lundi 24 juin 2024

Olivier Rocabois + Bastien Devilles, Café de la Danse, 23 juin 2024.



Il y a des soirées comme ça, assez rares toutefois, où les planètes s’alignent, où le spectateur se retrouve propulsé dans une autre dimension. Rares sont les artistes pouvant accomplir l’exploit et il y a fort à parier que tous ceux qui ont eu la chance d’être au Café de la Danse en ce 23 juin 2024 s’en souviennent longtemps. Préambule indispensable, la programmation est particulièrement bien pensée ce soir, un petit coup de pouce du destin a évité les conflits d’agenda, pour nous présenter une soirée pop de très haute tenue.

Commençons par Bastien Devilles (Sébastien Souchois de son vrai nom), que l’on découvre à l’occasion, à qui revient la tâche d’ouvrir les agapes. Ce dernier, chanteur multi-instrumentiste, débute le set au piano entouré d’une formation de grande ampleur. La présence d’un sublime quatuor à cordes place le curseur de l’exigence musicale assez haut. Il est question ici de classe, d’élégance et de subtilité musicale. Un raffinement contrastant par la présence d’une batterie (jouée par Guillaume Glain) distillant un groove insidieux et d’une basse ronde (tenue par Lucas Valero) que l’on jurerait échappée des années 1960. Une marche supplémentaire est encore franchie lorsque Bastien s’empare du saxophone bariton ajoutant une note jazzy au somptueux cocktail. Une guitare éparse sur quelques titres complète le séduisant tableau.

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Nous parlions juste auparavant de raffinement et il semble qu’Olivier Rocabois, tout auréolé du succès critique de son magnifique nouvel effort, soit décidé à franchir un nouveau cap. Les petits plats sont ainsi mis dans les grands et outre ses excellents accompagnateurs habituels, de nouvelles têtes font leur apparition. Le même quatuor à cordes joue les prolongations, un vibraphone et même un sitar (joué par Martin Kubasik, le bassiste de Lost Solar Dust) font leur apparition. Mais le plus étonnant reste de voir Olivier Rocabois aussi serein. Une sérénité nouvelle, assez inhabituelle, qui pousse le chanteur à prendre des risques, comme pousser sa voix au-delà du lyrisme ou à tenir la scène en solo intégral (au piano ou à la guitare folk) pendant un intermède assez long. Après des années de doute, de questionnements et de tâtonnements, Olivier, arrivé à l’après-midi de son existence, semble avoir enfin trouvé sa voix. Celle d’une pop, aux ravissantes effluves psychédéliques sixties, tenant autant de la Grande-Bretagne que de la France, on pense à Gainsbourg, Polnareff ou aux bandes-originales de François de Roubaix, une pléthore de références prestigieuses auxquelles Olivier fait honneur. Tout est parfaitement restitué sur scène le temps d’un moment suspendu, hors du temps. De loin le meilleur concert d’Olivier auquel nous avons assisté.

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dimanche 23 juin 2024

Tribute to Calvin Russell

 


Comme tant d’autres, c’est en Europe, plus particulièrement en France, que le regretté Calvin Russell a trouvé un refuge pour sa musique, un fameux quatre-quarts terrien respectant à la lettre les quantités : un quart de blues, un quart de country, un quart de folk et un dernier quart de rock’n’roll. Auteur d’une grosse dizaine d’album qui ont su conquérir le cœur des fans d’americana d’ici, Calvin Russell s’est éteint des suites d’une longue maladie en 2011. Avant cela, le Texan avait eu le temps de sortir un dernier album « Dawg eat dawg » (2009) sur le label XIII Bis (également disparu corps et biens depuis), la maladie de Calvin révélée peu après la sortie du disque aura empêché ce dernier de le défendre sur scène, en compagnie de Manu Lanvin. C’est ce même Manu Lanvin que l’on retrouve aujourd’hui à la manœuvre sur ce disque hommage. Il s’en explique dans le dossier de presse, tous deux dans le creux de la vague en 2009 cet album leur avait permis de se relancer, une solide amitié à la clé. Un Manu omniprésent comme artiste solo (« Wild wild west »), comme accompagnateur (« Ain’t leaving your love » avec Haylen ; « 5m2 » en compagnie de son père Gérard comme sur l’originale extraite de « Dawg eat dawg ») ou comme guitariste sur la quasi-totalité des titres. De très haute tenue musicale, réservant de nombreux moments très émouvants, l’album dispose d’un casting hétéroclite, impossible de les citer tous, des nouveaux venus s’acquittant parfaitement de la tâche (Théo Charaf qui retrouve beaucoup de son parcours personnel dans « Nothin’ can save me »), d’autres exilés venus d’Angleterre (Hugh Coltman) ou des Etats-Unis (Neal Black ou Beverly Jo Scott par deux fois). Un absent de marque toutefois, Paul Personne qui a souvent croisé ses six cordes avec celles de Calvin (les chanceux qui en ont été témoins sur scène s’en souviennent!). Mais le plus émouvant reste de retrouver la voix granuleuse de Calvin, planquée entre les titres, sur des extraits d’interviews ponctuant l’album. De quoi faire de ce disque un objet que l’on va chérir longtemps.

Concerts hommage le 30 juin (Bronx festival 69), 5 juillet (Cognac Blues Passion) et 19 juillet (Le Havre (Nuits Suspendues).






vendredi 21 juin 2024

Chris Isaak, le 16 juillet à la Salle Pleyel

 


Ca se passera le 16 juillet à la Salle Pleyel et il ne faudra pas le louper, quelques jours avant de basculer dans les JO, pendant laquelle l'offre culturelle sera forcément réduite, Chris Isaak, le crooner star des années 80 sera sur scène !

Réservations cliquez ici




Mavis Staples + Jon Muq, Casino de Paris, 18 juin 2024

 


Commençons par partager notre enthousiasme pour Jon Muq, le songwriter qui assure la première partie du concert du soir. Seul avec sa guitare folk, Jon raconte en chansons son destin hors du commun, né en Ouganda avant de migrer à Austin (Texas) et d’enregistrer son premier album, qui vient de sortir, sous les fourches caudines de Dan Auerbach. Doté d’un joli grain de voix et d’une technique assurée à la guitare, Jon Muq déborde d’humanisme et se révèle assez touchant ponctuant régulièrement son set d’un « hope you guys enjoyin’ » d’une candeur confondante. Le chanteur a aussi une manière assez atypique de finir ses chansons sur une note en l’air, laissant planer l’émotion au-dessus de la foule. Un très beau moment en compagnie de ce jeune chanteur prometteur.

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A quelques jours de fêter son 85ème anniversaire (en juillet), Mavis Staples se présente sur la scène du Casino de Paris en pleine forme et entourée d’une formation relativement réduite : un trio guitare, basse, batterie agrémenté d’un duo de choristes. La prédominance de la guitare entraîne la musique sur un terrain blues, quasiment rock par moment, au gré des fulgurances électriques. Lesdites influences électriques se greffent avec bonheur aux classiques soul et gospel qui ont fait la réputation de la chanteuse. La voix de la chanteuse ne souffre pas du passage des années et gagne une patine supplémentaire exprimant le vécu, le tout se révèle particulièrement émouvant. Le répertoire solide, composé de classiques et de reprises, est à lui seul l’assurance d’un très bon moment de musique live. Évidemment, compte-tenu de son age, personne ne s’attendait à voir la chanteuse faire la nouba toute la nuit. Sans surprise, c’est après une grosse heure de concert que la soirée s’est achevée, assez abruptement, sans rappel. Mais entre-temps le spectateur chanceux à pu voyager dans le temps en compagnie de cette légende de la soul music au parcours exceptionnel. Un moment privilégié.

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dimanche 16 juin 2024

Parlor Snakes, Petit Bain, 13 juin 2024.

C’est sur la scène du Petit Bain que les Parlor Snakes ont fêté la sortie de « Cut Shadows », leur quatrième album. La nouvelle orientation musicale du groupe, avec un son plus froid, sombre, laissant une place plus importante aux synthés, inscrivant le groupe dans une mouvance cold wave héritée des années 1980, n’a en rien changé l’énergie rock’n’roll, électrique, qui habite le groupe dès qu’il met un pied sur scène. Magnétique, la chanteuse Eugénie Alquezar dégage une belle énergie au service du rock’n’roll qu’elle incarne avec une subtilité reptilienne, bougeant au rythme de la musique. Stoïque derrière sa guitare, Peter envoûte du son de sa guitare aux dissonances, vibrato en mains, digne de My Bloody Valentine. Enfin, l’excellente section rythmique imprime cette énergie brute de décoffrage nécessaire pour lancer le quatuor sur les rails du rock’n’roll à grande vitesse. Hell of a ride !

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Phanee de Pool + Romano Bianchi, l’Archipel, 12 juin 2024.

Une soirée suisse à l’Archipel ! On débute avec le jeune et sympathique Romano Bianchi, venu spécialement de Genève, pour assurer la première partie. Seul avec sa guitare électrique demi-caisse, son clair, Romano égrène ses chansons, chantées en français, avec un soupçon d’americana en sous-texte, dans les harmonies, voire un peu de blues dans le premier titre. Hélas, en 20 minutes chrono, la prestation de Romano est passée à la vitesse de l’éclair…

https://lepopclubrecords.bandcamp.com/album/pcr053-fringale-lp

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Dans un genre nettement moins classique et complètement déjanté, place ensuite à Phanee de Pool qui termine en fanfare une longue résidence à l’Archipel, débutée à l’automne dernier, soit huit concerts. Seule sur scène avec sa guitare, qu’elle n’utilise pas systématiquement, et bon nombre de machines et autres gadgets, Phanee a décidé de se démultiplier pour compenser l’absence de son groupe. Dans son décor high-tech, trois écrans placés à la verticale, ornent le fond de la scène, Phanee déborde d’énergie, crie à plein poumon son enthousiasme et visite régulièrement le public sagement assis. Forte de son sens de l’humour le concert tient plutôt du spectacle mis en scène ou musique alterne avec de petits sketchs pour introduire les chansons. C’est ainsi que la chanteuse crée une réelle proximité avec le public, qu’elle met dans sa poche en un rien de temps. Mais il ne faut pas s’y fier derrière l’espièglerie affichée se cache une réelle profondeur sur les maux de l’époque (le téléphone, les SDF…) Des sujets graves traités avec légèreté et une émotion bien planquée derrière un humour déjanté. Un véritable univers en soi…

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samedi 15 juin 2024

Sarah McCoy + Michelle David, Cabaret Sauvage, 11 juin 2024.





Superbe affiche pour cette première soirée du Festival d’Été, dans le cadre champêtre du chapiteau du Cabaret Sauvage, réunissant deux chanteuses qui ont la particularité d’être américaines de naissance, exilées en Europe depuis quelques années.

Commençons par la chanteuse/pianiste Sarah McCoy qui a fait une entrée spectaculaire, à cappella, au milieu de la fosse quasiment vide, chantant à plein poumon, sans micro donc, écrasant tout le monde de sa voix spectaculaire. C’était juste un aperçu de son immense talent de chanteuse, resté intact. Car pour tout le reste, tout est différent. Nous l’avions découvert sur la scène de La Maroquinerie, il y a quelques années, dans le cadre de l’excellent festival des Nuits de l’Alligator. A l’époque, Sarah débarquait de La Nouvelle-Orléans, ville dont la tradition musicale imprégnait fortement sa musique que l’on décrivait comme un croisement entre Janis Joplin et Dr John. Autant de références aujourd’hui totalement obsolètes tant sa proposition musicale a évolué depuis son installation en France. Sarah se produit dorénavant en trio accompagné par un bassiste et une batterie électronique. Autant d’éléments qui font maintenant pencher la balance vers l’électro tendance assez dark. Son talent blues et jazz n’apparaît plus que par intermittence entre deux beats électro. Sarah a par ailleurs tendance à trop parler entre les morceaux, de sa mère, de sa dépression, plombant l’ambiance et mettant mal à l’aise le public. Si on ne peut que se réjouir de sa réussite actuelle (c’est une ancienne SDF ne l’oublions pas), sa musique perd peu à peu de son âme à chaque disque. Reste son talent de pianiste et sa puissance vocale phénoménale quasiment effrayante vu du public, toujours intacts. Certains spectateurs ont clairement parlé de déception après sa prestation, nous n’irons pas jusque là, même si le concert nous laisse un petit goût amer.

Place ensuite à Michelle David, une autre chanteuse américaine, qui a fait également mûrir son projet musical. Toujours composé du même duo de guitaristes/bassiste, le groupe qui accompagne Michelle David se nomme dorénavant The True Tones (anciennement The Gospel Sessions). Deux cuivres et un percussionniste s’ajoutent au batteur et font évoluer la proposition musicale vers une soul pleine de feeling et nerveuse à l’image des Dap-Kings, la formation de la regrettée Sharon Jones. Sur le plan vocal, Michelle David n’a pas grand-chose à envier à la défunte Sharon. Sur le plan musical non plus, groove, puissance vocale et bonnes vibrations sont au rendez-vous. Une réussite éclatante !

jeudi 13 juin 2024

Mavis Staples en concert le 18 juin 2024

 


La légende de la soul sera en concert le 18 juin prochain au Casino de Paris.

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lundi 10 juin 2024

Camille Bénâtre : « Dommage »

 


En intitulant son album « Dommage », le chanteur met le doigt dans le mille. Car il aurait été effectivement « dommage » de passer à côté. En plan depuis 2020, ce nouvel effort du chanteur est, à bien des égards, typique de ces albums Covid. C’est à dire, un disque solitaire, enregistré avec des instruments facilement transportables (guitare et synthé pour résumer). Loin de souffrir de cet économie de moyens, l’album au contraire brille de mille feux. Ceux d’une pop qui n’a pas oublié les mélodies (de fait l’album regorge de mélodies inoubliables « Dans ta direction » ou la chanson titre « Dommage »). En ce sens, le disque réussit le cross-over impossible, la chimère après laquelle court bon nombre de formations, celle d’une pop d’essence anglo-saxonne chantée dans la langue de Molière. L’album recycle habilement la pop anglaise des années 1960 autant qu’il se l’approprie sous la contrainte des moyens. Ni avare des boîtes à rythme, tout comme des synthés un peu cheap (« L’ombre de moi »), le cœur battant du disque reste la guitare folk, arpégée avec soin et talent (« Stupidémocratie »). Au delà de l’économie de moyen imposée, l’ombre de la pandémie plane également sur les textes. Ainsi, Camille Bénâtre brille par ces titres courts, dépassant à peine la minutes comme autant de constats désolés sur l’époque (« Dommage », « L’homme est capable de marcher sur la lune ») donnant son double sens au titre (« Dommage ») que l’on pourrait aisément conjuguer au pluriel. Ce n’est pas là le moindre des paradoxes de cet album aussi primesautier dans ses mélodies que profond dans ses mots.

https://hiddenbayrecords.bandcamp.com/album/dommage

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samedi 8 juin 2024

Tereglio + Nick Wheeldon, L’Archipel, 7 juin 2024.



L’Archipel, une des plus anciennes salles de cinéma de la capitale, propose depuis le début de l’année une programmation de concerts, assez variés, souvent à connotation folk. Quelques semaines après avoir découvert Peter Deaves dans ce même lieu, c’est avec un autre exilé anglais que nous avons rendez-vous aujourd’hui en la personne de Nick Wheeldon (de Sheffield). Ce dernier est un personnage dans notre petite scène indé parisienne, impliqué dans moult projets et groupes et également programmateur du bar musical La Pointe Lafayette. Nick Wheeldon donc se présente ce soir en solo équipé de sa seule guitare électrique hors d’âge et dont les nombreuses marques indiquent le vécu de l’instrument. La prestation du soir est pour le moins marquante et il n’est pas tout à fait certain que l’on ressorte indemne d’un tel set. Tout d’abord parce que Nick est le genre de musicien habité qui puise très loin en lui les ressources pour dégager une puissance vocale phénoménale quitte à littéralement hurler les émotions dans le micro. Il semble comme habité, sa version du folk (à la guitare électrique, son clair) est tout sauf limpide. C’est au creux des aspérités de son jeu de guitare que se dessine les mélodies. Un jeu assez aventureux, tout en dissonances. Les cordes battues assez sèchement et de grands déplacements, assez insensés, sur le manche apportent une dimension assez expérimentale aux chansons, pourtant écrites de manière classiques, et rendues sur scène à la manière d’un grand huit où les parties calmes alternent avec de brusques accélérations. L’univers de Nick est assez prenant, mélancolique, on en ressort bouleversé et hypnotisé. Un musicien fascinant.

Dans un style tout aussi prenant, Tereglio se pose également là. Dès son arrivée sur scène Nico, le chanteur et guitariste, présente son groupe comme une formation « folk neurasthénique ». Voilà de quoi poser l’ambiance. Point d’envolées primesautières ici, mais un grand voyage au cœur des émotions richement arrangé. Ils sont trois sur scène : un musicien alterne piano et trombone (ou trompette) et, installé un kit rudimentaire, le troisième larron, percussionniste joue également du piano. D’apparence plutôt calme, la musique de Tereglio se révèle surtout très intenses. En particulier lorsque le frère du chanteur, Antoine, les rejoint sur scène. On assiste alors à une sorte de confrontation contrastée entre la voix, plutôt mélodique de Nico, et le râle de gorge, assez impressionnant d’Antoine. Les regards habités des musiciens trahissent l’investissement des musiciens, pour autant de sommets d’abnégation musicale. Entre chaque titre la tension retombe et repart de plus belle dès la première note jouée. Le groupe est également rejoint par une violoniste dont les interventions renforcent la beauté mélancolique des compositions. Une excellente soirée.

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https://tereglio.bandcamp.com/

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vendredi 7 juin 2024

Elysian Fields : « What the thunder said »

 


Comme tant d’autres musiciens étasuniens, c’est dans l’hexagone que le duo formé par Oren Bloedow et la chanteuse Jennifer Charles a trouvé un terre d’accueil pour sa musique. Ainsi la deuxième moitié du groupe est composée de deux français : Olivier Perez (Garciaphone) et Matthieu Lopez (Matt Low), accompagnateurs réguliers en concert, qui ont traversé l’Atlantique pour enregistrer ce nouvel album à New York. Dès les premières notes l’auditeur retrouve le charme vénéneux distillé par le groupe depuis 1995 et douze albums. L’ambiance se veut hiératique, le tempo assez lent est dicté par le jeu de la batterie, parfois aux balais, parfois réduit à un simple battement de grosse caisse évoquant un cœur, les arpèges délicats évoquent les grands espaces et la ruralité (tout comme la pochette) ce qui est assez étonnant venant d’un groupe new-yorkais, le tout est enrobé de cordes soyeuses. Tantôt plaintive, tantôt hardie, toujours céleste, la voix de Jennifer Charles charme et envoûte quelque soit le contexte. Les coups de fièvre sont plutôt rares mais ils existent à l’instar de la merveilleuse « Must Have Meant » qui prouve que le groupe ne perd rien de son charme ni de son pouvoir d’envoûtement quand il décide de hausser (un peu) le ton. Un album d’une impeccable musicalité. Une telle longévité force le respect !

En concert le 12 juin au Café de la danse.

http://elysianmusic.com/

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jeudi 6 juin 2024

Lux The Band : "Infinite Mind"

  Lux the band sera sur la scène de l'international le 15 juin prochain, avec un tout nouveau single !



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Silver Patron Saints : The Songs of Jesse Malin




Le 18 février 2023, Jesse Malin enflammait pour la dernière fois une scène parisienne, celle de La Boule Noire. Trois mois plus tard, en mai 2023, c'était le drame. Atteint d'une rarissime attaque lésion de la moelle épinière, le sympathique songwriter s'effondrait sur le parquet d'un restaurant, dans sa ville de New York. Le chanteur est depuis lors resté paralysé cloué dans une chaise roulante. L'avenir s'annonce incertain mais Jesse Malin poursuit une rééducation accompagnée d'injections de cellules souches. Mais, surtout, il n'a pas perdu son sens de l'humour : "Je recouvre enfin un peu de forces dans mes jambes, mais ça n'avance pas aussi vite que je le voudrais. En gros, je ne suis pas prêt de faire le grand écart à la James Brown sur scène !" Le système de santé étasunien étant ce qu'il est Jesse bénéficie d'un grand élan de solidarité de la part de ses collègues musiciens. Ainsi, le 20 septembre prochain sortira un triple album vinyle de reprises intitulé "Silver Patron Saints, The Songs of Jesse Malin". La diversité des intervenants, de Rancid à Bruce Springsteen, résume à lui seul le parcours de Malin, un ancien punk reconverti au songwriting folk-rock.






Eric Bibb : « Live at the Scala Theatre Stockholm »

 


A défaut de réellement contenter les aficionados, ce nouvel album live d’Eric Bibb (le cinquième) fera parfaitement office d’introduction pour quiconque aura la chance de le découvrir par ce biais. En effet, Eric Bibb incarne, à bien des égards, la classe et l’élégance absolue ! La classe musicale : bluesman accompli, Eric est aussi un grand du folk, sa manière de caresser les cordes de sa guitare pour en tirer de soyeux arpèges fera fondre le plus dur des cœurs. Son chant charme à l’avenant de sa voix grave, profonde et mélodique. Enregistré à domicile, Stockholm où le New-Yorkais s’est exilé de longue date, et en compagnie de ses proches (dont sa fille Ulrika Bibb, également chanteuse), ce nouvel album en public laisse une large place à d’autres instruments, quatuor à cordes, kora africaine (Lamine Cissokho), pedal-steel et violon (pour la note blues ou country), mandole ou harmonica. L’ensemble forme un tout mélodique et harmonieux, apaisant à l’écoute, une véritable odysséue msicale.

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mardi 4 juin 2024

Eric McEntee : « New Moons EP »

 


Si la lune est nouvelle, la musique est un perpétuel ravissement en renouvellement constant. Ainsi, débarque ce premier EP d’un immense jeune talent. Avec pour compagne sa guitare folk, une inspiration sure et quelques arrangements à l’épreuve du temps, Eric McEntee nous offre 14 minutes hors du temps. Soit quatre titres folk impeccables, légèrement saupoudrés d’une couleur country grâce au violon, et d’un harmonica mélancolique. Avec son chant rappelant le Bob Dylan débutant, on imagine aisément notre homme Eric gratouiller ses chansons sur un trottoir de Greenwich Village ou figurer sur la bande originale de « Macadam Cowboy ». Superbe découverte !

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lundi 3 juin 2024

Olivier Rocabois : « The Afternoon of our lives »

 


Plus que le titre de son précédent album « Goes too far », aller trop loin, semble devenir le leitmotiv du musicien. Ce nouvel effort le confirme. A défaut d’aller trop loin, ce dernier va définitivement plus loin. Et on ne s’en plaindra pas ! Olivier Rocabois excelle dans un genre que l’on pensait perdu pour de bon, celui d’une pop élégante au raffinement britannique, dont les racines sont solidement ancrées dans les années 1960 ; au croisement du psychédélisme, de la musique de film et marquée par les envolées lyriques des arrangements. On y trouve nombre d’instruments nobles : grand piano Steinway (joué par le merveilleux Jan Stümke) ou un quatuor à cordes. Ce nouvel effort est un peu un Eurostar musical à lui tout seul, un truc aussi improbable que François de Roubaix arrangeant un album des Beatles. Mais la luxuriance affichée, l’euphorie dégagée par un titre aussi primesautier que « All is well when I go my merry way », ne saurait cacher la profondeur du propos. La nostalgie du temps passé et l’angoisse de celui restant, c’est un peu ce que chante l’artiste, arrivé à l’après-midi de son existence. Ainsi l’album se découpe en deux face, la première, lumineuse, enregistrée en groupe et la deuxième, plus sombre, gravée quasiment en solo. 45 révolutions autour du soleil, absolument bouleversantes.

En concert le 23 juin au Café de la Danse

https://allif.bandcamp.com/album/the-afternoon-of-our-lives-early-bird-special-offer

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samedi 1 juin 2024

Malted Milk + Little Ellen, La Maroquinerie, 31 mai 2024.

On avait déjà repéré la chanteuse suédoise, installée en France, sur la scène du festival Antirouille à Créteil, il y a trois ans environ et, lorsque l’on a appris qu’elle assurait la première partie du concert du soir, notre petit doigt nous disait bien qu’il ne fallait surtout pas être en retard ! Grand bien nous en a pris. Sa prestation du soir a été une véritable claque vocale ! En duo avec le guitariste électrique Philippe Devin, Ellen nous a livré une prestation classe, élégante et raffinée, entre jazz vocal et blues. Sa voix est magnifique, mélodique, les émotions affluent le long de ses cordes vocales, en particulier quand elle monte dans les aigus. Et on frissonne à son écoute. Au vu des applaudissements nourris, nous ne sommes pas les seuls à le penser. Pour en avoir été témoin en d’autres circonstances sur une autre scène, on sait également la chanteuse très crédible dans un registre plus rock’n’roll, proche de Janis Joplin, quand elle est accompagnée d’un groupe au complet. Little Ellen n’a pour le moment qu’un unique EP vinyle dans sa discographie, « Introducing Little Ellen ». Précipitez-vous en espérant pouvoir en entendre plus bientôt…

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Partie sur des bases extrêmement élevées, le concert du soir monte encore en intensité quand les Nantais de Malted Milk s’emparent de la scène. L’entrée en scène se fait tout en douceur avant que la section rythmique n’impose un groove solide intensifié par le clavier, les cuivres et la guitare rythmique. Le chanteur guitariste Arnaud Fradin maîtrise l’espace et gère son énergie avec le métier d’un vétéran du blues. Des années d’expériences qui font qu’Arnaud est désormais un chanteur à l’anglais impeccable et un fin guitariste dont les interventions raffinées apportent une note blues au mélange de soul et de funk pratiqué par le groupe. Les titres s’enchaînent avec une imparable science du live, le concert se révèle aussi fort en énergie qu’en émotions lorsque le tempo baisse d’un cran. Impeccable sur disque, le septuor l’est aussi sur scène. Un grand moment !

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jeudi 30 mai 2024

The Legendary Tigerman + The Blue Butter Pot, La Maroquinerie, 29 mai 2024.

La soirée commence avec le duo The Blue Butter Pot pratiquant un rock garage teinté de blues, tirant parfois vers le métal (double pédale de batterie à l’appui) de haute facture avec une remarquable efficacité scénique. L’accent anglais impeccable ainsi que l’imposante barbe arborée par le chanteur nous délocalisent en plein désert, pour un peu on s’y croirait !

Jusqu’à présent The Legendary Tigerman (aka Paulo Furtado, également leader de Wraygunn, groupe jamais officiellement séparé mais n’ayant plus aucun activité depuis des années) s’était toujours présenté à nous, sur scène, en formation one-man band. Malgré tout le talent du musicien, jouer de la batterie et de la guitare, tout en chantant, en même temps impose de sérieuses limites. Les concerts étaient alors bruts, directs, jusqu’à atteindre une forme de transe. Toutes ces limites ont sautées depuis que Paulo a totalement revu sa formule. The Legendary Tigerman se présente dorénavant sous la forme d’un trio, accompagné d’un batteur (Mike) et d’une remarquable chanteuse, Sarah, également aux claviers. La présence d’un vrai batteur, excellent musicien qui plus est, change radicalement la donne. Les breaks et autres descentes, apportent plus de profondeur à la musique, mettent en relief les aspérités des compositions. Paulo semble comme galvanisé par la batterie, qui impulse une dynamique implacable. La présence d’une chanteuse, Sarah, se justifie pleinement tant notre homme Paulo apprécie l’exercice du duo avec des chanteuses au profil aussi varié qu’Asia Argento, Rita Redshoes ou Lisa Kekaula (The BellRays). Et se glisser dans les pénates de Lisa n’est point chose aisée, une tâche dont Sarah s’acquitte avec talent, charme et brio. Enfin la présence de synthés constitue en soi une petite révolution pour un artiste plutôt catalogué rock garage. Deux titres seront joués avec deux synthés sans la moindre note de guitare. Mais, grâce à la dynamique impulsée par la batterie, la musique tabasse de manière égale avec ou sans guitare, ajoutant une légère coloration cold wave loin d’être désagréable. Le Tigerman reste foncièrement sauvage et rock’n’roll en toute circonstance ! Pourtant, le concert s’achèvera par un rappel tout en douceur, Paulo et Sarah, au milieu de la fosse. Superbe soirée.

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mardi 28 mai 2024

TYGER TYGER, La Manufacture Chanson, 27 mai 2024.

 

Foncièrement original, ce nouveau duo composé de la chanteuse BlauBird et du bassiste, également chanteur, François Puyalto nous entraîne sur un chemin malicieux et peu visité : celui de la chanson baroque. Un répertoire aux mots surannés, auquel le duo offre de nouvelles couleurs, plus électriques, venus de la basse de François Puyalto. L’instrument est atypique dans ce contexte. L’utilisation qu’en fait François l’est plus encore. Jouée en accords, en arpège ou à l’aide d’un capodastre, sous les doigts experts de François la basse devient un instrument lead, retrouvant les intonations de la théorbe (instrument dérivé du luth) ! Remarquablement mis en scène, le spectacle fonctionne suivant la théorie de l’attraction des pôles. A la voix céleste de BlauBird, François Puyalto oppose un ton beaucoup plus terre à terre et une voix de gorge, légèrement éraillée. Un grand écart poursuivi dans le choix du répertoire où Alain Bashung côtoie les chansons du 15ème siècle ; où le français et l’anglais vernaculaire (accent à la clef) cohabitent. Toujours aussi touchante, émouvante, BlauBird brille également par son humour (« On a beaucoup travaillé la mise en scène pour me rendre drôle » nous glisse-t-elle après coup). C’est une facette inédite de la chanteuse que l’on découvre ainsi et c’est une sacrée surprise. Le concert est ainsi parsemé de petites saynètes hilarantes, de regards complices et de sourires en coin de la part des deux protagonistes. Voici une relecture originale et ludique de la chanson baroque, une belle façon de (re)découvrir ce répertoire, surtout connu des oreilles érudites. Un spectacle attendrissant.

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samedi 25 mai 2024

The Black Crowes + Jim Jones All Stars, Olympia, 24 mai 2024

C’est une double affiche de rêve, rock’n’roll en diable, qui s’offre à nous sur la scène de l’Olympia, en forme de retrouvailles. On commence avec Jim Jones All Stars (« A proper rock’n’roll outfit » dixit Chris Robinson) qui débute la soirée en fanfare. Bien décidés à mettre à profit la grosse demi-heure qui s’offre à eux, les Anglais enchaînent les titres pied au plancher et semblent encore plus exaltés qu’à l’ordinaire si tant est que cela soit possible. Un set le pied sur l’accélérateur, où les guitares sont contrebalancées par le swing du piano, pour le groupe qui ne s’interdit plus de revisiter le répertoire de la défunte Jim Jones Revue (« Burning your house down »). Seul regret, le son un peu moyen qui peine à faire justice au groupe, on entends trop peu le duo de saxophones par exemple. De « true brothers » comme les qualifient Chris Robinson qui, pour la petite histoire, avait produit en 1994 « The Very Crystal Speed Machine » des Thee Hypnotics, une des formations précédentes de Jim Jones.

Tentures, miroirs, lampes et effigie de Chuck Berry en carton sur le côté, c’est un décor barnum digne du « Rock’n’Roll Circus » des Rolling Stones, et au son d’AC/DC, que débarquent les Black Crowes qui, si ils ont pris un petit coup de vieux, restent en grande forme. La scénographie est assez étonnante, la batterie, ainsi que le piano et les choristes, sont installés très haut sur une estrade dominant les frères Robinson, ainsi que le basse et la deuxième guitare, installés sur scène. Un impressionnant mur d’amplis est installé derrière le chanteur et les guitaristes, dont on doute fortement qu’ils soient tous en état de fonctionner. Les Black Crowes donc, en hiatus depuis une bonne dizaine d’années, ont décidé de remettre le couvert avec un line-up fortement remanié, et restent sur un album « Happiness Bastards » de rock’n’roll de haute facture. De nombreux extraits en seront joués ainsi que des classiques du groupe, principalement issus des trois premiers disques (« Twice as hard », « My Morning Song », « Sting Me », « Thorn in my pride », « Remedy », « Jealous Again » etc.) C’est avec une joie non dissimulée que l’on retrouve ce classic-rock à mi-chemin du rock’n’roll et de la soul, et un soupçon d’acoustique sur la merveilleuse « She Talks To Angels ». La voix de Chris Robinson n’a pas bougé malgré les années et nous sommes surpris de voir son frère Rich Robinson régulièrement laisser les soli à son nouvel (et excellent) acolyte. Le concert se termine dans l’euphorie générale, Rich Robinson fête son anniversaire en ce jour même, un gâteau lui est apporté sur scène et des danseuses de French Cancan viennent sur scène fêter l’anniversaire du guitariste en grandes pompes. Enfin, si le groupe nous a habitué depuis des années à l’art de la reprise (« Hard to Handle » d’Otis Redding -extraite du premier disque- et « Carol » de Chuck Berry ont été jouées un peu plus tôt), la formation nous surprend en reprenant, de manière assez inattendue, « White Light/White Heat » du Velvet Underground en guise d’unique rappel. La soirée se termine par de nombreuses embrassades entre musiciens sur scène, un geste font les précédents line-up du groupe n’avaient pas l’habitude…

jeudi 23 mai 2024

Peter Deaves, L’Archipel, 22 mai 2024.

Avant même de débuter le concert, Peter Deaves demande au public de lui réserver « une vraie entrée de scène », puis, le chanteur de descendre de l’estrade et le public de crier son prénom à corps et à cri. Pas une seule note de jouée et déjà un accueil triomphal et le public dans sa poche. Quel métier ce Peter ! Et la musique commence, en solo pour le premier titre et avec le groupe au complet ensuite et c’est un ravissement continu pendant une heure et demie. La musique de Peter voyage beaucoup, reste nostalgique de Liverpool tout en rêvant des Etats-Unis. Ce qui se ressent fortement dans l’instrumentation choisie : mandoline, violon, contrebasse, guitare et piano. Enlevez le clavier et vous avez affaire à une formation bluegrass. Ainsi, le petit miracle de son premier album continue sur scène où la diversité des influences s’amalgame dans un ensemble cohérent. Le tout est incarné à la perfection par Peter, charmant, drôle, d’une blondeur charismatique, et parfaitement en voix. Le chanteur est capable de stupéfiantes mutations, aussi grave d’un stentor mais également d’une grande douceur dans le chant. Le concert se termine dans l’euphorie générale, Peter, une pinte à la main, chantant « Bury me under the Mersey » au milieu du public dans une chaude ambiance n’ayant rien à envier à celle d’un pub irlandais. Une soirée à graver dans le marbre !

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samedi 18 mai 2024

Peter Deaves : « Ceol Agus Grá »

 




Surtout ne pas se fier aux apparences. Avec son titre en gaélique (« Ceol Agus Grá », soit « Musique et Amour », un titre bienvenu en cette époque troublée) et sa photo de pochette prise de vue à la chambre, il serait aisé de croire que le premier album du chanteur britannique est un disque de ballades irlandaises. Il n’en est rien et, si la guitare folk constitue bien le cœur battant de l’album, ce dernier est surprenant de diversité. Tout s’articule autour des six cordes acoustiques, un instrument dont Peter joue avec virtuosité, et qu’il enlumine suivant ses envies. L’orchestration se révèle luxuriante : mandoline, banjo, cordes, lap-steel, piano, contrebasse, accordéon, bugle, flûte irlandaise… Et le disque de passer de la country (« The Long Green River », manière de Johnny Cash cajun) aux ballades (le fantôme de Leonard Cohen plane sur « Quarter Past » alors que « My Oh My » évoque plutôt Nick Drake), au point d’offrir un véritable panorama des musiques folk à lui tout seul. Dans ce contexte seule « Gasoline », aux accents britpop (les influences conjuguées de Radiohead et de Coldplay sont un peu trop présentes pour notre goût personnel) fait figure d’exception. Enfin, même s’il est éloigné de sa terre natale depuis bien longtemps (il est actuellement installé du côté de Fontainebleau), le cœur de Peter Deaves bat toujours suivant le rythme des flots de la Mersey et le dyptique, niché au milieu de l’album, « Liverpool »/ « Bury me under the Mersey » (aux sonorités irlandaises pour le coup), vient le rappeler avec émotion. « Liverpool i’m missing you » chante-t-il dans un hommage déchirant à sa ville natale digne de Nick Drake. De très haute facture mélodique, un tel assemblage de musiques aussi diverses ne peut tenir debout que grâce au chant ample et émouvant. Aussi, il est impossible de terminer cette chronique sans souligner que Peter Deaves, en plus d’être un songwriter fin et raffiné, est aussi un immense chanteur.

En concert le 22 mai à l’Archipel.

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vendredi 10 mai 2024

Nicolas Paugam : « La Balade Sauvage »

 


Son album précédent s’intitulait « La délicatesse » et dans un subtil contre-pied dont lui seul à le secret, Nicolas Paugam nous entraîne maintenant dans une fameuse « Balade Sauvage ». Comme le résume le chanteur dès le titre d’ouverture : « Je m’amusais ». Ainsi Nicolas Paugam s’amuse. Et plus qu’une référence au chef d’œuvre signé Terrence Malick, la balade sauvage en question s’avère surtout être une virée (sauvage, donc) sur les sentiers escarpés de la chanson française aux confins du rock’n’roll (Thibault Brandalise, le batteur d’Iggy Pop est de la partie). Pyromane des mots (la photo intérieure le montre bidon d’essence en mains devant le brasier) Nicolas Paugam marie son amour des mots, des textes un tantinet abscons, aux guitares abrasives ; le tout dans une juste mesure, c’est à dire suffisamment pour pimenter les chansons sans pour autant les faire entrer dans un costume qui ne leur sied guère. L’album relève par ailleurs une ambition musicale élevée trompettes et clavier Rhodes contrebalançant la puissance de la batterie, l’instrument par lequel l’étincelle s’allume. Dans ce contexte reprendre Georges Brassens (« Bécassine ») relève de l’idée de génie, l’impertinence des mots du grand Georges étant à l’avenant du traitement musical assez bluesy. Un album sauvage certes, mais surtout très attachant.





jeudi 9 mai 2024

Najoi Bel Hadj : « Wavering »

 


A l’image de sa sublime pochette, la chanteuse tourangelle nous gratifie d’un premier album tout en nuances et contrastes, aussi calme que tempétueux, en un mot chancelant (wavering en français). C’est ainsi une forme de grand écart qu’effectue l’album des accords de guitares délicats (sublimes « Liline », « Aminata ») ou de l’ambiance intimiste qui habite la magnifique « Si jamais », aux orchestrations électroniques des premières plages (un aspect auquel on adhère un peu moins, question de goûts personnels). Une chose ne change jamais en revanche, l’extrême sensibilité de la chanteuse palpable à son grain de voix et à ses capacités vocales hors du commun. Nichée au cœur de l’album, une piste fait ainsi figure de pépite cachée, « Here Below », propulsée de plus par un petit groove qui sied particulièrement bien à la chanteuse (un feeling que l’on retrouve également sur « Sometimes »). Qu’elle s’exprime en anglais (sur la majorité du disque), en français ou en arabe, fait preuve d’une grande délicatesse et bouleverse lorsqu’elle explore ses racines (« A Vava Inouva »). Un premier effort imparfait mais de haute facture dans sa deuxième moitié.

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mercredi 8 mai 2024

Phanee de Pool : « Algorythme »


Il n’y a pas à dire, mais s’il y a bien une chose qui nous redonne le sourire en ce bas monde, c’est bien les disques de Phanee de Pool ! Une assertion qui ne sera pas démentie par le dernier album en date de la Suissesse ! A mi-chemin de la chanson et du slam (voire du rap), cette dernière n’a pas son pareil pour saisir l’esprit de l’époque ou les petites aventures, heureuses ou non, du quotidien en irrésistibles chansons à la bonne humeur ravageuse. C’est ainsi tout un univers espiègle, ludique et décalé, pas très éloigné de celui de Rachel des Bois, que découvre l’auditeur à l’écoute de cet album, brocardant l’addiction au téléphone portable (« Algorithme ») ou déclarant sa flamme à son chien (« Le chien de Pool »), avec Léone, le propre chien de la chanteuse en guest. Un autre invité fameux sur cet album est son compatriote Henri Dès, immense bonhomme de la chanson française, le temps d’un choc des générations particulièrement savoureux (« Dites Henri »). Enfin, l’album est porté par une véritable ambition musicale, grand orchestre et citation de Chopin ou Debussy à la clef, l’écrin parfait pour le chant expressif et élastique de la chanteuse, également très à l’aise dans un contexte plus scandé. De la belle ouvrage.

En concert le 15 mai et le 12 juin à l’Archipel.

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dimanche 5 mai 2024

Howlin’Jaws + Bad Juice, Le Trabendo, 4 mai 2024.



Venue de Strasbourg, c’est au duo guitare/batterie Bad Juice (une fratrie) qu’il revient d’ouvrir la soirée. Un court set d’environ une demi-heure ouvertement rock’n’roll, guitare saturée au son vintage et batterie survoltée. A noter une petite originalité, c’est le batteur qui chante. Le rendu en concert est plus brut, en ce sens plus proche des Black Keys et autres White Stripes, que sur disque où le groupe réussit à s’émanciper de ces clichés. Son nickel et compositions solides, avec autant de répétition hypnotique que d’amplis dans le rouge, on passe un très bon quoique court moment en leur compagnie.

S’ils ne sont pas frères dans la vraie vie, les trois membres des Howlin’ Jaws se comportent comme tels sur scène. Débutée au lycée, leur aventure continue encore à ce jour et, alors qu’ils sont encore dans la vingtaine, les trois musiciens ont passé au moins dix ans, la moitié de leur vie, à faire de la musique ensemble. Autant dire que, lorsqu’il se présente sur scène, le trio constitue un bloc de béton inattaquable aussi robuste qu’un granit breton. La connivence entre eux propulse la musique et leur sauve la face en cas de pain forcément inattendu. Se jouant avec maestria de la tension/détente, de l’accalmie après le chaos électrique (on inversement) le trio traverse la contrée psychédélique tout en transportant le spectateur. Ainsi la soirée débute par un son de boite à musique enregistré avant un « Half awake, half asleep » dantesque à la coda en forme de solo de batterie signée Baptiste Léon (costard bleu Las Vegas et lunettes de soleil façon Elvis) ravageur. Même les titres du premier album sont passés au filtre psyché, gagnent en longueur et sont totalement re-imaginés (cf. « Heartbreaker ») solo de guitare (Lucas Humbert) tout en maestria à la clé. Derrière sa basse le chanteur Djivan Abkarian n’est pas en reste et saute comme un cabri. Le trio profite de l’occasion, la date est d’importance pour le groupe dans une salle à la jauge importante, pour revisiter les coins peu utilisés sur scène de leur discographie à l’instar de l’excellente « The Sting ». Enfin, les harmonies vocales du groupe sont très travaillées et passent très bien la barrière du live. Attention, le groupe (que l’on retrouvera dans une semaine en première partie des Black Keys au Zénith) grossit à vue d’œil, est déjà énorme et ce n’est que le début !

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samedi 4 mai 2024

Oisín Leech + Malo Texier, L’Archipel, 3 mai 2024.



Commençons par saluer la première partie assurée par la jeune chanteuse Malo Texier. S’accompagnant seule à la guitare, électrique son clair ou folk, cette dernière fait preuve d’une certaine maîtrise vocale grâce à son chant élastique et expressif, tout en français, une rareté chez les chanteuses inspirées par la soul. Son jeu, tout au doigt sans médiator est fin, tantôt empreint de swing jazzy, tantôt fait d’arpèges délicats. Le rendu scénique est assez chouette.

Alors que sur l’écran dans le fond (rappelons que l’Archipel est également une salle de cinéma, l’artiste saura s’en souvenir au moment de reprendre « Pat Garrett et Billy le kid » de Bob Dylan) défilent un montage représentant les peintures de l’artiste Sinéad Smyth, qui a également illustré la pochette de l’album, le duo Oisín Leech (chant, guitare, harmonica) et Tony Garnier (contrebasse) prennent position sur la petite scène. Nous sommes instantanément saisis par la beauté mélodique du concert. Les cordes des instruments sont délicatement arpégées, il se dégage de la musique un sentiment double à la fois mélancolique (Nick Drake n’est jamais bien loin cf. « October Sun ») et d’une grande sérénité. A l’opposé de ce que laisse supposer ses mélodies, Oisín Leech se révèle assez drôle sur scène, parsemant le concert de nombreuses anecdotes datant de l’époque où il gérait un club folk en Irlande (le bougre est bavard!) Le spectateur, bercé par l’évidence mélodique des accords échappés de la guitare, aura voyagé, en musique, jusqu’à la pointe nord de l’Irlande, vue sur l’océan, où l’album a été enregistré.

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mercredi 1 mai 2024

Thee Sinseers : « Sinseerly Yours »

 


Premier album pour le groupe, très étendu, comprenant neuf musiciens, mené par Joey Quinones. Disque à la beauté intemporelle, enregistré dans les conditions du live, « Sinseerly Yours » transporte l’auditeur à son écoute. Avoir enregistré au préalable une poignée de single pour Penrose, la sous-division californienne de Daptone, a donné de solides bases à Joey Quinones, qui a transporté tout son savoir faire vintage dans l’enregistrement de ce premier album. On y retrouve le feeling qui nous avait subjugué à la découverte des albums de Sharon Jones ou Charles Bradley. Cette patte solidement ancrée dans les meilleurs sources du passé tout en renouvelant un genre éternel. Les conditions d’enregistrement du live apportent un supplément d’âme, un bout de fragilité capté sur bandes, une émotion débordante. L’album se révèle à la fois cohérent dans son esthétique et varié à la fois. Le chant choral et haut perché ancre le disque dans une esthétique soul/pop à la Motown à laquelle Quinones ajoute son propre background culturel latino. Doux, délicat, mélodique et romantique (« Don’t call me baby ») l’album brille aussi par ses poussées de fièvre latine aux sons des percussions ("Talking Back"). Bien plus que des nouveaux Dap-Kings, un groupe superbe, un superbe album.

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dimanche 28 avril 2024

Los Guayabo Brothers : « Psychotropical »

 


Voici un album comme on en avait pas entendu depuis longtemps. Venue de Colombie, la musique de Los Guayabo Brothers se présente comme un mélange entre folklore colombien et rock psychédélique. L’idée semble originale, mais à l’écoute, ce nouvel album ressemble à ce que proposait Santana à la fin des années 1960. Dans les faits, l’amalgame paraît imparfait et ce disque s’adresse plus aux amateurs de musique latine qu’à ceux de rock psychédélique. La musique des Guayabo Brothers est intrinsèquement latine, avec force percussions, trompettes, et même une flûte de pan sur « Origins » ; agrémentée de temps à autre d’une saillie de guitare fuzz ou de passages plus planants, qui sont autant de respirations dans le cours d’un album aux sonorités festives, ensoleillées et dansantes. Le chant est essentiellement en espagnol et un peu en français, aussi, surprise, sur « El Francer » le temps d’un texte assez grave. La formation XL, sept musiciens, devrait faire des ravages sur scène.

En concert le 2 mai au Studio de l’Ermitage.

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samedi 27 avril 2024

The Darts : « Boomerang »

 


Fondé sur les cendres des Love Me Nots par la chanteuse et claviériste Nicole Laurenne, le quatuor féminin The Darts sort son, déjà, quatrième album. Et pour en paraphraser le titre, on serait tenté d’écrire que l’auditeur se prend un sacré retour de boomerang à son écoute. Fidèle à une esthétique garage rock et à son instrument fétiche, l’orgue farfisa qui faisait déjà le sel de son groupe précédent, Nicole et sa bande continuent sur la même lancée. On y retrouve cet irrésistible alliage entre le groove de l’orgue et la puissance des guitares, comme un trait d’union entre soul music et punk. Un grand écart parfaitement incarné vocalement par la chanteuse au registre assez large et aussi à l’aise dans un contexte soulful (« Pour Another ») que hurlé (« Your Show »). L’autre ingrédient terriblement excitant de ces nouvelles chansons réside dans le psychédélisme (« Liar », « Welcome To My Doldrums », « Night ») dont le groupe donne une version baroque et déglinguée, tout en multipliant les clins d’œil aux Doors et à Ray Manzarek. Pétrie d’influence sixties la musique des Darts n’en reste pas moins ouverte à de multiples influences la new-wave façon Devo (« Pour Another ») ou la surf music (« You Disappoint Me »). Nullement nostalgique ni revivaliste, The Darts nous livrent un nouvel album en forme de classique rock’n’roll immédiat.

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vendredi 26 avril 2024

Nadine Khouri + Maví Lou, L’Archipel, 25 avril 2024.



Nos pérégrinations du soir nous mènent à l’Archipel, un vieux cinéma qui propose de plus en plus de spectacles et notamment, régulièrement, des concerts. Le lieu impose ainsi une ambiance particulière, public assis, scène située juste à côté de la porte d’entrée (les artistes peuvent voir les gens entrer et sortir avant la fin depuis la scène) et bar dans le fond, auquel il vaut mieux éviter de se rendre une fois le set commencé sous peine de déranger tout le monde. Bref, les allées et venues des uns et des autres forment un drôle de folklore dans la salle. En attendant sur scène nous attendent deux voix merveilleuses. Commençons par la chanteuse Maví Lou, de retour en France après un long exil étasunien et qui va sortir son premier EP sous peu. Jouée en duo de guitares (une électrique aux nombreux effets sonores et une acoustique) la musique est d’une grande délicatesse. Aux arpèges soyeux de l’acoustique répondent le son vaporeux de la guitare électrique dans une sorte de bulle pop, folk et cotonneuse, un doux cocon musical dans lequel il fait bon se lover, bercé par la voix aussi douce que la soie de la chanteuse, qui de plus possède beaucoup d’humour. Superbe moment !

Au risque d’être incompris, nous sommes ici tentés d’écrire que le silence occupe une place prépondérante dans le rendu scénique de la musique de Nadine Khouri. Le silence et au-delà la façon dont les musiciens sculptent ce silence de leurs notes pour faire ressortir l’émotion. Chez Nadine Khouri et son groupe (Boris Boublil aux claviers et Marion Grandjean à la batterie) l’important n’est pas d’étourdir le public sous les décibels mais plutôt de jouer à bon escient, donnant finalement autant d’importance à la note jouée qu’à celle qui est retenue. Creuser le temps au maximum du tempo, effleurer les cordes de la guitare ou les touches du clavier rêveur au bon moment, celui qui va permettre à l’émotion de se déployer au fil des notes. Usant de moult effets sur sa guitare, Nadine nous plonge dans un univers onirique prolongée par sa voix éraillée. L’effet atteint son climax lorsque son ami Adrian Crowley, plutôt rare sur les scènes françaises, vient rejoindre la chanteuse sur scène pour un enchaînement de titres assez exceptionnels. Emue, douce et émouvante, le sourire éternellement gravé sur son visage, Nadine Khouri nous a ravis une heure et demie durant.

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jeudi 25 avril 2024

BAD JUICE

 





Ayant le vent en poupe depuis le début des années 2000, la formule en duo batterie/guitare est devenue peu à peu un cliché rock du 21ème siècle, entre-autre grâce au succès rencontré par des groupes nommés en noir (The Black Keys) ou blanc (The White Stripes). Dans l’imaginaire collectif s’est imposée l’image du duo rock garage, pédale fuzz et batterie frénétique. Un groupe (un duo donc) vient bousculer la donne et il est français : Bad Juice, originaire de Strasbourg ! Les deux derniers albums du groupe « Stack-O-Lee » (2019) et « Amour Noir » (sortie le 17 mai 2024) rendent obsolètes tous les clichés mentionnés auparavant. Friands d’influences anglo-saxonnes, le duo n’hésite pas à faire appel à des noms prestigieux pour produire ses albums, le New-Yorkais Matt Verta-Ray (Heavy Trash) ou la Britannique Gemma Ray. Autant de collaborations qui ont permis au groupe de percer le plafond de verre et intégrer des sonorités allant de la new-wave (« Amour Noir ») aux balades teintées de country (« Wichita Country ») tout en restant fidèle à une esthétique rock’n’roll aux formes variées, de la power-pop au blues. Chez Bad Juice, on retrouve un peu tout ce que l’on aime, joué avec enthousiasme et passion, un véritable road-trip en musique dans un décor de western fantasmé. A découvrir sur les trois albums du groupe !

En concert le 4 mai au Trabendo en première partie des Howlin’Jaws.

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mercredi 24 avril 2024

Cécile McLorin Salvant et l’Orchestre national d’Île-de-France, Maison des Arts de Créteil, 23 avril 2024

De son propre aveu, la chanteuse franco-américaine a plus l’habitude des big band que des grands orchestres symphoniques. L’exercice lui sied pourtant à merveille. Ainsi, l’Orchestre national d’Île-de-France (quarante musiciens) a donné une carte blanche à la chanteuse pour composer le programme au gré de ses envies. Au programme du classique attendu : George Gershwin (pour un intermède instrumental), Kurt Weill (l’Opéra de quat’sous), le merveilleux Michel Legrand (Devant le garage, extrait des Parapluies de Cherbourg) ou bien encore Frank Sinatra et Duke Ellington. Et puis des pièces moins connues de Stephen Sondheim ou Billy Strayhorn. Cécile McLorin Salvant ne s’est pas attaquée à l’exercice toute seule et est accompagnée (en sus de l’orchestre) de son propre trio, le fidèle et inamovible pianiste Sullivan Fortner, extrêmement délicat et talentueux, le contrebassiste David Wong et le batteur Kush Abadey. Les deux univers se rencontrent, s’amalgament, le trait d’union entre envolées classiques (vents, cordes et un pupitre de percussions) et swing jazz est parfait. Mais tout cela ne serait rien sans le charisme et l’élégance vocale de Cécile, aussi à l’aise pour chanter en anglais qu’en français qui transporte l’auditeur dans un univers de comédie musicale digne de l’âge d’or d’Hollywood. Non seulement Cécile chante à la perfection avec ce qu’il faut de coffre et d’émotion, mais incarne littéralement les textes avec moult contorsions et expressions du visage. Sa diction est également parfaite. Un talent immense, une des plus grandes chanteuses de sa génération.