la reprise et d'entraîner l'auditeur dans une imparable spirale émotionnelle ! 

https://fr-fr.facebook.com/kazhawkinsmusic/



lundi 14 septembre 2020

Johnnie Carwash





Sous ses airs de ne pas y toucher, le trio Johnnie Carwash est bourré de qualités. Un sens affiné du second degré qui fait mouche sur un tapis rugueux de guitares abrasives, à mi-chemin du punk et du rock garage, dont la classe déglinguée des titres, en forme d'assauts de moins de trois minutes, n'est pas sans rappeler Johnny Mafia (cf. « Forever Yours »). A l'aise avec le rock'n'roll donc mais aussi très touchant lorsque la musique s'adouçit de teintes psychédéliques (« Miserable ») ou s'aventure au-delà du cadre réglementaire des trois minutes (« Lazy »). De quoi transformer le groupe en candidat idéal au moment de retrouver l'excitation de l'expérience du concert. Et ça tombe bien, ils seront sur la scène des Inouis du Printemps de Bourges le 17 septembre prochain à 16 heures !




mardi 25 août 2020

Seven Ages : "Machine Love"

 

En attendant leur premier album, dont l'enregistrement est prévu pour l'année prochaine, les Parisiens de Seven Ages nous envoient ce clip au son rock pêchu, groove et sexy en forme de carte de visite.

En concert le 18/09 à la Dame de Canton

https://www.facebook.com/sevenages/

https://www.damedecanton.com/event/seven-ages/

vendredi 21 août 2020

Phoenix : "Identical"



Les Versaillais sont de retour avec un nouveau single qui est aussi la bande originale d'"On the Rocks",  nouveau film de Sofia Coppola.




jeudi 20 août 2020

Célia Millat : « L'astéroïde »



Il flotte un air particulier sur ce premier EP de la chanteuse. Quelque part entre joie et peine, Célia chante une manière de mélancolie heureuse, une sorte de joie de posséder des souvenirs chers, où l'acoustique du piano ou de la guitare se pare, avec bonheur, de subtiles touches synthétique ou électronique, bercé par des effluves de la chanson française des années 1970 et 1980 dans ce qu'elles ont connu de plus digne. L'EP s'écoute comme un souvenir heureux, lumineux, ensoleillé, comme une plage dont on se souvient à l'heure de la rentrée. Charmant. 
SORTIE LE 10 SEPTEMBRE

mardi 18 août 2020

Dead Myth 


Alors que le premier titre débute, mené plein tubes par une batterie galvanisante, démentielle et véloce, l'auditeur comprend aussitôt qu'il est tombé dans un sacré guet-apens dès qu'il a jeté une oreille sur cet EP inaugural. Littéralement pris au piège des ces guitares tourbillonnant des motifs répétitifs et hypnotiques, les pédales d'effets enfoncées à fond, en plein délire. Navigant en eaux troubles et psychédéliques, Dead Myth, renouvelle le genre d'attributs cold wave, post punk et shoegaze (on pense parfois à Jesus & Mary Chain) entamant un grand ménage dans le garage, qu'ils contribuent à dépoussiérer. 

https://leceperecords.bandcamp.com/album/1
https://www.facebook.com/Deadmyth666/




lundi 17 août 2020

Fontanarosa



Adepte forcené du DIY, le Lyonnais Paul Verwaerde a enregistré, dans sa chambre et en solo, les 6 plages inaugurales qui composent l'EP de Fontanarosa. Songwriter inspiré, ce dernier est également un musicien accompli au point de donner l'illusion d'un véritable groupe. En trouvant le subtil point d'équilibre entre l'urgence garage/punk (« In it ») et le savoir-faire mélodique (« Would you need me for » ; « In between »), Paul touche au Graal du rock'n'roll, suffisamment intemporel pour évoquer aussi bien un vieil enregistrement cradingue des seventies que les années 1990 et au-delà (« Eyes on the floor »). L'EP file pleine balle, les titres sont courts, trois minutes maximum, et incarnent une sorte de shoot rock'n'roll ultime et létal (« Lights Off ») ; disponible en cassette (évidemment) et en digital (mais c'est nettement moins cool). 

https://skrecords.bandcamp.com/album/fontanarosa


dimanche 16 août 2020

The Jayhawks : « Xoxo »



En trente cinq années de carrière, ont aurait pu légitimement penser que Gary Louris et sa bande avaient fait le tour de la question. Fort heureusement, il n'en est rien et ce nouvel album nous en apporte une nouvelle preuve. Nous avions laissé le groupe avec un magnifique effort « Paging Mr Proust » conciliant folk et noise façon Sonic Youth. Par comparaison ce nouvel album semble bien classique et sonne comme un retour à la source des années 1960 et 1970 pour le groupe entre folk et country alternative. Ce qui peu sembler à une régression n'en est pas une, en effet, pour une fois, le leader Gary Louris a baissé la garde et ouvert la porte aux compositions, et au chant, de ses comparses trouvant ainsi le matériau pour expérimenter, encore et toujours, tout en restant sur le terrain classique que l'on attend d'eux. Et le groupe de nous étonner encore avec ces assauts garage électriques (« Dog Town Days ») comme acoustiques (« Society Pages ») assez peu habituels contrastant avec les ballades à vocation psychédélique (« Homecoming ») et titres plus conventionnels au piano (« Ruby » ; « Across my field ») ou à la guitare folk (« Illuminate» ; « Bitter Pill »). Un éventail assez large, certes classique mais d'une fraîcheur et d'une solidité à toute épreuve, couvrant ce vaste territoire que l'on appelle Americana et dont ils restent un des plus digne représentants à ce jour. Recommandé. 

https://www.jayhawksofficial.com/
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vendredi 14 août 2020

Volage : « Strangers »



Ce nouvel EP, prélude au troisième album du groupe, se constitue d'une suite, « Strangers », déclinée en trois parties : « The Weakness, The Confusion, The Aftermath », trois chansons qui s'enchaînent les unes aux autres complétées par deux autres titres : « Horses » et « Home Therapy ». Le tout forme ce nouvel EP et un bien séduisant apéritif pour le groupe qui renoue avec ses obsessions des années 60 et 70, la sunshine pop, les rocks psychédélique et garage. Un mélange entre guitares tranchantes (sans violence excessive toutefois) et nappes d'orgue planant dominé par un chant mélodique. Un grand huit pour l'auditeur qui voit toutes les couleurs de l'arc-en-ciel à l'écoute. Toujours un plaisir de retrouver Volage, groupe vétéran du label Howlin'Banana, mais ce nouvel album s'annonce sous les meilleurs auspices ! 

https://www.facebook.com/volageband/

jeudi 13 août 2020

Thomas Howard Memorial : « Bonaventura »





En congés, hélas, définitif du Craftmen Club, Yann Ollivier se concentre désormais sur son propre groupe, débuté comme un simple projet parallèle. De quoi faire franchir une nouvelle étape à la formation qui n'a désormais plus rien du duo acoustique des débuts. Car ce deuxième album procède d'une véritable mise en danger pour le quintet, entré en studio sans avoir écrit la moindre note au préalable. Et le disque que nous écoutons aujourd'hui ressemble au résultat d'un marathon créatif, écrit, composé et enregistré en un mois soit un laps de temps relativement court mais qui a dû sembler long pour les musiciens. Et alors que résonne les nappes dark et angoissantes de « Tunnel » qui ouvre les débats, l'auditeur a véritablement l'impression de foncer tête baissée dans ledit tunnel. Car il ne fait guère de doute qu'avec ce nouveau disque, Thomas Howard Memorial ouvre une brèche dans le petit monde du rock français. Calme et apaisé en apparence, mais en vérité mû par une angoisse sourde et lancinante, ce deuxième disque évolue en eaux troubles croisant les influences progressives des années 1970 (cf. le mellotron, Pink Floyd n'est jamais bien loin), à un climat post-rock plus contemporain. Sans oublier une certaine audace mélodique évoquant la musique de film des seventies (cf. « The Way »). Un patchwork d'influences diverses qui est probablement le résultat de l'écriture collective qui, pour le coup, a fonctionné à plein. Une réussite pour le groupe, orné, ce qui ne gâche rien, d'un packaging original faisant de ce magnifique album un objet à part. Recommandé. 

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mercredi 12 août 2020

Gwënn : « A question of time »




Le titre ne manquera pas de rappeler de nombreux souvenirs aux fans de Depeche Mode. Pourtant, de reprises, il n'est nullement question sur le premier EP de cet artiste breton qui a néanmoins gardé de l'objet de ses émois adolescents une habileté à marier l'électricité à l'électronique. Ancrée dans un espace-temps à la lisière des années 1980 et 1990, la musique de Gwënn alterne déflagration électrique et envolées électroniques sans négliger non plus un sentiment d'intimité, une bulle au milieu du chaos sonore. De ce grand bain de musique lui faisant office d'influences Gwënn a su créer un son, une ambiance, certes marquée, mais bien à lui. 

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lundi 10 août 2020

Tami Neilson : « Sassafrass ! »





Canadienne de naissance mais installée en Nouvelle-Zélande, la chanteuse Tami Neilson possède un grain de voix puissant, fort expressif, une qualité fort à propos sur la scène soul où les disparitions tragiques, d'Amy Winehouse ou de Sharon Jones, laissent de nombreux fans orphelins, petits cœurs éplorés qui trouveront dans cet album largement de quoi se consoler. Cet album, justement, mérite que l'on s'y attarde ! D'aucuns, et à juste titre, peuvent regretter un certain conformisme de la scène soul actuelle, surtout soucieuse de coller au plus près d'une esthétique, indépassable, hérité des années 1960. Un reproche, assez commun, que Tami se charge de souffler d'un râle puissant de sa voix rauque. Sans perdre de vue l'esthétique vintage, la musique de Tami ressemble à un shaker géant dans lequel la chanteuse a secoué ses vinyles préférés, de la soul (la langoureuse « One thought of you ») au rockabilly ("Kitty Cat"), un soupçon de country (« A Woman's pain » ; « Somking Gun ») et pointe de tropicalisme latin pour l'aspect festif (« Bananas ») en sus. Un mélange un peu dingue mais frais et énergisant ! Superbe ! 



dimanche 9 août 2020

Pierpaolo Ranieri : « I am a peacock »


Lorsqu'il se lance dans l'aventure de l'album solo, le bassiste italien Pierpaolo Ranieri ne fait pas qu'enregistrer un album. Non, avec ce disque, le musicien change totalement la perception de son instrument fétiche, la basse, lui confiant un rôle lead plutôt dévolu à la guitare habituellement (un instrument totalement absent du disque). Une expérience déjà tentée par les Anglais de Royal Blood, dans un genre saturé plus proche du garage. Premier constat l'album est éminemment rythmique, tantôt groovy (« My Instinct ») tant robotique sur un mode dark (« Who is god »). Une approche transversale transcende totalement les influences premières heavy/psyché, pour tutoyer des univers aussi divers que la musique de film (« The Future is »), le jazz fusion électrique, le progressif (« Days of the blackbird ») voire l'électronica (« The Kingmaker » ; "Passage"). Il va sans dire que les neuf plages de cet album sont autant de démonstration de virtuosité de l'Italien. Mais une virtuosité canalisée, jamais superfétatoire, et au service de compositions complexes, labyrinthiques, à la limite de l'expérimentation, dont l'écoute se révèle immersive. Foisonnant et passionnant. 

https://www.facebook.com/PierpaoloRanieriBass/



samedi 8 août 2020

Steve Earle and The Dukes : « Ghosts of West Virginia »

 


Steve Earle retrouve ses Dukes, amputés du fidèle bassiste Kelley Looney, résident français de longue date et, hélas, décédé l'an dernier. Comme toujours chez Steve Earle, la musique est synonyme d'engagement et le musicien a trouvé dans la catastrophe, datant de 2010, dans la mine l'Upper Big Branch (Appalache) une nouvelle source d'inspiration. Car le cœur de Earle bat pour ses pairs, les petites mains, les besogneux qui s'appliquent à faire le meilleur travail, le plus honnêtement possible (cf. la liste de noms égrainés pendant la coda de « It's about blood »), la façon dont lui-même se définit certainement en tant que musicien. Un fond prenant, puissant qui oriente la musique vers l'acoustique, country/folk (les embardées hard-rock sont définitivement oubliées) un genre qu'il aborde suivant un angle d'attaque rêche (« It's about blood » ; « Black lung » ; l'excellent « Fastest man alive ») mais pas dénué d'émotion (« Time is never on our side » ; « If I could see your face again » avec Eleanor Whitmore). L'album a été mixé en mono et cela s'entend ! Le ton est ainsi donné dès la première piste « Heaven ain't goin' nowhere » titre à cappella, proche du gospel, cérémonieux et hiératique : l'heure est grave et le musicien s'en alarme 10 plages durant, le temps de cet album sec et concis (à peine trente minutes). Tout ceci, sans cette saloperie de virus, nous aurait donné de merveilleux concerts mais ce n'est que partie remise on l'espère. 

http://www.steveearle.com/
https://twitter.com/steveearle
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jeudi 6 août 2020

John Scofield : « Swallow Tales »


Merveilleux guitariste de jazz, John Scofield sort son nouvel album sur la mythique étiquette ECM, l'occasion rêvée pour retrouver deux acolytes, le bassiste Steve Swallow et le batteur Bill Stewart. Enregistré de manière particulière, « à l'ancienne » de l'aveu même des participants, l'album a été mis en boîte en une journée, dans un studio new-yorkais, au mois de mars 2019. Et ce qu'il donne à écouter va bien au-delà de la musique, c'est une histoire d'amitié, d'amour dans une certaine mesure, l'histoire d'une vie consacrée à la musique car, seuls des musiciens aussi liés et expérimentés peuvent produire un disque de cette qualité en une seule, unique et malheureuse, journée. Il plane ainsi un air très particulier sur cet album, une veine à la fois rétro, sans effets superfétatoires, ou le musicien revisite son passé (le titre d'ouverture « She was young » a été enregistré pour la première fois par le guitariste en 1979 sur son premier album) renouant avec une veine mélancolique, dans la lignée de ces immenses disques minimalistes que sont « Confidentiel » de Serge Gainsbourg ou « Strollin' » de Chet Baker. L'intégralité du répertoire de l'album est signé de la plume du bassiste, Steve Swallow (qui donne son nom au titre de l'album) et tout le disque irradie de ce lien intime entre les musiciens et le répertoire joué. A la fois bilan d'une carrière mais surtout, un marchepied vers l'avenir tant le jeu des musiciens déborde de swing, de fraîcheur, d'enthousiasme ! En huit pistes, ces derniers nous démontrent que le plaisir du jeu, de la création, reste la pierre angulaire indispensable à la réussite d'une session d'enregistrement. Un disque intime, minimaliste, baignant dans une ambiance nocturne au swing ouaté et élégant. Indispensable ! 

https://www.johnscofield.com/



mercredi 5 août 2020

Vorski : « Prophecies »


Ô toi, enfant du streaming, qui ne peut, hélas, concevoir la musique autrement que sous forme de liens ou de fichiers, la musique, cette chose fabuleuse, réduite à un vulgaire algorithme (autrement dit des maths, dans le fond un truc assez moche et déprimant) oui, toi, tu ne peut certainement pas ne serait-ce qu'imaginer notre bonheur : nous avons reçu une cassette audio ! Une cassette, obsolète objet, que nous-même, il y a une dizaine d'années de cela, considérions comme ringard et qui aujourd'hui nous comble d'aise ! Une cassette audio ! C'est l'unique format physique sur lequel sera distribué le nouvel effort (le doute nous ronge alors, est-il encore correct d'employer le mot « album » en l'espèce?) de Vorski, un musicien originaire de L'Est de la France. Et c'est plutôt judicieux tant la musique diffuse de fortes effluves des années 1980. Mais une précision s'impose ! Nous n'évoquerons point ici les hideuses années 1980 : spandex, jaune fluo et Top 50 ! Non, Vorski, c'est le double en négatif : froid, synthétique, monochromie noir et blanc, comme une vieille photo tramée dont les coins sont écornés. Et, alors que la bande se déroule (pour ta propre gouverne, c'est comme cela que fonctionne une K7) Vorski nous plonge dans un bain glacial (c'est plutôt bienvenu on crève de chaud ces jours-ci) la tête la première, le cerveau vrillé par le rythme robotique, hypnotique et répétitif, par l'écho des nappes synthétiques qui se prolonge à l'envi, avant de s'éteindre, non sans avoir au préalable expérimenté des changements de rythmes brutaux au son des boîtes à rythmes qui se déboîtent et se fracassent. On en est tourneboulés ! C'est beau. 

https://specific.bandcamp.com/album/prophecies
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mardi 4 août 2020

Rodolphe Burger : « Environs »



Le huitième album de l'ancien chanteur de Kat Onoma, une des voix les plus indispensables de la chanson française, part d'une vieille carte géographique, de la région de Colmar (celle d'où est originaire le chanteur), dont le nom des villes a été effacé par le passage inéluctable du temps. Chinée aux Puces de Clignancourt par Fred Poulet (musicien et réalisateur de son état) et offerte à son ami Rodolphe, le singulier objet a suffisamment intrigué le chanteur au point de lui inspirer un disque entier. Un album d'errance où le chant voyage de langues en langues (français, anglais et welche, le patois local) et au-dessus duquel plane le fantôme de Serge Gainsbourg (cf. le titre d'ouverture « Bleu Bac »). L'auditeur est quant à lui baladé par une musique nomade aux sons incertains, vaguant de l'acoustique chaleureuse à l'électronique cotonneuse, bercé par l'ambiance nocturne qui se dégage de cette remarquable collection de chansons, cohérente et hantée de bout en bout. Une musique nomade, voire mutante, mais qui se souvient parfaitement de sa genèse comme le prouve les reprises, chipées chez Sam Cooke (« Lost & Lookin »), Grant Lee Buffalo (« Fuzzy ») ou Can (« Mushroom »), et parfois traversée de violents éclairs, blues ou reggae, électriques (« Ba Ba Boom Time »). Enfin, comment ne pas être submergé par l'émotion alors que résonne la voix du regretté Christophe, capturée pour l'éternité dans « La Chambre », chère à Kat Onoma, qui clôt ce magnifique, envirant (du verbe envirer, tourner sur soi-même), album. 

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lundi 3 août 2020

New Favourite



La genèse du groupe est pour le moins insolite puisque cette dernière à eu lieu à 1 500 kilomètres de l’Hexagone, à Ostrava (République Tchèque), où Alex (chant, guitare) a rencontré, par pur hasard, Aurélien (batterie, chant) alors que les deux musiciens étaient en tournée avec leurs groupes respectifs. C'est une fois de retour en France que les choses sérieuses commencent ! Par sérieuses, comprendre en l’occurrence, lourdes tant le groupe, devenu trio avec l'addition de Pierre à la basse, sait y faire en matière de boucan et d'amplification saturée. Comme un écho du passé, la musique du groupe prend racine dans le hardcore entre chant étranglé et déflagration électrique. Mais, mettant de côté toute considération stylistique, le trio sait aussi être sensible aux mélodies et ménager ainsi de l'espace pour l'émotion, une respiration afin de mieux descendre l'échelle des watts. Le chant des possibles grand ouvert, le trio n'a pas peur de dévoiler ses aspirations classic rock voire pop avec, toujours, cette énergie à revendre incarnée par une batterie en équilibre, entre vélocité et martèlement. Point de chapelles par ici, donc, mais de nouveaux favoris pour (presque) tous. Accrocheur !

https://www.facebook.com/thisisyournewfavouriteband/

samedi 1 août 2020

Ciné Music Festival du 5 au 23 août 2020


Un été sans concert ni festival est certes bien triste, mais, voici peut-être la meilleure alternative pour voir quand même quelques concerts, cette année, au cinéma. Du 5 au 23 août, dans les cinémas des groupes CGR et Kinépolis on pourra revoir une sélection éclectique de quelques performances mythiques d'Amy Winehouse aux Eurockéennes de Belfort en 2007 à The Cure à Hyde Park (2016), du regretté Christophe à l'Olympia 2002 à "Imagine Lennon".

Infos et réservation :

https://www.cgrcinemas.fr/cine-music-festival/
https://kinepolis.fr/

jeudi 23 juillet 2020

The DeNiro's : « Surfin' in Love »



On connaissait tous le principe du concept album. Le sextet toulousain pousse le bouchon encore plus loin, offrant un album concept illustrant le concept du groupe. Il suffit de jeter un œil sur le patronyme de la formation pour deviner quelle est la célébrité qui l'a inspiré, ce premier album étant une interprétation surf rock des meilleurs rôles dudit acteur, chaque chanson étant inspirée d'un film. Vous suivez toujours ? Oui ? Tant mieux alors, car il ne reste plus qu'à se délecter de la surf music déjantée, primesautière, bourrée d'humour au second degré du groupe ! Toujours prêts pour la déconne, frais et plein d'allant, les musiciens prennent néanmoins leur musique très au sérieux ! On en veut pour preuve la production soignée de la galette et les nombreux clins d’œils vers le rock garage/indé (« Bleach Please » ; l'excellente "Buddy Bobby") voire la pop psychédélique pastiche des Beach Boys (« Ride ») ou bien encore le slow kitsch du morceau titre ; une bonne blague illustrant le sens de l'humour qui anime la troupe ! Autant de genres qui, mine de rien, enrichit et fait sortir des sentiers battus la proposition musicale de ce groupe rafraîchissant et de saison ! 



mardi 21 juillet 2020

TV Sundaze : « On The Balcony »



A l'instar du surfeur qui chope la vague sans trop savoir où cette dernière va le mener, les musiciens de TV Sundaze s'emparent de la surf music avant de se jeter dans l'inconnu. Que le son déferle et advienne que pourra ! Et en l'espèce, le ride, plus que réussi, nous jette dans les bras de la sunshine pop, incarnée par un chant mélodique et délicat (cf. « Spencer Hill »), agrémentés de quelques picotements garage dans le manche de la guitare (« Sad N Soaked » ; « Supermarket »), et d'un soupçon de bizarrerie psychédélique dans les arrangements (cf. « Dry Flowers »). Autant de genres musicaux plus ou moins associés à l'été et convoquant nombre d'images mentales chez l'auditeur où il est question de soleil, de vagues, de sable et de palmiers, parfaitement raccord avec la jolie pochette « fruitée », colorée de tons chauds et signée Mae Berte. Notre disque de l'été ! 

https://www.facebook.com/TVSundaze/
https://tvsundaze.bandcamp.com/releases



lundi 20 juillet 2020

Les Blousons : « Biknits »



Ecouter Les Blousons c'est revivre un certain age d'or du rock français ! Une explosion de décibels où se télescopent les influences du rockabilly au rock garage sans se soucier le moins du monde de copier un modèle anglo-saxon mais plutôt de l'adapter à la langue française. Pas le moins du monde obsédé par le passé et l'authenticité vintage à tout prix, Les Blousons sont plutôt soucieux de préserver la flamme du rock'n'roll. Que cette dernière soit incarnée dans du rock garage inspiré des sixties, du punk de la décennie suivante ou dans des groupes stoner plus contemporain importe finalement peu. « Qu'importe le flacon tant que l'on a l'ivresse » semble nous dire le groupe qui se contrefiche des étiquettes. Dans ce grand brassage des genres, une caractéristique fait le lien : l'énergie que les musiciens mettent à défendre leur musique, presque au point de faire transpirer les enceintes ! Contagieux et addictif, un album brûlant ! 

https://superapeslabel.bandcamp.com/album/biknits
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https://lesblousons.bandcamp.com/

dimanche 19 juillet 2020

Benjamin Biolay : « Grand Prix »

Biolay passe la seconde, et tel un bolide rutilant, sort un nouvel effort à l'imagerie rétro et surréaliste (cf. le mécanicien en feu à l'arrière plan), comme une scène que l'on jurerait sortie d'un vieil album de Michel Vaillant. Ce nouvel album est donc marqué par l'univers de la course automobile, une influence que l'on retrouve jusque dans les titres des chansons : « Comme une voiture volée », « Grand Prix » (un titre hommage au pilote Jules Bianchi), «Ma Route », l'instrumental « Virtual Safety Car », « Interlagos » (du nom du circuit cadre du Grand Prix du Brésil). Une courbe habilement négociée par le chanteur qui retrouve une seconde jeunesse au volant de son bolide, comme si la vitesse avait soufflée un grand courant d'air sur sa musique. On ne souvient pas, en effet, de titres aussi rock qu'« Idéogrammes » (par exemple) dans le corpus du chanteur. Des guitares rutilantes ornent ces nouvelles chansons trahissant les influences anglo-saxonnes de Biolay (cf. « Comme une voiture volée » sous obédience Interpol) que l'on avait fini par oublier, masquée par le succès massif et populaire. Un album donc les mélodies et les rythmes peinent à cacher le profond désenchantement des paroles et la mélancolie du temps qui passe (« Si je t'avais rencontré avant, quand j'étais jeune et charmant » ; « Je ne veux pas qu'on se leurre, on m'oubliera peu à peu » ; "Chaque jour ma vie est plus courte que la veille"). 

http://benjaminbiolay.com/
https://www.facebook.com/benjaminbiolayofficiel/

samedi 18 juillet 2020

Giuda : « E.V.A. »



Originaire d'Italie, Giuda fait office d'anomalie dans le roster du label Rise Above Records, spécialisé dans les groupes métal qui ressemblent plus où moins (voire beaucoup) à Black Sabbath. Rien de tel chez Giuda dont les influences penchent plutôt vers le versant glam du pop rock entretenant une savant dichotomie entre l'écriture des chansons et l'interprétation de ces dernières. Nous sommes donc en présence d'un album pop avec ce que cela suppose de mélodies sucrées et addictives. Mais ces dernières sont jouées par un vrai groupe de rock'n'roll que l'on imagine jubiler à l'idée de lacérer la pop gentillette un riff de guitares saturées après l'autre. On pense en particulier au batteur, véloce, faisant le lien entre disco beat et hard rock à grands coups de cymbales frappées à la volée. Inspiré par l'espace, son exploration et sa conquête (une thématique très sixties/seventies) Giuda ne se prive pas du plaisir d’agrémenter sa musique de lampées de synthés analogiques acides pour la note rétro-futuriste. En cohérence avec ses influences 70s Giuda rappelle les grandes heures du glam pré-punk des New York Dolls à Kiss en passant par les premiers Bowie. Réussi, entraînant et servi avec une chouette pochette ! 

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https://giuda.bigcartel.com/
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vendredi 17 juillet 2020

Giöbia : « Plasmatic Idol »



Alors que se déploie les nappes synthétiques glaçantes du premier titre, « Parhelion », l'auditeur frissonne ; les souvenirs remontent à la surface, comme transposés sur un film d'horreur inédit exhumé des années 1980 servis par une bande originale imaginaire signée John Carpenter. Autant de références dont usent les Italiens de Giöbia pour nous plonger dans un cauchemar anxiogène. Riche en synthés analogiques mais pas exempte de guitares non plus (cf. « In the dawn light »), la musique se niche dans un interstice très mince entre psychédélisme (« Haridwar ») et cold wave synthétique ; influences principales sur lesquelles plane l'ombre du métal doom et stoner. Soit une terre vierge au mitan des années 1970 et 1980. Un exercice de style qui donne sa pleine mesure dans des compositions au long cours, un véritable labyrinthe musical dans lequel l'auditeur aventure une oreille à ses risques et périls. Composé avec hardiesse et produit avec un soin maniaque jusqu’au moindre son, c'est franchement réussi. Et la pochette est magnifique ! 

http://www.giobia.com/
https://www.facebook.com/giobiaband/
https://giobiagiobia.bandcamp.com/

jeudi 16 juillet 2020

Vertige : « Populaire »



Alors que le regard se pose sur la magnifique pochette, impossible de ne pas penser aux années 1970 et en particulier à la couverture de l'album « Camembert électrique » de Gong. Mais finalement, après écoute, le duo composé de Robin Feix (ex-bassiste de Louise Attaque) et de Jérôme Coudanne (ex-chanteur et guitariste de Deportivo) offre bien mieux qu'une banale resucée des seventies : une véritable expérience en soi ! Conçu à distance entre Brighton et Barcelone, où sont exilés nos musiciens, ce premier effort donne corps au concept de « pop radicale » conçu par les deux compères : textes en écriture automatique (cf. « faudrait pas mourir avant d'avoir fumé tout le sac de beuh de tes parents » ; « toutes les drogues se synthétisent »), orchestration minimale (claviers, boîtes à rythmes, guitare et basse) et des compositions brèves, autour des deux minutes, allant du punk (l'excellente « Matinée ») aux échos psychés (« Tournesol » ; la très latine « Bassonica ») et cold wave (« Zorro » ; « Corcovado »). Simple et efficace, il se dégage de ces compositions un magnétisme hypnotique (« SM » ; les magnifiques « Galaxie » et « Paname Airlines ») porté par des lignes de basses énormes et un chant suave. Inspiré par la notion de mouvement, le disque est parsemé de bruits d'ambiances, de train ou d'annonces d'aéroport ; laissez votre imaginaire travailler et embarquez pour ce magnifique voyage en sons et en mélodies. 
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mercredi 15 juillet 2020

Orqid : « Tenderness »



Autrefois berceau du grunge et de groupes garage barrés (The Sonics), autant de genres chers à nos oreilles, Seattle possède néanmoins une scène musicale riche et variée dont un nouvel exemple nous est donné à travers l'électro vaporeuse de Tom Butcher, aka Orqid (l'orchidée en français). Et il faut très certainement avoir grandi dans cette univers froid et humide, entre océan et forêt, pour donner naissance à une musique aussi évocatrice du spleen. La musique d'Orqid n'est pas vraiment pour la danse tant le groove qui s'en échappe est abstrait (cf. "Our love"). Il s’agirait plutôt d'un disque propice à la rêverie dont les multiples notes « bipées » résonnent telles des gouttes de pluie au milieu de nappes synthétiques froides, évoquant une version moderne de la cold wave, éthérée, hypnotique et mélancolique à la fois. Orné d'une magnifique pochette multicolore, le vinyle est sublime dans une finition bleu pastel marbré de rose. 

https://orqid.co/
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mardi 14 juillet 2020

Untitled With Drums : « Hollow »



Il existe, entre la puissance abrasive du métal et les aspirations hypnotiques du rock progressif, un fin interstice dans lequel se gouffre le groupe de Clermont-Ferrand. Leur premier album exhale un fort parfum des années 1990 dont ils ont parfaitement intégré les codes, alternance entre tension, dans un tonnerre de guitares, et accalmie, incarné par le chant lancinant qui renforce l'aspect planant, apporté par les synthés discrets, de leur musique. Influences qu'ils restituent à la perfection en y ajoutant une touche plus contemporaine influencée par le post rock (ou punk on ne sait plus trop à la fin). S'il y a bien un aspect sur lequel le quintet mettra tout le monde d'accord, c'est la puissance sonore et le soin extrême apporté au son, maniaque et produit au millimètre. Et c'est finalement là que réside la limite de l'album, dans cette impression d'écouter des impétrants studieux et appliqués mais dont on peine à deviner la personnalité, voire la créativité. Il n'en reste pas moins un disque de rock carré et efficace qu'il faut accueillir avec bienveillance car il s'agît, ne l'oublions pas, d'un effort inaugural. Et fort en batteries qui plus est, mais ça, le patronyme de la formation le laissait deviner. 

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