mardi 27 juillet 2021

ZOË : « Back into the light »

 


Retour vers la lumière chante le groupe nordiste ! Une chose est cependant certaine, l’amateur de rock puissant la verra lui, cette fameuse lumière, à l’écoute de ce nouvel album, très dense. Car, avec le temps, le groupe s’impose comme une machine redoutable, balayant tout sur son passage au rythme d’un son saturé puissant. A la fois d’hier et d’aujourd’hui, ce nouvel effort se situe aux confins du rock des années 1970 (un petit salut/hommage à Lemmy au passage) et du rock stoner tel qu’il se pratique dans le désert californien. La chant, grave, pose les choses avec autorité à l’avenant des guitares grasses et saturées et des sautes de rythmes (breaks, ralentissements et fulgurantes accélérations) de la batterie. Ainsi cette vieille antienne blues est parfaitement digérée au fil de compositions qui, aussi chargées d’adrénaline soient-elles, n’oublient pas la composante hypnotique inhérente au style. Un album en forme de radeau ivre dérivant le long de compositions intenses au rendu vertigineux. Réussi de bout en bout, même la pochette est magnifique !


lundi 26 juillet 2021

The Lords of Altamont : « Tune in, Turn on, Electrify »

 


Reprenant à son compte la célèbre antienne de Timothy Leary (« Turn On, Tune In, Drop Out »), vantant les mérites, so sixties, du LSD, les Californiens sont retour et ils sont en forme ! Pour reprendre une analogie mécanique, à laquelle le groupe n’est pas insensible, ce nouvel album vrombit comme un moteur turbocompressé, tel un gros cube prêt à fendre l’air pour un voyage en musique dans un énorme tube à remonter le temps. En effet, le groupe ne se contente pas de reprendre à son compte les codes du rock garage/psychédélique, comme le prouve la magnifique pochette (qui rappelle Blue Cheer), mais incarne lesdits codes avec une telle perfection qu’ils rendent au genre ses lettres de noblesse, c’est, à la fin, un sentiment d’intemporalité qui habite la musique du groupe. Evoluant sur une ligne fine, le quatuor trouve le feeling juste, le groove s’échappant des notes subtilement tirées de l’orgue compensant l’agressivité folle des guitares. Ajoutant à l’équation un angle psychédélique complètement barré, le groupe compose ainsi un magma sonore fascinant (« Levitation Mind ») qui matraque le cerveau aussi sûrement que les baguettes frappent les peaux de la batterie. Le tout mis au service de compositions solides, évoquant tout un tas de choses connues par ailleurs, mais trouvant malgré tout une voie originale (cf. « Million Watts Electrified »), ce nouvel effort se révèle aussi addictif que les drogues en vogue dans les sixties. Pas sûr que l’on ait envie de redescendre…

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dimanche 25 juillet 2021

Delgres : « 4 Ed Maten »



Quatre heures du matin, c’est l’heure à laquelle le père de Pascal Danae, chanteur et guitariste du trio, se levait pour aller travailler. En choisissant l’horaire comme titre de son deuxième effort, le groupe entend célébrer les cols bleus anonymes, restant fidèle à ses principes d’engagement et de résistance auquel le patronyme même du groupe rend hommage. Ainsi, chez Delgres, le fond et la forme ne font qu’un, le blues caribéen joué par les musiciens trouve sa justification, sa substance même, dans la parole chantée. Parole qui dans ce deuxième disque s’ouvre, un peu, au français et à l’anglais (le ragtime « Just vote for me ») sans renier le moins du monde le créole qui reste le moyen d’expression privilégié du groupe. Après un premier disque, « Mo Jodi », brut de décoffrage, Delgres polit quelque peu sa production (cf. « Assez Assez » ; « Ke Aw »). Ainsi, la guitare se pare d’effets alors que la frappe du batteur Baptiste Brondy modère sa puissance sans rien perdre de sa précision. Une guitare slidée avec feeling ici (« Se Mo La »), un riff implacable là (la bombinette « Lundi Mardi Mercredi ») et, surtout, le souaphone de Rafgee (en lieu et place de la basse) assurent la continuité sonore du groupe et sa créolité musicale, comme un lien rêvé entre la Caraïbe, la Louisiane voire l’Afrique (la magnifique acoustique « Ban Mwen on Chanson »).

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samedi 24 juillet 2021

Crowdfunding The Sugarsweets


Officiellement rebaptisés Yulia and The Sugarsweets, consécutivement au départ de la chanteuse Elise vers de nouveaux horizons, Les Sugarsweets se projettent vers 2022 et la sortie d'un nouvel album intitulé Queen. Ayant souffert financièrement de la pandémie, le groupe a lancé une campagne de crowdfunding que l'on retrouve ici. A votre bon cœur ! 

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vendredi 23 juillet 2021

Highway Butterfly, The Songs of Neal Casal

Nous sommes heureux, et émus, d'apprendre la sortie, le 12 novembre 2021, d'un coffret / compilation hommage, de 3 CDS ou 5 LPS, formant un corpus monumental de 41 reprises du regretté Neal Casal par autant d'artistes prestigieux !





Lux the band : "The Day's Begun"

 


En attendant la sortie de leur deuxième album (normalement prévu pour 2022) le groupe connu sous le nom de Lux, et officiellement devenu Lux the band nous envoie cette jolie ballade acoustique estivale, entre Paris et New York, inédite et, d'après nos informations, hors-album. Bonne écoute !


vendredi 16 juillet 2021

Projections : « Dreamtime »

 


Lorsqu’ils ont décidé de se lancer, Arthur et Ronan, n’ont pas choisi le nom de Projections par hasard. Erudits, formés de manière académique, à l’université ou au conservatoire, le duo a par le passé souvent travaillé pour le cinéma. Il leur est resté de cette approche une forme d’ambition où la musique n’est pas seulement affaire de chansons, mais aussi de sensations, d’où cette impression d’entre-deux que procure l’écoute de leur musique. Organisée autour de synthés analogiques et de guitares, la musique de Projection n’est pourtant, en aucun cas, une affaire vintage ou revival. Seul reste le sentiment de nostalgie persistant. Les synthés rappellent les années 1980 mais d’une manière diffuse et vague qui tient plutôt de la sensation abstraite. L’auditeur est alors comme happé dans un espace-temps, indéfini, ni hier, ni d’aujourd’hui, mais de demain peut-être puisque, par essence, on ignore toujours de quoi l’avenir sera fait. La mélancolie vertigineuse qui s’échappent de ces sons poétiques habitent l’oreille de l’auditeur bien après l’écoute et fait des merveilles sur des titres comme « Lights gone », « Out of lunch » ou « There’s no end ».

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jeudi 15 juillet 2021

Dolorès accompagnée par le Vrooming Crew : « Caresse mes cheveux »

 


A mi-chemin de la chanson et des yéyés, la jeune impétrante, petit cœur éploré, chante son espoir, son désespoir, dans une ambiance délicieusement rétro. Une chanson d’amour, poignante car sentant le vécu, dans laquelle il est tellement facile de se reconnaître et, au bout une folle espérance : Caresse mes cheveux ! On ignore encore si un prétendant s’est déclaré mais on ne souhaite qu’une chose, que le timbre plaintif de la chanteuse vienne de nouveau nous caresser les oreilles sur la durée d’un album.

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mercredi 14 juillet 2021

AWEK

 


Sortir un album éponyme après 26 ans d’existence est chose peu commune. C’est pourtant le choix fait par le groupe toulousain mené le chanteur guitariste Bernard Sellam. Collé le dos au mur par la pandémie, le groupe n’a eu, en effet, d’autre choix que celui de se concentrer sur ses forces vives. Un studio local près de Toulouse, à rebours de la démarche du groupe qui avait pris l’habitude d’enregistrer aux Etats-Unis, et peu d’invités, deux seulement, amis du groupe, présents sur trois titres. L’album s’intitule sobrement Awek, car il s’agît d’eux et seulement eux comme le figure le recto de la pochette où le groupe pose fièrement au milieu de son matériel de tournée. Et ce qui s’annonçait comme un album mineur, passe-temps entre deux confinements, enregistré en deux sessions entre juin et décembre 2020, se révèle être bien plus que cela, c’est un nouveau départ pour le groupe, une renaissance après une longue période d’introspection confinée. Bien entendu, cette calamité de Covid a eu un impact sur la création (cf. « I’m staying home ») mais le groupe a tenté de prendre la chose du bon côté et affirme, sur la plage d’ouverture « We gonna make it through ». Pour le reste c’est une collection de grooves soyeux, élégant mélange de blues teinté d’influences soul gouleyantes (« Smokin’Mambo » ; « Black Night »). Le quatuor a-t-il trouvé une sorte de refuge dans la musique ? S’est-il bâti un cocon protecteur à coups de riffs de guitares ? C’est en tout cas le feeling prégnant qui habite le disque et lui confère le supplément d’âme qui fait toute la différence, du souffle chaud de l’harmonica au chant éraillé et soulful. De la section rythmique chaloupant au fil du groove à la caresse de la guitare. Un album réconfortant et ça fait du bien.

Www.awekblues.com

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Chaîne youtube d'Awek




mardi 13 juillet 2021

Pete Byrd : « See you smile »

 


Pour son premier essai en solo, Pete Byrd signe des débuts des plus impressionnants. Autour d’une recette regroupant peu d’ingrédients, guitare et voix principalement, Pete Byrd retire une poignée de chansons intemporelles, poignantes, mais aussi très variées. Qu’elle soit arpégée ou attaquée d’une poigne de fer, la guitare acoustique se retrouve au centre de l’expression artistique de Pete brossant un portrait allant du folk d’obédience britannique (« I’m here », « Shelter’s road » évoquant Nick Drake) aux influences étasuniennes, country et bluegrass, qui se font jour sur les dernières pistes (« See you smile », « Cross the border ») ouvrant la perspective à des instruments tels que la guitare slide. Mais ce que l’on retient surtout du gros quart d’heure que dure l’écoute c’est le sentiment d’intimité partagée et l’émotion prégnante qui se dégage des compositions comme si le musicien nous invitait dans son salon pour partager un moment au bord de la cheminée.

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En écoute sur la chaîne You Tube de l'artiste







dimanche 11 juillet 2021

Jessie Lee & The Alchemists : « Let it Shine »

 


Alors que la voix de la chanteuse Jessie Lee s’envole vers les hautes sphères dès « Another » la première piste qui ouvre ce nouvel album, il ne fait point de doute que Jessie Lee et son groupe d’alchimistes ont mis la main sur la formule parfaite. Ce n’est rien de dire qu’on s’y régale. Certes, le chemin entre le blues et la soul est archi-balisé et Jessie s’y ballade, la marguerite au coin des lèvres (cf. « But you lie » ; « Let it Shine »), c’est plaisant mais toutefois attendu. Non, là où l’album fait la différence c’est dans les étapes visitées entre le blues et la soul, les gros riffs de guitares rappelant tantôt Led Zeppelin (« Another ») ou la syncope rythmique digne d’AC/DC (« You Gotta ») sans oublier ces structures complexes qui ouvrent (« Another ») et ferment (« I don’t mind to say », neuf minutes au compteur) l’album et le rapproche de l’expérimentation progressive. Le tout servi à merveille par la voix, forte et affirmée, de la chanteuse, et un sens du groove certain (« The Same »). Il est sûr qu’avec de tels alchimistes le blues n’a pas fini de briller de mille et une nuances, traditionnelles comme inédites.

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vendredi 9 juillet 2021

John Hiatt with the Jerry Douglas Band : « Leftover Feelings »

 


Il pose là, serein, un tasse de café à la main, du haut de ses 68 ans. John Hiatt, monument du songwriting étasunien depuis les années 1970 est de retour accompagné d’un autre géant de la musique américaine, Jerry Douglas. Méconnu du grand public, ce dernier œuvre dans la coulisse, virtuose anonyme, spécialiste du Dobro et autres lap-steel (guitare jouée à plat à l’aide d’un bottelneck, un cylindre glissé sur les cordes) qui a fait glisser ses cordes sur plus de 1 500 albums (!) accompagnant les plus grands, de Ray Charles à James Taylor. La rencontre, prédestinée, a eu lieu dans le cadre du mythique RCA Studio B de Nashville qui a vu naître tant de chefs d’œuvres de la country (Willie Nelson, Dolly Parton) et du rock’n’roll (Elvis Presley). Accompagné uniquement d’instruments à cordes (basse, violon, guitares) la musique jouée ici pourrait faire penser au bluegrass (la country des collines) qui utilise la même instrumentation. Pourtant, le disque n’appartient pas à ce registre. Il est autre, d’une acoustique intemporelle, et scelle un moment unique, celui de la rencontre entre les différents protagonistes qui construisent, une note après l’autre, un écrin apaisé autour des compositions d’Hiatt, auteur de la totalité du répertoire de l’album. Ainsi « I’m in Nashville » ou « The Music is hot », petites merveilles folk, constituent la bande son idéale d’un soir d’été, alors que le soleil se couche, rougissant, sur la prairie. Magnifique.

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dimanche 4 juillet 2021

Archie Lee Hooker : « Living in a memory »

 


Neveu de l’immense John Lee, Archie Lee Hooker a vécu avec son oncle de 1989 à 2001, période fondatrice pour le chanteur pendant laquelle il a pu observer le « Boogie Man » himself à l’œuvre et faire la connaissance de la pléthore de talents qui entouraient son oncle et qui, aujourd’hui encore, continue d’influencer sa musique. C’est en 2011 que le natif de Lambert (Mississippi) s’installe en France, pays dans lequel il est arrivé par accident, à l’origine pour rejoindre la tournée européenne de Carl Wyatt & The Delta Voodoo Kings. Dix ans plus tard, Archie est non seulement toujours en France mais aussi à la tête de son propre groupe, dont le deuxième album est sorti ce printemps. Composé de nationalités multiples, un bassiste français (Nicolas Fageot), un batteur luxembourgeois (Yves Ditsch) et deux brésiliens respectivement guitariste (Fred Barreto) et claviériste (Matt Santos) ; le line-up international confirme la thèse selon laquelle la musique est un langage universel et que le blues transcende les frontières. Mais aussi que le genre est increvable ! Car ce nouvel album est pétri d’une classe absolue lorgnant avec élégance aussi bien du côté du jazz (« Sorry, Baby ») que de la soul ("Give it with a smile"), autant de styles dont la voix éraillée du chanteur habitent les contours avec une aisance rare accompagné par un geste musical précis et classieux, débordant d’âme. Un classique instantané.

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jeudi 1 juillet 2021

Same Player Shoot Again : « Our King Albert »



Trois ans après un premier album hommage à Freddie, le groupe remet le couvert autour du répertoire d’un autre King, Albert (même si assez peu de compositions d'Albert King sont au programme). Et c’est donc reparti pour un tour : Same player shoot again ! Et comme il y a trois ans, la bande menée par le chanteur Vincent Vella a su s’approprier avec beaucoup de classe et de feeling ce répertoire archi-connu par ailleurs (« Born under a bad sign », « My Babe », « Get out of my life woman »). Une gageure donc dont le groupe a su s’acquitter autour du timbre chaud et éraillé du chanteur à qui les compositions vont comme à un gant de velours. Le geste musical de haute tenue fait le reste. On ne parle pas seulement des guitares inspirées et virtuoses d’un bout à l’autre (Romain Roussouliere) mais aussi de tout le travail d’arrangement effectué par le groupe qui, à force saxophones et claviers, entraîne le blues vers des horizons jazzy et soul (« I’ll play the blues for you ») de fort bon aloi. Ainsi les interventions et les soli des différents musiciens sont toujours pertinents, élégants, et transforment ce petit moment d’écoute en grand bonheur en compagnie de cet album. A écouter le soir pour en saisir toute la saveur.

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samedi 26 juin 2021

Fredda, Studio de l’Ermitage, 25 juin 2021.


Venue de la chanson française, Fredda a évolué vers des sonorités plus rock après un séjour prolongé dans l’Arizona, tout en conservant l’habitude d’écrire ses textes en français. Sur scène, elle se présente en duo en compagnie du guitariste Pascal Parisot (et de sa magnifique guitare vintage ressemblant à une jazzmaster) pour défricher ces espaces musicaux entre pop et chanson sur lesquels souffle le vent du désert de l’Arizona, surtout quand un harmonica fait son apparition. Une sonorité chaude assez indéfinissable où résonnent les fantômes du blues ou de la musique western mais qui, bien évidemment, ne ressemble à rien de tout cela. C’est une note intrinsèquement rock’n’roll qui habite la musique du duo. Régulièrement, la musique est entrecoupée de lectures, de poèmes, renforçant l’essence littéraire (et surtout poétique) de la musique de Fredda. La complicité entre les deux musiciens, pratiquant tous deux la guitare et les claviers, saute aux oreilles des spectateurs. Une approche intime qui sied particulièrement bien aux compositions et qui trouve l’écrin idoine dans l’ambiance cosy du Studio de l’Ermitage. Le retour dans les salles de concert fut magnifique, merci !


mercredi 23 juin 2021

Jay and The Cooks : « Le Cœur Sec »

 


Parmi tout le contingent de musiciens/chanteurs étasuniens exilés en France, Jay Ryan (résident français depuis 1980) fait figure d’exception : il écrit et chante en français ! Actif auprès de fines gâchettes de 1980 à 1999 (Elliott Murphy, Jesse Garon, Jacno, Johan Asherton), Jay s’est ensuite éloigné de la musique, pour se consacrer aux fourneaux, afin de mieux y revenir il y a une dizaine d’années accompagné d’un nouveau groupe, les bien nommés The Cooks. Ce nouvel effort, le quatrième, de la formation propulse l’auditeur en terra incognita. Car si Jay a adopté le français, il a aussi gardé intacte sa dévotion aux idiomes typiquement américains : country ou blues, teintés de rockabilly, tous chantés dans la langue de Molière, on a rarement entendu ça (cf. la reprise improbable du « Je suis venu te dire que je m’en vais » de Serge Gainsbourg) ! Finalement, les seules références existantes seraient à rechercher du côté du Québec. Ainsi, l’album se révèle rare mais surtout passionnant à plus d’un titre. Outre le geste musical impeccable (tous les fans de country, de blues ou de rockabilly peuvent plonger les yeux fermés), le chant rocailleux transpirant le vécu, les textes en français ouvrent une perspective extérieure sur les vicissitudes de notre beau pays (cf. « Travailleurs essentiels »), forcément intéressante. Au-delà de son angle curieux ou exotique, l’album éveille l’intérêt et décloisonne l’oreille. A découvrir, forcément !

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dimanche 20 juin 2021

Popa Chubby : « Tinfoil Hat »



Le plus beau des héritages laissé par le confinement sera certainement toute cette série d’albums « fait à la maison ». Un disque entièrement solo où l’artiste assure lui-même tous les instruments, Paul McCartney l’a fait, Popa Chubby aussi ! Ce dernier, bien esseulé après l’arrêt de sa tournée, du jour au lendemain, après une dernière date en Floride, a plongé la tête la première dans l’inconnu, imposé par la pandémie, en faisant ce qu’il fait de mieux : un disque ! Et « Baby put on your mask » tel qu’il le chante sur ce nouvel effort ! Retrouvant l’usage d’instruments qu’il ne pratique pas en temps ordinaire (on pense notamment à la batterie) Popa assure, avec le minimum de technique nécessaire mais le plus de cœur possible. Ainsi ce nouvel effort s’inscrit dans la lignée récente de l’artiste où, enfin apaisé à l’aube de sa sixième décennie, il sort ses meilleurs disques, avec le supplément d’âme qui fait toute la différence (« No justice, no peace ») muselant ses envies électriques pour enfin trouver la note juste (« You ain’t said shit »). Un cri, du cœur, d’amour, de rage et de colère aussi, bref, un album humain et attachant. Solide !

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samedi 19 juin 2021

Mustang : « Memento Mori »

 


Alors, avouons-le tout de go, pour les véritables amoureux du rock’n’roll, les purs et durs, le cas posé par le trio semble insoluble… Le seul fait que le groupe qualifie sa musique de Krautabilly résume assez bien la chose. Car il est indéniable que l’on sente chez ce groupe une attirance pour les années 1960, question de classe et de guitares, entre rockabilly et surf, qui s’emballent telles un Mustang (le cheval) au triple galop (cf. « Le Vin »). Mais parce qu’il ne serait pas assez amusant de se contenter de la redite, aussi excellente soit-elle, le groupe a toujours parsemé sa musique de synthés tout droit sortis des années 80 qui sont longtemps, avouons-le, tombés sur la musique comme un cheveu sur la soupe. Mais rien de tel ici ! Quatre albums c’est le temps qu’il aura fallu au trio mené par Jean Felzine pour maîtriser, avec maestria, cet étonnant mariage. Sur ce nouvel effort, les claviers s’intègrent naturellement à la musique, sans la dénaturer, accentuant même le swing de la musique (cf. « Loyal et honnête ») apportant une fraîcheur euphorisante. Et puis il y a la plume « piquante » de Felzine, on pourrait dérouler le totalité de la tracklisting et dénombrer autant de punchlines. Mais cela serait beaucoup trop facile car, une fois le premier degré passé, on distingue dans les textes un véritable talent pour saisir l’air de l’époque (« Fils de machin », « Pôle emploi gueule de bois »), épingler les petites hypocrisies du quotidien avec un humour ravageur (« Pas de Paris ») mais aussi célébrer les plaisirs hédonistes de la vie (« Le Vin »). Les mots sont portés avec classe par le chant de Jean Felzine, en véritable crooner des temps modernes, dont on ne soulignera jamais assez la qualité, en termes de prononciation, et d’articulation. Un excellent album à l’élégance d’un autre âge.

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mercredi 16 juin 2021

Gaelle Buswel : « Your Journey »

 


Ce nouvel effort de la chanteuse débute par le morceau « Your Journey » (également le titre de l’album) : ton voyage. Pourtant, c’est surtout le parcours de Gaëlle qui est passionnant. Si l’on poursuit dans cette voie de la métaphore, ledit parcours serait un road-trip. Quelques éléments de décors, un long ruban de bitume, marquage au sol jaune, de la poussière qui se soulève au passage de la bagnole, le ciel d’un bleu céruléen, soleil de plomb au-dessus de la tête et des cactus sur le côté. Vous aurez certainement reconnu le grand ouest étasunien et c’est heureux, Gaëlle vient de produire la bande son idéale pour ce genre de voyage ! Si dans les faits, la musicienne s’éloigne, un peu, du blues au profit d’une approche frontale plus rock, le feeling reste, perceptible, notamment, au-travers d’une guitare slidée avec délice. Le changement s’accompagne d’une transformation vocale, plus affirmée, plus posée, la chanteuse s’affirme avec une autorité nouvelle et une petite cassure soul au fond de la gorge (« Razor’s Age »). Enfin, ne comptez par sur Gaëlle pour jouer la carte de la redite. Certes les influences du rock des années 60/70 sont présentes un peu partout sur l’album, dans le son des guitares et dans les riffs (« Perfect Foil »). Mais, parfaitement digérées, ces dernières sont habillées d’un nouveau costume, résolument contemporain, au moyen d’une production dynamique qui déboîte.

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lundi 14 juin 2021

Fredda : « Bisolaire »

 


Les yeux mi-clos sur la pochette, la chanteuse apparaît mystérieuse, présente et absente en même temps, mais quels tourments peuvent-ils bien habiter l’artiste ? L’album s’intitule « Bisolaire », terme inventé pour l’occasion et qui, en l’occurrence, lui va ravir. Car, chez Fredda, la mélancolie brille, scintille, et la musique réchauffe (les cœurs surtout) deux fois plus qu’ailleurs. Onze titres donc, tous chantés en français, habités d’une évidence mélodique rare, pop, folk et, surtout, intime. Le nombre des intervenants est volontairement limité, le tout forme un petit cercle restreint auquel l’auditeur est invité avec délice. Sans être ascétique, le disque est arrangé, avec soin. Chaque intervention doit se justifier, chaque note doit faire trembler la corde sensible. En équilibre, toujours, le chant oscille et manque de basculer à de nombreuses reprises (cf. « Primitive »). Finalement, seule l’émotion compte. Et elles affluent en nombre à l’écoute d’un tel disque.

En concert (!!!) le 24 juin à Paris (Studio de l’Ermitage)

http://fredda-music.com/

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mercredi 9 juin 2021

Nika Leeflang Project : « Bad Sunday »

 


Un mauvais dimanche avec Nika Leeflang ça n’existe pas ! Pas plus qu’un autre jour de la semaine soit dit en passant. Tout simplement parce que son grain de voix chaud, délicat et légèrement éraillé au fond de la gorge agit comme un baume propre à réchauffer toutes les peines du monde, en anglais comme en français. Ajoutez à cela un sens de la récitation à la classe toute gainsbourgienne (cf. « Bad Sunday ») et des compositions rock’n’roll, directes et euphorisantes (cf. la formidable « Broken Bones ») et le tour est joué ! Tout à l’air tellement facile à l’écoute. Car pour être heureuse, l’ancienne chanteuse des Liminanas, à une solution toute simple : un micro, une gratte et on joue, fort, et on chante, à gorge déployée ! L’enthousiasme, la joie simple de faire de la musique s’entend dans chaque note jouée, ouvrant une brèche originale entre énergie power pop, échos des Pixies à la clef, et aspirations psychédéliques (« Customer » ; « Never tell it » ; « Old Stones »). L’album est bref, (9 titres seulement) et à le défaut de ses qualités, efficace pour éviter le remplissage et l’ennui, mais frustrant et au goût de trop peu. L'artiste devrait faire un tabac sur scène, un concert (un dimanche ou tout autre jour), vite !!

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lundi 7 juin 2021

The Starphonics : « Wild Wild Lover »



Un grondement sourd de la batterie immédiatement suivi de l’irrésistible twang de la guitare, dès les premières notes, les Starphonics sortent le grand jeu ! Et quel jeu ! Le groupe possède de nombreux atouts, un goût très sûr et des reprises (trois) de bon aloi (chipées chez Gershwin ou Link Wray) et des compositions originales (cinq) de haute tenue, incarnées à la perfection par un chanteur au timbre de gorge affirmé, parfait pour le genre. Mais il n’est point d’amour que l’on ne saurait trahir. Aussi, la formation ne craint pas de sortir des chemins ô combien balisés du rockabilly ou de la surf music pour s’aventurer sur les bas côtés à la recherche d’une identité propre. Un theremin mystérieux par ici ou une méconnaissable reprise du « Summertime » de George Gershwin par là, dans laquelle on croit déceler un bout de Led Zeppelin (« Living Loving Maid ») en lieu et place de Janis Joplin. Le quatuor joue la carte de l’efficacité à plein tubes (l’addictif et entraînant « Gogo Bar ») avec un album d’une remarquable concision, quoique frustrante pour l’auditeur, au goût de trop peu. Sexy, élégant, il ne manque guère qu’un soupçon de folie, que le disque ne fait finalement qu’effleurer, pour que l’adhésion soit pleine et entière. Néanmoins, il s’agît là de magnifiques débuts.

https://www.facebook.com/thestarphonics/





dimanche 6 juin 2021

Steve Earle & The Dukes : « J.T .»

 


De Guy Clark à Townes Van Zandt, Steve Earle a souvent, au cours de sa carrière, rendu hommage à ses inspirateurs sous la forme d’albums de reprises. Ici, sa démarche prend un sens différent dans la mesure où Steve reprend les compositions de son propre fils Justin Townes Earle (dont le prénom du milieu est lui-même un hommage à Townes Van Zandt) tragiquement décédé en août 2020, pour en arriver à cet étrange paradoxe : peut-être son album le plus personnel alors qu’il ne signe que le dernier titre de sa plume. Né de circonstances dramatique, le disque n’est pas sombre pour autant (la dernière plage mise à part), Steve ayant beaucoup injecté de sa personnalité dans les chansons de son fils infusant ces dernières de ses influences rock (« Maria » ; « Champagne Corolla »), country («They killed John Henry») ou reproduisant la tension qui anime ses propres enregistrements (« Lone Pine Hill »). En cela, l’album ne fait pas tâche dans sa discographie et ne déstabilisera pas ses fans. Le disque se distingue par sa modestie, dans l’approche, dans les arrangements, et sa brièveté. A la fois émouvant, son chant déraille un peu parfois, et solide, l’album se termine sur une note d’une émotion intense avec le parlé « Last Words », seule composition originale du disque, en hommage au regretté Justin.

https://www.steveearle.com/




dimanche 23 mai 2021

Renarde : « Courts Métrages »

 


A ce jour, on ignore encore si Bruno Dibra (aka Renarde) manie la caméra avec autant de dextérité que la pochette de ce premier EP le laisse supposer. Mais, en attendant, on peut affirmer sans peine, à l’écoute du disque, que Renarde a trouvé l’inspiration au cinéma. Et quelle inspiration ! En effet, tout au long de ces cinq titres Renarde ne ménage pas ses efforts pour produire une pop richement arrangée de haute tenue. Les grands moyens, cuivres et cordes, sont ainsi de sortie pour donner une ampleur cinématographique aux chansons rappelant les bandes originales des années 1960, le tout suivant la foulée rythmique pleine de swing de la section rythmique. Mais l’inspiration cinématographique du musicien se cache aussi dans des recoins plus inattendus, les paroles, transformant chaque chanson en court métrage dont on suit le récit. Des accents surf/western de la guitare accompagnant « A l’envers » aux cordes stridentes, évoquant un thriller hitchcockien, d’« Une fin au silence » nous voici partis pour une belle séance, pleine de surprises !

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samedi 22 mai 2021

Crocodile Candy : « Enjoying the moment »

 


C’est durant le premier confinement qu’est né ce nouveau groupe regroupant le bluesman Tio Manuel (guitare) et la chanteuse Margot Cassila. Le projet est né au cours de conversations « on line » (quelle époque!) et une dizaine de compositions plus tard, la formation, complétée par la section rythmique Christophe Gaillot (batterie) / Ganxtah da Magnificient (basse) entre en studio ; dans l’intervalle, le pays a été re-confiné (re-quelle époque!) Bref, on tient aujourd’hui dans nos mains, et avec bonheur, ce premier album. Subtil mélange entre guitare incisive et groove soyeux, les Parisiens ont dans leur viseur, des formations telles que The BellRays et autres Noisettes, recherchant cette harmonie entre la puissance du rock’n’roll (« The Bang Zip Zing ») et l’émotion de la soul music (« Black Out »), l’un compensant l’autre dans la perpétuelle quête de la balance parfaite. Bien évidemment connaissant le parcours bleu de manuel, le blues n’est jamais bien loin des préoccupations du groupe (« buying junk on line » stigmatisant les travers de l’époque) alors qu’une note dansante (« special desire ») vient compléter le séduisant tableau. Et comme le résume si bien le titre il suffit d’appuyer sur « play » et de profiter du moment. Croyez-nous, celui-ce devrait être agréable, tant il agrège avec réussite toute les musiques que l’on aime !

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jeudi 20 mai 2021

José : « Paraíso »

 


Musicien libre que l’on ne saurait limiter à son rôle de chanteur au sein de Stuck in the Sound (de loin son projet le plus médiatique), José multiplie les fausses pistes et sorties hors des sentiers balisés du rock depuis quasiment le début (You!, SARH). De lui, on a donc déjà entendu beaucoup de choses différentes et pourtant son parcours prend encore une autre dimension depuis qu’il a décidé de se lancer en solo (sans pour autant quitter son groupe fétiche). La deuxième étape vient d’être franchie avec ce nouvel EP en attendant l’album pour le mois de juin. Une sorte de retour à ses origines où le chant en portugais habite des compositions électro pop, planantes et éthérées, comptant parmi ses compositions les plus intimes.

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mercredi 19 mai 2021

Corentin Ollivier : « Into Pieces »

 


La pochette de « Harvest » à ses pieds, une autre de Bob Dylan qui s’affiche dans le fond, pour son premier album en solo, Corentin Ollivier a décidé d’opérer un retour aux sources, roots et folk. Une surprise de la part du musicien après avoir débuté dans le champ électronique. Enregistré pendant le premier confinement et à la suite d’une rupture sentimentale douloureuse, l’album a gardé la tonalité mélancolique héritée de ces tranches de vie pénibles (« Forever »). Un album de rupture donc, mais dans lequel pointe aussi une note d’espoir dans la légèreté de la voix (en dépit de paroles sombres) et des cordes de guitare acoustique délicatement arpégées (« Heal » ; « Exhale »). S’il a décidé de revenir aux sources, Ollivier n’a pas, pour autant, fermé la porte de la modernité. Régulièrement une boîte vient rythmer les compositions (« I Shot an arrow », « Wilderness Inside »). Ainsi, plutôt que de qualifier l’album de rétro (ou vintage comme on dit de nos jours), il convient plutôt d’évoquer un disque intemporel où l’émotion brute, guitare/voix, domine. Et c’est là que, précisément, réside la grande réussite de l’album : dans le fait de sublimer une économie de moyen autant subie (cf. le confinement) que volontaire. Une réussite intime et touchante.

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mardi 18 mai 2021

Thomas Monica : « Ulysse »

 


Mais à quoi peut bien rêver Thomas Monica, face au mur, tournant ostensiblement le dos à l’objectif ? Le musicien est probablement en train de rêver à sa musique tout simplement, tant cette dernière se révèle riche d’influences et de nuances. A l’aide de sa six cordes, Thomas invente un monde musical où les frontières s’effacent, la scansion du rap/slam (« Calypso ») côtoie une guitare rock alors que les arrangements apportent une note pop voire world à la chanson française produisant une musique aussi métissée que son auteur, aux paroles dotées d’un sens de la formule imparable (cf. la formidable « L'Effondrement ») !

Sortie le 18 juin.

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dimanche 16 mai 2021

The Blue Stones : « Hidden Gems »

 


Pour autant attachante qu’elle soit, il convient de ne pas se laisser abuser par la tête de mort fièrement affichée sur la pochette du nouvel album des Canadiens. Certes, un « Shakin’off the rust » porte plutôt bien son titre et se fait fort de dégager la rouille à grands riffs électriques, dans un lointain cousinage avec les Black Keys ("Let it ride"). Mais pour le reste, le duo guitare/batterie pioche où bon lui semble affichant un éclectisme baroque, du hip-hop à la pop (« One by one »), qui s’il lui donne un semblant d’identité l’éloigne du rock’n’roll pourtant revendiqué sur la pochette. Pas mauvais pour autant, simplement décousu, et ce parfois au sein du même morceau. Dans ce contexte, le rock mais aussi le blues, n’apparaissent plus que comme des échos lointains, policés par une approche trop pop. Pour l’adrénaline et le danger, on repassera. Un peu décevant finalement, car le groupe est brillant, certes, mais par intermittence, comme un diamant caché en somme.

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samedi 15 mai 2021

Little Bob Blues Bastards : « We need hope »

 


Finalement, du haut de la sagesse apportée par l’âge, c’est bien Little Bob qui a raison : on a besoin d’espoir ! Sortant d’une période pour le moins difficile, le chanteur cherche réconfort et rédemption par la musique. Voici donc son nouvel album, le 23ème si nos calculs sont exacts (et le quatrième du groupe Blues Bastards). Un disque qui indéniablement possède une âme où la tonalité nostalgique domine (« I was a kid », « Made for me », la poignante « You can’t come back ») mais cohabite avec une mentalité de combat (cf. la reprise de « Bella Ciao »). Alors qu’il entame sa septième décennie, le chanteur n’est toujours pas prêt à lâcher le micro. Ce nouvel effort est son disque le plus rock’n’roll, le plus brut, depuis longtemps et jamais les Blues Bastards n’ont été aussi mal nommés. On ne va pas s’en plaindre. Les guitares rugissent, le son est sec et puissant et contraste avec la voix fatiguée du chanteur, qui accuse le poids des ans, mais vieillit avec grâce. Toujours prêt pour la bataille du rock’n’roll, Little Bob revient avec un album de survie, absolument indispensable !

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vendredi 14 mai 2021

Nick Waterhouse : « Promenade Blue »

 


Au fil des albums, cinq à ce jour plus un enregistrement live, Nick Waterhouse s’est imposé comme un des plus surs représentant de ce courant soul, rétro et nostalgique. A l’opposé de ses confrères œuvrant sur des labels de Brooklyn, Waterhouse le Californien s’illustre dans un genre élégant et raffiné dont les racines se trouvent autant dans la pop des années 1950 que dans le doo-wop. Ce nouvel effort ne contredira pas l’assertion : la rythmique est appuyée par un sens du swing qui fait tâche (« Vincentine », "B. Santa Ana, 1986") et est contrebalancée par des arrangements riches et soyeux, de cordes ou de cuivres accentuant le groove. Le terrain est ainsi balisé pour que le jeu de guitare bluesy de Waterhouse s’exprime à plein (« Very Blue »). Enfin il n’est point de disque soul retro digne de ce nom sans chœurs et harmonies vocales dignes de ce nom, ce que ce nouvel album se fait fort de remettre au goût du jour par le biais de divines interventions tant masculines (« Medicine ») que féminines (« The Spanish Look »). Ce dernier aspect est particulièrement appréciable tant il semblait tombé en désuétude ces derniers temps. Ainsi, ce nouvel effort se révèle solide et de haute tenue (comme d’habitude avec Nick Waterhouse) même si, avouons-le, l’ensemble n’est pas aussi impressionnant et abouti que son formidable disque éponyme sorti il y a deux ans.

https://www.nickwaterhouse.com/

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