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lundi 10 janvier 2022

Joe Barr with Breezy Rodio : « Soul for the heart »

 


Alors là, c’est un disque que l’on attendait pas et c’est une sacrée surprise ! Début 2007, le chanteur/claviériste Joe Barr débute une résidence hebdomadaire le mardi soir au Kingston Mines (on y était, si, si, que de souvenirs !!!). Dans le même temps, le guitariste Breezy Rodio accompagnait Lindsay Alexander dans un autre club du downtown Chicago (Le Blue Chicago) avant de finir la nuit au Kingston Mines dans le public, et parfois sur scène, avec Joe Barr. Fatalement quinze ans plus tard, les deux partenaires dans le crime se rejoignent pour cet album, le premier enregistrement officiel de Joe Barr (après un disque live autoproduit). Il était temps ! A l’instar du bon whisky, le temps bonifie la voix de Barr, année après année, la patine du temps s’installe sur les cordes vocales, le vécu découle à grandes lampées émouvantes de ses coups de gorges pleins de feeling. Il nous avait déjà scotché il y a 15 ans, c’est encore plus vrai maintenant ! La professionnalisation fait également du bien à Joe. Le grand intérêt de son premier album live résidait surtout dans le chant et son interprétation à fleur de peau qui souvent sauvait la mise d’un accompagnement et de claviers bon marché et trop fauchés pour un tel talent. Rien de tel ici, plongeant la tête la première dans le blues et la soul et l’instrumentation idoine (orgue, cuivres) Joe Barr bénéficie pour la première fois d’un accompagnement à la hauteur et propre à mettre en valeur son organe exceptionnel. Si on peut toutefois regretter que ce premier album se concentre exclusivement sur les reprises, on passe néanmoins un excellent moment en sa compagnie en se prenant à rêver d’un club de blues à Chicago. C’est dire le pouvoir d’évocation de ce premier album. A ce stade, il n’est pas exclu pour Joe Barr d’obtenir ce bout de gloire crépusculaire tant espérée, dans la lignée d’un Lee Fields ou d’un Charles Bradley…



lundi 8 octobre 2007

Joe Barr + Joanna Connor, Live at Kingston Mines, Chicago, 2 Octobre 2007.

Situé dans le quartier de Lakeview, ou je réside ces jours-ci, le Kingston Mines, baptisé en hommage à une ville de l’Illinois, est une institution du Blues de Chicago qui a ouvert en 1972. La programmation blues de Chicago fonctionne en circuit fermé. Les bluesman sortent peu de la ville où ils ont chacun leurs résidences dans les nombreux clubs de la ville. Parfois ils arrivent jusqu’à nous par le biais des festivals d’été. Autant dire qu’ils sont plutôt underground.

Le Kingston Mines c’est un peu deux clubs en un seul. Il y a deux salles distinctes, séparées par un bar qui court dans le sens de la longueur. Chaque salle présente peu ou prou le même décor boisé du juke joint du vieux sud. L’assistance est plutôt clairsemée, après tout on est un mardi soir, en pleine semaine, et plutôt composée de touristes, oui mais qui s’intéressent à la chose bleue, venus principalement du Canada, d’Angleterre et d’autres Etats des Etats-Unis d’Amérique. Pourtant il ne s’agit pas de se tromper, le Kingston Mines a du cachet, de l’authenticité et on est loin de Disney. Les concerts ne commençant qu’à 21h30, je patiente en sirotant une bière et en jouant sur des jeux vidéos aussi vintage, pacman et space invaders, que l’endroit lui-même. Je constate avec dépit que les années ont fait leur œuvre et que je ne suis plus aussi diligent que par le passé…

Bref sur ces entrefaites, un sacré personnage fait son entrée en scène sous la forme du MC venu présenter le premier groupe Joe Barr and the Soul Purpose. Ce mec donne l’impression d’avoir vécu toute sa vie dans ce genre d’endroit, la casquette kangol visée sur le crâne il explique la législation anti-tabac en vigueur tout en fumant tranquillement sa clope. Sa voix graveleuse trahit les années, les mégots et les fonds de bouteilles, sur qu’il en aurait de belles à raconter…

Puis la musique commence et on se sent immédiatement à l’aise. Joe Barr et son quartet commencent leur set, composé à 90 % de matériel original à l’exception de la reprise du classique « Cheaper to keep her ». La musique est pleine de feeling, en particulier le clavier et Joe a un organe « soulful ». Il ne tarde d’ailleurs pas à en faire la preuve allant se balader parmi le public pour aller chanter la sérénade à toute l’assistance féminine présente ce soir là. Après une heure de bon soul/blues, l’assistance est invitée à passer dans la salle d’à côté ou nous attend le Joanna Connor Band.

Cette dernière et son quartet, deux guitares, basse et batterie évolue dans un registre nettement plus rock, plus électrique, proche de Led Zeppelin ou de l’AC/DC des débuts qui n’oublie cependant pas les classiques de la soul comme le prouvera la reprise de Sex Machine (James Brown) sur la fin du set. Evidemment ça change, y compris parmi le public beaucoup plus dansant que dans la chambre d’à côté. Comme l’avait prédit le fameux MC c’est du blues with attitude, la nénette en a dans le pantalon. Après une heure de show tout le monde finira en nage sous les vivats de la foule et on passe d’une salle à l’autre jusqu’à quatre heures du matin…
http://joannaconnorband.com/
Contact Joe Barr : joebar1952@yahoo.com