jeudi 9 juillet 2009

Betty Padgett


Découvert par hasard sur les étals d’un grand magasin, j’ai d’abord cru, l’espace d’une seconde, avoir mis la main sur un album inédit de la grande Betty LaVette. La seconde d’inattention passée, j’ai réalisé qu’il s’agissait en fait d’une autre Betty mais, heureusement, je me suis tout de même laissé tenté. Cet album, daté de 1975, a été exhumé par le producteur Shane « Deejay Sureshot » Hunt qui avait mis la main sur un exemplaire 33 tours, complètement par hasard, dans l’arrière salle d’une boutique spécialisée de Los Angeles. Si l’expression « chef d’œuvre oublié » paraît en l’espèce un tantinet galvaudé, le disque permet de (re)découvrir ce son si particulier de la Floride, très fortement infusé des Caraïbes, pas si lointaines que cela de Miami. Cet opus est servi un peu comme un cocktail de soul, de funk et de reggae. C’est chaud et ensoleillé, avec une très belle voix, et à peine gâché par une production qui accuse, par moments, le poids des ans. A découvrir.

mercredi 8 juillet 2009

JJ Milteau + Pura Fé, Paris Jazz Festival Parc Floral, 28 juin 2009.


Cet été comme tous les étés commence sous les meilleurs auspices puisque est venu le temps du Paris Jazz Festival et des concerts gratuits et en plein air du Parc Floral.



On commence donc cette année avec un illuminé qui s’autoproclame « artiste faisant la première partie » avant de chanter à cappella « Amsterdam » de Jacques Brel dans les travées de l’auditorium du Parc Floral. La mascarade sera de courte durée (et nos oreilles épargnées par la même occasion) et la sécurité montrera la sortie à l’intrus. Les choses sérieuses arrivent enfin avec notre chère Pura Fé, de retour avec son nouveau guitariste, Kareem, amérindien comme elle. Contrairement à son prédécesseur, Danny Godinez, dont je n’étais pas vraiment fan, Kareem n’utilise pas de pédales d’effet ou de delay. Danny Godinez avait un peu tendance à abuser de ces artifices et à dénaturer la musique. Avec une simple guitare folk, Kareem fait aussi bien. C’est à la fois, plus clair et plus compact. Kareem a également une belle voix et a eu le droit de chanter, seul, un titre de sa composition. Beaucoup de nouvelles chansons - peut-être extraites d’un nouvel album - notamment un « Borders » des plus prometteurs. Le public accroche bien, les applaudissements sont nourris…



On continue ensuite avec l’harmoniciste Jean-Jacques Milteau et les cinq musiciens du projet « Soul Conversation » : Gilles Michel à la basse, Manu Galvin à la guitare, Eric Lafont à la batterie et les chanteurs Michael Robinson et Ron Smith. On se met en jambes avec deux instrumentaux, les oiseaux chantent à l’unisson, c’est beau. Viennent ensuite les deux chanteurs « soulful » avec une interprétation toute en délicatesse « People get ready » de Curtis Mayfield, qui est originaire de Chicago tout comme Michael Robinson. Ron et Michael s’échangent les vocaux un coup le lead, un coup les chœurs chacun son tour. L’entente est parfaite entre tous les membres du groupe, les embrassades et tapes amicales dans le dos sont légions. Séquence émotion avec l’hommage de Michael Robinson au « King of Pop », Michael Jackson, un exercice obligatoire par les temps qui courent. Enorme succès pour JJ et son groupe, le public refuse de les laisser quitter la scène et ils reviennent par deux fois pour étancher la soif de musique de l’audience. Deux chanteurs exceptionnels, un accompagnement musical de haute tenue et le soleil en prime que demander de plus ?

dimanche 5 juillet 2009

Soul Power de Jeffrey Levy-Hinte



Le documentaire Soul Power, revient sur le fameux « Rumble in the Jungle », le combat de boxe, organisé en 1974 à Kinshasa, capitale de l’ancien Zaïre, entre Mohammed Ali et George Forman. Le sujet qui nous intéresse aujourd’hui c'est surtout le festival de musique avec entre autres James Brown (alors au sommet de son art) et B.B King, qui accompagnait le match de boxe, organisé par Don King. L'évènement avait déjà été traité par le cinéaste Leon Gast (que l’on voit d’ailleurs en plein tournage dans le film) dans « When we were kings », film hybride entre documentaire musical et sportif. Soul Power se concentre sur la partie musicale. La première moitié du film montre les préparatifs du show, le montage de la scène, les tracas administratifs divers (une blessure à l’œil de Foreman retardera le combat qui aura lieu trois semaines après le festival) avant de basculer dans sa deuxième moitié dans le registre plus usité du film-concert. Sauf qu’avec une affiche pareille c’est tout sauf ennuyeux ! On a même droit à des scènes backstage, toujours intéressantes, et a quelques redécouvertes d’artistes retombés dans l’oubli. Seul petit point négatif un seul morceau par artiste, c’est le tarif, à l’exception du soul brother number one qui a le droit à un peu de rab. Du coup ça défile à la queue leu leu, c’est un peu dommage mais il est vrai qu’il était impossible de tout montrer. Une question pour finir : Comment est-il possible que la sortie d’un film pareil ne soit pas accompagnée par une bande originale ??? Pour compenser il faudra rechercher la BO de « When we were kings » qui n’est plus disponible depuis quelques temps…






samedi 4 juillet 2009

Jenny Gillespie : Light Year


De son propre aveu, la jeune chanteuse Jenny Gillespie a grandi dans la campagne de l’Illinois où sa mère, artiste peintre, et son père, mélomane, n’ont cessé d’encourager leurs enfants dans une voix artistique. Ayant grandi avec la collection de disques de son père, Jenny s’est naturellement tourné à la musique. Jenny est aujourd’hui installée dans bon vieux « sweet home » Chicago, après un détour par Paris et Austin, Texas. « Light Year » est son troisième album. Chanteuse, guitariste et pianiste, Jenny œuvre dans une pop acoustique, teintée de folk facile d’accès mais néanmoins élaborée. Jenny fait la différence grâce à ses arrangements. Son folk classique prend des atours tantôt mélancoliques drapés de cordes sur « Vanishing Point », tantôt planants avec des nappes de claviers « atmospherics » sur « Hydra » et « New Maze ». La mandoline, la trompette, et les guitares lap-steel et Weisenborn donnent une couleur plus roots aux compositions de Jenny, inspirées par le folk des années soixante. Grâce à toute cette palette d’instruments, Jenny compose une toile délicate et rêveuse, et habille sa pop/folk de bien beaux atours à la hauteur de sa jolie voix. « Littleblood », « Slow clouds break » et « Shells » sont les plus belles réussites de ce disque attachant et noctambule.
http://www.jenny-gillespie.com/
www.myspace.com/jennygillespie
Un grand merci à Jenny Gillespie pour sa gentillesse et disponibilité. Et un autre grand merci à Saab pour cette magnifique découverte (une de plus !)

samedi 27 juin 2009

Nomadjazz, Cinéma du Palais, Créteil, 20 juin 2009.

Et si, cette année on fêtait la musique avec une journée d’avance ? C’est en réponse à cette question que l’équipe du cinéma du Palais, à Créteil, a eu l’idée d’organiser un concert de Jazz dans la salle même de cinéma avant de projeter un film. J’avais déjà assisté à une démonstration de djembé avant la projection de l’excellent film The Visitor et à quelques ciné-concerts, concept où un musicien accompagne en direct la projection d’un film muet, mais jamais à un vrai concert dans une salle de cinéma. L’idée n’est pas mauvaise en soi, déjà parce que le cinéma et la musique marchent ensemble aussi sûrement que le son accompagne l’image. Ensuite, et sur un plan plus pratique, une salle de cinéma n’est pas un mauvais endroit pour écouter de la musique live, il y a de la moquette un peu partout, cela donne une bonne acoustique, le son y est excellent peut-être même meilleur que dans certaines «vraies » salles de concert. Par contre et c’est un peu surprenant, le concert a lieu avec toutes les lumières allumées et non pas dans la pénombre habituelle. Et puis il y a le fait que tout le monde reste assis mais c’est souvent le cas dans les clubs de jazz. Parlons maintenant du groupe de ce soir, Nomadjazz, ils sont six : deux sax, guitare, basse, batterie et une chanteuse et sont originaires de Choisy Le Roi (Val de Marne). Leur répertoire est entièrement composé de reprises de standards de jazz et pour s’accommoder du lieu au mieux, ajouteront quelques thèmes de films à la playliste : « My favorite thing », avec un excellent break funky du guitariste, et « The look of love » de l’immense Burt Bacharach, on l’oublie un peu, mais la chanson extraite de la BO du James Bond « Casino Royale » (pas celui avec Daniel Craig mais l’original des années 60). Rien de vraiment neuf sous le soleil, donc, mais une excellente soirée quand même. L’avantage avec les groupes amateurs, comme Nomadjazz, c’est qu’ils n’ont pas d’ambition autre que de prendre du plaisir à jouer, mission dont ils s’acquitteront sans problème et avec un certain talent. Le guitariste, dans le civil il parait que c’est le comptable du cinéma, est doué, le batteur excellent, d’une manière générale les musiciens du groupe ont tous un bon niveau. Et la chanteuse a un grain de voix plutôt séduisant. Après une heure de bon jazz, la soirée s’est achevée avec la projection du film Amerrika.
www.lepalais.com

vendredi 26 juin 2009

In Love : « Stories »

La chanteuse In Love est née au Nigeria et c’est en Afrique qu’elle a été sensibilisée à la musique apprenant le piano, la basse et les percussions. Après plusieurs années de collaboration avec Dj Cam, elle sort aujourd’hui son propre album « Stories ». In Love, c’est une sorte de Dusty Springfield des temps modernes, une chanteuse soul à la voix blanche et éthérée, à laquelle Dj Cam apporte sa sensibilité électro et abstract hip hop. Il en résulte cet album soul lounge, délicat et sensible, sensuel et extrêmement féminin, de quoi effectivement être « In love ».
http://www.inlovesun.com/
www.myspace.com/inlovethereal

mercredi 24 juin 2009

Avishai Cohen, Fnac Châtelet les Halles, Forum des rencontres, 24 juin 2009.


Aujourd’hui, par une fin d’après-midi ensoleillée, de passage à la Fnac, j’ai découvert un peu par chance et un peu par hasard, Avishai Cohen, un chanteur contrebassiste de jazz israélien. Magnifique découverte ! Entouré de son groupe : piano, percussions, guitare et une chanteuse, Avishai Cohen a donné un mini-concert, d’environ trois quarts d’heure, devant un public aussi chaud que dans une vrai salle de concert. Chanteur à la voix rauque, contrebassiste doué et inspiré, Avishai Cohen pratique un jazz très fortement imprégné de son proche orient natal. C’est chaud, c’est dépaysant, on est littéralement transporté par la musique au bord de la mer Méditerranée et le tout distille un irrésistible parfum d’été et de voyage. Une musique de saison en quelque sorte. Le percussionniste est impressionnant et complètement fou, ses notes résonnent longtemps, bien après que le concert soit fini…
http://www.avishaimusic.com/
www.myspace.com/avishaicohenmusic


#115 Avishai Cohen - Alon Basela
envoyé par lecargo. - Regardez la dernière sélection musicale.

lundi 22 juin 2009

Tennisoap : « Give me six or give me one »

Lorsque j’ai donné mon accord au groupe Tennisoap pour chroniquer leur premier album, j’avoue que je ne savais pas trop à quoi m’attendre et que, surtout, je n’étais pas préparé à une telle claque ! Dixit Simon, le chanteur, l’album a été enregistré « avec leur petites mains », j’ajouterais que ces trois garçons et la fille qui les accompagne, à la batterie, sont plutôt habiles de leurs dix doigts. A aucun moment, le disque ne semble souffrir d’un quelconque manque de moyens et ne sonne absolument pas « cheap ». Tennisoap fonctionne avec des pattern de guitares répétitifs, assez hypnotiques, Television et My Bloody Valentine ne sont jamais très loin. Si on devait classifier la chose on parlerait probablement de « noise rock » mais cela, est dans le fond, assez réducteur. Les guitares sont certes énormes, ça envoie et du lourd. Mais Tennisoap est aussi à son aise sur des morceaux plus mélancolique, le piano de « Paint it white » (un clin d’œil au Rolling Stones ?), « With my horse » chanson en apesanteur, un long passage planant au milieu de « My Fiction », bref, tout n’est pas affaire de décibels et il est aussi question de mélodies, ce qui fait tout le charme du groupe. C’est parfois aussi efficace qu’un bon vieux rock n’roll (« another, another, another », « like an animal »). Les guitares ont visiblement été bossées en profondeur, et le son est assez recherché. Les pédales wha-wha sont en feu en particulier sur « Spaghetti », un morceau assez percutant. Et puisque on garde le meilleur pour la fin le disque s'achève sur un "Engine" assez incroyable qui résume à lui seul toutes les qualités décrites auparavant. Voilà, je vous invite à venir découvrir Tennisoap, petit groupe de Besançon et qui n’a rien, ou si peu, à envier aux gros calibres anglais dont la presse fait des gorges chaudes par ailleurs. Et si vous êtes comme moi, vous en redemanderez et plutôt six fois qu’une…
www.myspace.com/tennisoap

mercredi 17 juin 2009

Shaka Ponk : « Bad Porn Movie Trax »




Shaka Ponk est né au début des années 2000 entre Paris et Berlin d’un collectif regroupant musiciens, graphistes et alter-penseurs, avant de devenir un groupe à part entière. « Bad Porn Movie Trax » est leur deuxième album. A vrai dire ce deuxième album donne un peu le tournis, et il n’est pas évident de trouver un angle pour attaquer la chose. Il résulte de l’écoute du disque un clash insensé ou les influences se télescopent bien plus qu’elles ne fusionnent : son énorme, guitare crades, beats électro ; le groupe est à la fois punk, métal, power pop, disco (le surprenant « sum’luv’ » : une réussite) et bien plus encore… Shaka Ponk se joue également des langues, chante en anglais, en espagnol quand il ne mélange pas les deux en même temps. Ca fait beaucoup. Prenez par exemple « Te gusta me » qui commence comme un titre punk avant de virer électro-disco puis de revenir à la case départ. Sur certains titres l’équilibre est trop précaire pour que la sauce prenne. Par contre il y a des moments où cela marche plutôt pas mal, les arrangements de cordes de « Mad O You », l’aspect power-pop de « Some Guide » et de « Do », les euphorisants « French Touch Puta Madre » et « Gotta get me high »… SHKPNK dispose de dispositions évidentes pour le songwriting et pour peu qu’ils restent concentrés ça le fait. Mais le disque est long, 14 titres, et, vers la fin, le vertige procuré par les beats cardio-stimulants finit par lasser un peu. Et on finit l’écoute exsangue, au bord de l’overdose…
www.myspace.com/shakaponk
www.shakaponk.com

lundi 15 juin 2009

Bad Mama Dog : « Love gone bad »


L’itinéraire musical de John Ulysses Mitchell commence dans un garage californien, les potards de l’ampli poussés à fond. En 2000, il quitte les Etats-Unis, le pays de son père pour s’installer dans en France, le pays de sa maman. Quelle riche idée John Ulysses Mitchell a eu là… S’en suit la formation de divers petits groupes jusqu’à la rencontre en 2006 avec Gaël Barbieri et Alexis Brossard soit le line up du trio Bad Mama Dog. Ce qui nous conduit directement à 2009 et à ce superbe premier album « Love Gone Bad » produit par Yarol Poupaud. L’opus commence avec « Fires of Hell » un blues baroque quelque part entre Tom Waits et Captain Beefheart. Et il ne s’agit que de la partie visible de l’iceberg. Car à l’instar d’un Neil Young, ce trio est aussi à l’aise avec les guitares folk que le gros son. Et ainsi navigue l’album d’arpège de guitare délicat en déluge électrique. Les influences blues sont bien là mais jouée avec une urgence et une ferveur rock n’roll digne du Gun Club. Car lorsque le trio décide de lâcher les chevaux, grosso modo dans la première moitié du disque, c’est une véritable horde sauvage qui s’abat sur vos oreilles « Low and Divine », « Sweet 21 », « Love gone bad » mordent la poussière. Dans sa deuxième moitié, l’opus joue, avec brio, la carte acoustique on pense à Nick Drake et « Ships of time » ressemble à du Crosby, Stills, Nash & Young. On décèle quelque chose d’un Jeff Buckley dans la voix de Mitchell lorsqu’il chante sa « California » natale. Et ainsi se tient John Ulysses Mitchell, à la croisée des chemins, heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage…
www.myspace.com/badmamadog



dimanche 14 juin 2009

Pamela Hute : Turtle tales from overseas



Enfin le voici, l’évènement tant attendu, le premier album de Pamela Hute et de son groupe. Bien qu’entendues depuis plusieurs années en concert, l’écoute des treize plages composant l’album comprend son lot de surprises. Sur disque, contrairement à ce qui se passe en live, la musique de Pamela prend une ampleur un peu « spatiale », on pourrait parler de space rock si le terme n’était pas galvaudé, minimaliste et hypnotique sur les trois premiers titres « Friend », « Tie » et « Umbrella ». Les synthés d’Igor y sont pour beaucoup, Ernest compte chaque coup de caisse claire, délivré au compte-gouttes, mais avec précision et efficacité. L’entrée en matière est parfaite et le voyage peut commencer. A partir du quatrième morceau, « Umbrella » on retrouve la Pamela Hute des concerts « power pop », les guitares sont tranchantes, hachées menues, le son est énorme, on sent la puissance des guitares « vintage » dont Pamela raffole avec gourmandise. La voix est également traitée avec soin et le chant sur « You made me lady » est magique et irréel. Dans ses meilleurs moments, « The Story ends » ; « Pink Safari » l’album dégage une émotion à fleur de peau. Ce disque donne également l’opportunité à Pamela de revisiter son propre répertoire et donne de nouvelles versions d’anciens titres déjà parus en single ou en maxi, « My Dear » prend ici une nouvelle ampleur plus longue, un peu moins percutante mais beaucoup plus touchante. L’album est livré dans un packaging digipack assez original, recherché et la pochette rappelle celle du « Unknown Pleasures » de Joy Division. La livrée est plutôt classe et sobre. Maintenant, conseil d’ami, précipitez-vous ! En effet, la signature avec le nouveau label Guess What!, intervenue un peu par surprise, change, mais dans le bon sens du terme, l’avenir de ce disque qui ne sortira pas dans le commerce comme prévu mais qui est disponible uniquement sur le site internet de l’artiste (livré avec des goodies) et aux concerts. Cette version « ghost » est destinée à devenir collector et il n’y en aura pas pour tout le monde ! Enfin pour finir un dernier conseil, écoutez bien le cd dans son intégralité, ce n’est pas par ce que vous êtes arrivé au terme des treize plages que vous êtes au bout de vos surprises…
http://www.pamelahute.com/
www.myspace.com/pamelahute




samedi 13 juin 2009

Kitty Daisy & Lewis




Et si on reparlait de rock n’roll ? D’aucuns et ils sont nombreux, les groupes à prendre les années 60 et 70 pour modèle. A peine sortie de l’adolescence, la fratrie britannique Kitty, Daisy & Lewis fait encore plus fort et remonte jusqu’aux bases mêmes de cette musique : les années 50, le rock n’roll, le rockabilly, le blues et même la country. L’album qui en résulte a été enregistré par leurs soins dans leur propre studio qu’ils ont construit à partir d’équipements vintage récupéré Dieu sait où et avec pour modèle les studios Sun de Memphis et Chess de Chicago. Accompagné de leurs parents, le frère et ses deux sœurs ont fait fort pour leur première livraison. A aucun moment le disque ne sonne dépassé, c’est même plutôt l’inverse, la musique est d’une fraîcheur incroyable puisque l’album est en grande partie composé de reprises. Ils ont même réussi à extirper de l’archi éculé « I got my mojo working » un truc jamais entendu avant. Je pense que l’on avait plus entendu cela depuis les Stray Cats… Avec ses influences Hawaiienne « Honolulu Rock-a Roll-a », « Swinging Hawaii » il ne fait aucun doute que nous tenons là le disque de notre été…
www.myspace.com/kittydaisyandlewis










vendredi 12 juin 2009

The Sweet Vandals : Love Lite


Deux ans après un premier album qui avait été une excellente surprise, les madrilènes de The Sweet Vandals (voir mes messages des 6 et 10 novembre 2007 et 5 juin 2008) sont de retour. Et ce n’est plus le même groupe. Déjà, le clavier du groupe Carlo Coupé est parti, remplacé par l’organiste, la précision est d’importance, Santi Vallejo. Ensuite, sur ce disque, les Vandals sont renforcés par une section de cuivres qui fait des miracles et donne cette pêche incroyable, notamment sur le premier titre « Thank you for you » qui rappelle « I Thank you ». Enfin et surtout, polis par les nombreux concerts donnés dans toute l’Europe, les Sweet Vandals sont dorénavant un meilleur groupe arrivé à maturité. Entendons-nous bien, le premier album était excellent mais souffrait de quelques baisses de pression, quelques erreurs de jeunesse et souffrait d’être un peu trop long. Tous ces défauts appartiennent au passé et ce nouvel opus est remarquable de la première à la dernière note aussi bien dans le registre funk particulièrement efficace que la soul apaisée. « I hate to hate you », « Funky Children » (avec chœurs ad-hoc) et « Every woman is a diva » sont douces et brûlantes comme le soleil espagnol. L’orgue déverse ses notes chaudes comme de la lave en fusion et le batteur Javier « Skunk » Gomez maîtrise à la perfection tous les fondamentaux des rythmes funk. Son association avec le bassiste Santi « Sweetfingers » Martin, mais aussi avec le guitariste, un peu en retrait mais qui marche sur des braises wha-wha, Jose « Yusepe » Herranz est redoutable. Dernier ingrédient mais pas le moindre la voix, celle de la chanteuse Makya Edjole. C’est un peu comme si les Meters s’étaient trouvé une soul sister. C’est dire si les Sweet Vandals, sont armés, équipés pour faire honneur à leur patronyme et à multiplier les dégâts sur toutes les scènes européennes.

www.myspace.com/thesweetvandals



mercredi 10 juin 2009

Good Morning England de Richard Curtis.




Lorsque sa mère décide d’envoyer Carl, son fils en échec scolaire, chez son oncle Quentin, elle n’a pas la moindre idée de ce qu’elle est en train de faire. Il se trouve que l’oncle, le fameux Quentin est le patron de Radio Rock, une radio pirate qui émet depuis un bateau en pleine Mer du Nord. Nous sommes en 1966, en plein age d’or du rock, en Angleterre comme en Amérique, et sur la très pudique BBC le rock est étrangement absent. D’où l’effervescence autour de ces radios pirates que le gouvernement britannique de l’époque se donne beaucoup de mal pour essayer d’interdire. Lorsque Carl embarque, Quentin lui demande :

- Pourquoi ta mère t’a viré ?
- Réponse de Carl : « J’ai fumé »
- Un joint ou une cigarette ?
- Les deux…
- Excellent !!!!

Le ton est donné dès cette première réplique. A défaut d’être remis dans « le droit chemin », Carl va prendre le pied de sa vie ! Et franchement on est jaloux, on l’envie !!! Car outre le fait qu’il y ait de la musique, et de la bonne, du début à la fin, le métrage collectionne les scènes hilarantes. Question : que se passe-t-il quand notre bande de lascars djs déjantés, enfermés ensemble sur un bateau, reçoit une visite féminine ? La réponse est dans le film. Bien servis par une galerie de personnages attachants et d’acteurs tous excellents, le film, deux heures et quart au compteur tout de même, passe en un clin d’œil. Signalons les performances d’acteurs de Bill Nighy qui campe un Quentin dandy très warholien, le Count, Philip Seymour Hoffman, qui après avoir joué Lester Bangs dans « Almost Famous » retrouve un rôle à la (dé)mesure de son génie rock n’roll. Et enfin Rhys Ifans dans le rôle de Gavin, l’ennemi intime du Count. A voir le film, on enrage sur nos radios d’aujourd’hui, qui ont réussi à banaliser, à coup de programmations médiocres, ce médium pourtant extraordinaire. Pour être tout à fait complet, il faut également préciser que le synopsis s’inspire, librement, de l’histoire de Radio Caroline fondée en 1964 et qui émettait, comme dans le film, depuis un bateau ancré dans les eaux internationales, au large de l’Angleterre. Fermée en 1989, la radio existe toujours sur internet (http://www.radiocaroline.co.uk/).


Enfin il est tout à fait inconcevable de terminer ce papier sans glisser un mot sur la bande originale du film. Cette dernière est un pur délice. Double album, 36 titres, puisant aussi bien dans le rock, la pop, la soul et rhythm & blues de l’époque. Les stars sont bien évidemment au rendez-vous. Mais l’album est très bien équilibré avec ce qu’il faut de tubes mais aussi de titres plus obscurs pour contenter toutes les oreilles. Seul petit regret, pourquoi avoir été chercher Duffy, pour la chanson générique ? La scène britannique est suffisamment riche, en soul comme en rock n’roll, pour faire appel à une chanteuse aussi fade.


La bande annonce :









lundi 8 juin 2009

Blues Power Band, Club Med World, 6 juin 2009.


Gros, gros concert pour les BPB, samedi soir dernier au Club Med World. Le groupe n’avait probablement jamais connu des conditions pareilles : écrans géants avec films, éclairage et une trentaine de personnes sur scène : trio de cuivres, choristes, trio de cordes et une ribambelle de danseuses (venues du cabaret des filles de joie de Juliette Dragon) toutes très sexy : ce fut un plaisir pour les yeux et les oreilles ! C’est du lourd, du show ! Avec une pléiades d’invités : Nina Van Horn, Alex (Mooonshiners), Jean-Marc Henaux et Freddy Miller, soit l’harmonica et la voix des Shake your Hips, le percussionniste réunionnais John Grondin, la chanteuse Miliana (qui a également assurée une excellente première partie)… La soirée a été rythmée par les interventions, un peu bizarres on n’a pas l’habitude, de la voix-off qui nous a raconté l’histoire du mystérieux Zee. Bref toutes les conditions étaient réunies pour faire de ce concert un moment spécial, tellement spécial que l’intégralité du dernier album Zee a été joué. Bien servie par des musiciens tous excellents, tantôt rageur « Riding With Jane » tantôt tendre « I wish i could find Zee » le(s) blues des BPB a brillé de mille feux dans l’écrin, très classe, du Club Med World. Depuis « Shoot Shoot Don’t talk », jusqu’à l’intermède world « Noite Doce Em Bahia » / « Cosa I Lé Zi » toutes les occasions furent bonnes pour exhiber la collection de guitares, assez impressionnante il est vrai, de Paco et de Papygratteux. Le clavier Damien, auteur d’un excellent solo sur l’énorme « Mississippi Joe », apporte, quant à lui, une touche de groove bienvenue au milieu des grosses grattes et des cuivres qui donnent la pêche. Il y a eu quelques reprises « Makin love is good for you » de Tony Joe White, décidément polissonne cette soirée, et un « Gimme Shelter » d’anthologie que les Rolling Stones de 2009 rêveraient de pouvoir jouer. Et le tout s’est terminé sous les canons à confettis. Alors que je rédige ces lignes, j’apprends que je me suis lamentablement planté et que Zee n’est pas le van du groupe. Raison de plus pour continuer l’enquête en soutenant le groupe sur scène et sur disque.
http://www.bluespower-band.com/
www.myspace.com/bluespowerband
www.myspace.com/findzee