lundi 30 novembre 2020

The Gelateens : « Funky Punk DanSe Machine »

 


Oui, The Gelateens sont un groupe de rock'n'roll et leur premier EP a tout ce qu'il faut au rayon guitares. Oui, The Gelateens ont une chanteuse canon, Sofy Perez, à la voix forte et expressive, venue du jazz, il n'y a pas de secret ! Oui, The Gelateens connaissent le groove et sont bien pourvus en la matière grâce à un batteur à la force de frappe à la fois puissante et véloce. Rien qu'avec ça, vous faîtes la soirée, et bien plus encore, tranquille. Mais le trio cherche à sortir des chemins battus. Ainsi, confinés au studio Marcadet avec l'aide de Bryan Pachaud (mixage et mastering) le groupe va patiemment polir sa musique passant du diamant brut de décoffrage à un résultat aussi scintillant qu'un boule à facettes. C'est eux qui l'affirment : « I want to see you dance, MF » ! Et c'est bien parti pour à vrai dire, grâce à une collection de claviers vintage en cascade et quelques rafales électro grooves bien senties qui se marient à merveille avec les assauts punk de la guitare. Résultat, une collection de grooves imparables, disco et punk, rappelant les premiers BellRays et Noisettes, à l'énergie aussi speedée que le bolide figurant sur la pochette. Au rayon des improbables ces nouveaux impétrants ont tout bon pour décrocher la timbale !




samedi 28 novembre 2020

Crawford : « Cindycore Propaganda »

 


En appelant leur premier album « Cindycore » le groupe Crawford ne fait guère de mystère sur sa source d'inspiration principale, les années 1990, dont un célèbre mannequin fût l'égérie de la décennie. En outre, le quatuor attaque les années 1990 par son angle le plus revêche accouchant d'un disque somme de 23 titres, schizophrénique, un véritable double album condensé en un seul CD. On commence par la « Cara Cindycore » une succession de titres entre fusion et néo-métal, collection des guitares abrasives, de tempo lourds, métalliques surmontés d'un flow hip hop arrachant les cordes vocales. Assez costaud donc mais pas dénué d'émotion (« Le sens de la folie ») Vient ensuite la « Cara hip-hop » qui commence, comme par hasard, par un titre intitulé « 90s ». On change là totalement d'univers pour plonger dans un disque de rap reprenant parfois certains titres de la première partie dans une relecture totalement différente. Assez étonnant, le concept déroute et il aurait peut-être été avisé de sortir deux disques distincts. Si vous n'aimiez pas le néo-métal et le rap à l'époque, ou si vos goûts ont changé depuis, il y a peu de chance que vous trouviez votre compte dans ce disque. Un album de niche donc, pas franchement original, mais dont on ne peu nier la sincérité ni l'efficacité « vénère » (comme on disait à l'époque), rondement mené, idéal pour faire des bonds dans sa chambre en attendant le vrai déconfinement tout en rêvassant au temps jadis tant il plane une effluve nostalgique sur l'ensemble de ces titres.

https://www.crawfordofficial.com/

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mercredi 25 novembre 2020

Ben Lupus : « La beauté du jour »

 


Résolument optimiste, Ben Lupus, s'émerveille quotidiennement de la beauté du monde qui l'entoure. Frais et primesautier, son premier EP en solo, « La beauté du jour », est la mise en sons de ces sentiments qui habitent l'artiste. Le premier abord est modeste, acoustique, majoritairement de la guitare, mais arrangé avec une ingéniosité unique, incarnée par une électronique discrète et quelques expérimentations (au niveau des percussions notamment) dont il a le secret, avec les moyens du bord, utilisés malicieusement et une bonne dose de débrouillardise. De la récupération, en somme, mais avec un grain de folie douce (cf. la psyché "Tohu-va-bohu"). Tout doux comme les compositions poétiques et enfantines du musicien, dont les mots simples apaisent, émeuvent, touchent au cœur et mettent de bonne humeur. L'EP est un peu l'équivalent d'une bonne tasse de chocolat chaud, un petit bonheur du jour, modeste mais réconfortant. Ca n'a l'air de rien dit comme ça mais c'est énorme, surtout par les temps qui courent… 

Sortie le 11/12

https://fr-fr.facebook.com/Benlupusss/






mardi 24 novembre 2020

2029 : "Synesthesie"

 


A la lisière de différents styles, le power-trio 2029 propose une expérience d'écoute originale. Un trio donc à l’incontestable puissance rock, en partie grâce à un chanteur qui n'a pas peur de s'arracher les cordes vocales et à une batterie lourde comme le plomb et pourtant suffisamment véloce pour électriser l'écoute. En lieu et place de la guitare (enfin il y en a quand même un peu ici et là), les synthés tiennent le haut du pavé. Le groupe y gagne un sens de l'ampleur et de l'épique qui enrobe les oreilles de l'auditeur. Le résultat s'avère assez éclectique, écriture pop, arrangements électroniques, ces derniers n'étant pas spécialement focalisé sur les années 1980, mais aux ambiances variées, à contre-courant de toutes les tendances possibles, « seuls » comme ils le chantent eux-mêmes. Convaincant !

lundi 23 novembre 2020

Dynah

 


Elle le chante, le clame haut et fort dès le premier titre : « C'est moi qui choisis » ! Une affirmation forte de la part de la musicienne, Melody Linhart de son vrai nom, qui après des débuts entre folk, soul et jazz s'exprime aujourd'hui sur un terrain pop/électro. Un changement d'orientation certain mais qui pour autant n'a pas gommé les qualités d'écriture d'écriture et la plume sensible de l'auteur, qui se dévoile peu à peu au fil des titres dans un registre émotif. Les syncopes funky qui secouent l'EP lui confèrent un cachet dansant et accrocheur, la touche de séduction finale pour emporter l'adhésion à cette courte livrée inaugurale.

https://www.dynah.fr/

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mercredi 18 novembre 2020

Burkingyouth : « Water »

 


Après le feu, l'eau ! Loin de prendre l'eau de toutes parts et de couler, au contraire, Burkingyouth flotte avec grâce sur l'océan de son inspiration. Ainsi, ce nouvel EP se veut inspiré par l'élément maritime et en propose la bande son idoine, contemplative à souhait, et au croisement de la pop et des constructions alambiquées du math rock (« In the water »). L'expérimentation reste toutefois assez douce et il se dégage une évidence de ces compositions parfois traversées d'un souffle tantôt épique (« Lighthouse ») ou délicatement envoûtant (« Down to the Ocean »). Un grand bol d'embruns musicaux, qui s'en plaindrait en période confinée ? D'autant que la chose est servie avec une magnifique pochette, propre à faire travailler l'imaginaire. A vous de rêver le voyage qui accompagnera l'écoute…

http://www.burkingyouth.com/

https://www.facebook.com/Burkingyouth/




mardi 17 novembre 2020

Shaken Soda

 


Question : que se passe-t-il lorsque l'on secoue une bouteille de soda ? Ça pétille, ça fait des bulles, de la mousse et, surtout, la manœuvre se révèle assez périlleuse et le risque est grand de voir la bouteille, et son liquide, vous exploser à la figure. Et bien, Shaken Soda, le groupe, c'est la même chose ! Un bouillonnement créatif assez unique en son genre où les guitares rock survoltées surplombent un disco beat véloce (« Complex Identity », on aurait pas dit mieux!) et des arrangements pop baroques (« My Barbarella ») et primesautiers ("Keep on Running"). En résumé un petit EP joyeux et énergique qui met de bonne humeur, on en a besoin en ce moment !

https://www.facebook.com/ShakenSodaRock/




lundi 16 novembre 2020

Cancre : « Face au vent »

 




Sur la pochette de ce premier EP du trio, Robin Millasseau met le doigt sur la bouche, en signe de silence. Un signe a prendre comme tel tant il est évident que ce nouveau projet des ex-Wicked a des choses à dire. Tout est parti de la découverte d'un recueil de poèmes signés, pendant la première guerre mondiale, de la plume de Marcel Millasseau, arrière grand-oncle des deux frères Robin et Mathias Millasseau, tout deux membres du groupe. Projetée dans une émouvante machine à remonter dans le temps, la fratrie décide aussitôt d'adapter les textes en musique, l'EP que l'on tient entre nos mains aujourd'hui. Au-delà de la qualité littéraire unique et sans commune mesure, le sujet, grave, imprime une ambiance cérémonieuse à l'ensemble, les compositions sont traversées d'un souffle grandiose et épique, contrecarré par des guitares puissantes et une batterie au cordeau (cf. l'instrumental « Rodez »). Sur ce plan là, les anciens Wicked n'ont pas changé. On ne se refait jamais tout à fait. 

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dimanche 15 novembre 2020

Yasmine Kyd : « Night Sailin' »

 


Chanteuse plus que précieuse, Yasmine Kyd s'affirme de plus en plus avec ce cinquième effort qu'elle a écrit et produit elle-même en quasi-totalité. Soul et jazz constituent les deux principales influences de la chanteuse qu'elle fait cohabiter ici dans un écrin organique de grande musicalité, le disque a été enregistré dans les conditions du live, faisant la part belle au dialogue entre musiciens. Ainsi, l'album regorge de ces moments précieux où les instruments se répondent (cf. le clavier Rhodes et la guitare sur le titre d'ouverture « On a mission ») tout en suivant la pulsation du swing délicat de la batterie, créant un tapis soyeux où la chanteuse pose son timbre onctueux et élégant, débordant d'un charme vénéneux unique. Intemporel et classique immédiat, le disque évoque une croisière nocturne (cf. le titre), le ciel étoilé et une mer d'huile apaisante. Pas le moindre des mérites de cet album particulièrement appréciable en période confinée. A noter pour finir une belle reprise du « Je suis venu te dire que je m'en vais » de Serge Gainsbourg, une occasion rare d'écouter la chanteuse s'exprimer en français.

http://www.yasminekyd.com/

https://www.facebook.com/Yasmine-KYD-100838081903/

https://yasminekyd.bandcamp.com/





samedi 14 novembre 2020

Johnny Gallagher and The Boxty Band : « A 2020 Vision »

 


C'était à l'Olympia. Avril 2013. Afin de pallier la disparition soudaine d'Alvin Lee, l'ex-Ten Years After, une flopée de guitaristes avaient été invités pour entourer le regretté Johnny Winter. Inconnu parmi d'autres, un « Ogre irlandais », corpulent et à la pilosité totalement déraisonnable, s'échine sur scène. Gallagher, prénom Johnny. Si le patronyme est célèbre dans le petit landerneau du blues et du rock, lui est totalement inconnu au bataillon. Et pour cause : depuis ses débuts en 1997 et sa petite demi-dizaine d'albums, Johnny est resté totalement indépendant. Aucun de ses cinq disques n'a bénéficié d'une distribution ou d'une couverture à la hauteur de son talent. Retour à l'Olympia. Perdu au milieu de la fosse, dans le public, on reste scotché par le musicien et son univers. Sa voix rocailleuse aux effluves de whisky et ses guitares abrasives. Du blues forcément mais pas uniquement. Aussi à l'aise avec ou sans l'amplification, Johnny est à l'exact croisement de la country, du folk mais aussi du (hard) rock des années 1960 et 1970. Un déchaînement électrique mais qui n'est pas dénué de mélodies ou d'harmonies. Entouré de son Boxty Band, où se distinguent ses deux frères jumeaux James et Pauric Gallagher ainsi que le batteur Sean O'Reilly, Johnny accède enfin à un début de reconnaissance avec la sortie de cette compilation, 13 titres issus de ces dix dernières années. Et, on l'espère, un prélude à de belles choses à venir.

https://johnnygallagher.com/

https://www.facebook.com/JohnnyGallagherAndTheBoxtyBand/

https://twitter.com/theboxtyband




jeudi 12 novembre 2020

The Twin Souls : « II »

 


Dans la fratrie Marcos, la gémellité n'est pas un vain mot. Jumeaux, Martin et Guilhem le sont assurément ; connectés ça ne fait aucun doute à l'écoute de leur deuxième EP qui les voit régulièrement s'échanger les instruments sans que l'ensemble ne souffre d'un quelconque manque de cohérence. Car, en effet, il se dégage quelque chose d'évident à l'écoute du duo : du gros son, sale et saturé à point, transcendé par la puissance de la batterie et des riffs bien sentis, où transpirent les influences du rock seventies, et, par extension, du blues, voire de la soul, chargées d'adrénaline. En gros, un disque de facture classique, que l'on ne se lasse pas d'écouter, mais dans un habillage moderne comme en témoigne les arrangements suffisamment audacieux pour apporter un souffle original sans en trahir la nature intrinsèquement rock'n'roll (cf. « From the left to the right »). Un parcours sans faute pour le moment dont on attend la confirmation sur un format long. 

Sortie le 27 novembre.

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mercredi 11 novembre 2020

The Jacques : « The Four Five Three »

 


Nonobstant son patronyme à forte consonance française, The Jacques est bel et bien un quartet britannique dont le premier album, au titre à rebours, sort ces jours-ci. Si jeunes et déjà frappés par la tragédie depuis le décès de leur bassiste Will J. Hicks en mars 2019, avant même la sortie de leur premier effort, les membres du groupe accouchent d'un disque particulièrement mature où plane l'ombre du musicien disparu. Ainsi la teinte sombre et dense qui habille les compositions n'est pas ici une posture ou une pose nostalgique de la cold wave mais l'expression d'une nostalgie profonde que l'on ressent dans le chant lancinant, traînant et de gorge du chanteur Finn O'Brien (« Born Sore »), dans les éclairs fulgurants de la guitare ou les nappes mortifères des claviers qui enrobent ces chansons aux échos cold (« Swift Martin ») ou psychédéliques (« Kiss the Pharaoh »). Une réussite en forme d’ascenseur émotionnel (la primesautière « Do me for a fool »).







mardi 10 novembre 2020

AURUS

 


Originaire de la Réunion, Aurus (aka Bastien Picot) se fait fort avec ce premier EP de marier les contraires, de se faire rejoindre les opposés. Pop et orchestrale, arrangée avec grand soin et beaucoup de cuivres (mellophone, trombone, trompette) la musique d'Aurus ne manque ni d'ambition ni d'ampleur, et s'impose telle une chape de plomb surplombant l'auditeur dans une ambiance pesante et cérémonieuse (« The Abettors »). Une portée sombre transpercée par les percussions, (cf. « Scalp ») rappelant le maloya, ce dérivé de la soul typique de sa chère île natale. Un angle percussif qui apporte une chaleur et une lumière aussi douce que le soleil de La Réunion. Ailleurs, la musique se drape d'atours très émouvants (« Mean World Syndrome »). Enfin la présence sur un titre (« The Abettors ») de la merveilleuse chanteuse Sandra Nkaké renforce ce lien consanguin et naturel entre soul et maloya. Seul petit regret, mais qui sera peut-être corrigé sur un futur album, on aura aimé quelques vers en créole pour densifier encore un peu plus le contraste et prolonger le voyage que représente l'écoute d'un tel disque. Pour le reste, « mi aim a ou » comme on dit chez lui.

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lundi 9 novembre 2020

Julien Appalache : « C'est comme ça »



Premier EP pour ce jeune impétrant qui, contrairement à ce que laisse imaginer la pochette, n'est pas que batteur, mais multi-instrumentiste. Ayant fait le choix de chanter dans la langue de Molière, Julien se retrouve de fait à mi-chemin de la chanson et de la pop ; dans un genre assez indéfinissable piochant aussi bien dans les musiques latines (« Le Sommeil » notre préférée) et le jazz oriental à la limite de l'abstraction expérimentale (« RDV à Téhéran », en duo avec Alec Spiegelman). Un univers coloré et débordant de charme, d'ondes positives qui font du bien ("Suis ton cœur") ; bricolé avec ingéniosité et beaucoup de passion. 

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vendredi 6 novembre 2020

Dalhia : « Hide my face »



La chanteuse Rachel Geffroy a, nous apprends le dossier de presse, débuté dans le rock psychédélique. Influence dont il ne reste plus grand-chose dans ce nouvel EP aux sonorités froides et électroniques, entre électro et cold wave. Presque rien, sauf un petit reste psyché, dans l'hypnotisme qui se dégage de ces compositions aux contours noirs et glacés, et dans les arrangements vaguement orientaux du premier titre « Your bitch is my target ». Un peu de hip hop aussi dans la façon de déclamer les textes, le meilleur moyen pour la chanteuse de marteler son message féministe aux atours horrifiques (cf. « Hide my face » sur le thème de la violence conjugale). 

https://www.facebook.com/Dalhia999






jeudi 5 novembre 2020

Simone : « 01/02 »

 


Et dans tout ce bordel, il y aura au moins une belle histoire : celle du duo Simone ! C'est au mois de mars 2020 que le duo espagnol s'est rendu en France pour enregistrer quelques titres avant de se retrouver coincé, confinement oblige, en studio pour au final accoucher d'une dizaine de pistes. Ce premier EP nous en présente les quatre premières, en une forme de prélude avant la suite. Nous sommes immédiatement enveloppés par la bulle cotonneuse downtempo que nous propose le groupe, entre chant féminin éthéré et électro évanescente, hypnotique et délicate. Le créneau aux confins de la dream pop électronique et du trip hop restait à occuper, c'est désormais chose faîte avec cet EP charmant et propice à la rêverie.

http://www.simoneworld.com/site

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mercredi 4 novembre 2020

Amazone : « Épisodes »


Tout commence par un battement, évoquant un cœur, suivant une pulsation vaguement jazzy. Très vite, Amazone (au féminin c'est important par les temps qui courent) désarçonne et intrigue sur la petite scène de la pop psychédélique. Déjà parce qu'ils chantent dans la langue de Molière, des voix aériennes et éthérées, ou les genres, masculin, féminin, se fondent dans un grand tout universel. Ensuite, parce que, si le fantôme des années 1970 rôde par là, au détour d'un son de basse rond par exemple, l'age d'or du passé ne semble pas être une obsession ou une priorité pour le quartet. Bien au contraire, les nappes synthétiques et autres guitares cristallines nous orientent vers un ailleurs inconnu entre électronica, post-rock voire un soupçon de shoegaze, urgent et calme à la fois. Un art de marier les contraires qui fait tout le sel de cet EP. 

https://www.facebook.com/amazoneamplifiee
https://b-and-ff.bandcamp.com/album/pisodes





mardi 3 novembre 2020

Martha Fields : "Bad Boy"

Sortie forte opportune, en ce jour d'élection, de cette nouvelle chanson de Martha Fields, où il est question d'un "mauvais garçon" et de ses "jouets de riche", qui "ne porte pas de masque et se prétend un bon homme d'affaires". Mais de qui s'agît-il ? Suivez-mon regard... Le tout dans un geste musical classe et élégant, entre country et swing, joué par des musiciens français puisque la chanteuse est installée dans l'Hexagone. En espérant que, comme le prophétise Martha, un de ces jours on sabre le champagne.

https://texasmartha.com/home

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dimanche 1 novembre 2020

The Hollywood Stars : « Live on The Sunset Strip – july 18, 2019 »



Chroniquer un album live en 2020, alors que cette même année nous pousse dans des retranchements que l'on n'aurait jamais osé imaginer, n'est forcément pas anodin. Encore moins quand notre chronique a pour objet The Hollywood Stars, formation plus qu'estimable de la scène glam rock des années 1970, tombée dans l'oubli et récemment redécouverte et que l'événement a pour cadre le Whisky A Go Go, lieu mythique s'il en est, et lieu de résidence régulier du groupe entre 1973 et 1977. Et finalement, pris d'un sentiment de nostalgie prégnant, 2019 nous paraît soudainement aussi lointaine que les années 1970 tant il s'est passé de choses depuis le début de l'année… Ainsi l'écoute de l'album revêt une importance particulière, tant les souvenirs et la mélancolie affluent. Un groupe, une scène, du public, des watts et des décibels, autant de reliques du temps jadis. Rien qu'un bon disque de rock, groove imparable et guitares chargées en électricité, c'est commun et énorme à la fois, vu le contexte actuel. On notera toutefois qu'à l'exception du guitariste Chezz Monroe tous les musiciens étaient déjà parties prenantes dans les seventies et que les deux premiers titres « King of the night time world » et « Escape » ne sont pas, comme on l'aurait cru, des reprises de Kiss ou Alice Cooper, puisque les Hollywood Stars ont bien été les premiers à les enregistrer. Une pépite méconnue que nostalgies de tout bords, de glam rock ou, plus généralement des années 1970, seraient bien avisés de redécouvrir. 

https://www.thehollywoodstarsband.com/
https://www.facebook.com/thehollywoodstarsband/



samedi 31 octobre 2020

Fred Chapellier : « 25 years on the road – Best Of »



Fine gâchette à six cordes du blues d'ici, Fred Chapellier avait surpris son monde en annonçant l'abandon de sa carrière sous son nom pour se consacrer à un rôle de guitariste accompagnateur, qu'il a très bien tenu par ailleurs en parallèle. Ainsi, ce copieux best of en deux temps, un cd studio de 18 titres et un autre live de 16 pistes, intervient à un moment charnière alors que Fred s'éloigne du micro. A l'exception de ses premiers essais francophones en début de carrière, cette copieuse collection, agrémentée de deux inédits « Beyond the moon – part II » pour la partie studio et « I'm a ram » pour la partie live, présente un panorama exhaustif de son parcours jusqu'ici. On y retrouve également quelques titres où le chant est tenu par Billy Price ou Dale Blade, mettant en valeur son touché de guitare, soulful, fin et délicat, mettant sa virtuosité discrète et sans effets superfétatoires, au service de la chanson avant toute chose. Tout ce qui a fait le sel de sa musique est ici présenté, cet équilibre délicat entre blues et soul parfois teinté de climat jazzy où sa voix, quoi qu'il en pense, a fait des merveilles dans un registre nuancé et émotif. Un double album sonnant comme un au-revoir à sa carrière de chanteur (mais pas de musicien) qui nous confirme que, décidément, le confinement passe beaucoup plus vite avec des types comme lui. 

https://www.fredchapellier.fr/
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vendredi 30 octobre 2020

Berling Berlin : « 2 »




Déjà de retour après un premier EP sorti en début d'année, Berling Berlin affine son approche musicale sur ces quatre nouveaux titres. Marqué par la cold wave des années 1980 mais aussi sa descendance plus récente (Interpol, Editors) le groupe enveloppe l'auditeur dans une bulle cotonneuse, marquée par les nombreux effets sur la guitare procurant une étrange sensation. Dans ce contexte, le chant en espagnol apporte une touche originale et colorée à l'avenant de la basse sautillante (« 47 ») ou du festif et dansant « Haçienda », évocation nostalgique de l'époque madchester. 

https://www.facebook.com/BerlingBerlinBand
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mardi 27 octobre 2020

Lux Bas-Fonds : « Amnésie Internationale »




Time to rock'n'roll ! On a souvent, sur cette page, discouru sur l'importance du roll dans le rock. Ce nouvel EP du groupe formé en 2012 vient apporter, en cinq titres et autant d'arguments, de l'eau à notre moulin. En un sens, Lux Bas-Fonds incarne l'épitomé du style : nerveux, tendu et sans fioritures inutiles. La formation pratique un son à la fois sec et sauvage, non dénoué de groove, composante essentielle s'il en est, et incarné par la voix gutturale d'un chanteur à qui on ne la fait plus, dans un râle rauque émouvant (« Coté Cuir »). Tournant en spirale hypnotique et malsaine (« Celui du jour »), dopé par de sérieux coups de trique de la fée électricité (« Amnésie Internationale ») Lux Bas-Fonds renoue, dans ses textes, avec un certain idéal libertaire révolté. Et ça fait du bien ! 
Sortie le 16/11

https://fr-fr.facebook.com/geraudbastarluxbasfonds/
https://luxbasfonds.bandcamp.com/




lundi 26 octobre 2020

Bonbon Noir




On s'était émus, l'été dernier alors que l'on découvrait la musique de Bonbon Noir, de l'absence de support physique concrétisait un projet pluri disciplinaire (EP vinyle, livre et sérigraphies) aussi ambitieux. Bonne nouvelle, le financement participatif ayant abouti, Bonbon Noir est enfin disponible en version physique et il y a la matière à ce réjouir, tant le résultat est enthousiasmant. De quoi nous mettre un peu de baume au cœur en cette période plus que morose qui se prolonge et empire un peu plus chaque semaine… 

Le pack Bonbon Noir comprend donc un magnifique vinyle doré (voir la chronique de la musique par ici), une série de sept illustrations superbes et un ouvrage du même nom écrit par L. Erwan Kern, également chanteur et parolier du groupe. Le disque constitue la bande son de l'histoire, entre conte et roman, nous contant le destin tourmenté d'Anita Black, du Paris de la fin du 19ème siècle à l'Irlande des années 1960 en passant par les maisons closes New-yorkaises. A partir de chapitres relativement courts l'auteur brosse toute une galerie de personnages attachants ou répugnants, c'est selon, de situations dramatiques en une série de descriptions très cinématographiques, transportant le lecteur, où se mêlent sexe, musique, arts, littérature et folles soirées décadentes. Mais, en fait, quel est donc ce fameux Bonbon Noir donnant son titre à toute cette affaire ? Vous le saurez en dévorant les 247 pages de l'ouvrage… 

https://www.bonbon-noir.com/
https://www.facebook.com/bonbonnoirmusic



jeudi 22 octobre 2020

SKÁLD : « Viking Memories »



Justine Galmiche (chant) et Pierrick Valence (chant, instrument) composent ce projet, pour le moins atypique, visant à rendre hommage à la culture viking du grand nord, et ce, en dépit des patronymes des deux impétrants, plus français que franchement nordiques... Mais qu'importe le flacon du moment que l'on a l'ivresse ! Chanté en vieux-norrois, une langue du grand nord tombée en désuétude (on se gardera bien au passage de tenter de reproduire les titres des chansons) la proposition artistique provoque une sidération immédiate et une sensation d'ailleurs fort prégnante. Le dossier de presse nous apprend qu'il s'agit là de neofolk. Et il y a évidemment de cela dans toute la gamme hétéroclite d'instruments à cordes (nyckelharpa, skáldharpa) et à vents utilisés ici. Au-delà du folklore ancien, SKÁLD se joue des contrastes entre les voix, celle éthérée et aérienne de Justine et nettement plus gutturale dans le cas de Pierrick. Une dichotomie qui se retrouve dans la musique du groupe d'apparence mélancolique, délicate et d'une acoustique délicieusement arpégée et pourtant mue par une force de frappe percussive d'une impressionnante lourdeur et une effrayante tension sous-jacente. Neofolk ou non, c'est bien au métal que l'on pense. Et c'est certainement tout sauf un hasard si le duo s'est retrouvé sur la scène du Hellfest. A découvrir donc et ce, bien au-delà du cercle des amateurs de curiosités exotiques. 

http://skaldvikings.com/fr/
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mardi 20 octobre 2020

Roxane Arnal feat. Baptiste Bailly : « Doorways »

 


On avait déjà croisé son timbre de voix au sein du duo Beauty and The Beast. Mais depuis 2018, Roxane a trouvé en la personne de Baptiste Bailly un nouveau compagnon de jeu lui permettant d'exposer une autre facette de son talent. Moins rétro/swing, moins acoustique, ce premier EP se conçoit comme une porte ouverte (cf. le titre) vers de nouveaux horizons. Doorways, c'est toujours un peu plus : plus blues (« No one knows my name »), plus jazz dans un registre vocal mâtiné de folk (« Doorways » ; « Give it all »), plus rock aussi (« Rushed to fly »). Ainsi, l'ep brille par la variété de ses climats entre piano et guitare électrique, cette alternance entre acoustique et électricité, où se diffusent les effluves latines des percussions rappelant la ville de Valence (Espagne) où le disque a été enregistré. De facture classique, mais solide, vivement l'album !

https://www.roxanearnal.com/

https://www.facebook.com/roxanearnalmusic/




lundi 19 octobre 2020

NinjA Cyborg : « The Sunny Road »

 



Avec son patronyme, digne d'un navet eighties de la Cannon, et sa pochette à l'avenant le duo NinjA Cyborg, revisite les codes de la pop culture des années 1980. Et s'il flotte un air nostalgique sur cet EP, « The Sunny Road » ou « A walk with Jane » auraient pu être des bandes originales, les années 1980 habitent le disque de manière fantomatique. Une réminiscence, comme un vieux souvenir que le temps se charge d'embellir, pour n'en garder les meilleurs côtés. Ainsi le son du synthé analogique ne peut effacer la modernité de la chose (« Masters of fury »), quand l'électro du 21ème siècle enrobe une pop song vieille d'il y a trente cinq ans (« Sky Diving »). NinjA Cyborg, c'est un regard contemporain posé sur un passé proche et lointain à la fois, l'esprit chargé de souvenirs et incrédule devant le monde d'aujourd'hui. Émouvant. 

https://ninjacyborg.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/NinjACyborgMusic





dimanche 18 octobre 2020

Romain Humeau : « Echos »



Voix d'Eiffel depuis 20 ans (ou presque) Romain Humeau est de retour avec un nouvel effort en solo, son cinquième, qui, ajouté aux six albums de son groupe Eiffel, place le bonhomme à la hauteur des songwriters les plus prolifiques (et il paraît qu'il a 70 nouvelles chansons en réserve). S'il ne renie en rien son attirance pour le rock (« Cherry Gin » ; le rageur « P'tite faille dans le continuum temps ») on sent le chanteur libéré des contraintes du groupe, libre de puiser son inspiration là où bon lui semble parfumant sa musique d'effluves électroniques ou hip hop. Et sans se renier ; le tout formant un ensemble cohérent qui se tient d'un bout à l'autre. Un patte immédiatement identifiable où les échos (cf. le titre) du rock britannique se marient harmonieusement à la langue française (même si l'anglais fait quelques apparitions de temps à autre « Tryin' to be a girl », « Pretty girls in a B.W.W ») permettant de mieux faire passer les messages. Un album de l'entre-deux pas aussi classique que sa facture le laisse imaginer et œuvre d'un des plus attachants auteur compositeur d'ici. 

https://fr-fr.facebook.com/romain.humeau1/




samedi 17 octobre 2020

The Hyènes : « Verdure »



En intitulant son album « Verdure » tout en affichant une pochette n'ayant absolument rien de verdoyante, The Hyènes brouille les pistes sur son nouvel album. Un paysage dévasté, désolé, pollué qui sert de couverture à ce nouvel effort, attendu depuis longtemps après que quelques titres en ont été dévoilés sur un EP l'an dernier, et se révèle ainsi aussi sombre et quasi désespéré que son contenu (cf. « qui eût cru que le destin de la planète aurait raison de nos galipettes » in « Ici bas » ; « Qu'est-ce que ça peut me faire ? De sauver la planète ou le système bancaire » in « Bègles »). Une thématique à l'avenant de la proposition musicale où les guitares, âpres, rageuses ou lourdes, c'est selon, se taillent la part du lion, constituant un cri de rage, de révolte, d'une intensité que l'on n'a plus entendue depuis longtemps dans le rock français. Dans un monde moins triste que le notre, cette puissance aurait dû exploser sur scène il y a belle lurette. Un jour peut-être… 

vendredi 16 octobre 2020

Rosaway : « Dreamer »


Scellant la rencontre improbable entre la flûte traversière (Rachel Ombredane) et la batterie (Stéphane Avellaneda), le duo Rosaway se fait fort de sortir des chemins battus. A commencer par ceux tout tracés des deux musiciens venus du classique (Rachel) et du blues (Stéphane). Et au final l'EP ne ressemble à rien de tout cela, mais tends vers une pop d'obédience électronique (Stéphane s'est mis au synthé) où le chant soul gospelisant de Rachel trouve une assise dans les claviers vintage (Rhodes, Hammond). Ainsi la musique fait un bond entre les époques où la flûte évoque un je ne sais quoi des films blaxploitation ou de kung fu des années 1970 alors que les sons synthétiques nous ramène vers quelque chose de résolument contemporain. L'assise rythmique groovy de Stéphane est fondamentale et porte la musique mais la chose prend une tournure délirante sur l'excellent « Mama Used to Say », d'inspiration New Orleans, portée par quatre batteurs et non des moindres ! Déroutant, inattendu mais intrinsèquement attachant. 

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jeudi 15 octobre 2020

Noiss : « Deafening EP »

 


Et voilà un groupe qui porte bien son nom, et fait honneur à ce dernier en débutant son nouvel EP avec un titre intitulé : « Punch in my face » ! Plutôt bien nommée en l’occurrence, car Noiss c'est un peu ça, un poing dans la figure ou, plus exactement, dans les oreilles. Du punk au stoner, du métal au grunge (ce dernier cimente le groupe), Noiss revisite en cinq titres toutes les nuances bruitistes avec une légère tendance à la nostalgie des années 1990 et, plus étonnant, en y ajoutant quelques tentatives psychédélico-hypnotiques assez réussies (« Iteration 7 » ; "Enjoy this day"). A découvrir.

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