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mardi 9 octobre 2018

Lil' Red and the Rooster : « Soul Burnin' »



Il est de ces disques, souvent auto-produits, qui passent relativement inaperçus et qui pourtant, une fois posés sur la platine nous réservent d'excellentes surprises. Ainsi, Lil' Red and the Rooster est de retour avec une nouvelle tranche de bonheur gravée sur sillon. Ce que l'on aime par-dessus avec cet album, c'est sa capacité à nous faire voyager, à travers le temps, les époques, et les continents. Le disque baigne dans une ambiance délicieusement rétro, dans un cross-road prisé et précieux, au confluent des influences entre blues, jazz et une pointe de soul. La voix de la chanteuse Jennifer Milligan est magnifique, rauque ou douce au besoin, et, quelque soit le contexte, débordante de charme. L'accompagnement musical est à l'avenant, swing velouté mais contrebalancé par des guitares rêches mais néanmoins élégantes de l'excellent Pascal Fouquet tirant le fil de soli inspirés. Enfin dernier élément, discret mais essentiel à l'équation : le clavier. Qu'il s’agisse de nappes d'orgues soul soyeuses, ou de piano swinguant en diable, l'instrument fait basculer l'ensemble dans une autre dimension tout en apportant un supplément d'élégance (si toutefois cela était nécessaire) dans le moindre espace disponible. De quoi faire de cet album un classique immédiat dépassant de la tête et des épaules toute la triste cohorte des contrefacteurs.

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samedi 8 novembre 2014

Lil Red & The Roosters : « Out of the coop ! »



Derrière le patronyme de Lil Red & The Roosters se cache en fait le couple Pascal Fouquet (guitare) et Jennifer Milligan (chant) que l'on avait découvert auparavant au sein du projet Jenny Lee and The Hoodoomen. Si l'alias change, l'amour que porte le duo au blues reste, quant à lui, intact. C'est à cet idiome que le duo rend hommage, de fort belle façon, sur les quatorze plages de ce nouveau disque. Car, avec 3 compositions originales (dont la très réussie « Ain't your pet no more ») et 11 reprises, cet album est bel et bien un hommage à la musique bleue. On succombe une fois de plus au charme de la chanteuse Jennifer Milligan son grain de voix est sublime à la fois profond et un peu éraillé avec la capacité de descendre dans les graves. Une voix de femme fatale... Titre après titre, les quatre compères des Roosters sculptent patiemment l'écrin idéal pour mettre en valeur l'organe de la chanteuse. La musique déborde de feeling et la section rythmique est pleine de swing, la basse tenue par Jeff Vincendeau en particulier impressionne (la jazzy « Gritty Pretty »). Le guitariste Pascal Fouquet est essentiellement dans un rôle rythmique, le son étant assez peu electrifié, c'est à l'harmoniciste Thomas Troussier que revient les soli. Ses interventions sont concises et toujours à bon escient, le son de l'harmonica semble avoir été l'objet de nombreuses attentions. L'interaction entre les différents intervenants procure un véritable plaisir d'écoute, on sent les musiciens réellement soudés et, dans le fond, il n'en faut guère plus pour réussir un disque. Enfin, afin de varier les plaisirs, le groupe cède parfois à la tentation acoustique, sans batterie, pour un résultat intimiste et réjouissant (« Slow down », « Hound dog », « Fever »). C'est dans ces moments que l'album se révèle le plus dépaysant, l'auditeur est transporté dans une grange au fin fond des champs. Une réussite éclatante.