Affichage des articles dont le libellé est Bombino. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bombino. Afficher tous les articles

lundi 16 février 2026

Une Nuit dans le désert, Festival Sons d'Hiver, Maison des Arts, Créteil, 14 février 2026.

Quelle plus belle promesse que celle de passer une nuit dans le désert, alors que la neige tombe derrière la fenêtre à l’heure où sont écrites ces lignes… Une nuit dans le désert, c’est la nouvelle création du festival Sons d’Hiver qui se propose d’organiser la rencontre de plusieurs musiciens venu du Sahel, entre le Maroc et le Niger.

On débute avec deux fines pointures Majid Bekkas (gembri) et Jamaaladeen Tacuma (basse), un ancien musicien d’Ornette Coleman, entourés, entre autres, du guitariste Hervé Samb ou du balafoniste Aly Keïta. Le groupe ainsi constitué fait le trait d’union entre le jazz, le blues et la musique gnanoua. Les compositions sont assez longues pour laisser le groove désertique s’installer à plein. C’est le souffle du désert qui habite le swing et l’occasion d’un fabuleux dialogue entre gembri et guitare, les instruments se répondent, les musiciens s’écoutent sous le haut patronage du bassiste Jamaaldeen et de son injonction : « Talk to each other ». C’est beau un monde qui joue ensemble.


Après 20 ans et quelques de carrière le guitariste Bombino a réussi son pari de placer le Niger (un pays où la guitare électrique a été interdite pendant un temps) sur la carte du blues et du rock. Pour son retour sur scène le guitariste est accompagné de nouveaux comparses, une deuxième guitare rythmique ainsi qu’une chanteuse font leur apparition dans son groupe. Le set débute par deux titres joués en acoustique qui seront les moments, suspendus, les plus mélodiques de sa prestation avant que les choses ne s’emballent brusquement lorsque le batteur prend place et que les amplis sont branchés. Les premières minutes scotchent le spectateur sur place, soufflé par la puissance musicale, le feeling et la technicité de Bombino. Hélas, l’esprit décroche un peu sous les coups de boutoir d’un batteur survolté qui multiplie les descentes à mille à l’heure alors que Bombino répète les mêmes phrases à l’envi, tout au long de compositions interminables qui hypnotisent un temps avant de lasser. Une prestation un peu en demi-teinte donc mais qui n’altère en rien le parcours et la discographie de Bombino, un guitariste marquant de notre époque.

lundi 8 octobre 2018

Bombino : « Deran »



Enregistré au Maroc, ce nouvel album marque le retour du guitariste sur son continent d'origine, l'Afrique, après dix années d'exils successifs qui l'ont vu sa notoriété exploser sur le plan international via une liste de collaborations longue comme le bras (Robert Plant, Stevie Wonder, Keith Richards etc.) Mais qu'importe dans le fond, Bombino est resté le même, à savoir un musicien inspiré et conscient du monde qui l'entoure, un type à qui six cordes posées sur un morceau de bois suffisent pour être heureux. C'est ainsi un message de paix et d'espoir, dans une époque troublée, que partage le Touareg, une carte postale musicale de 10 titres inspirés et relaxants ; tout juste si la chaleur et le désert suintent à travers les enceintes. Bombino n'est jamais aussi inspiré que lorsqu'il est en Afrique. Le guitariste retrouve ainsi sa position de passeur, imaginant sa musique comme un trait d'union entre les cultures. Puisant aussi bien dans le terreau de la musique traditionnelle de son continent natal, dans le reggae qu'il adapte à sa personnalité (ce qui donne le Tuareggae) que dans les musiques occidentales (blues, funk, soul, folk), il réussit à trouver dans chaque style le point commun, la part d'humanité nécessaire, qu'il retranscrit ensuite avec une énergie rock, électrifiée, vivifiante et hypnotique (« Tenesse »). Un album inspirant, enivrant, tant l'artiste réussit à nous embarquer dans son sillage, son odyssée, sa croisade. 

En concert le 7/11 à Paris (Petit Bain)
http://www.bombinomusic.com/
https://www.facebook.com/bombino.official
https://twitter.com/BombinoOfficial

mercredi 8 juin 2016

Bombino, Café de la danse, 7 juin 2016.

 BOMBINO CREDIT (c) MARIJE KUIPER

Hier soir, dans le cadre intime du café de la danse, le guitariste touareg Bombino était de passage pour un merveilleux concert aux allures de voyage immobile. La soirée a débutée pour un mini set acoustique, à base de guitare, de basse et de percussions hélas émaillée de quelques incidents techniques. Le bassiste, qui étonnamment joue avec des gants sur un instruments à cinq cordes vertes, apporte une solide assise rythmique complétée par le groove exotique des percussions. Ensuite, un changement radical s'est opéré alors que Bombino se saisit d'une guitare électrique. Est-ce les vertus de l'instrument ? Impossible à dire mais une guitare électrique en main, Bombino n'est plus le même et semble être emporté dans une transe impossible, s'agitant dans tous les sens. Et ce n'est pas un nouveau problème de retour qui va l'arrêter. Son jeu est empreint de blues, mais c'est au rock psychédélique que l'on pense à l'écoute du rendu live, sa guitare partant dans de longues dérives, arabesques instrumentales tissant un lien musical entre les traditions africaines et occidentales.

dimanche 15 mai 2016

Bombino : « Azel »



Ce nouvel album, le troisième, du guitariste Touareg Bombino est né d'une rencontre, celle entre le musicien nigérien et le producteur Dave Longstreeth. C'est au studio Applehead, sis à Woodstock, ville mythique pour tous les amateurs de rock s'il en est, que ce nouvel effort a été enregistré. Les quatre murs du studio/ferme ont scellé la rencontre entre différentes cultures, entre l'Afrique et les États-Unis. Et le blues se trouve au cœur des débats. Un blues dont l'influence est prégnante sur la musique de Bombino (« Timtar ») mais passé par le tamis de la musique touareg, du reggae et du folk (cf. « Inar »). Un peu à l'image de la vie du musicien que les vicissitudes politiques ayant cours sur sa terre natale ont peu à peu condamné à l'exil. Un long cheminement de vie qui, au final, a donné naissance à cette musique empreinte de cette sensation étrange, entre mélancolie et espoir, évoquant la route et le voyage (cf. l’envoûtante pièce centrale « Iyat Ninhay/Jaguar »). Un bel album dépaysant et inspirant.

En concert le 22 mai à Gennevilliers et le 7 juin à Paris (Café de la danse).