samedi 19 décembre 2009

Greg Zlap, Le Café de la Danse, 18 décembre 2009.



La soirée a commencé avec une magnifique, mais hélas trop courte, première partie assurée par le duo Mathieu Pesqué, guitare acoustique + voix, et Roll Pignault, sosie de Bruce Springsteen jouant de l’harmonica. Malgré leur jeune age, les deux Palois jouent le blues avec la maturité des grands anciens. Mathieu tire de sa guitare acoustique, jouée en slide et posée sur les genoux, des sonorités très pures, très roots. Sa voix a beaucoup de grain. C’est beau. On est transporté.

13 mois après sa dernière venue, Greg Zlap fit son retour dans sa salle fétiche du Café de la Danse pour présenter son nouveau projet. Le groupe est légèrement remanié, on reconnaît entre autres Damien Cornelis, aux claviers, que l’on avait pu écouter auparavant avec les excellents Blues Power Band. Ce nouveau projet donc s’articule autour des notions d’air et de souffle, car comme le dit Greg, « l’harmonica et la voix ce n’est que du souffle », et donc pour poursuivre cette théorie, quiconque respire peut jouer de l’harmonica. Et puisqu’il est question de « jeu » la notion de plaisir n’est jamais bien loin. Et pour jouer, ça a joué et particulièrement bien, ce vendredi soir. Un solo de basse énorme et funky, un autre, de batterie inoubliable, l’auteur Toma Milteau est un spécialiste en la matière, le guitariste, Eric, impeccable du début à la fin et le clavier Damien, toujours aussi bon. Ne manque plus que notre homme Greg, aux solos d’harmonica inspirés et chanteur à la voix de plus en plus assurée. Entre les musiciens ça chauffe, mais dans le meilleur sens du terme et Greg n’est pas le dernier à exhorter ses compagnons de jeu à repousser un peu plus loin les limites. Un concert de blues qui respire la joie, ce n’est pas incompatible. D’un point de vue strictement musical, j’ai l’impression que le groupe s’oriente vers des sonorités plus rock, ce n’est pas fait pour me déplaire. Parmi les invités, le slammeur D’ revenu faire un numéro déconseillé aux âmes sensibles sur le thème « I am the blues ». Et enfin n’oublions pas les deux compères de la première partie, revenus taper le bœuf ce qui accouchera d’un duel d’harmonicas entre Roll et Greg, un de ces moments magiques comme seul le live peut en procurer. Le spectacle se terminera avec « Oxygen » en forme de bouffée d’air frais pour bien terminer cette année de concerts.
www.myspace.com/gregzlap
www.myspace.com/mathieupesque2roll

mercredi 16 décembre 2009

C'est Noël !!!

Vous l'avez probablement remarqué, Noël approche à pas de géants et voici donc venu le temps de la générosité. On s'aime, on s'offre des cadeaux sous le sapin et on espère faire plaisir aux autres. Le blog se met donc au diapason de la saison et vous propose de gagner les disques suivants :
- Jill is Lucky, EP 6 titres ;
- Diving with Andy, single 2 titres ;
- Holden, album "Fantomatisme".
Pour participer rien de plus simple, il suffit de m'envoyer un mail (avec en objet concours noël) à l'adresse suivante contact@myheadisajukebox.fr en précisant le disque de votre choix ainsi que votre adresse postale. Attention, les disques sont disponibles en quantité limitée et il n'y en aura pas pour tout le monde. Seuls les plus rapides seront servis !
Et un grand merci à l'équipe d'Ephélide pour tout ces cadeaux !!!

lundi 14 décembre 2009

Pete Yorn & Scarlett Johansson : « Break Up »


Les actrices qui décident de se lancer dans la chanson ne laissent pas forcément des disques impérissables. Le cas de Scarlett Johansson (Lost in Translation) est différent, elle a trouvé en Pete Yorn, un compositeur fin et élégant, un musicien pop assez sous-estimé. Leur collaboration a donné naissance à « Break up », une courte, mais charmante, collection de 9 chansons. Deux termes suffisent pour définir cet opus : pop et acoustique. Beaucoup de guitares pedal steel, slide et folk, du banjo, une petite note roots qui achève de rendre le disque irrésistible. La voix de Scarlett Johansson étonne. Parfois légèrement gutturale, à la Amy Winehouse, parfois douce. La belle a visiblement un registre assez large et beaucoup de possibilités. Et se complète très bien avec celle de Yorn, le disque est chanté en duo. Il ne manquait plus que l’essentiel, les chansons. Et Yorn a assuré avec sa classe habituelle, le single « Relator » en tête. Le disque est suffisamment bref pour éviter de tomber dans l’ennui, les perles s’enfilent naturellement. Notons la, très belle, reprise du « I am the Cosmos » du regretté Chris Bell (ex-Big Star), l’un des mentor de Mister Yorn. A l’image de sa pochette, voilà un album, frais, chaleureux et ensoleillé. De quoi combler le besoin de lumière qui se fait cruellement sentir en ce moment. Il serait dommage que cette collaboration se termine en « break up »…
http://www.peteyorn.com/
www.myspace.com/peteyorn
www.myspace.com/scarlettalbum


dimanche 13 décembre 2009

Power Solo


Découvert en première partie des Bellrays il y a quelques années, le trio Power Solo, avait délivré une performance furieuse, du genre à vous traumatiser les oreilles (comme quoi il est important de sortir couvert) mais également propre à vous faire fondre. Et puis plus rien… Oublié Power Solo, peut-être même rangé des voitures (où en l’espèce des guitares), va savoir… Impossible de trouver la moindre info, un myspace, un site internet quelque chose. RIEN ! Assez improbable à notre époque, tout de même. Et miracle, il y a quelques semaines alors que je déambulais, entre midi et deux, dans les allées d’une horrible « grande surface culturelle » je tombe sur l’album. Je suis quand même pris d’un doute mais un coup d’œil sur la quatrième de couverture me rassure aussitôt, c’est bien eux, le chanteur Kim Kix ressemble comme deux gouttes d’eau à mon pote Steph ! Et bien que l’album date de 2006, il me plaît suffisamment pour que je décide aujourd’hui de vous en toucher deux mots. Dans mon souvenir, en live, Power Solo pratiquait un mélange rock n'roll, punk et garage assez sauvage. Heureuse surprise, l’album, beaucoup plus nuancé, n’en est que meilleur. Au programme du blues, de la country (Mr Marsman) mais aussi du rock (Action) et de la pop sous l’influence des merveilleuse sixties et d’un orgue Hammond chaleureux (« Think about it », «Rockin 8 », « White Chocklet » ). Le blues bien nommée « Aloha New York » puise à la source de la guitare hawaiienne. Power Solo nous gratifie même d’un titre dans notre langue, « Dans les rues de Paris » où Kim Kix chante dans un français parfait (et cite Jacques Dutronc). C’est assez surprenant, je n’ai pas de souvenir d’eux pratiquant la langue de Molière. En même temps, ce titre souligne en creux une des faiblesses de l’Hexagone et il est quand même malheureux qu’il faille un groupe américain pour nous prouver que le français peut très bien être rock n’roll. Bref, passons, si vous arrivez à le trouver, vous passerez un bon petit moment en compagnie de ce disque roots et sympa.

samedi 12 décembre 2009

Richard Hawley : Truelove’s Gutter


Deux ans après un album en demi-teinte, « Lady’s Bridge », c’est un Richard Hawley régénéré et en grande forme qui nous revient avec un nouveau disque, son sixième, l’impressionnant « Truelove’s Gutter ». C’est un fait acquis, Hawley n’a jamais été un boute-en-train. Assez sombre ce nouvel opus ne fait qu’accentuer cette image. Lentes et hiératiques, les huit compositions de ce nouveau cd reposent sur des nappes synthétiques sur lesquelles se greffent des arpèges de guitare acoustique. Les chansons sont assez longues et dégagent un magnétisme assez étrange, hypnotique. On ressort de la chose assez éberlué comme après un doux rêve, quand l’être aimé vous chuchote dans le creux de l’oreille. Les batteries sont très légères voire complètement absentes. On est quelque part entre Nick Drake (l’héritage folk) et Roy Orbison (cf. la pochette) pour les voix. Doté d’une belle voix de gorge, Hawley est un stentor. Et un crooner. Sa voix traînante nous conte de tristes amours déçus et nous promet des histoires de caniveau. Mais c’est pourtant bien au chaud, dans notre cœur, que l’on a envie de garder ce disque, tout indiqué pour une écoute solitaire et nocturne. Et c’est bien, la nuit commence tôt en ce moment.
www.richardhawley.co.uk
www.myspace.com/richardhawley



La Session live: Richard Hawley
envoyé par liberation. - Regardez la dernière sélection musicale.

dimanche 6 décembre 2009

Traces

Originaire de Montréal, la compagnie Traces déboule en France avec un show spectaculaire et pluridisciplinaire, basé sur les arts du cirque, mélangeant acrobatie et musique. Emotions fortes en perspective à découvrir lors de leur tournée française du 8 au 12 décembre à Mulhouse (La Filature) et du 15 décembre au 3 janvier 2009 (pauses les 21 et 28 décembre) à Paris (Le Casino de Paris). Pour découvrir des extraits vidéo, cliquez ici.
www.7doigts.com

Gospel Dream, Eglise Saint-Christophe, Créteil, 6 décembre 2009.


Un dimanche après-midi à l’Eglise. Je dois bien avouer que cela fait bien longtemps que cela ne m’était pas arrivé, honte à moi ! Après avoir assisté, il y a quelques années, à un office un dimanche matin dans une Eglise d’Harlem, je m’étais déjà fait la réflexion que si on avait la même chose en France, j’irais plus souvent à l’Eglise. Et donc, pour une fois que la chorale vient par chez moi, j’ai tenu parole ! Ils sont donc quinze : quatorze choristes et un saxophone. Cette troupe a de la gorge ! Et une bien belle collection de voix, en majorité féminines et seulement quatre hommes. Gospel Dream chante avec un enthousiasme communicatif, on tape dans ses mains, on balance les bras en l’air et on reprend Alléluia en chœur. Avec en plus quelques chorégraphies le long des travées de l’Eglise (qui date du XII ème siècle). La religion swingue en ce dimanche après-midi. Entre deux sermons, l’occasion de réentendre « We shall overcome » et « When the saints go marchin’in » entres autres classiques revisités ensuite par la soul music. Malgré le manque de moyens, le piano, les boîtes à rythmes et l’orgue sont enregistrés sur bande jouée en play-back, on passe un moment agréable qui respire la joie de vivre.
http://www.gospeldream.com/

Woodstock 40 ans : Richie Havens + The Young Gods, La Cité de La Musique, 5 décembre 2009.


On n’en finit plus de fêter les 40 ans de Woodstock, et il faut se dépêcher d’ailleurs, dans trois semaines c’est foutu ! C’est donc à la Cité de La Musique, à deux pas du Zénith, que l’on a donc rendez-vous en ce samedi soir pour ledit anniversaire, avec un programme assez original.

En première partie on commence par un set acoustique de Richie Havens, une légende authentique rescapée du festival original. Accompagné de son guitariste Walter Parks, équipé d’une belle guitare demi-caisse rouge, ce dernier nous a régalé pendant un peu plus d’une heure d’un très beau mélange entre folk et soul. Ce set a commencé par un long, voire interminable, monologue de Richie racontant sa rencontre avec Bob Dylan, avant d’enchaîner sur un « All along the watchtower » repris du maître. La rythmique assurée à la guitare folk par Havens, est percutante et Parks ajoute son phrasé jazzy joué à la guitare électrique mais avec un son clair. La voix d’Havens est assez particulière et reconnaissable son timbre est chaud et humain, touchant voire poignant et il se dégage comme une sorte fièvre chaleureuse de ses cordes vocales. Parfois les deux compères passent en mode totalement acoustique avec deux guitares folk. Bien évidemment Havens a joué « Freedom », titre qui l’a fait connaître au monde entier quand, à court de compositions, il s’est mis à l’improviser sur la scène de Woodstock et qui deviendra par la suite son grand tube. Le concert s’est achevé avec un medley « Maggie’s Farm » / « Won’t get fooled again », assez étonnante cette reprise acoustique des Who complètement à l’opposé de l’original, très électrique. C’est hélas déjà fini, Havens est resté un peu plus d’une heure sur scène, et la suite du programme s’annonce assez chargée. C’était en tout cas très beau.
The Young Gods Play Woodstock, 1h30 of peace & music

La soirée s’est continuée avec un, assez déroutant, ciné-concert autour du film « Woodstock » assuré par les Young Gods. Pour ceux qui ne sont pas familier du concept, le ciné-concert est un hybride entre cinéma et musique. On prend un film, muet en général, dont on ne garde que les images et la musique est assurée par un groupe en live. En l’occurrence les Young Gods, groupe Suisse des années 80 et pionnier de l’électro-rock. Un choix étonnant ce groupe étant à l’opposé de l’imaginaire hippie de Woodstock, mais c’est justement de ce contraste que naîtra l’intérêt de la chose. Le film est diffusé sur un écran géant au dessus de la scène sur laquelle se trouve le groupe. On est à la limite de l’expérience sensorielle entre son et image. Richie Havens est revenu sur scène interpréter « Freedom » et c’est étonnant de le voir en vrai et sur l’écran, avec quarante de moins, la barbe moins blanche et des cheveux en plus, en même temps. L’autre grand moment a été le passage avec Santana avec un tour de force d’anthologie du batteur. Par contre à d’autres moments, le mix électro live, est complètement en décalage avec les images ou se bousculent pêle-mêle Stephen Stills, Alvin Lee et Janis Joplin. Certaines pistes sonores du film ont été gardées et sont mixés à la musique live, on voit ainsi la guitare d’Hendrix samplée puis rejouée au clavier. Les reprises sont méconnaissables : « See Me, Feel Me » (The Who), « If 6 was 9 », « Purple Haze » (Jimi Hendrix) où « The End » (The Doors qui n’étaient pas à Woodstock). Assez bizarre ce saut entre générations…

mercredi 2 décembre 2009

Yodelice, La Cigale, 1er décembre 2009.




Au lieu des sempiternelles playlists d’avant concert, le trio Yodelice (voir mon post du 9 août 2009) a choisi de diffuser une bande son de bruitages nocturnes. On est de suite plongé dans une drôle d’ambiance. La salle baigne dans l’obscurité quand le concert commence. Deux spots de lumière blanche, aveuglante, placés à l’arrière de la scène balayent la salle de gauche à droite, un peu comme des phares à l’approche du port. Les musiciens n’apparaissent que par intermittence en ombres chinoises. Sur le deuxième titre on les voit un petit peu mieux, bien que le chanteur/guitariste, coiffé d’un chapeau melon, est éclairé d’une façon telle que l’on ne distingue que ses membres, Mesdames, Messieurs, ce soir l’homme invisible est en concert ! Voici en tout cas un groupe qui préfère être écouté que vu. Ce n’est qu’à partir du troisième morceau que les musiciens –alors qu’ils sont lancés et à l’aise ?- apparaissent en pleine lumière. Laquelle lumière est magnifique. Baignés dans des couleurs primaires, rouge, vert où bleu, parfois magnifiés par des fumigènes et quelques autres effets visuels, ce concert se regarde autant qu’il s’écoute. D’autres lumières évoquent un soleil désertique (ambiance western) ce qui va à ravir à la musique. Deux sculptures en forme d’arbres morts (auxquelles sons suspendues les guitares) et quelques tapis persans constituent le décor de la scène. C’est un peu reculé que l’on profite le mieux du spectacle, on s’extasie un peu comme devant un tableau. Les musiciens sont trois : un violoncelle (qui fait office aussi parfois de contrebasse), Maxime le chanteur/guitariste qui joue aussi d’une grosse caisse, placée derrière lui, avec son talon et un enfin un deuxième guitariste qui, lorsqu’il délaisse la six cordes, joue des cymbales, de la caisse claire et du tome basse. C’est assez étonnant de séparer la batterie en deux comme cela. Il y a bien un rythme derrière mais il tient plus de la pulsation, qui porte l’ensemble. Le jeu de guitare incisif, aussi bien en électrique (belle demi-caisse noire et jaune) qu’en acoustique (étonnante guitare en forme de tête de mort) nous rappelle l’ancrage rock n’roll de la chose. On peut d’ailleurs noter quelques petits clins d’oeils à Led Zeppelin et à Jimi Hendrix. Le violoncelle apporte une note mélancolique, on dirait The Auteurs, seul groupe de rock à avoir joué la carte du violoncelle à ma connaissance. Un harmonica additionnel donne l’indispensable note bleue. Beaucoup de nouveaux titres on été joués, un nouvel album serait-il dans les cartons ? C’est en tout cas avec plaisir que l’on s’est plongé dans l’atmosphère si particulière de ce groupe à part…
www.myspace.com/yodelice




lundi 30 novembre 2009

Avishai Cohen, l’Alhambra, 25 novembre 2009.


Nouvelle escale parisienne pour le jazzman Avishai Cohen (voir mon message du 24 juin 2009) qui se présente avec un groupe au grand complet, soit cinq musiciens : guitare, piano, percussions, une chanteuse et Cohen au chant et à la contrebasse. A l’image de son passage précédent on se retrouve immédiatement embarqué pour un beau voyage sur les rives de la mer Méditerranée, dans un pays où il fait toujours chaud et où le soleil est à son zénith. Les percussions orientales, la guitare arabe, le chant tantôt en hébreu, tantôt en espagnol et parfois en latino -cette langue ancienne tombée en désuétude et mélange suranné d’hébreu et d’espagnol- tout confère à donner au jazz d’Avishai Cohen, une saveur exotique, une chaleur poussiéreuse. Il y a, intrinsèquement, quelque chose de profondément méditerranéen qui se dégage de cette musique. Le concert se déroule dans une sorte d’opposition/dialogue entre les instruments. Les percussions (impressionnantes) répondent à la contrebasse. Le piano lutte contre la guitare. Les échanges sont parfois profonds, comme en témoignent les regards complices et les clins d’œil des musiciens entre eux. Le dialogue est tendu, l’auditeur transporté très très loin. Et puis il y a les voix celle, profonde, éraillée et de gorge d’Avishai (on pense à Tom Waits) et les contre-chants féminins éthérés et aériens (un peu trop effacés à mon goût). Parfois, Cohen interprète sa musique seul à la contrebasse, chantant et jouant des percussions à même la caisse de son instrument. Pas avare avec le public, l’orchestre reviendra par trois fois sur scène pour les rappels sous les ovations d’un public qui, bien que repu, ne peut les laisser partir. Et l’on ressortira de l’Alhambra, après plus de deux heures intenses, un peu étourdi, comme après une traversée du désert.
www.avishaimusic.com


dimanche 29 novembre 2009

Seasick Steve, Le Trabendo, 23 novembre 2009.


Si sur son dernier disque Seasick Steve à tendance à faire preuve d’un certain recul et à faire montre de sérénité, sur scène, notre homme au mal de mer sort les griffes et pratique un blues électrique et enlevé aussi féroce qu’addictif. Arrivé sur scène avec dans une main sa guitare et dans l’autre une bouteille de vin (qu’il aura l’outrecuidance de nous faire croire qu’elle venait d’Espagne), Steve, au look de bûcheron fatigué, prend place sur une vieille chaise en bois accompagné de son batteur Dan. Dès les premières notes de « Cheap » la magie opère et une sorte de transe prend possession des musiciens et du public, j’ai à ce propos, retrouvé le hurleur qui m’avait déjà cassé les oreilles lors du précédent concert à la Maroquinerie en février dernier. Steve a également élargi sa collection de guitares toutes plus pourries les unes que les autres et il est d’ailleurs assez rare qu’elles disposent toutes des six cordes réglementaires (mention spéciale à celle fabriquée à partir d’une boîte de cigares). Quant au batteur Dan, il est plutôt en forme, sa crinière blanche se balance d’avant en arrière entre les cymbales. Passons maintenant à la séquence émotion de la soirée. « I need a girl » clame Seasick Steve. Une petite brunette, plutôt mignonne, s’en vient du public et prend place à côté de Steve qui se fait prévenant : « Ne t’inquiètes pas je vais juste chanter une chanson ». « Walking man » en l’occurrence. La nénette n’a pas l’air très rassurée et est toute rouge de confusion. Dan bat calmement la mesure à poings nus, un peu comme on jouerait du djembé. Arpèges de guitare acoustique délicats, beau moment d’émotion partagée. « Chiggers », nommée d’après une maudite mauvaise puce du sud des Etats-Unis, a été le théâtre d’une explication sur les méfaits de ladite puce. Pour « Diddley Bo » Steve a sorti le plus improbable des instruments, un diddley bo de récupération composé d’une planche de bois, une seule corde et agrémentée d’une poignée de porte (Chevrolet 75) et d’une boite de conserve concassée. Quand les moyens manquent, l’imagination et la débrouille prennent le pouvoir. Arrive alors la jeune Amy Lavere venue chanter en duo la délicate « I’m so lonesome i could cry » la reprise d’Hank Williams et les choses sérieuses commencent puisque les musiciens carburent désormais au Jack Daniel’s. Parfois la musique s’arrête et Steve prend le temps de nous parler de sa vie, de son histoire. En dehors de son talent de musicien il est également un exceptionnel storyteller. Le temps d’un dernier tour de la fosse, au milieu du public, guitare en mains et c’est fini. Ainsi s’achève cette belle prestation de Seasick Steve, révélation blues de cette année 2009, inconnue dans nos contrées il y a encore un an.

samedi 28 novembre 2009

Black Joe Lewis & The Honeybears, Le Nouveau Casino, 22 novembre 2009.


Ouh là là, ça dépote !!! Venus de leur bonne ville d’Austin, Texas, Black Joe Lewis (cf mes posts des 7 avril et 2 novembre 2009) et son groupe, les Honeybears, ont débarqué au nouveau casino pour leur première visite française. Un constat s’impose d’emblée, la soul music telle qu’elle pratiquée par Mister Lewis, suinte, sent la sueur et est aussi moite que leur sud natal. Comme on pouvait l’imaginer à l’écoute du disque leur musique est aussi fortement imprégnée de blues mais aussi de rock garage. Contrairement à Eli « Paperboy » Reed ou au classieux James Hunter, les guitares de Lewis, que l’on a également pu écouter à l’harmonica, sont grasses et les deux guitaristes n’ont pas peur du gros son. On pense aux BellRays, sans chanteuse mais avec trois cuivres. Sur un titre comme « I’m broke » la formule marche à merveille d’autant que Black Joe « Shout » aussi le blues très bien. Agrémenté de plusieurs reprises Black Joe Lewis a joué un set assez long, trop long même, la belle énergie du début s’étant délitée au fil de la soirée. Le groupe est alors retombé dans une espèce de mécanique répétitive avant de finir dans un chaos total. Le bassiste a même carrément pété les plombs, envoyant de grosses patates désordonnées qui agressent les oreilles et finit par jongler avec sa basse. Alternant le très bon avec le n’importe quoi le groupe a délivré un set à l’image de son album, survolté et intriguant, confirmant son image d’espoir qui manque cruellement de maturité. Gardons la foi, cela va venir…
http://www.blackjoelewis.com/
www.myspace.com/blackjoelewis

samedi 21 novembre 2009

Tennisoap, Le Grand Palais, 20 novembre 2009.


Le Grand Palais, petite merveille architecturale avec une immense verrière en guise de toit, accueille ce week-end un évènement autour du skateur Tony Hawke, auquel le groupe Tennisoap a été invité. Drôle d’ambiance. Le groupe est perché sur une scène, à plusieurs mètres de hauteur, au dessus d’un wagon SNCF et surplombant plusieurs rampes de skate. Le groupe est loin du maigre public rassemblé sur une petite estrade. L’horaire inhabituel, entre 13 et 14 heures un vendredi en semaine, n’aide pas non plus. Alors évidemment dans un tel contexte, le concert, qui d’ailleurs ressemble plus à une répétition, de Tennisoap passe un peu inaperçu et, dans tous les cas, accessoire. La connexion avec le public est nulle (et ce n’est certainement pas la faute du groupe qui fait ce qu’il peut) qui est loin. Le silence entre les morceaux est parfois pesant et est à peine comblé par le bruit des skateurs qui se vautrent la gueule les uns après les autres (on n’y pense pas mais c’est super bruyant une rampe de skate). Ironie de la chose, pendant le set l’écran géant à côté diffuse des images de skate tournées dans ma bonne vieille banlieue de Créteil sur la place devant la mairie. Et pendant ce temps là Tennisoap joue, et plutôt bien, un set rentre-dedans et énervé, dans l’esprit skate quoi. En tout cas, là bas, dans leur coin, ils ont l’air de bien s’amuser entre eux avec leurs Telecasters. Et pourtant c’était loin d’être gagné car si le Grand Palais offre un cadre de rêve, l’endroit est loin d’être adapté pour la musique. La hauteur sous plafond est immense, il y a beaucoup de réverbérations et de résonances. Les gars m’expliqueront après qu’ici une note met six secondes à faire le tour de la salle, ce qui est énorme ramené à la durée d’une chanson. Sonoriser un endroit pareil, c’est un cauchemar. Cependant même si c’est loin d’être idéal, ce n’est pas la catastrophe non plus. Disons que l’on a déjà entendu pire. Sentiments mitigés donc mais on a quand même eu la confirmation du potentiel scènique du groupe que l’on pourra beaucoup mieux juger lors de leur passage à l’international en février prochain.
www.myspace.com/tennisoap

vendredi 20 novembre 2009

Big Brother and the Holding Company, New Morning, 19 novembre 2009.



Toujours ensemble, le guitariste Sam Andrews, le bassiste débonnaire Peter Albin et le batteur Dave Getz poursuivent la route commencée il y a bien longtemps, à la fin des années 60 avec la chanteuse irremplaçable Janis Joplin. Manque également à l’appel le guitariste James Gurley remplacée par un petit jeune, excellent, qui cherche, lui, à réveiller le fantôme de Jimi Hendrix. Tout ceci n’est pas sans provoquer quelques situations cocasses, quand je suis allé retirer mes places à la fnac, le vendeur, très compétent, m’a tendu les billets en me disant : « et voilà vos deux places pour le concert de Janis Joplin ». Véridique. Faut-il en rire ou en pleurer ?


Le début du concert procure une étrange sensation. Depuis des années on écoute Janis et Big Brother en pensant que jamais on aura la chance de vivre cette expérience en live (j’avais déjà ressenti ça il y a quelques années à un concert du MC5). Et là on y est presque. Janis n’est évidemment plus là mais sa remplaçante ne manque pas de mérite. Ca en devient troublant, le grain de la voix est exactement le même, le chant identique et le look copié. Et la dame met dans ses vocaux autant de passion que son modèle, c’est flagrant sur « Mercedes Benz ». Du coup, dès le premier titre « Down on me » on y est presque, là-bas, au loin, quelque part entre San Francisco et Woodstock. C’est vraiment étrange d’entendre en live pour la première fois « Summertime », « I need a man to love » (plus funky que l’originale », « Turtle Blues » (ma préférée, mon péché mignon) et les autres… La taille humaine de la salle, le public un peu clairsemé et le français, très correct, de Sam Andrews, a contribué a créer une réelle connivence entre le groupe et le public. Comme le disait Sam Andrews : « C’est un rêve devenu réalité pour nous de jouer en France pour la première fois ». Et bien, pour moi et pour les autres spectateurs présents aussi j’imagine, c’était un rêve devenu réalité de les voir en live pour la première fois. Une soirée magique…
http://www.bbhc.com/
Et un grand merci à Xav' pour les jolies photos !

jeudi 19 novembre 2009

Raul Midon, La Cigale, 16 novembre 2009


Il est gentil Raul Midon. Avant même le début du concert, il s’excuse auprès du public pour ses quelques petits problèmes de voix qui l’empêchent de chanter normalement et l’obligent à tenter des choses différentes. Qu’il soit rassuré Raul, on n’entendra pas la différence. Livré à lui-même, seul avec sa guitare acoustique, sur la magnifique scène de la Cigale Raul Midon a livré une performance qui confine à la magie onirique grâce à la beauté du lieu et au superbe light-show. De belles lumières colorées qui mettent dans l’ambiance. Problème de voix ou pas, Raul reste un superbe chanteur au timbre doux et fort à la fois. Ce concert permet aussi de mieux réaliser quel excellent guitariste il est. Jouant sans médiator, il effleure les cordes dans des arpèges délicats, tirant de l’instrument des harmoniques invraisemblables, avant de frapper ses cordes transformant la guitare folk en instrument de percussion. Ses mains dévalent le manche avec dextérité passant d’une gamme à l’autre et même si personnellement je trouve qu’il se perd un peu en route et coupe trop les cheveux en quatre, c’est quand même incroyable. Le public ne reste pas insensible à tant de beauté éthérée et lui réserve une chaude ovation. Le plus beau moment sera certainement « sunshine » où la foule reprend en chœur le refrain lui donnant un tour très émouvant. Equipé de petites percussions, Midon réussi la prouesse de jouer des deux instruments en même temps, une main pour la guitare, l’autre pour les percus, et prouve qu’il n’a besoin de personne pour groover. Le set reprend de larges extraits du premier album, superbe version de « State of mind » et du dernier opus « Synthesis ». Malheureusement du deuxième album seule « Ain’t it happened yet » sera jouée. Dommage, j’aurai bien aimer écouter « Pick somebody up ». Enfin un concert de Raul Midon ne serait pas complet sans ses fameuses imitations de la trompette, plus vraies que nature, dont il gratifiera le public ici et là. Et on a même eu droit à un petit cours de reggae très instructif avec démonstrations à la guitare à la clef. Très belle soirée.