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jeudi 23 février 2012

Boulbar : « Motor Hotel »



Voici le genre de disque qui en général fait le bonheur du chroniqueur tout simplement par ce que le projet à une histoire. En septembre 2010, Bertrand Boulbar embarque seul pour les Etats-Unis avec sa guitare sous le parrainage d’une vénérable marque d’appareils photos. C’est le début d’un périple de plus de 8000 kilomètres entre New York City et San Francisco au volant d’une voiture de location. En route Bertrand prend des photos mais aussi compose et enregistre son nouvel album (qui sera toutefois finalisé lors de son retour en France) dans des chambres de motels. Un peu dans les pas de Robert Johnson. Au final il y a ce disque où se mêlent influences venues du blues,  de la country et du folk mais aussi de la pop indé. Indéniablement un album fait d’ambiances désertiques, de route et de poussière composé de petites vignettes comme autant d’histoires, de destins souvent brisés. L’Amérique décrite ici est bien loin du luxe et de l’opulence de Beverly Hills ou de Manhattan. Il y est plus question de motels miteux et de survie à la va comme je te pousse. Et puis il y a la voix de Boulbar qui a trouvé dans cette expérience l’inspiration pour conter ses histoires à la manière d’un Tom Waits français (car le disque est enregistré dans la langue de Molière). Après la BD/disque « Requiem pour un champion » (chronique ici), Bertrand Boulbar poursuit une œuvre ou se mélange images et musiques. Plus qu’un album, un véritable compagnon de voyage.
Sortie le 27 février. En concert le 8 mars 2012 au trois baudets.
NB : En concert Bertrand Boulbar sera accompagné du dessinateur Vincent Gravé (son binôme de « Requiem pour un champion ») pour une performance mélangeant musique live, dessins, peinture, photos, vidéos… Vincent Gravé illustrant en direct les chansons de Bertrand Boulbar.

vendredi 9 juillet 2010

« Requiem pour un champion » de V.Gravé et B.Boulbar


San Francisco, novembre 1967. Jack Ranieri, boxeur déchu, s’apprête à braquer une banque. Comment l’ancien champion a-t-il pu tomber si bas ?

Superbe bande dessinée, « Requiem pour un champion » adopte une formule narrative originale puisque la même histoire nous est racontée par deux biais différents (et complémentaires) : la page (le livre) et la note (le disque).

La bande dessinée, en noir et blanc, est un polar à la trame classique mais efficace. Certaines vignettes sont très inspirées par le lieu et l’époque (San Francisco, la fin des sixties) et renouent avec le superbe graphisme psychédélique des affiches de concert vintage.

Le disque « noir» accompagnant le livre est l’œuvre du scénariste Bertrand Boulbar, également chanteur et guitariste. Musicalement l’opus se situe entre ambiances jazzy, blues et d’une certaine combinaison pop/rock sombre, ce qui en fait le compagnon idéal d’une nuit d’insomnie. Pourtant le débit, la voix de Boulbar et le concept même de l’album rappelle Serge Gainsbourg, époque « Melody Nelson ». Plus qu’un disque, c’est un film sans images.

Avec cette approche originale, du moins pour une œuvre de fiction, « Requiem pour un champion » apporte l’ingrédient sonore, la bande originale, à l’art muet de la bande dessinée.

Editions les enfants rouges, 74 pages, 16,50 euros.

http://requiemchampion.free.fr/
http://boulbar.com/