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mercredi 8 avril 2020

Julien Belliard : « Le mirage de Zo »



Si le temps des « pébroques » semble bel et bien révolu pour Julien Belliard (ex-ZO, pseudonyme sous lequel il a signé deux albums) ce dernier n'a en rien renoncé à son ambition initiale, celle de fondre ses influences folk/pop-classic rock (cf. « Lady Lilith » ; « Rio Lobo ») dans un modèle de chanson française élégante. Tâche donc il s'acquitte avec une certaine réussite sur ce magnifique album, tenant d'une esthétique ligne claire convenant parfaitement bien à son grain de voix mélodieux. Ainsi, Julien aime les voyages et ça tombe bien, confinés que nous sommes, nous sommes demandeur de ces paysages brossés en musique, de cette ligne d'horizon, rêvée, fantasmée, lointaine dessinée avec de délicats accords de guitare acoustique (cf. « L'autre hemisphère » ; « Le mirage » ; « L'exil »). C'est à un long périple que nous invite ce nouvel album contemplatif, doux, mélodique et finalement intemporel. Un album qui fait du bien aujourd'hui, demain et encore après... 

https://www.facebook.com/lemiragedezo/





vendredi 24 avril 2015

Zo, Les Trois Baudets, 22/04/2015.

(c) Meryll Frebour


S'il facilite bien la tâche du chroniqueur, le petit jeu des comparaisons ne rends pas forcément compte de la réalité d'un projet artistique. Prenez Zo par exemple (dont on avait évoqué le dernier album par içi). Parce que ce dernier a choisi de chanter dans la langue de Molière, on pense instantanément « chanson française ». Or Zo est intrinsèquement rock n'roll. Et on en a eu une splendide démonstration mercredi soir dernier sur la scène des Trois Baudets, petite salle de pigalle consacrée à la chanson. Entouré de son excellent groupe (deux guitares, basse, batterie et clavier), Zo a pris un petit coup de fouet rock n'roll dans le manche de sa guitare lorsqu'il s'est agit de dévoiler son répertoire sur scène. Ses chansons évoquent l'errance, les voyages en train, les ports, des destinations proches ou plus lointaines. La musique est sacrément ancrée dans les années 60/70, et pas n'importe laquelle :du blues, du folk, du rock n'roll. L'enchaînement de « Teddy la montagne », dans une version particulièrement inspirée et bluesy à souhait (magnifique ligne d'harmonica soit dit en passant) avec le rockabilly yéyé « Slow guimauve twist et soda » fût tout bonnement magique. C'est le golf drouot réssucité ! Il ne manquerait plus qu'un petit « Strass avenue » derrière ça et c'était le tiercé gagnant. Malheureusement par manque de temps, le groupe enchaine directement sur « Jaisalmer », un magnifique final avec violon et guimbarde, les silences comptent alors autant que les notes, les instruments dialoguent avec délicatesse, on est transporté là-bas en Inde à Jaisalmer. La chaleur est palpable. Dommage que le set n'ait duré qu'une demi-heure !


mercredi 11 février 2015

Zo : « Les paradis ordinaires »



Et si le bonheur résidait dans les choses simples ? Avec des moyens somme toute assez limités mais une bonne dose d'inspiration, Zo accouche d'un album, son deuxième, d'une simplicité désarmante mais au charme indéniable. Alors certes, il n'est ici point question d'une grande révolution mais, dans le fond, qu'importe. « Les paradis ordinaires », c'est une collection de chansons sacrément accrocheuses. Et c'est déjà énorme. Caché derrière des dehors modestes, Zo atteint ainsi de petits sommets. La chanson acoustique, dans la langue de Molière (« Si mon coeur », « Jaisalmer »), reste sa base privilégiée, mais Zo ne se prive d'aucun plaisir, ce qui nous en donne beaucoup au passage. Un soupçon de rock, voire de rockabilly (« Slow guimauves, twist & soda », « Port-Navalo », « Strass avenue »), une petite dose de western (« Comme sur des chevaux ») viennent égayer le tout d'une petite note canaille pas faite pour nous déplaire et qui attire durablement l'attention. Soulignons enfin l'effort porté sur la langue française par l'auteur. En ce sens cet album semble rescapé d'une époque lointaine où les artistes tentaient d'adapter les textes dans notre langue plutôt que de tomber dans l'écueil de la pâle copie dans un anglais souvent lamentable. Un disque frais, véritable éloge des petits plaisirs quotidiens. Ca fait du bien.