mercredi 9 juin 2021

Nika Leeflang Project : « Bad Sunday »

 


Un mauvais dimanche avec Nika Leeflang ça n’existe pas ! Pas plus qu’un autre jour de la semaine soit dit en passant. Tout simplement parce que son grain de voix chaud, délicat et légèrement éraillé au fond de la gorge agit comme un baume propre à réchauffer toutes les peines du monde, en anglais comme en français. Ajoutez à cela un sens de la récitation à la classe toute gainsbourgienne (cf. « Bad Sunday ») et des compositions rock’n’roll, directes et euphorisantes (cf. la formidable « Broken Bones ») et le tour est joué ! Tout à l’air tellement facile à l’écoute. Car pour être heureuse, l’ancienne chanteuse des Liminanas, à une solution toute simple : un micro, une gratte et on joue, fort, et on chante, à gorge déployée ! L’enthousiasme, la joie simple de faire de la musique s’entend dans chaque note jouée, ouvrant une brèche originale entre énergie power pop, échos des Pixies à la clef, et aspirations psychédéliques (« Customer » ; « Never tell it » ; « Old Stones »). L’album est bref, (9 titres seulement) et à le défaut de ses qualités, efficace pour éviter le remplissage et l’ennui, mais frustrant et au goût de trop peu. Le groupe devrait faire un tabac sur scène, un concert (un dimanche ou tout autre jour), vite !!

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lundi 7 juin 2021

The Starphonics : « Wild Wild Lover »



Un grondement sourd de la batterie immédiatement suivi de l’irrésistible twang de la guitare, dès les premières notes, les Starphonics sortent le grand jeu ! Et quel jeu ! Le groupe possède de nombreux atouts, un goût très sûr et des reprises (trois) de bon aloi (chipées chez Gershwin ou Link Wray) et des compositions originales (cinq) de haute tenue, incarnées à la perfection par un chanteur au timbre de gorge affirmé, parfait pour le genre. Mais il n’est point d’amour que l’on ne saurait trahir. Aussi, la formation ne craint pas de sortir des chemins ô combien balisés du rockabilly ou de la surf music pour s’aventurer sur les bas côtés à la recherche d’une identité propre. Un theremin mystérieux par ici ou une méconnaissable reprise du « Summertime » de George Gershwin par là, dans laquelle on croit déceler un bout de Led Zeppelin (« Living Loving Maid ») en lieu et place de Janis Joplin. Le quatuor joue la carte de l’efficacité à plein tubes (l’addictif et entraînant « Gogo Bar ») avec un album d’une remarquable concision, quoique frustrante pour l’auditeur, au goût de trop peu. Sexy, élégant, il ne manque guère qu’un soupçon de folie, que le disque ne fait finalement qu’effleurer, pour que l’adhésion soit pleine et entière. Néanmoins, il s’agît là de magnifiques débuts.

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dimanche 6 juin 2021

Steve Earle & The Dukes : « J.T .»

 


De Guy Clark à Townes Van Zandt, Steve Earle a souvent, au cours de sa carrière, rendu hommage à ses inspirateurs sous la forme d’albums de reprises. Ici, sa démarche prend un sens différent dans la mesure où Steve reprend les compositions de son propre fils Justin Townes Earle (dont le prénom du milieu est lui-même un hommage à Townes Van Zandt) tragiquement décédé en août 2020, pour en arriver à cet étrange paradoxe : peut-être son album le plus personnel alors qu’il ne signe que le dernier titre de sa plume. Né de circonstances dramatique, le disque n’est pas sombre pour autant (la dernière plage mise à part), Steve ayant beaucoup injecté de sa personnalité dans les chansons de son fils infusant ces dernières de ses influences rock (« Maria » ; « Champagne Corolla »), country («They killed John Henry») ou reproduisant la tension qui anime ses propres enregistrements (« Lone Pine Hill »). En cela, l’album ne fait pas tâche dans sa discographie et ne déstabilisera pas ses fans. Le disque se distingue par sa modestie, dans l’approche, dans les arrangements, et sa brièveté. A la fois émouvant, son chant déraille un peu parfois, et solide, l’album se termine sur une note d’une émotion intense avec le parlé « Last Words », seule composition originale du disque, en hommage au regretté Justin.

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dimanche 23 mai 2021

Renarde : « Courts Métrages »

 


A ce jour, on ignore encore si Bruno Dibra (aka Renarde) manie la caméra avec autant de dextérité que la pochette de ce premier EP le laisse supposer. Mais, en attendant, on peut affirmer sans peine, à l’écoute du disque, que Renarde a trouvé l’inspiration au cinéma. Et quelle inspiration ! En effet, tout au long de ces cinq titres Renarde ne ménage pas ses efforts pour produire une pop richement arrangée de haute tenue. Les grands moyens, cuivres et cordes, sont ainsi de sortie pour donner une ampleur cinématographique aux chansons rappelant les bandes originales des années 1960, le tout suivant la foulée rythmique pleine de swing de la section rythmique. Mais l’inspiration cinématographique du musicien se cache aussi dans des recoins plus inattendus, les paroles, transformant chaque chanson en court métrage dont on suit le récit. Des accents surf/western de la guitare accompagnant « A l’envers » aux cordes stridentes, évoquant un thriller hitchcockien, d’« Une fin au silence » nous voici partis pour une belle séance, pleine de surprises !

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samedi 22 mai 2021

Crocodile Candy : « Enjoying the moment »

 


C’est durant le premier confinement qu’est né ce nouveau groupe regroupant le bluesman Tio Manuel (guitare) et la chanteuse Margot Cassila. Le projet est né au cours de conversations « on line » (quelle époque!) et une dizaine de compositions plus tard, la formation, complétée par la section rythmique Christophe Gaillot (batterie) / Ganxtah da Magnificient (basse) entre en studio ; dans l’intervalle, le pays a été re-confiné (re-quelle époque!) Bref, on tient aujourd’hui dans nos mains, et avec bonheur, ce premier album. Subtil mélange entre guitare incisive et groove soyeux, les Parisiens ont dans leur viseur, des formations telles que The BellRays et autres Noisettes, recherchant cette harmonie entre la puissance du rock’n’roll (« The Bang Zip Zing ») et l’émotion de la soul music (« Black Out »), l’un compensant l’autre dans la perpétuelle quête de la balance parfaite. Bien évidemment connaissant le parcours bleu de manuel, le blues n’est jamais bien loin des préoccupations du groupe (« buying junk on line » stigmatisant les travers de l’époque) alors qu’une note dansante (« special desire ») vient compléter le séduisant tableau. Et comme le résume si bien le titre il suffit d’appuyer sur « play » et de profiter du moment. Croyez-nous, celui-ce devrait être agréable, tant il agrège avec réussite toute les musiques que l’on aime !

https://crocodilecandy.bandcamp.com/releases

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jeudi 20 mai 2021

José : « Paraíso »

 


Musicien libre que l’on ne saurait limiter à son rôle de chanteur au sein de Stuck in the Sound (de loin son projet le plus médiatique), José multiplie les fausses pistes et sorties hors des sentiers balisés du rock depuis quasiment le début (You!, SARH). De lui, on a donc déjà entendu beaucoup de choses différentes et pourtant son parcours prend encore une autre dimension depuis qu’il a décidé de se lancer en solo (sans pour autant quitter son groupe fétiche). La deuxième étape vient d’être franchie avec ce nouvel EP en attendant l’album pour le mois de juin. Une sorte de retour à ses origines où le chant en portugais habite des compositions électro pop, planantes et éthérées, comptant parmi ses compositions les plus intimes.

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mercredi 19 mai 2021

Corentin Ollivier : « Into Pieces »

 


La pochette de « Harvest » à ses pieds, une autre de Bob Dylan qui s’affiche dans le fond, pour son premier album en solo, Corentin Ollivier a décidé d’opérer un retour aux sources, roots et folk. Une surprise de la part du musicien après avoir débuté dans le champ électronique. Enregistré pendant le premier confinement et à la suite d’une rupture sentimentale douloureuse, l’album a gardé la tonalité mélancolique héritée de ces tranches de vie pénibles (« Forever »). Un album de rupture donc, mais dans lequel pointe aussi une note d’espoir dans la légèreté de la voix (en dépit de paroles sombres) et des cordes de guitare acoustique délicatement arpégées (« Heal » ; « Exhale »). S’il a décidé de revenir aux sources, Ollivier n’a pas, pour autant, fermé la porte de la modernité. Régulièrement une boîte vient rythmer les compositions (« I Shot an arrow », « Wilderness Inside »). Ainsi, plutôt que de qualifier l’album de rétro (ou vintage comme on dit de nos jours), il convient plutôt d’évoquer un disque intemporel où l’émotion brute, guitare/voix, domine. Et c’est là que, précisément, réside la grande réussite de l’album : dans le fait de sublimer une économie de moyen autant subie (cf. le confinement) que volontaire. Une réussite intime et touchante.

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mardi 18 mai 2021

Thomas Monica : « Ulysse »

 


Mais à quoi peut bien rêver Thomas Monica, face au mur, tournant ostensiblement le dos à l’objectif ? Le musicien est probablement en train de rêver à sa musique tout simplement, tant cette dernière se révèle riche d’influences et de nuances. A l’aide de sa six cordes, Thomas invente un monde musical où les frontières s’effacent, la scansion du rap/slam (« Calypso ») côtoie une guitare rock alors que les arrangements apportent une note pop voire world à la chanson française produisant une musique aussi métissée que son auteur, aux paroles dotées d’un sens de la formule imparable (cf. la formidable « L'Effondrement ») !

Sortie le 18 juin.

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dimanche 16 mai 2021

The Blue Stones : « Hidden Gems »

 


Pour autant attachante qu’elle soit, il convient de ne pas se laisser abuser par la tête de mort fièrement affichée sur la pochette du nouvel album des Canadiens. Certes, un « Shakin’off the rust » porte plutôt bien son titre et se fait fort de dégager la rouille à grands riffs électriques, dans un lointain cousinage avec les Black Keys ("Let it ride"). Mais pour le reste, le duo guitare/batterie pioche où bon lui semble affichant un éclectisme baroque, du hip-hop à la pop (« One by one »), qui s’il lui donne un semblant d’identité l’éloigne du rock’n’roll pourtant revendiqué sur la pochette. Pas mauvais pour autant, simplement décousu, et ce parfois au sein du même morceau. Dans ce contexte, le rock mais aussi le blues, n’apparaissent plus que comme des échos lointains, policés par une approche trop pop. Pour l’adrénaline et le danger, on repassera. Un peu décevant finalement, car le groupe est brillant, certes, mais par intermittence, comme un diamant caché en somme.

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samedi 15 mai 2021

Little Bob Blues Bastards : « We need hope »

 


Finalement, du haut de la sagesse apportée par l’âge, c’est bien Little Bob qui a raison : on a besoin d’espoir ! Sortant d’une période pour le moins difficile, le chanteur cherche réconfort et rédemption par la musique. Voici donc son nouvel album, le 23ème si nos calculs sont exacts (et le quatrième du groupe Blues Bastards). Un disque qui indéniablement possède une âme où la tonalité nostalgique domine (« I was a kid », « Made for me », la poignante « You can’t come back ») mais cohabite avec une mentalité de combat (cf. la reprise de « Bella Ciao »). Alors qu’il entame sa septième décennie, le chanteur n’est toujours pas prêt à lâcher le micro. Ce nouvel effort est son disque le plus rock’n’roll, le plus brut, depuis longtemps et jamais les Blues Bastards n’ont été aussi mal nommés. On ne va pas s’en plaindre. Les guitares rugissent, le son est sec et puissant et contraste avec la voix fatiguée du chanteur, qui accuse le poids des ans, mais vieillit avec grâce. Toujours prêt pour la bataille du rock’n’roll, Little Bob revient avec un album de survie, absolument indispensable !

http://littlebobbluesbastards.fr/

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vendredi 14 mai 2021

Nick Waterhouse : « Promenade Blue »

 


Au fil des albums, cinq à ce jour plus un enregistrement live, Nick Waterhouse s’est imposé comme un des plus surs représentant de ce courant soul, rétro et nostalgique. A l’opposé de ses confrères œuvrant sur des labels de Brooklyn, Waterhouse le Californien s’illustre dans un genre élégant et raffiné dont les racines se trouvent autant dans la pop des années 1950 que dans le doo-wop. Ce nouvel effort ne contredira pas l’assertion : la rythmique est appuyée par un sens du swing qui fait tâche (« Vincentine », "B. Santa Ana, 1986") et est contrebalancée par des arrangements riches et soyeux, de cordes ou de cuivres accentuant le groove. Le terrain est ainsi balisé pour que le jeu de guitare bluesy de Waterhouse s’exprime à plein (« Very Blue »). Enfin il n’est point de disque soul retro digne de ce nom sans chœurs et harmonies vocales dignes de ce nom, ce que ce nouvel album se fait fort de remettre au goût du jour par le biais de divines interventions tant masculines (« Medicine ») que féminines (« The Spanish Look »). Ce dernier aspect est particulièrement appréciable tant il semblait tombé en désuétude ces derniers temps. Ainsi, ce nouvel effort se révèle solide et de haute tenue (comme d’habitude avec Nick Waterhouse) même si, avouons-le, l’ensemble n’est pas aussi impressionnant et abouti que son formidable disque éponyme sorti il y a deux ans.

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jeudi 13 mai 2021

Myles Sanko : « Memories of love »

 


Ah, c’est sûr, il peut avoir la banane Myles Sanko, tant le Britannique donne l’impression d’avoir réussi son coup ! Et pourtant, c’est peu dire que sa précédente incarnation musicale ne nous avait pas franchement emballée, la faute à une production plus que poussive. Mais, rien de tel, ici, tant le chanteur maîtrise son sujet. On n’avait réellement jamais douté des capacités vocales du chanteur qui n’avait jamais été aussi bien mises en valeur ici. C’est en se replongeant dans les classiques du jazz et de la soul que Myles a retrouvé l’inspiration quelque part à un fameux croisement où le swing de l’un et le groove de l’autre battent à l’unisson. Classieux et élégant, on pense notamment à la prédominance du piano, avec une touche d’excentricité (cf. l’intro du « Where do we stand » qui ouvre l’album) en prime, Sanko a trouvé la bonne formule, celle qui le place en héritier d’une ligne qui partirait de Marvin Gaye (« Rainbow in your cloud ») à Gregory Porter (cf. l’influence jazzy qui prédomine l’ensemble). Partout, son placement rythmique et son phrasé sont impeccables et incarne à la perfection les émotions découlant de ses cordes vocales. Myles Sanko peut bien afficher un sourire éclatant sur la pochette, il vient de sortir son meilleur album à ce jour !

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mercredi 12 mai 2021

Dreamers : « Palm Reader »

 


Les mains tendues, Nick Wold, le leader du groupe américain, nous offre ce nouvel EP. Et si l’on examine les palmes desdites mains, que peut-on y lire ? L’ambition d’y groupe qui, s’il manie d’une main très sure les grosses guitares (« Heat Seeker ») et autres artefacts pop psychédéliques (« Teddy Bear » ; « True Crime ») ne s’interdit surtout pas d’aller jeter un œil en dehors du rock histoire de constater de visu ce qu’il s’y passe. Ainsi les rythmes se font urbains, chaloupent suivant un dodelinement reggae (« Palm Reader »), alors que, régulièrement, les voix adoptent un phrasé hip-hop (« Still Not Dead »). Un grand écart à 180°, bien plus riche musicalement que la (superbe) pochette purement psyché ne le laisse supposer. Efficace.

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mercredi 17 mars 2021

Manuel Bienvenu : « Glo »

 


Arrivé à ce niveau, on préférera parler d'architecture sonore. Maniaque du son, obsédé par la recherche de la perfection pop (attention Manuel, beaucoup, et pas des moindres, y ont laissé la raison!) Manuel Bienvenu empile les notes et les instruments un à un avant d'arriver à l'équilibre parfait. Electronique et acoustique s'imbriquent ainsi parfaitement tout au long de cet album aux échos teintés de pop et de free jazz (influence particulièrement sensible sur le traitement de la basse) calme et apaisé, planant au point de donner à l'auditeur la sensation de flotter à l'image des poissons figurés sur la (superbe) pochette. D'autant plus remarquable que l'album ne donne, finalement, pas cette impression de luxuriance mais plutôt d'instruments utilisés à juste escient. Ainsi, il se dégage du disque un effet de minimalisme justement ordonné ou chaque élément est à sa place, une pyramide au-dessus de laquelle se pose la voix, quasi-murmure, venant caresser les oreilles. L'album se distingue également par son angle, expérimental, baroque, débordant de sonorités originales, voire inédites, sortant d'instruments parfois bricolés pour l'occasion. Un album apaisé et sortant des sentiers balisés.

https://microcultures.bandcamp.com/album/glo

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mardi 16 mars 2021

Olivier Rocabois goes too far

 


Rassurons tout de suite le principal intéressé, mais non Olivier, tu ne vas pas trop loin ! Trop loin mais dans quoi ? Cavalcade d'arrangements de cordes soyeux, régalade de claviers vintage (Wurlitzer, Orgue Hammond, Fender Rhodes, Grand Piano, Mellotron), cuivres élégants, le compositeur breton mets les petits plats dans les grands pour faire vivre à nos oreilles une expérience inoubliable, l'équivalent musical, pop, du cinémascope, aussi envoûtante que les bruits des vagues agrémentant la première plage (« The sound of the waves »). Mais au-delà, ces neuf nouvelles compositions sont une déclaration d'amour immodéré à la (sunshine) pop, de chambre ou non, des années 1960. Les Beatles, bien entendu, dont l'ombre plane sur le disque mais aussi, par extension, Les Beach Boys, Burt Bacharach, Phil Spector jusqu'à Steely Dan (« In my drunken dreamspace ») de la décennie suivante. Mais non, Olivier tu ne vas pas trop loin, au contraire, c'est l'auditeur qui décolle à l'écoute du disque !

Sortie le 2 avril.

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dimanche 14 mars 2021

Samuel Strouk : « Nouveaux Mondes »

 


Virtuose de la six-cordes, musicien aventureux, Samuel Strouk n'a pas tant l'intention avec ce nouvel album de créer un nouveau monde mais plutôt d'en effacer les frontières pour en redessiner la géographie. Véritable poupée russe musicale, ce nouvel effort en cache un autre. On y trouve d'une part une section de cordes, élégante et majestueuse, assurant le cachet classique du disque. Mais aussi une batterie et une basse constituant avec le guitariste un power trio débordant de swing, évoluant dans un registre jazz. Les arpèges délicats de Strouk constituant la passerelle, le passage, reliant le classique au jazz, dans cette volonté évoquée plus avant de redessiner la carte. L'amalgame fonctionnant au-delà des espérances (la merveilleuse « Proxima Centauri ») c'est ainsi que naissent les fameux « Nouveaux Mondes » donnant son titre à ce nouveau disque. C'est à la fois beau mais surtout très libre même si on ne doute pas que la musique jouée ici résulte d'un processus d'écriture rigoureux que les musiciens réussissent à faire oublier. Ne reste plus qu'à fermer les yeux et à se laisser bercer par la beauté de « Hermano Tony » et « My Romantic Lebanon », tout le reste n'étant finalement que littérature inutile…

http://www.samuel-strouk.com/

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mercredi 10 mars 2021

Bianca Rossini : « Rio Paradise »

 


Ah, qu'il est doux de se réchauffer aux tendres sons de ce nouvel EP de la chanteuse brésilienne, dont la voix délicieuse œuvre tel un baume propre à soulager toutes les peines. La langue, le portugais brésilien, joue également pour beaucoup dans le charme dégagé par ces nouvelles chansons, il s'en dégage une sorte de mystère lointain qui laisse imaginer plus qu'il ne dévoile. On se prend alors à rêver, à déambuler, en imagination, dans ces chansons aux effluves, folk, jazz et pop, entre piano délicat et arpèges de guitare sèche ensoleillés.

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mardi 9 mars 2021

Jeremy Ivey : « The Monolith Sessions »

 


En pleine pandémie, on s'occupe comme on peut. Parce qu'il est musicien, Jeremy Ivey, lui, fait de la musique, pandémie ou non. Ainsi, quelques mois après la sortie de son excellent album « Waiting out the storm », le songwriter revient avec un EP de cinq titres, extraits dudit album, joués live dans son club préféré, The 5 Spot à Nashville, sans public (ou du moins, un public bien silencieux sur le disque). Plus brut, sans fioritures et allant à l'essentiel, la performance a le mérite de faire ressortir la beauté intrinsèque des compositions et la poésie qui se dégage de ces dernières. Il y a ici de quoi rêver, un peu, aux grands espaces américains évoqués dans sa musique. Anecdotique, quoi qu'émouvant, l'EP constitue une excellente porte d'entrée dans l'univers du musicien ou, pour les convertis, une piqûre de rappel de très haute tenue.

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lundi 8 mars 2021

Liquid Bear : « Heavy Grounds »

 


Trois ans après des débuts tourneboulants, Liquid Bear est de retour, avec un nouvel EP, aux accents apocalyptiques, inspiré par l'air du temps. Un climat actuel qui se retrouve également dans le son du groupe qui a gardé du rock progressif des années 1970 un angle expérimental qui fait basculer les compositions dans le versant baroque de l'affaire (« Goblin Crusher », « The Frog »), créant ainsi un véritable chausse-trappe musical dans lequel l'auditeur ne manquera pas de tomber. La modernité de la chose est incarnée par la violence des guitares qui tranchent l'air suivant le martellement de la batterie. Autant d'artefacts typiques du métal et du stoner permettant au quatuor de se démarquer du revivalisme psyché/progressif habituellement en vigueur. Robert Fripp et King Crimson l'avaient déjà prouvé il y a un demi-siècle, guitares saturées et rock progressif peuvent faire bon ménage. Un véritable triangle des Bermudes rock dont Liquid Bear reprend le flambeau avec brio. Attention tout de même, le danger rode dans la moindre note jouée sur ce disque…

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dimanche 7 mars 2021

Helluvah : « Lonely Riots »

 


Passé par le folk, l'électro et toutes formes de déclinaisons « post », Helluvah fait, depuis son apparition en 2005, montre d'un bel éclectisme. C'est sur la suggestion de son producteur (et accompagnateur sur scène) BobX que Camille (la matière grise d'Helluvah) a repris « A Forest » de The Cure, ce qui a déclenché chez la musicienne l'envie d'un univers musical plus sombre décliné sur ce nouveau disque (« Whisper » ; « Soleil Noir »). Plus sombre mais aussi plus pop (« Sex in the club ») la musicienne, en dépit de l'accent métallique des guitares (« Different now », « I know, I know »), s'éloigne du rock au profit d'une approche plus électronique. Inspiré du thème de la rupture amoureuse, mais surtout du chaos émotionnel qui s'en suit, l'album carbure d'une forme d'urgence, comme un ascenseur émotionnel lancé à toute berzingue entre colère, désespoir et excès faussement réconfortants, entrecoupés de rares moments d'accalmie. A noter enfin les deux titres chantés en français (« Soleil Noir », « Mon cœur est parti à la guerre »), pas tout à fait une nouveauté pour Camille, mais suffisamment rare pour être souligné.

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samedi 6 mars 2021

Gloria : «Sabbat Matters »

 


Cinq ans après leur premier album et trois ans après leur dernière trace discographique sous la forme d'un EP, le sextet lyonnais est de retour ! Il n'aura échappé à personne qu'entre temps le monde et nos vies ont été bien chamboulées. Eux, ont continué leur route suivant la lancée de leur excellent premier disque. C'est avec un bonheur certain que l'on retrouve le groupe et son rock psychédélique unique en son genre, croisement entre les girls groups, la formation compte dans ses rangs trois chanteuses, et le rock psychédélique des années 1960. Le chaînon manquant, et improbable, entre les Crystals (par exemple) et Jefferson Airplane, Phil Spector plongé de force dans les eaux agitées du rock psyché. Ainsi, le cœur de la formation réside dans ces sublimes harmonies vocales (« Miss Tambourine ») sur lesquelles se superpose toute la créativité du groupe, guitares fuzz déchaînées, arrangements baroques aux sonorités invraisemblables où brillent les artefacts typiques du rock psyché (« Skeletons » ; « Back in town ») dans une sorte de labyrinthe géant dans lequel on pourrait se perdre des jours entiers tant la production est travaillée. On note toutefois une tonalité plus sombre, comparée au premier disque (« Dance with death », « Global warning ») et plus mystique (« Sabbat Matters », « Holy Water ») incarnée par des guitares plus furieuses que par le passé. Enfin, la pochette signée de l'artiste Nicole Claveloux est sublime, à elle seule une ode au support physique.

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vendredi 5 mars 2021

Kristel : "My Man"

On nous annonce ce jour le retour du trio malgache Kristel avec ce superbe nouveau clip, plus pop, et à l'esthétique séduisante, marquée par les années 1980, rétro et évoquant la nature généreuse de leur île natale.






Xixa : « Genesis »

 


Si l'on considère la musique comme un voyage, alors nous voici embarqués dans un drôle de périple à l'écoute du nouvel effort de Xixa, œuvre de deux anciens de Giant Sand, groupe qui avait jusqu'alors échappé à notre radar. Il est facile, lorsque l'on s'attaque à la chronique d'un disque, d'évoquer les influences de grands noms du passé. En l'espèce, on parlera plutôt d'échos, venus du rock, évidemment, mais aussi du folk mexicain (ou plus généralement d'influences latino américaines) ou de la bande originale d'un western des années 1960 tombé dans l'oubli. Ainsi, le sextet se révèle roublard et particulièrement à son aise lorsqu'il s'agit de faire cohabiter éclairs fuzz acides, percussions/clochettes et arpèges de guitare acoustique typiquement latinos (cf. « Eclipse », « Eve of Agnes »). Un cocktail baroque qui gagne encore en étrangeté lorsque ces synthés venus d'outre cosmos se mêlent à la danse (« Soma »). La voix aussi marque l'oreille, dans un registre rocailleux et de gorge au-dessus duquel plane l'ombre d'Howe Gelb, mythique chanteur du Giant Sand tutélaire. Le péril était grand, avec un tel mélange d'influences disparates, de tomber dans une marmite bouillonnante d'un magma sonore inécoutable. Fruit d'une intense réflexion, et probablement d'une longue expérience, des différents intervenants, l'album ne souffre aucunement de ce mélange détonnant. Au contraire, dans ses meilleurs moments (« Genesis of Gaea », « Land where we lie ») le disque dépayse et revigore ces vieilles antiennes garage et psyché que l'on aime tant.

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mercredi 3 mars 2021

Aaron Lee Tasjan : « Tasjan ! Tasjan ! Tasjan ! »

 


Sur la photo ornant l'intérieur de l'album, le jeune impétrant pose au côté d'un cabriolet du siècle dernier, mais volant, appelons-cela le syndrome DeLorean. Ainsi va la musique d'Aaron Lee Tasjan, l’œil posé dans le rétro mais allant fermement de l'avant. Inutile dès lors de citer les références d'untel et untel, nous préférons souligner le caractère pop intemporel de ce sublime album, ni d'hier, ni de demain, mais bien d'aujourd'hui. Une sorte de classique immédiat qui a le don de faire planer l'auditeur sur son petit nuage mélodique où les synthés et les guitares acoustiques arpégées avec un feeling imparable cohabitent harmonieusement, faisant fi des modes, des époques, des tendances (la merveilleuse « Another Lonely Day »). Un album confortable donc, au sein duquel on se sent immédiatement à l'aise, comme de retrouver un vieil ami sauf qu'à ce jour nous n'avions jamais entendu parler d'Aaron Lee Tasjan. Et on se demande pourquoi d'ailleurs ! Mais qu'importe car on reste persuadé que l'on n'a pas fini d'entendre parler de lui. Tout est finalement parfaitement résumé dans le titre : Tasjan ! Tasjan ! Tasjan ! A découvrir toutes affaires cessantes.

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mercredi 24 février 2021

Rest in Gale : « Tombola »

 


Pas forcément facile à aborder, il nous a fallu à titre personnel quelques écoutes, la musique de Rest in Gale avance à contre-courant de tout : des modes, de ses propres influences et des tendances. Tout, dans ce groupe évoque un écho lointain : le rock, le blues, les influences orientales et psychédéliques, sont autant de constituants de la musique que le groupe joue à sa manière personnelle, unique et bien éloignée du modèle. Le disque demande de l'écoute, de l'attention, du temps à l'opposé de la consommation rapide et jetable qui semble être la norme du moment (mais idéale en période de couvre-feu). En somme, un disque parfait pour le confinement, car l'écouter c'est comme embarquer dans la voiture figurée sur la pochette, c'est partir en virée dans une contrée lointaine et imaginaire. Aimer cette musique c'est avant tout accepter de se faire prendre par l'oreille et se laisser bercer par les ambiances baroques et cinématographiques du groupe, parfaitement incarnées par cette voix de gorge, aussi rocailleuse qu'un tas de gravillons, idéale pour le récit qui semble être la composante essentielle de la musique de Rest in Gale. A découvrir.

https://fr-fr.facebook.com/RestInGale/

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mardi 23 février 2021

Psykup : « hello karma ! »

 


Assis sur deux chaises longues, un couple admire une explosion nucléaire comme s'il s’agissait d'un couché de soleil. Il plane comme un air d'apocalypse sur ce nouvel album des Toulousains. La bande son séditieuse d'un monde dystopique dont le groupe souligne la déliquescence à coups de riffs saturés hyper-puissant, du martèlement de la batterie (et vive la double pédale!) au chant écorché mi-hurlé. Et au-bout l'espoir (« Letter to Greta ») grâce à quelques ponts, doux et mélodique qui parsèment le tout, calment l'ambiance autant qu'ils soulignent la brutalité alentour. Accrocheur, rugueux, violent.

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lundi 22 février 2021

Chris Nordman Trio : « High Wire »

 


A quoi reconnaît-on un classique ? Un air populaire, qui reste dans la mémoire collective, après avoir trusté les ondes des semaines durant ? Des classique, le pianiste Chris Nordman a du probablement en écouter beaucoup et, aujourd'hui, en est fortement imprégné. Au point d'en livrer sa version personnelle au sein de son trio composé de Ward Dumigan à la basse et du batteur Joe Adcock. Du « Isn't she lovely », « Blue Bossa », « Watermelon Man », « Sunny » et autre « Summertime » en veux-tu, en voilà ! Le tout forme un ensemble cohérent, au swing ouaté et élégant, où le pianiste, qui joue également de l'orgue hammond, fait montre d'une belle dextérité. Un album de reprises, jazz et soul, d'apparence modeste mais qu'il ne faut surtout pas sous évaluer. Joué avec précision mais, surtout, une bonne dose de plaisir partagé. Un petit album tout simple qui donne autant de plaisir que les musiciens ont eu à l'enregistrer (cela s'entend!) Une manière ludique de revisiter ses souvenirs personnels (car vous avez dû obligatoirement croiser la route de ces classiques à un moment ou à un autre) et qui transporte l'auditeur vers un ailleurs, un passé rêvé, fantasmé, une madeleine de Proust nostalgique qui ravive les souvenirs des temps heureux loin du bordel qui chamboule nos vies depuis un an. Le disque se termine et mine de rien on a passé un super bon moment en sa compagnie, merci pour tout !

https://chrisnordmanband.com/

https://chrisnordmanband.bandcamp.com/releases





vendredi 19 février 2021

Delvon Lamarr Organ Trio : « I told you so »


Après deux albums, la révélation ! Ce nouvel, le troisième du groupe, a ceci de confortable qu'il place l'auditeur dans une zone de confort que, finalement, on n'a pas trop envie de quitter. Le groove dévastateur sort des enceintes mené par une batterie qui roule et dévale la pente du groove dans un geste musical d'une classe absolue ! L'orgue apporte pour sa part un son chaud et langoureux dont le souffle transcende les enceintes. Enfin la guitare soutient le tempo, tout en cocottes funky en diable, et lorsque, en fin d'album, la saturation se déchaîne et que les amplis chauffent, c'est Jimi Hendrix que l'on ressuscite (« Aces ») ! Finalement, enregistrer en petit comité à trois (sans basse) et l'idée de génie soulignée par l'album. C'est une machine à groove qui est lâchée dans la nature, de l'autre côté des enceintes, l'auditeur ressent toutes les interactions entre les musiciens, et les notes qui se répondent les unes aux autres. On se prend à rêver d'un club en sous-sol et nos trois gaillards prêts à faire chavirer l'édifice toute une nuit durant. Il est toujours facile de ressortir une liste d'influences en guise de chronique mais, de Jimmy Smith aux Sugarman Three (sans le saxophone), arrivé à ce niveau d'excellence on ne peut que se féliciter de voir l'héritage se perpétuer de générations en générations. Il s'agît là d'une révélation majeure ! On nous l'avait bien dit pourtant (cf. le titre) !





jeudi 18 février 2021

Gilles Poizat : « Champignon flamme »



A profil atypique, disque atypique ! Gilles Poizat possède la particularité d'être à la fois scientifique, de métier, et musicien. Dès lors, rien d'étonnant à ce que Gilles considère le studio d'enregistrement comme un laboratoire où se scelle la rencontre, assez étonnante, de la trompette (son instrument de prédilection) et du synthétiseur modulaire. On passe sur les détails techniques, rébarbatifs, utilisés pour obtenir des sons comme autant de réactions sonores électroniques. De fait, « Champignon flamme » condense une proposition musicale forte, le résultat avant-gardiste de moult expérimentations ne ressemblant que de très loin à quelque chose de connu au-dessus duquel plane pourtant un petit air baroque des années 1970. Pour tous les amateurs de curiosités sortant des chemins battus, qui considèrent que le voyage est plus important que la destination, l'écoute se révèle alors passionnante.

http://gillespoizat.free.fr/

https://cartonrecords.bandcamp.com/album/champignon-flamme