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mercredi 28 juin 2017

Imelda May : « Life Love Flesh Blood »



Confrontée à l'impérieuse nécessité de renouvellement, Imelda May bouleverse tout de fond en comble sur ce nouvel album. Fini donc le rockabilly, le look de pin-up, qui la rendait tellement craquante, et le perfecto, la nouvelle Imelda est arrivée ! La première écoute de ce nouvel album désarçonne et le choc peut paraître rude de prime abord. Puis, petit à petit, la musique fait son œuvre et trouve son chemin vers le cœur de l'auditeur. Un argument de poids : Imelda chante toujours aussi bien, son timbre déborde d'émotions et charme l'oreille (« Call Me », « Black Tears »). Il est entendu qu'Imelda n'est plus aussi sauvageonne que par le passé. A la place, l'Irlandaise joue la carte du charme rétro sur un registre évoquant tour à tour Chris Isaak (« How bad can a good girl be ») ou le jazz vocal. Un peu circonspect au début, l'album remporte finalement l'adhésion grâce à une grande force de composition et une production soignée où les années 50 (« Bad Habit ») rencontre le shoegaze (« Game changer ») ! Si on se permettra de regretter un peu le mordant passé de la chanteuse et une petite dérive FM ici ou là (« The girl I used to be », "Human") force est de constater que l'on a connu des reconversions bien moins réussies que celle-ci.

vendredi 7 novembre 2014

Imelda May : « Tribal »



Sur la pochette de ce nouvel album, son quatrième, Imelda May pose, fière et aguicheuse, rouge à lèvres éclatant et toute de cuir noir vêtue. Voilà le ton est donné, ce nouveau disque sera rockabilly où ne sera pas. L'affaire part sur les chapeaux de roues dès les deux premières plages, « Tribal » et « Wild Woman », qui s'enchaînent tambour battant, deux rocks menés sur un tempo d'enfer tel un bolide noir sur deux roues lancé à pleine vitesse. Pourtant loin d'être une simple moine copiste de ces années 1950 tant aimées, Imelda May infuse à la musique une dynamique contemporaine. Les guitares sont gonflées et les batteries claquent. Un petit peu plus loin, l'Irlandaise calme le jeu, « It's good to be alive » abat une carte swing jazzy avant le grand numéro de séduction « The Gypsy in me ». Ainsi va cet album qui alterne les rocks brûlants (« Hellfire Club », « Round the bend », « I wanna dance », « Right amount of wrong »), la country (« Little Pixie »), les influences celtiques (« Ghost of love ») ou le blues jazzy poisseux (« Wicked way » qu'on jurerait sortie des marais). Tout un spectre de musiques où la rythmique (swing si possible) est prépondérante. Et puis il y a Imelda, sa voix pleine de charme, sexy toujours quelque soit le contexte. Enfin le tube, « Johnny got a boom boom » déjà présent sur le disque précédent et repris ici en bonus, est une sacrée bonne chanson avant même de synchroniser des publicités de parfums. Cet album particulièrement consistant est une réussite.
En concert le 8 Novembre à Paris (Olympia. Attention soyez à l'heure, la première partie est assurée par The Angry Cats)


lundi 16 janvier 2012

Imelda May : « Love Tattoo »


Star majeure dans son Irlande natale, Imelda May débarque enfin en France. Deux passages parisiens, au Grand Rex et à la Cigale nous on convaincu de la prestance scénique de la belle et de l’étendue de son talent. Talent qui trouve maintenant sa concrétisation sur un cd, « Love Tattoo », dorénavant disponible un peu partout. L’album permettra de casser en partie l’image d’héritière rockabilly dont on l’affuble trop facilement. Certes Imelda aime ça et est plutôt douée en la matière. Mais l’image est trop réductrice car Imelda May est également une excellente chanteuse de jazz (« Big Bad handsome man», « Meet you at the moon ») ainsi qu’une songwriter inspirée qui signe de sa plume la totalité du disque (à l’exception du traditionnel « Wild about my lovin’ »). L’accompagnement musical prend sa source dans les années 50, grâce à une rythmique swinguante en diable, et à la rondeur inimitable de la contrebasse. Tout au long de l’album Imelda montre un talent vocal irréprochable, sa voix est à la fois sexy et mélodique, l’intro à capela de « Knock 1 2 3 » vous laissera à genoux, « Wild about my lovin’ ». Et ce n’est pas tout, Imelda possède également un sens du rythme à toute épreuve, écoutez la façon dont elle termine à bout de souffle son tube « Johnny got a boom boom ». Au fil des écoutes l’album devient de plus en plus attachant, nerveux à point quand il faut, mélodique avec parfois une touche d’exotisme. Une grande variété d’ambiances et de climats qui revisitent avec brio le son des années 50. 
www.imeldamay.com 
www.myspace.com/imeldamay1

dimanche 6 novembre 2011

Mick Wigfall and The Toxics + Imelda May, La Cigale, 26 octobre 2011.


Une petite poussée de fièvre rockabilly est à prévoir en ce mercredi soir sur la superbe scène de la Cigale. On commence avec la belle découverte de la soirée, l’anglais Mick Wigfall accompagné de son groupe The Toxics. La soirée ne pouvait mieux commencer en compagnie de ce trio. Leur leader Mick Wigfall possède une voix éraillée, reconnaissable entre mille et dont le timbre s’adapte aussi bien au rockabilly qu’au blues. C’est également un contrebassiste, qui n’hésite pas à martyriser son instrument dans le but d’en tirer des sonorités invraisemblables, du swing plein les mains. Véloce et rythmé c’est tout simplement excellent. Le visage caché par un masque de catcheur le batteur en rajoute également une couche et est à l’unisson de son chanteur. A eux deux ils forment une section rythmique redoutable. Ils sont enfin accompagnés d’un guitariste solide. Qu’ajouter de plus ? Qu’ils ont bon goût puisqu’ils reprennent le « Big in Japan » de Tom Waits (ils ont également des compositions originales à leur répertoire). Une excellente découverte. Il paraît qu’ils sont installés en France, aussi espérons les revoir bientôt.

Ancienne compagne de vaches maigres de Mick Wigfall, l’Irlandaise Imelda May prend la suite sur scène pour son premier passage en tête d’affiche à Paris. Repérée en première partie du Brian Setzer Rockabilly Riot en juin dernier, Imelda est déjà une star majeure dans son pays natal et vient tout juste d’être lancée sur le marché français. Avec succès semble-t-il puisque la date affiche complet. Sexy comme tout moulée dans sa robe léopard et les talons aiguilles aux pieds, Imelda fait chavirer les têtes de linottes de l’assistance masculine. Sa voix, grave, est à se damner et peut scotcher tout le monde aussi bien en mode électrique qu’accompagné d’un simple ukulélé, la belle Imelda possède plus d’un atout pour séduire le public. D’une maladresse charmante quand elle essaye de parler français, bien mise en valeur, c’est elle la star, le reste du groupe est plus en retrait, Imelda a fait sensation. Son groupe est particulièrement bien rodé, rompu a l’exercice et passe sans difficulté du rockabilly au jazz contexte dans lequel Imelda fait merveille grâce à son chant swing en diable. Remplacera-t-elle Amy Winehouse (dans un genre certes un peu différent) dans les petits cœurs des fans éplorés ?

vendredi 1 juillet 2011

Brian Setzer’s Rockabilly Riot + Imelda May, Le Grand Rex, 28 juin 2011.



C’était une belle affiche, presque un festival, pour fêter le rockabilly qui était réunie en ce mardi soir dans la salle du Grand Rex.

On commence avec un grondement de contrebasse et Imelda May, toute belle dans sa robe vintage et ses talons aiguilles, fait son entrée en scène. Si l’Irlandaise est inconnue dans nos contrées, c’est une star du rockabilly en Grande Bretagne. Sa maison de disque a, enfin, décidé de la lancer sur le marché européen continental, et son prochain album bénéficiera d’une sortie officielle chez nous à l’automne prochain. Superbement bien accompagnée par son groupe, guitare Gretsh, contrebasse, un batteur ultra véloce et un dernier musicien alternant entre guitare et trompette. Quant à Imelda, elle a une bien jolie voix, grave et légèrement éraillée avec beaucoup de coffre. Bien qu’un peu court, un peu plus d’une demi-heure, le set a permis de se faire une bonne idée de l’univers d’Imelda, du rockabilly bien sur mais aussi un soupçon de country, ce qui la rapproche de Wanda Jackson. La trompette apporte aussi un influence légèrement jazz ou mariachi suivant les morceaux. Evidemment devant le public dévoué à Brian Setzer (où aux Stray Cats), la belle a quasiment joué à domicile et n’a pas tardé à se mettre l’audience en poche. Ce fut même un carton et des débuts extrêmement prometteurs. Rarement une première partie a été autant applaudie, comme si elle était la tête d’affiche en fait. On parie que son prochain passage à la Cigale en octobre prochain sera complet ??

Devant le public chauffé à blanc, Brian Setzer, le guitariste virtuose de feu les Stray Cats, a fait son entrée sur scène pour un show retraçant trente années de carrière dévouée à la cause du rock n’roll et des années 50. Un show en deux temps. La première partie fut consacrée à la carrière solo de Setzer. A ses côtés se trouvent un contrebassiste, aux cheveux assortis à sa chemise rouge, et un batteur assis et rigolo avec son costume nœud papillon qui le fait ressembler à un jazzman. Un quatrième musicien alternant entre piano et deuxième guitare fait régulièrement son apparition sur scène. Tout de vert et de noir vêtu, Setzer a également sa guitare Gretsh demi-caisse au design personnel, les boutons de volume ayant la forme de dès à jouer. Outre les grands classiques, Setzer a également joué quelques compositions de son nouvel effort instrumental.

Au mitan du concert, changement de personnel, un nouveau contrebassiste arrive. Alors que les roadies changent la batterie, le public réserve une ovation à Slim Jim Phantom, ex-batteur des Stay Cats venu prêter main forte à son ancien compagnon de route. Slim Jim est un des rares batteurs à jouer exclusivement debout. Son kit est également très particulier puisqu’il ne comprend qu’une caisse claire, une cymbale et une grosse caisse. Toujours aussi svelte, et slim, Jim prend un malin plaisir à faire le tour de sa batterie, sans rater une seule croche, et saute régulièrement comme un cabri ce qui a le don d’électriser la foule. Le nouveau trio revisite alors le répertoire des Stray Cats et les grands classiques, « Rumble in Brighton », la swinguante « Stray Cat Strut », « She’s sexy and 17 »… Le point culminant du concert a été une version d’anthologie de « Fishnet Stockings » où le groupe a été rejoint par le contrebassiste aux cheveux rouges. Les deux musiciens se sont alors lancés dans un concours de contrebasses vrombissantes avant que Setzer ne mette tout le monde d’accord débarquant avec une contrebasse deux fois plus imposante que les autres (genre c’est moi le patron) et se joignant à la lutte. Lutte qui se terminera avec Setzer se tordant les doigts de douleur avec beaucoup d’autodérision. Enfin le concert s’est terminé en version big band avec l’ensemble des musiciens : deux batteries, deux contrebasses, le piano et la guitare de Brian Setzer dans un final assourdissant rappelant les Dirtbombs.

www.imeldamay.com

www.briansetzer.com