dimanche 16 mars 2014

The Craftmen Club + Red Goes Black, Nouveau Casino, 12 mars 2014.


(c) Christophe Sergent
Sur le mur du fond de la salle s'affiche l'acronyme TCC (The Craftmen Club) suivi de numéros de série qui défilent le tout accompagné d'une musique sourde et angoissante avant que le quatuor n'entre en scène. Comme un fait exprès le concert débute avec « Face to face » symbolisant le nouveau Craftmen Club épris d'ambiances froides et robotiques, inspirées par la coldwave des années 1980 (sans les synthés) mais qui n'a pas renoncé pour autant aux guitares et au rock n'roll. Dans le grand ordonnancement des choses, c'est un peu le chaînon manquant (et rêvé aussi) entre The Cure et The La's (au hasard). Le groupe est vêtu de nouvelles tenues de scène, des chemises bleu marine type armée avec un écusson TCC suivi d'un numéro de série. Kafkaïen au possible. Sur scène le groupe fait preuve d'une efficacité rythmique à toute épreuve, le chanteur Steeve maintenant le cap ponctuant le show de « let's go » annonçant l'explosion imminente des guitares à plein volume. Il est étonnant de constater à quel point ce type, plutôt réservé dans la vie de tous les jours, se transforme une fois sur scène. Le show se termine dans un quasi chaos, Yann démonte sa batterie, balance la caisse claire avant de vider une bière sur scène. Steeve éructe dans tout les sens. Marc reste stoïque et garde le tempo à la basse. Grand moment. Grand groupe.
 
En première partie on a pu apprécier les bretons (Douarnenez) de The Red Goes Black. Moins sauvages mais tout autant rock n'roll, le groupe rappelle autant les Mods et le Mersey beat anglais que le rock garage et le blues étasunien. Très belle découverte.
http://theredgoesblack.com/


Brad Mehldau, Maison des Arts de Créteil, 11 mars 2014


 
Pianiste de classe internationale et un des jazzmen les plus populaires de ces dernières années, Brad Mehldau était de passage à la Maison des Arts de Créteil mardi soir. Le pianiste se produit en trio acoustique accompagné par sa section rythmique batterie/contrebasse. Si l'attention se focalise principalement sur le piano, on reste pour notre part frappé par la maîtrise de la section rythmique. Écouter un concert de Mehldau, c'est quelque part accepter de se perdre. Sa musique réclame une part d'abandon. Les compositions sont longues, très longues, les possibilités mélodiques sont infinies et explorées à l'envie. On reste scotché par le batteur Jeff Ballard et son sens du swing pour le moins personnel, cette capacité à utiliser le rebond et à creuser le temps au maximum, rapide mais toujours fluide, ses baguettes ne faisant qu'effleurer les peaux. La sensation est d'autant plus saisissante lorsque Ballard se met à battre réellement. Chaque coup est alors reçu d'un presque sursaut. Quelque soit la durée des pièces jouées (parfois jusqu'à 15 minutes) toujours les musiciens retombent sur le temps. Au delà de l'aspect technique, on retient surtout la musicalité pure de l'instant. Au piano Mehldau dégage un lyrisme évocateur. L'impression générale est étonnante, Brad Mehldau semble se contorsionner d'un bloc derrière son clavier, les coudes près du corps. Les émotions se bousculent, c'est assez difficile à décrire. Seul petit regret, la contrebasse manque d'amplification, on a parfois un peu de mal à entendre et à profiter de ce son si particulier... Ce fût quoi qu'il en soit un excellent moment.
http://www.bradmehldau.com/

lundi 10 mars 2014

Yucca Velux : « Love »


Dans cet espèce de tonneau des Danaïdes qu'est l'actualité musicale, il est, de temps en temps, des groupes qui sortent du lot. Des disques dont on n'espérait rien et qui d'un coup deviennent indispensables. Il ne s'agit que de quelques bribes de réflexion venues à l'écoute de « love », un EP signé Yucca Velux, groupe inconnu jusqu'alors. Yucca Velux, donc, groupe vraisemblablement biberonné à la pop anglaise, sort un EP remarquable en dépit d'une apparente modestie et un petit air de ne pas y toucher. Sous un aspect des plus classiques, les cinq titres ici compilés font figure de modèle du genre. Jolies mélodies à base de guitare à son clair, arrangements soignés (les cordes en particulier), rythmique toute en souplesse, le disque s'écoule avec douceur et plaisir. La voix féminine apporte une petite touche soul pas désagréable à l'univers très sixties/hippie/pop du groupe. Une belle découverte pour finir la journée en douceur...

www.facebook.com/yuccavelux


dimanche 9 mars 2014

Liz McComb : « Brassland »



Née à Cleveland (Ohio), Liz McComb mène depuis trois décennies une carrière remarquable entre jazz, gospel et soul music. Une voix, rauque et sexy, qui compte. Aussi incroyable que cela puisse paraître, jusqu'ici, Liz McComb avait toujours refusé la présence des cuivres dans son groupe, prétextant qu'elle était elle-même « a horn ». Il a fallu attendre son dixième album pour enfin la voir changer d'avis. Direction, le Brassland, pays imaginaire où les brass band règnent en maîtres. Pour ce nouvel album, Liz a vu grand. Monumental, le disque comporte 21 pistes, soit plus d'une heure et quart de musique, sans aucun déchet, la marque des plus grands. Ce nouvel effort a nécessité de nombreux voyages, Liz récupérant des inspirations diverses au fil des routes. De Paris à La Nouvelle-Orléans, de Detroit à Kingston en passant par New York. Chaque session est marquée par une couleur particulière, les morceaux « parisiens » sont plus urbains dégageant une aggressivité presque rock (« I need you », « Labours in the Vineyard »), les sessions « jamaïcaines » ont des teintes à la fois reggae (« Give it up ») mais aussi caribéennes (« The blessing »). Detroit symbolise la soul jazzy et langoureuse (« What a wonderful world ») alors que New Orleans incarne une facette funky et accrocheuse (on s'en serait douté). Chaque étape est marquée par des collaborations avec des musiciens légendaires et plusieurs fantômes planent au-dessus de ce disque de Bob Marley (des membres de son ancien groupe ont participé aux sessions) aux Meters (à noter les participations de George Porter et Ivan Neville). On aurait pu tomber dans l'écueil de l'album patchwork et il n'en n'est rien, la forte personnalité et le chant tellement puissant de Liz McComb sert de lien et l'album s'écoute dans un flot harmonieux. C'est finalement à un panorama géant de la « great Black American music » qui nous convie Liz McComb. Direction le Brassland, pays imaginaire et rêvé où les brass band règnent en maîtres...
www.lizmccomb.com
www.facebook.com/liz.mccomb.official

En concert les 13 et 14 mars 2014 au Casino de Paris (Paris)


samedi 8 mars 2014

Paris Combo : « 5 »



On aurait bien tort de croire que la chanson française soit systématiquement synonyme de misère et de commisération. Bien au contraire, lorsqu'elle prend soin de rester à l'écart des dérives commerciales typiques de la variété, la chanson peut être belle. On en veut pour preuve le nouvel album de Paris Combo. Frais et léger, sans être dénué de profondeur, Paris Combo remet au goût du jour un swing désuet mais charmant qui est sa marque de fabrique depuis le milieu des années 1990. Trompette, contrebasse, guitare c'est un peu comme si le fantôme de Django s'invitait à la table tant l'influence du jazz est prégnante. Ajoutez à cela la voix cuivrée et sexy en diable de Belle du Berry, une chanteuse téléportée depuis les guinguettes du bord de Marne des années 1920, un soupçon d'exotisme (l'arabisante « Lux ») des textes tour à tour gouailleurs, rigolos ou romantiques... Couche après couche, Paris Combo se compose un univers des plus séduisant. Suffisamment en tout cas pour que l'on attende le printemps en compagnie de son nouveau disque. Et même plus si affinités.

Pour acheter le disque https://itunes.apple.com/fr/album//id797557309


My Little Cheap Dictaphone : « The smoke behind the sound »



Parce que la volonté se dépasser et le refus de la redite sont des qualités indispensables, on s'interdira de dire du mal de My Little Cheap Dictaphone (par ailleurs un des meilleurs groupes actuellement en activité sur notre vieux continent). Trois ans après le magnifique « Tragic tale of a genius », MLCD est de retour avec un nouvel effort, résolument moderne et aux accents planants, soit l'exact opposé du disque précédent. Et force est de constater que le résultat est bien en deçà du niveau de qualité auquel le groupe nous avait habitué jusqu'à présent. Hormis quelques titres, le single d'ouverture « Fire », « Rabbit holes », « Out of the storm », « Feather Smile » la sauce ne prends jamais vraiment. L'écoute se déroule, provoquant une sensation vaporeuse chez l'auditeur (« Bitter taste of life », « Change in my heart », « Summer in the dark » aux claviers limite kitsch). Autrefois lyrique et pleine d'emphase la musique de MLCD semble aujourd'hui désincarnée. Plate et sans relief. Comme si au cours des longs mois passés à polir ce nouveau disque dans les moindres détails, à la recherche d'un absolu pop impossible, le groupe en avait fini par oublier l'essentiel : les chansons. Grosse déception.



jeudi 6 mars 2014

The Psychotic Monks : « Another Man EP »


Le patronyme du groupe a de quoi inquiéter... Pourtant, seule la concurrence doit se faire un sang d'encre. Après écoute des quatre titres (quelle frustration) de cet EP, on en arrive à une conclusion toute simple : The Psychotic Monks est le genre de groupe qui se pose là et à tout pour rapidement devenir l'un de nos préférés. Clair, carré et efficace, le rock n'roll vu par les Psychotic Monks puise sa source dans les années 1970. Rythmiques d'enfer, guitares qui dégoulinent, on navigue à vue, quelque part entre hard rock, stoner et relents blues. Le groupe place l'urgence et l'efficacité en valeurs cardinales, tant dans le traitement des batteries que des guitares, ça frappe fort, ça fait du bien... Science du riff alliée à la puissance de frappe, le groupe impressionne par sa précision rythmique et sa capacité à tout emporter sur son passage mais, toujours, avec justesse et la bonne dose d’agressivité, sans jamais verser dans l'excès. La bien nommée « Tremolo song » (le fameux relent blues dont on parlait plus tôt) met en avant une autre facette du groupe, mélodique et délicate, pleine de feeling. Ces types sont également capable de la plus belle des retenues. Où s'arrêteront-ils ? On attend un album pour le savoir...
https://soundcloud.com/psychotic-monks
https://www.facebook.com/ThePsychoticMonks


lundi 3 mars 2014

Klô Pelgag : « L'alchimie des Monstres »



Découverte à l'automne dernier, la jeune (24 ans) Québecoise Klô Pelgag est, déjà, de retour avec un premier album qui s'écoute comme une invitation au voyage. Et c'est un étrange pays, celui issu de son imagination fertile, qu'il nous est proposé de visiter. Teinté de surréalisme (« La fièvre des fleurs », « Les mariages d'oiseaux », « Le silence épouvantail »), Klô chante des personnages atypiques, des situations étranges et les animaux (« Taxidermie », « Les corbeaux ») ; son univers relève d'une alchimie rare, parfois grave et pourtant étrangement teinté de légèreté. Avec en prime ce petit grain de folie onirique, typique des artistes Québecois, qui fait souffler un vent frais et décalé sur la chanson chantée dans la langue de Molière. Pianiste et guitariste remarquable, Klô Pelgag se moque des étiquettes musicales, normal pour une artiste qui se réclame à la fois de Frank Zappa, Jacques Brel, King Crimson, Debussy ou son compatriote Gilles Vigneault. Son album est majoritairement acoustique, le swing jazzy se marie avec des cordes classiques. Parfois un souffle épique s'empare des compositions de Klô (« Rayon X ») qui rappelle, dans une moindre mesure, les voisins Montréalais d'Arcade Fire. Cet univers étonnant trouve son plein épanouissement sur scène où l'humour pince sans rire de Klô le dispute aux tours de magie effectué par les musiciens. Elle est en tournée européenne jusqu'à la fin avril, profitez-en.



dimanche 2 mars 2014

Ndidi : « Dark swing »


 
Autrefois connu sous le nom de Ndidi O, la Canadienne Ndidi est de retour avec ce nouvel album, « Dark Swing », qui, d'après elle, est la chronique d'une relation qui n'aura duré qu'un an jusqu'à la rupture finale. Ce qui explique la doucereuse mélancolie qui enrobe les onze titres composant le disque, qui est probablement le plus personnel jamais publié par Ndidi jusqu'à présent. Et une fois encore la magie opère. La voix de Ndidi est magnifique, certainement l'une des plus belle sur le marché à ce jour. Ce chant est mis au service de solides compositions prenant leur source dans les musiques terriennes d'Amérique du Nord. On pense bien sur en premier lieu au jazz vocal ("Why can't you be mine" superbe) et en particulier à Norah Jones, sauf que contrairement à elle, Ndidi ne s'est jamais perdu en route. Plutôt que de céder à la facilité d'une approche pop trop commerciale pour être complètement honnête, Ndidi préfère se rapprocher du folk (« Love and laughter », « Don't come around here ») ou du blues pour un résultat organique et majoritairement acoustique. La pop et le rock ne sont pas cependant oubliés aux détours de reprises (un peu convenue) de « Sugarman » (Rodriguez) ou « Yer so bad » (Tom Petty). Un magnifique album, nocturne et automnal.

samedi 1 mars 2014

Anna Calvi : « One Breath »



Apparue en 2011 avec un premier album rock et baroque, l'anglaise Anna Calvi avait frappé les esprits. La voici de retour avec un nouvel effort et une nouvelle déflagration en perspective. L'univers musical d'Anna Calvi est tel un gâteau où différentes couches d'ingrédients se superposent en un mélange harmonieux. On connaît l’appétence de la britannique pour les ambiances à la fois classiques et baroques, l'album regorge d'arrangements de cordes somptueux et délicats (le morceau titre « One breath ») qui se marient à merveille avec son timbre de voix mélodieux. « Sing to me » est ainsi une petite perle de rêverie musicale. Mais Anna Calvi sait également se faire violence et faire monter les décibels au moyen d'une guitare surprenante voire inattendue. « Eliza » et « Love of my life » sont les parfaits exemples de chansons fiévreuses qu'Anna peut produire lorsqu'elle s'attaque au rock n'roll. « Cry », morceau schizophrénique, résumant parfaitement le tout en une alternance de délicatesse et de violence expérimentale au moyen d'une guitare vraiment surprenante. Enfin « Piece by piece » offre encore une autre facette à l'électro parfaitement assumée et digérée. Si elle continue sur cette lancée, il ne fait aucun doute que cette jeune Anglaise ira très loin...

jeudi 27 février 2014

Toybloid : « From scratch »



Manière de maladie éternelle, la fièvre du rock n'roll, au grès de ses incarnations diverses, dure depuis maintenant bien longtemps... Les lecteurs de cette page en connaisse bien les symptômes, cette démangeaison, cette urgence, la pulsation... Tout jeune groupe, le trio Toybloid est le dernier incubateur en chef dudit virus. Quatre titres seulement, et tout est déjà là. Classe et fievreux, Toybloid pratique la déglingue punk façon riot girl avec un bon goût assumé, prenant ses racines dans la scène de la fin 1970s début 1980s. Les chansons n'excèdent pas les trois minutes, les guitares hurlent dans un étrange son étouffé, la rythmique impulse à cent à l'heure. Tout ce qu'on aime en fait. Attention, la contamination de masse est annoncée...
www.toybloid.com


mercredi 26 février 2014

Social Square : « Kaïju Quick Fix »



Premier mini EP, deux titres seulement, produit et mixé par Arno Bordas (Stuck in the sound) dans son studio de Montreuil pour ce groupe Parisien. Tout chez Social Square, du graphisme de la pochette à la musique, exhale le parfum indé des années 1990. Guitares énormes, rythmiques carrées, l'ep est parfaitement produit et il ne fait aucun doute que le groupe sait y faire pour retranscrire ces ambiances entre grunge et power pop. Mais la chose devient passionnante par l'addition de petits riens qui au final font un grand tout. Le trio trouve son originalité avec l'utilisation de sonorités inédites, stylophone, theremin, autant d'instruments que l'on n'entends pas souvent dans le rock et que l'on retrouve avec plaisir. Si « It never works » reste encore assez timide et classique, le groupe se lâche vraiment avec « You can try » qui prends une allure inattendue aux trois-quarts de la chanson sous la forme d'un pont disco. Etonnant. Il est bien évidemment beaucoup trop tôt pour crier au génie après deux chansons seulement, mais notre curiosité est belle et bien éveillée...
www.facebook.com/socialsquaremusic
www.influenza-records.com


mardi 25 février 2014

Grindi Manberg : « Fantasized Lumberton »



Décidément, sortie après sortie, Reims s'impose comme une capitale forte de la musique hexagonale (à égalité avec Nantes). L'heure est donc venue de découvrir Grindi Manberg (Romain Thominot pour l'état civil) et son impressionnant EP de cinq titres. Tournant le dos à un courant électro pop plutôt enjoué, guilleret voire gentiment kitsch, Grindi Manberg prends le chemin inverse celui qui mène droit dans l'obscurité. C'est peu dire que l'écoute de ces cinq titres hante longtemps l'auditeur. Fantomatique, la musique de Grindi Manberg s'insère peu à peu dans vos oreilles tel un vénéneux poison. La base reste bien évidemment la coldwave des années 1980. Mais plutôt qu'un simple revivalisme, forcément un peu stérile à la longue, Grindi Manberg préfère garder le meilleur des années 1980, le spleen, pour le mélanger à des nouvelles saveurs. Aux nappes de claviers entêtantes (mention spéciale à la magnifique « Lisbon » tube absolu) s'additionnent des guitares dissonantes, un peu shoegaze, que l'on jurerait échappées de chez My bloody valentine, et des rythmes lourds. Le résultat est comme suspendu, planant, sans que l'on sache vraiment si l'artiste cherche à nous propulser dans les airs ou, au contraire, nous enfoncer la tête sous l'eau. Et d'un coup, c'est un vent glacial qui souffle sur l'électro pop/new wave hexagonale. A découvrir d'urgence.
https://soundcloud.com/grindi-manberg
https://www.facebook.com/grindimanberg

dimanche 23 février 2014

Da Flex


L'itinéraire de Da Flex commence en 2012 avec la sortie de son premier EP éponyme. Et d'emblée Da Flex s'impose avec une énergie diabolique. Un savant mélange de gros rock sur des rythmes funky. On pense bien sur à la scène fusion des années 1990. A ceci près que le chant est assuré par Charlotte, une chanteuse au timbre plus soul. Débarrassé des influences rap, plus mélodique, Da Flex s'ouvre bon nombre d'horizons inconnus du commun des groupes fusion. « Unchained melody », morceau plus ouvertement funky, provoque des envies de danse chez l'auditeur et l'intro de « I know ya boy » sonne comme un bon vieux blues. Et ceci sans parler de la science du riff qui déferle comme un vague. Avec ce premier ep et dans le sillage de leur excellente chanteuse, les Vendéens (basés à La Roche-Sur-Yon) sont bien placés pour remporter haut la main le concours du groupe le plus sexy.



Ces bonnes impressions sont confirmées un an plus tard, en 2013, avec la sortie du deuxième ep « Shake ». Da Flex évolue et c'est encore meilleur. La chanteuse Charlotte gagne en profondeur, sa voix laisse entendre parfois une petite cassure au fond de la gorge, typique de la soul music. Son chant est nettement plus assuré. Musicalement, le groupe délaisse les influences fusion/métal typiquement 90s du premier EP, au profit d'un son plus garage. Et de nouveaux sommets apparaissent à l'horizon. « Game over » est un superbe exercice rythmique sur le fil. « Go to hell », plus dark, fait montre d'une gravité nouvelle chez les Vendéens. « Shake that ass » (et son clip tourné à Nantes) prouve que Da Flex s'y entends toujours en matière de décibels. Mais la grande réussite du groupe est, à ce jour, probablement « Stop da time », l'efficacité est maximum, la chanson est portée par une euphorie rock n'roll contagieuse (la fameuse science du riff dont on avait parlé plus tôt) avant un pont qui est certainement ce que le groupe a composé de plus mélodique. « Out of reality », morceau plus classiquement heavy sur une dynamique tension/détente clôture cette nouvelle livraison. On attend avec impatience que les Vendéens s'attaquent à un premier album, sexy et rock n'roll.

https://www.facebook.com/DaFlexMusic
https://myspace.com/da_flex


jeudi 20 février 2014

Hoboken Division : « A night out / Devil Got My Woman »



Le duo, que l'on avait déjà évoqué par ici, est de retour avec un nouveau 45 tours qui enracine encore un peu plus Hoboken Division dans le blues.

La face A débute avec un original « A night out », soit la quintessence de ce que peut livrer le duo à l'heure actuelle : tempo lent et lourd, une guitare grasse et chargée en électricité assure la rythmique tandis qu'une slide nous ramène, encore et toujours, vers le blues. Un bon moment.

On continue dans la même veine et, conséquence logique, c'est une reprise d'un standard de Skip James, « Devil Got my woman », que l'on retrouve en face B, dans une version poisseuse à souhait. Le duo a eu la bonne idée de moderniser la chanson, sur un tempo (encore) assez lourd, tout en gardant l'esprit intact. Seul le chant semble encore un peu « vert » pour la note bleue. Mais ne faisons pas la fine bouche, ces deux morceaux constituent un excellent 45 tours.

http://hobokendivision.bandcamp.com/
https://fr-fr.facebook.com/hobokendivision


mercredi 19 février 2014

The Ones : « Sometimes »


 
Explosive, la musique de The Ones n'est pas sans rappeler quelques précédents glorieux qui, de Weezer aux Foo Fighters, ont fait du bruit dans les années 1990. Il est donc question ici de power pop, genre auquel le quartet vendéen (basé à Challans) s'attaque toutes guitares dehors et dans la langue de Shakespeare. Rythmique solide, gros son, le groupe brille par son efficacité et sa dynamique à l'instar de son single « You » qui donne des fourmis dans les jambes. A contrario, « At home » offre une facette différente, plus émotive, les décibels en berne. « Just a way » est encore différente dans un genre (légèrement) plus dark. Pas mal du tout... Mais cela serait encore mieux si le groupe réussissait à couper la petite minute de gras qui encombre parfois les compositions. Se recentrer sur des formats de chansons un peu plus court et laisser ainsi exploser la formidable énergie qui l'anime. The Ones, un groupe attachant et une affaire à suivre.

www.twitter.com/The_Ones_Music

mardi 18 février 2014

Sélection naturelle d'Alexandre Grondeau



Rien ne semble relier les destins de John, Yan et de Jean. Sauf que tous trois arrivent à un moment clé de leur existence. John est un avocat parisien tellement aliéné par son travail qu'il en arrive à renier ses convictions profondes. Yan est un petit dealer sans envergure véritable pris au piège. Enfin, Jean est un retraité, dont seule l'apparence est tranquille, rongé par la maladie et par son passé. Jusqu'à la surprenante révélation finale...
 
 
Avec ce troisième roman, au titre particulièrement juste, Alexandre Grondeau se livre à une analyse sans fard de la société actuelle. Plaçant ses personnages devant leurs contradictions, confrontant leur humanité profonde, l'auteur délivre un constat qui fait froid dans le dos décrivant la difficulté à vivre dans la société actuelle, qu'il s'agisse de s'élever socialement (le personnage de Yan), de conserver sa position sociale actuelle (John) ou de lâcher prise lorsque arrive le bout de la route (Jean). La vision d'ensemble est particulièrement noire. Comme dans les meilleurs crus signés George Pelecanos, l'ouvrage se termine avec une playlist détaillant les albums écoutés par les différents personnages au fil des pages. A découvrir.

Sélection naturelle d'Alexandre Grondeau
Editions la lune sur le toit
230 pages 18 euros.
Www.selectionnaturelle-lelivre.com

lundi 17 février 2014

Minor Alps : « Get there »



Minor Alps, qui tire son nom d'une vision du mont Ventoux, cristallise la rencontre artistique de Matthew Caws (chanteur/guitariste de nos biens aimés Nada Surf) et de Juliana Hatfield (Blake Babies). Deux artistes de la même génération faits pour se rencontrer. Ladite rencontre s'est faite à l'occasion d'un duo sur une chanson de Nada Surf « I wanna take you home ». Les deux musiciens livrent içi une partition solide, un excellent album pop rock indé, comme à la grande époque des années 1990. Des guitares et des chansons rudement bien troussées, il n'en faut guère plus pour provoquer un sourire chez l'auditeur à l'écoute de ces onze pépites fines parsemées de délicates harmonies vocales. « I don't know what to do with my hands » et « Waiting for you » raviront les fans de Nada Surf (la dernière étant d'ailleurs cosignée par les deux autres membres du trio new-yorkais). « Maxon » est une petite perle à l'acoustique particulièrement délicate à l'oreille. Le duo n'hésite pas à sortir un peu des sentiers largement rabattus dans leurs formations respectives, utilisant ici ou là un clavier discret ou une boite à rythme pour apporter un brin de diversité bienvenue. Soulignons également l'excellente « Mixed Feelings », de loin le morceau le plus rock du disque, quasiment punk, les Ramones ne sont pas bien loin. Les Alpes ont beau être humbles, cet album symbolise un sommet de plus dans la discographie des deux protagonistes.


dimanche 16 février 2014

The Rifles : « None the wiser »



A bien des égard l'actualité musicale ressemble à un éternel recommencement. Et c'est bien à ce genre de pensées que se livre l'auditeur à l'écoute du quatrième effort des trop méconnus The Rifles (reformés pour l'occasion dans leur formation originale). Revisitant avec bonheur les décennies 1960/1970, The Rifles livre une petite merveille d'album rock, un rien désuet, qui n'invente certes rien mais exécuté avec talent et maîtrise. Pour résumer, le genre de disque que l'on a entendu une bonne centaine de fois mais vers lequel on retourne avec un plaisir renouvelé. Piochant à la fois dans la culture Britannique et Américaine, The Rifles démontre ainsi un amour immodéré pour le mouvement Mod et les Jam en particulier (« Heebies Jeebies », « Go lucky »), le folk US (« All i need », « The hardest place to find me ») ou le rock psychédélique (« You win some »). Des artisans en somme, dotés d'un solide sens de l'écriture pop qu'ils parviennent à conjuguer à une dynamique indie moderne (« Catch her in the rye »). Un album qui ravira tous les amateurs de rock classique à l'ancienne.
http://www.therifles.net/
https://www.facebook.com/therifles



samedi 15 février 2014

The Fleshtones : « Wheel of talent »



Légendes vivantes du rock garage étasunien depuis la formation du groupe à la fin des années 1970, The Fleshtones sont de retour avec ce nouvel effort. Les Fleshtones ont une qualité essentielle, celle de ne jamais vraiment changer ce qui fonctionne. Cet « énième » album se présente donc comme un disque de rock n'roll carré et puissant porté à la fois par des guitares grasses à souhait (merci Keith Streng) et quelques notes d'orgues (Peter Zaremba) pour agrémenter le tout d'une petite note groovy franchement pas désagréable. Et surtout sans dépasser les trois minutes réglementaires pour préserver l'efficacité. Un album de plus donc ? Non pas vraiment par ce que les Fleshtones n'ont pas peur d'enrichir leur palette. Le songwriting n'hésite pas à aller chasser sur le terrain pop, regorgeant de hooks et de refrains qui font « hoo hoo » comme sur la fun et excellente « Roofarama ». Mais les Fleshtones se sont également donné les moyens de leur ambition, parsemant leur musique d'arrangement de cordes majestueux (le morceau d'ouverture « How to say goodbye », « Available ») ou faisant appel à une section de cuivres enregistrés à Madrid (« What i've done »). Pour le fun et l'émotion, soulignons également l'hommage rigolo aux Ramones (« Remember the Ramones ») Pratiquement quarante ans de carrière et une vigueur toujours intacte, lorsqu'elle a tourné la roue du talent n'a pas oublié de s'arrêter sur la case Fleshtones.

vendredi 14 février 2014

Michel Cloup Duo : « Minuit dans tes bras »


 
Ancien leader de Diabologum dans les années 1990, Michel Cloup est un artisan, trop méconnu, du rock français. Son nouveau projet, sobrement intitulé Michel Cloup Duo, fait montre d'un retour aux sources : une guitare et une batterie. Pas d'effets de manche, pas de superflu, seul l'essentiel prime. De fait si il y a une chose que décrit magnifiquement ce disque, c'est le lien ténu, subtil et intime entre le musicien et son instrument. Car « Minuit dans tes bras » est un magnifique album de guitares. En ce sens, Michel Cloup et son compère batteur Patrice Cartier renouent avec une tradition rock du gros son (« J'ai peur de nous », « Minuit dans tes bras », « Sortir boire et tomber ») que, soyons honnêtes, la France n'a jamais réellement su maîtriser. L'album se présente sous un jour plutôt aride. Un champ de désolation électrique après la bataille, fait de montées (« Ma vieille cicatrice ») et de descentes (« Coma » morceau d'apparence calme mais mû par une angoisse sourde). Incandescent dans ses meilleurs moments, le disque sait aussi se faire touchant grâce aux paroles (« Minuit dans tes bras », quel titre évocateur!), Cloup se livrant à une mise à nu poétique de l'homme, de la femme et des relations de couple. « Il y a toi, il y a moi et il y a nous entre guillemets » chante Cloup sur « J'ai peur de nous » avec une honnêteté peu commune dans le petit monde du rock français. Enfin, impossible de terminer cette chronique sans évoquer la cavalcade échevelée « Minuit dans tes bras #2 » qui s'étire sur plus de douze minutes d'une longue et impressionnante dérive. Renouant avec une approche arty du rock n'roll, Cloup utilise cette fois la voix bienveillante de l'actrice Françoise Lebrun, vingt ans après avoir adapté « La maman et la putain » (film réalisé par Jean Eustache en 1973) avec son ancien groupe Diabologum. Un grand album, tout simplement.

En concert à Paris (la gaîté lyrique) le 18 février.

dimanche 9 février 2014

The Saintcyr : « I'm waiting for the black day »



Attendant le « jour noir », les français de The Saintcyr ont décidés de patienter en musique. Et bien leur en a pris. Sous des atours plutôt sombres, pochette noire à tête de mort, The Saintcyr développe sur ce premier effort un univers musical aux ramifications multiples et beaucoup plus profond qu'on le suppose au premier abord. Il est bien entendu beaucoup question sur ces dix titres de coldwave. La musique de The Saintcyr n'est pas sans rappeler quelques glorieux aînés des années 1980, au hasard Joy Division, The Cure (la psyché/arabisante « The dream is sad »), Depeche Mode (l'électro pop « No tears, no work ») ... Mais ce n'est pas tout, The Saintcyr a le bon goût de la curiosité musicale et certains titres plus pop, « Cendrillon », « The Lord », « Lost part 2 », « Soft riot » et son piano digne des Dresden Dolls, sont d'un abord plus clair et organique mais d'une intention toujours intense. Malgré tout, c'est quand le groupe plonge la tête la première dans les ténèbres qu'il nous séduit (la gothique « One black day », l'effrayant intermède « Lost part 1 » ou « Forever ghost » probablement la meilleure du lot). Un premier effort assez prometteur en dépit d'une identité musicale pas encore tout à fait affirmée et de quelques faiblesses de production qui font que l'ensemble sonne parfois comme une démo. A suivre...

https://www.facebook.com/pages/thesaintcyr/139823134476


jeudi 6 février 2014

Matthew E. White : « Outer Face »



Le songwriter étasunien est de retour avec cette nouvelle mini-livraison de cinq titres. De plus en plus, White semble évoluer en roue libre. Ce nouvel ep présente l'artiste sous une forme plus expérimentale. Pour résumer, beaucoup plus de soul et moins de folk music. White délaisse ainsi la six cordes (il me semble d'ailleurs ne pas avoir entendu la moindre note de guitare) au profit d'un déroulé de violons/violoncelles majestueux. L'artiste semble aussi s'être dégagé des contraintes rythmiques, pas de batteries mais une basse solide agrémentée de percussions éparses. Ces nouvelles chansons plongent l'auditeur dans une sorte d'état second comme transporté par une transe molle. La voix profonde et tellement soul de White fait, par contre, toujours son petit effet. Le résultat peut dérouter de prime abord (« In the valley ») mais est profondément attachant.


dimanche 2 février 2014

Talisco : « Run »




« Run » est le premier album du songwriter parisien Talisco qui avait été repéré avec son EP « My Home ». Sorte de laborantin des sons, travaillant probablement en solitaire, Talisco livre un album aux contours insaisissables et riche de mille nuances. Le disque s'ouvre avec la magnifique « Your wish » d'inspiration folk mais bien vite Talisco s'échappe vers d'autres horizons que l'on ne peut limiter à sa seule guitare. Richesse des arrangements, empreints d'électronica, croisement entre le timbre grave et profond de la voix de Talisco et de multiples expériences sonores, un souffle épique digne d'Arcade Fire emmène l'ensemble ailleurs. L'auditeur passe par différentes phases allant du western, la crépusculaire « Sorrow », à la pop en passant par le folk (la très belle « So old ») et ce parfois au sein de la même composition. « Run », comme une fuite effrénée vers l'avant, le disque porte plutôt bien son nom. Gare au risque de se perdre en route malgré tout.

http://www.taliscomusic.com/

samedi 25 janvier 2014

Pendentif : « Mafia Douce »


Originaire de Bordeaux, le quintet a sorti son premier album à l'automne dernier. Et plutôt que le bijou dont il a emprunté le nom, la musique de Pendentif rappelle plutôt les colliers de bonbons qui faisaient fureur dans la cour de récré de notre enfance. C'est dire si la musique des Bordelais est acidulée. Arrivé à ce point de la chronique vous aurez probablement compris qu'il est aujourd'hui question de pop music dans tout ce qu'elle a de coloré, joyeux, primesautier voire enfantin. Pendentif n'est pas sans rappeler la « french pop » des années 1980, celle de Lio, d'Ellie et Jacno, Daho et Gamine (hérédité bordelaise oblige), mettant en avant les guitares carillonnantes et autres synthés. Le groupe a trouvé sa figure de proue en la personne de sa chanteuse Cindy Callède qui incarne à merveille les textes évoquant la fuite, qu'elle soit en avant ou du quotidien, et les premiers émois amoureux. Écouté en plein hiver « Mafia Douce » s'impose comme la bande-son idéale d'un été regretté...
 

mercredi 22 janvier 2014

Zara McFarlane : « If you knew her »


 
Valeur montante de la scène jazz britannique et protégée de Gilles Peterson, qui l'a signée sur son label Brownswood Recordings, la jeune Zara McFarlane est de retour avec son deuxième effort. Superbe vocaliste, Zara McFarlane n'a pas peur d'aller chatoyer les aigus (« Spinning wheel ») tout en gardant le coffre nécessaire au jazz. C'est à joli numéro de charme que se livre la jeune anglaise sur les onze plages du disque, difficile de ne pas succomber à sa voix (cf. « You'll get me into trouble » ; « Police and thieves ») et à son registre étendu qui peut également descendre dans les graves (« Plain gold ring »). Mettre la voix de son interprète en valeur, c'est semble-t-il, le leitmotiv qui a animé les sessions. Les musiciens l'accompagnant ont eu le bon goût de ne pas trop en faire. L'album est majoritairement acoustique et met en avant des instruments tel que le piano, la contrebasse et la batterie (une guitare sèche pour « You'll get me into trouble », une trompette sur « Police & Thieves »). Certes, comme souvent dans le jazz, les musiciens ont droit à leur petite part de gloire au détour d'un solo chacun, mais tout est toujours fait avec mesure et distinction sans ostentation aucune. Il en ressort une chaleur et une intimité particulière avec la musique. Un album délicat à écouter à la nuit tombée confortablement lové dans son canapé.

www.facebook.com/zaramcfarlane


dimanche 19 janvier 2014

Mayer Hawthorne : «Where does this door go »


C'est un peu l'oublié du grand revival soul auquel on assiste depuis quelques années. Mais où mène donc cette porte ? semble se demander Mayer Hawthorne sur son troisième album... Vers de nouveaux horizons, assurément. Natif de Detroit, mais installé en Californie depuis un certain temps, Hawthorne a débuté sa carrière en rendant hommage à la soul de sa bonne ville natale sur son, excellent, premier disque « Astrange arrangement » sous haute influence Motown. Mais il est temps de tourner la page ou, en l'espèce, d'ouvrir une nouvelle porte. Si le résultat est toujours autant soulful, Mayer délaisse les influences des années 1970 et les arrangements de cordes soyeux et mélancoliques pour un son plus tourné vers la décennie suivante, les années 1980, et le Gap Band auquel l'écoute de ce nouvel effort peut faire penser (« Reach out Richard », « The Stars are ours »). Une nouvelle ouverture donc vers la pop (l'excellente « All better » étonnamment Beatles) et des sonorités plus électroniques (« Allie Jones », « Her favorite song »), funk discoïdes (« Wine glass woman » ; « Designer drug » présent sur les bonus de l'édition deluxe) voir hip hop (les scratches de « The Only One »). En effet, après avoir collaboré avec Snoop sur son disque précédent (« How do you do »), Mayer s'est cette fois tourné vers Kendrick Lamar pour le duo « Crime ». C'est une nouvelle ère qui s'ouvre pour Mayer Hawthorne, espérons qu'elle le mène vers un succès amplement mérité.
Www.mayerhawthorne.com
www.facebook.com/mayerhawthorne


samedi 18 janvier 2014

The Craftmen Club : « Eternal Life »



Portés disparus depuis 2010, les Bretons des Craftmen Club sont de retour avec ce nouvel effort intitulé « Eternal Life ». Cette longue pause a permis au groupe de se régénérer et de revenir différent. Nouveau line-up, une deuxième guitare s'est greffée au trio de base, et nouveaux horizons. Porté par un beat implacable, qui donne des fourmis dans les jambes, et une section rythmique tellement sourde et carrée qu'elle donne l'impression d'être assurée par des machines, TCC atteint des sommets. Les deux guitaristes se servent de ces bases des plus solides et lâcher, enfin, les guitares. Et qu'est-ce que c'est bon ! L'écriture est soignée et des influences légèrement plus cold wave (« Face to face », « If you walk straight »), viennent canaliser les influences garages premières. Chaque titre prends des allures de tube potentiel, mention spéciale à « Vampires », une tuerie totale. Tendu, nerveux, porté par une angoisse sourde, The Craftmen Club excelle dans les ambiances froides (mais pas trop) et crépusculaires, l'enchaînement « Animals/Sweet machines » est ainsi particulièrement évocateur. Enfin, le disque se termine avec « Eternal life », divagation au long cours qui s'étend sur plus de six minutes. Un disque éternel ? Peut-être pas, mais très certainement intemporel. Dans dix ans on l'écoutera encore avec un plaisir toujours renouvelé...
www.thecraftmenclub.com
www.facebook.com/thecraftmenclub



vendredi 17 janvier 2014

Chloe Charles : « Break the balance »


Chloe Charles, jeune artiste Canadienne, apparaît sur la pochette de son premier album le visage à demi couvert de peinture noire. Un peu à l'image de ce disque ou de multiples influences s'entremêlent dans un mélange aussi mélodique que gracieux. Du folk tout d'abord, la guitare acoustique étant la fidèle compagne de Chloe depuis son adolescence. Les cordes pincées et arpèges délicats qui composent la majorité de ce premier effort rapprochent Chloe de la grande tradition des années 1960, Joni Mitchell et autres Buffy Sainte-Marie (« Soldier », « Amulet »). Mais élevée dans la passion des cordes, Chloe ne peut s'empêcher de truffer ses compositions d'arrangements de violons et autres violoncelles donnant un relief classique à sa musique (« Captive », « Break the balance », « Nottingham Premonitions »). Mais point trop n'en faut et Chloe fait également montre d'un talent d'écriture pop à toute épreuve et son album est également frais et léger (« Tarot », « Soldier »). Enfin, il est impossible de terminer cette chronique sans parler de l'empreinte vocale de la jeune artiste. Son timbre est clair et diaphane mais révèle pourtant cette petite cassure digne d'une chanteuse soul ou jazz. Douze compositions qui procèdent d'une balance délicate qu'il serait malheureux de briser...

mercredi 15 janvier 2014

Haim : « Days are gone »


Composé des trois sœurs Haim, Danielle, Alana et Este, le groupe californien sort son premier album sous ce patronyme. Un disque qui nous tombe dessus après être passé au travers d'une faille temporelle ouvert depuis environ trente ans. C'est peu dire que les sœurs Haim baignent dans une ambiance très FM eighties : claviers et batteries énormes. Mais la fratrie revisite la décennie avec beaucoup de goût. Le songwriting pop est solide, on pense parfois à Fleetwood Mac, la production soignée, prend soin de ne pas surjouer les années 80 mais adapte les sonorités au goût du jour. Bien qu'un peu reléguées au rang d'accompagnatrices, les guitares ne sont cependant pas oubliées et offrent un contrepoint rock bienvenue à la mixture pop/r n'b, par ailleurs très léchée des sœurs Haim. Dans le genre c'est plutôt bien foutu.

En concert le 1er mars à Paris (le Trianon)

lundi 13 janvier 2014

Dtwice : « Night Shield »


David Darricarrère, chanteur et clavier de Smooth, un groupe pour l'instant (définitivement ?) en suspens, se lance en solo sous l'étiquette Dtwice (Double D comme ses initiales) avec cet ep « Night Shield ». Si l'inspiration principale reste la musique électronique David l'enrobe suivant ses humeurs, selon ses envies et elles sont plutôt variées. « Devil's Tune » prend des allures funky, prête à mettre les dancefloor en feu. « Bright light », lorgnerait plutôt du côté de la pop des années 1980 et « Fairy's blow » est plus grave et grandiloquente à la manière d'un Woodkid. Mais la grande réussite de cette mini livraison de cinq titres (plus trois remixes) serait le morceau titre « Night Shield », pop atmosphérique superbement servie par la voix, diaphane et en apesanteur, de la chanteuse/pianiste Léa Colombet (A noter une magnifique version alternative du même titre, avec plus de guitares, est présente dans les bonus). Plus ouvertement rock, « Pleased to meet you » conclut l'affaire avec classe, une point de piment électrique et une tension qui va crescendo, pas faite pour nous déplaire. La suite de l'aventure arrive très prochainement avec le premier album du Nantais.
http://dtwice.fr
https://fr-fr.facebook.com/pagedtwice




dimanche 12 janvier 2014

Miki Dora



Icône d'un Malibu mythique, Miki Dora fût un surfeur de génie, à propos duquel le journaliste/surfeur Alain Gardinier (un ancien présentateur de Culture Rock sur M6 il y a de cela fort longtemps) vient de consacrer un ouvrage. Il faut dire que Gardinier connaît son sujet, pour avoir côtoyé Dora lorsque ce dernier vivait sur la Côte Basque. Si Dora a aujourd'hui un statut quasi-mythique auprès de toute une population plus ou moins associée à la surf culture (cf. les rockeur biarrots de Dedicated Nothing) c'est autant par son style plein de grâce que par son refus du système. D'abord icône mode, son image fut utilisée dans de nombreuses publicités, puis ami de la scène rock californienne des sixties, il fut notamment proche de Dennis Wilson, le seul authentique surfeur des Beach Boys ; Dora est apparu dans une dizaine de films, dans lesquels son style félin (cf. son surnom Da Cat) et gracieux fit des merveilles. Bien plus qu'un sportif, un véritable artiste de la vague (les nombreuses photos illustrant le livre en sont la preuve). Miki Dora aurait pu être une star. Il le fût à sa manière. Refusant le système, la compétition et le commerce bourgeonnant du surf, Dora vécu une vie de bohème, longtemps basé sur la côte Basque à bord d'un fameux camion Mercedes, vivant d'expédients, plus où moins légaux, qui finirent par la case prison (où il aurait côtoyé Charles Manson).
Plutôt inspiré, Alain Gardinier a su éviter l'écueil d'un ouvrage trop technique pour privilégier une approche humaine plus grand public. Son livre, richement documenté, est en soi un voyage remontant le temps depuis les années 50 et 60 jusqu'à 2002, année du décès de Miki Dora. Une lecture passionnante y compris pour les allergiques de la plage.
Miki Dora de Malibu à la Côte Basque d'Alain Gardinier
Editions Atlantica, 332 pages, 21 euros.
Www.atlantica.fr

Lorde : « Pure Heroine »


 
Petite sensation l'an dernier, Lorde est une toute jeune auteur/compositeur/interprète néo-zélandaise âgée d'à peine 17 ans (née en 1996, vas-y pleure maintenant ça fait du bien!). Sa pop électro gentiment gothique (j'insiste gentiment) fait mouche à maintes reprises sur ce premier effort. Il est ainsi difficile de résister à la vénéneuse mélancolie qui émane de « Tennis Court » ou, surtout, de « Buzzcut season », sa grande réussite. Quant à « Royals », son tube, il s'apparente à un tour de force tenant sur le fil, grâce à une seule fantastique ligne de basse, évoquant le R n'B, qui donne envie d'hululer sous la lune. C'est dans un contexte minimal et dépouillé que Lorde séduit, quand la production fait profil bas pour mieux mettre en valeur sa voix et son chant tellement suave. Idéal pour une écoute nocturne en plein cœur de l'hiver. Un premier album un peu en demi-teinte cependant toutes les plages n'étant pas au niveau des grandes réussites citées précédemment. Mais toutefois prometteur. Il est de toute façon totalement illusoire d'attendre monts et merveilles d'une artiste encore adolescente. Laissons-lui le temps de trouver sa voie pour de bon...
http://www.lorde.co.nz/


samedi 11 janvier 2014

Cleo T : « We all »


Le premier clip de Cleo T est finalement en ligne et le résultat est superbe. Évoquant à la fois l'univers du film noir des années 1950 (les néons, l'ambiance des grandes métropoles étasuniennes) et le classique Métropolis (Fritz Lang, 1927), ce véritable petit film met Cleo en scène dans des décors très inspiré par l'art déco et l'art nouveau. L'ensemble est magnifique et assoie encore un peu plus l'univers graphique, déjà très affirmé, de la jeune artiste dont on attends le premier album avec impatience.
 
 

mercredi 8 janvier 2014

Elisa Jo : « Colours on my mind »


Après un ep inaugural il y a un peu plus d'un an, voici venu pour Elisa Jo le temps de franchir le Rubicon avec un premier album en bonne et due forme réalisé par Benjamin Biolay. La première chose qui impressionne chez Elisa Jo c'est sa puissance vocale, phénoménale. Une voix, pleine de milles nuances, légèrement éraillée par moments qui lui donne toute son âme. Un organe digne d'un vétéran de la soul music, qui aurait survécu à tout, dans le corps d'une jouvencelle à peine sortie de l'adolescence. Cette voix, Benjamin Biolay n'a eu aucun mal à la mettre en scène, organisant autour d'elle une petite merveille de soul « blue eye », toute en swing, tenant autant de la pop que de la grande musique Noire Américaine. Dans ses meilleurs moments l'album rappelle les grandes heures des années 1960 (« Back around », « Oh boy », « Give me a ring »). Mais ce n'est pas tout. Partant du principe que « copier n'est pas jouer », le disque procède également d'une dynamique très moderne (« Defeated », « Sunny days of june » qui évoque plus les années 1980) avec parfois même un soupçon de rap, une obsession habituelle chez Biolay interprète, dans le chant (« Back around », « Something you may cure »). C'est en tout cas une belle réussite à mettre au crédit de cette jeune artiste à suivre...
www.elisa-jo.com
https://fr-fr.facebook.com/elisajomusic


lundi 6 janvier 2014

Interview Kadebostany

(c) Yannick Maron et Arthur Lehmann


Véritable ovni venu de Suisse, Kadebostany ne ressemble à rien de vraiment connu. Rencontre avec le producteur Kadebostan et sa chanteuse Amina pour parler de leur groupe entre fanfare, rap et électro...
 
Un petit mot sur la République (fictive) de Kadebostany pour commencer ?
Kadebostan (Très sérieux): La République de Kadebostany est située au nord de l'Italie, à l'est de la Suisse et à l'ouest de la Turquie. Ce pays a été crée en 2007. C'est moi qui en suis le Président. J'ai décidé de monter un groupe pour promouvoir la culture kadesbotanienne autour du groupe. On a commencé à tourner en 2008 un peu partout dans le monde. On a beaucoup joué un peu partout en Europe, en Pologne, en Biélorussie, un peu en France, beaucoup en Allemagne et en Belgique et au Mexique aussi.

Musicalement, tu viens de l'électro, c'était une envie particulière d'ajouter des cuivres à ta musique ?
K. : C'est assez dur pour moi de me coller une étiquette électronique. J'étais déjà assez à part dans ce milieu. On ne peut pas vraiment dire que je faisais de l'électro, j'aime sortir des sentiers battus. Le fait d'avoir crée le groupe me permet d'avoir une totale liberté et de m'exprimer pleinement sans limite de genre ou de style.

Justement le premier single « walking with a ghost » est une chanson en plusieurs temps, ça vire au rap en plein milieu. C'est un peu comme un résumé du projet finalement, sans limite de genre...
K. : Tout à fait, c'est une belle introduction à l'univers kadebostanien. Il y a trois tableaux, assez distincts et reliés par une ligne directrice.

Personnellement mon titre préféré, c'est le dernier « goodbye » qui est le plus organique. Un petit mot sur cette chanson...
K. : C'est le titre le plus acoustique.
Amina (chant) : C'est un morceau c'est un morceau qui n'a pas de structure traditionnelle, sans refrain qui revient. C'est comme une poésie, une déclaration faite d'une traite. Il n'y a pas de rimes, j'ai juste déclamé ce que je ressentais à ce moment là. Il y a aussi une improvisation avec Jafar, un des musiciens (guitare/saxophone) du groupe. Après le Président a arrangé tout ça, rajouter les cuivres etc...

Il y a aussi un aspect fanfare assez marqué sur le projet qui rappelle les musiques d'Europe de l'Est...
K. : Je trouve que c'est assez réducteur de parler de musique Balkanique ou d'Europe de l'Est. On a vraiment rien à voir avec ça. La fanfare se retrouve dans le monde entier. Chaque pays à une fanfare. Nos inspirations sont variées. Sur « Walking with a ghost », ça emprunte plutôt l'esthétique d'une fanfare mexicaine. La fanfare c'est quelque chose d'universel et ça représente bien l'aspect direct et immédiat. Les cuivres me touchent énormément.

Et comment ça se présente sur scène ?
A. : On est cinq sur scène. Mais on a aussi des gens dans la salle. Il y a un collectif qui s'occupe de l'aspect visuel de notre show. Il y a deux drapeaux sur scène avec du mapping dessus. On a un ingénieur du son aussi. On est neuf en tout, c'est une bonne équipe.
K. : En tournée Kadebostany c'est quelque chose qui va beaucoup plus loin qu'un groupe qui joue devant son public. On arrive avec toute une installation faîte de néons. On retrouve l'esthétique du clip. Pour nous c'est super important de transporter notre univers et de le mettre en scène. On a des projections. C'est un show hyper immersif.

L'aspect visuel est très travaillé, vos costumes de scène ressemblent à des uniformes militaires...
K. : C'est par rapport au Pays. Chez vous en France il y a la garde républicaine qui représente la France quand le Président est en déplacement à l'étranger. Naturellement quand le Président Kadebostanien fait un déplacement tout le monde est en costume... Pour être plus sérieux, l'uniforme c'est un moyen d'aller chercher plein d'artistes et de musiciens différents et de les mettre sous le même toit. Dès qu'ils enfilent l'uniforme, ils défendent le pays, il y a quelque chose... Ca devient une équipe. L'idée de l'uniforme c'est ça. Représenter le pays le mieux possible, avec une certaine rigueur, une ligne directrice homogène.

Et ça te plaît ?
K. : J'adore. Je trouve ça super intéressant. L'uniforme je trouve ça très beau. C'est toujours très bien coupé, taillé...

Ils sont faits sur mesure ?
K. : Exactement.

Amina, est-ce qu'on pourrait parler de ton travail dans le projet, qui est assez intéressant entre les parties chantées et rapées. C'est assez varié...
A. : C'est un grand écart artistique. Le rap c'est un autre moyen de s'exprimer. Comme j'aurai pu faire du slam par exemple, le rap c'est une métrique bien plus rapide. C'est aussi un moyen d'offrir une nuance. Dans le chant il y a quelque chose d'assez doux. Enfin pas toujours mais c'est quelque chose de très mélodique. Le rap est plus métrique et plus agressif. Ca me permet d'exprimer les deux. Il y a quelque chose d'assez schizophrénique dans « Walking with a ghost » par exemple. On s'est retrouvé dans des festivals où les gens pensaient qu'il y a deux chanteurs. En tant qu'artiste avoir cette liberté là, c'est très intéressant.

Et tu fais passer des choses différentes ?
A. : Complètement. Le rap demande aussi une écriture différente, il faut écrire beaucoup plus, il faut penser à la métrique des mots, aux consonnes, aux voyelles, au flow... Les deux m'intéressent énormément et c'est pour ça qu'il y a cette alternance entre les deux. Je ne pourrais jamais choisir entre le rap et le chant. Pour moi c'est complémentaire et ça fait partie de l'univers.

Kadebostan, quand vous vous êtes rencontrés, tu cherchais quelqu'un qui pouvait alterner le chant et le rap ?
K . : Moi à la base, il ne me fallait rien du tout. Je n'ai pas passé une annonce. On s'est rencontrés une semaine avant d'entrer en studio pour le deuxième album. J'ai écouté et on a commencé à travailler ensemble. Le premier morceau qu'on a fait c'est « Walking with a ghost » et à la fin ça a donné l'album « Pop collection ». C'est vraiment une super rencontre.

Donc Amina, c'est toi qui a vraiment apporté cette couleur particulière à la musique ?
A. : « Walking with a ghost » c'est une improvisation. Cette structure un peu étrange à tiroirs. Moi j'avais envoyé la chanson au Président où j'avais fait déjà fait le rap et un peu de chant. Il l'a trouvé intéressante mais il ne m'a jamais imposé de chanter, de rapper ou d'écrire d'une certaine façon.
K. : C'est vraiment un échange, une belle rencontre qui a aboutit à un album. Ca s'est passé hyper naturellement.

Le disque s'appelle « pop collection », comme une collection de chansons ?
K. : Oui c'est ça. Le concept c'est tout les hits joués par la radio kadebostanienne. Il y a un petit clin d’œil aux années 70. On a écouté l'album une fois terminé et on s'est dit que c'était comme une collection de pépites pop.

Et le plus gros hit de la radio kadebostanienne c'est lequel ?
K. : C'est tous des hits mais en ce moment « Jolan » cartonne beaucoup.

Un mot pour finir ?
K. : Allez sur notre site facebook. Si vous likez la page vous aurez accès à la nationalité kadebostanienne. C'est très intéressant fiscalement, il y a moins d'impôts chez nous (rires).

Propos recueillis le 15/10/2013.
www.kadebostany.com

dimanche 5 janvier 2014

Pure : « Human as you man »


Pure, quatuor originaire du Val d'Oise, sans faire preuve d'une originalité à toute épreuve, fait montre d'un savoir-faire évident sur les sept plages qui composent cet ep. Le disque démarre sur les chapeaux de roues avec un « U are », tendance hard rock à l'ancienne, d'anthologie. Son absolument énorme (un constante tout au long du disque) la voix suave chargée d'hormones d'Enzo et un mur de guitare à se damner. Ce groupe savait décidément y faire pour revisiter avec brio les sons du rock indé des années 1990, « self apprentice », et l'écoute du disque permet de revisiter à coup de flash backs les souvenirs d'adolescence : « tiens cela ressemble un peu à tel groupe qu'on écoutait à l'époque » se dit alors le chroniqueur... Maîtrisant à l'extrême l'art de la tension/détente, le quatuor sait aussi lever le pied et même faire preuve de sensibilité lorsque cela s'avère nécessaire : « Shadows » et « World eyes » sont délicates et apportent un éclairage différent, plus mélodique, sur l'univers du groupe. Entre autres réussites citons également « Make my dreams come true », dont l'intro est magnifique à base de guitares qui se superposent, pas manchot le duo de gratteux soit dit en passant.
 
Www.myspace.com/pureband
https://www.facebook.com/pages/PURE_RocK


France de Griessen : « Saint Sébastien »


Nouvel album, le deuxième en solo, pour France de Griessen toujours accompagnée du fidèle guitariste Shanka (The Dukes) sous l'égide du martyr et icône gay Saint Sébastien. Avec ce nouvel effort, ou les textes sont toujours partagés entre le français et l'anglais, France de Griessen se livre à un exercice intimiste, moins punk que par le passé. L'acoustique prend une part prépondérante, « I thought i had », « Agneau mystique », et parsemé ici et là d'influences country (on se souvient de « la ballade de Norma Rose » son duo avec Elliott Murphy) Shanka se livrant à un bel exercice dans le genre sur l'instrumental « Guitar Decay ». Certes, les guitares électriques n'ont pas été laissées au placard, « Je ne saurais », « Looking for gold » et « Honey lake » apportant la nécessaire dose de décibels. Pourtant après plusieurs écoutes, le disque ne semble pas si apaisé que cela, la tension est toujours présente dissimulée sous de délicats arpèges de guitare folk, comme un ciel de traîne après la tempête. C'est tout l'univers de France de Griessen, entre douceur et violence, qui est une nouvelle fois mis en scène sur ce très bel album.

Sortie le 20 janvier 2014 (le jour de la Saint Sébastien)





samedi 4 janvier 2014

De Calm : « Amour Athletic Club »


Cheville ouvrière de De Calm, Mickaël Serrano et Guillaume Carayol préfèrent parler de club plutôt que de groupe lorsqu'ils évoquent leur projet artistique. Raison pour laquelle leur deuxième album s'intitule « Amour Athletic Club ». Il ne fait plus de doute alors que l'on est tombé sur une équipe de sacrés champions. Classieux, ce nouvel effort fait montre d'un amour immodéré de la pop. Soigné, jusque dans les moindres détails, le disque s'appuie sur une instrumentation organique, beaucoup de guitare acoustique pour les rythmiques, un soupçon de guitare électrique rappelant la surf music (« La petite musique », « Un jour de mai »), de l'orgue et un piano mélancolique qui vous brisera le cœur (« Le souvenir de la beauté »). Rapidement le disque trouve son rythme, entre joie et mélancolie, et berce l'auditeur au cœur des méandres de l'existence grâce à une écriture nette et précise (tant pour les paroles que pour la musique), hautement mélodique et riche en matière d'arrangements. Il faut plusieurs écoutes pour bien saisir la profondeur de De Calm, pour saisir la noirceur de certains textes dissimulée derrière des couleurs musicales chatoyantes. Si l'univers de De Calm est hautement délicat, comme le suppose le patronyme du groupe, ces derniers ne rechignent pas sur une dose de décibels plus rock (« Crystal Palace »), notamment sur une chanson ironiquement appelée « Léger » et qui se trouve être la plus bruyante du lot. Le duo, complété par la section rythmique d’Étienne Daho, le batteur Philippe Entressangle et le bassiste Marcello Guiliani, nous livre le coup de cœur francophone de l'année écoulée. Un bien bel album.

https://fr-fr.facebook.com/groupedecalm