A noter une soirée historique avec le DKT/MC5 et Iggy and the stooges !
mercredi 13 juillet 2011
mardi 12 juillet 2011
Brisa Roché : All Right Now

Troisième effort pour cette californienne exilée en France que l’on a connu, au tout début, comme une chanteuse de jazz. Comme ce temps paraît bien loin. Après un seul album Brisa a tout remis en question décidant de plaquer le jazz pour des sonorités pop folk plus proches de sa Californie natale. Ce nouvel album a été conçu en deux temps d’abord dans la résidence d’artistes tenue par sa mère en Californie où le groupe réunis par Brisa a composé la bagatelle de 20 chansons en une semaine à force de jam sessions acharnées. Le petit groupe s’est envolé ensuite à l’autre bout du pays dans le nord de l’état de New York pour enregistrer le disque dans une église désaffectée reconvertie en studio par le producteur Henry Hirsch, connu pour son travail avec Lenny Kravitz. A l’écoute du résultat, une certitude se fait jour, les amateurs de jazz et de son premier album passeront leur chemin, Brisa s’étant durablement installée dans le paysage pop rock. Ce nouvel effort semble comme imbriqué entre plusieurs cultures. Des années 60, le groupe a conservé cette forme de liberté héritée des jams-sessions. Bien souvent on n’a pas vraiment le sentiment d’être en présence d’un songwriting classique à base de couplets/refrains. Plein de surprises, cet opus ne cesse de rebondir dans des recoins inattendus avec des changements de rythmes, de sonorité, d’ambiances et des variations psychédéliques. Cet aspect libre le groupe l’a traité avec un sens aigu de la concision, pas une plage ne dépasse les cinq minutes, redécouvrant ainsi la célérité pop. Au niveau de l’instrumentation et des arrangements, Brisa a fait simple privilégiant une approche de groupe basse, batterie, guitares (électriques) et claviers. Là encore de nombreuses surprises sont à l’horizon les claviers utilisés évoquant à la fois les années 60 mais aussi les 80s, le groupe sonnant alors comme Blondie. Enfin on a presque oublié de le préciser tellement c’est évident, mais Brisa chante magnifiquement bien tout au long de l’album.
lundi 11 juillet 2011
The Hillbilly Moon Explosion : « Buy, beg or steal »

C’est une excellente nouvelle, les Hillbilly Moon Explosion sont de retour ! Groupe mi-anglais / mi-italien (la sublime Emanuela Hutter) installé en Suisse, les hillbilly moon explosion pratiquent un rockabilly explosif, genre dont ils sont l’un des meilleurs représentants en dépit d’une concurrence accrue sur le secteur (Kitty Daisy & Lewis, les suédois de Fatboy…). Ce nouvel album fait la part belle à des compositions originales, ce qui n’était pas toujours le cas avant. Remarquable d’efficacité, le disque compile 13 plages en une grosse demi-heure, c’est pile ce qu’il faut et ce qui convient pour ce style, comme un bon shoot de rock n’roll en intraveineuse. Les HME étant un vrai groupe et non pas de simples suiveurs passéistes, ce nouvel effort permet de se faire une meilleure idée de leur personnalité musicale, ce qui n’était pas toujours évident du temps où le groupe faisait beaucoup de reprises. Le groupe alterne boogies rock n’roll ravageurs et nerveux (notamment l’excellente « She kicked me to the curb » dans la lignée du « Clarksdale boogie » de l’album précédent) et ballades romantiques où la belle Emanuela peut donner sa pleine mesure vocale (« Natascia » chantée en italien). L’album est plein de surprises, « My love for evermore » s’aventure en territoire country alors que la reprise d’ « Enola gay », cette vieille scie des années 80 étonne, on était bien loin d’imaginer les HME s’attaquer aux sons new-wave et pas les meilleurs qui plus est. Mais le groupe se réapproprie totalement le morceau qui du coup devient non pas seulement écoutable mais carrément excellent. Et si c’était une bonne chanson finalement ? Ajoutez au cocktail une poignée de swing jazzy dans les rythmiques (l’inspiration manouche de « Touch me ») et vous obtenez cet excellent album. « Buy, beg or steal » on ne saura que trop conseiller la première solution.
www.myspace.com/hillbillymoonexplosion
www.facebook.com/hillbillymoonexplosion
dimanche 10 juillet 2011
Ubikar

C’est par une voix désincarnée qui récite de la poésie abstraite sur fond post-rock que commence la démo d’Ubikar. Démo de quatre titres qui il faut bien l’avouer laisse une impression mitigée. Musicalement, il n’y a rien à redire le groupe assure avec maestria. Les compositions sont assez longues, permettant de créer une sorte d’hypnose, avant que les guitares n’explosent dans une rage impressionnante. Mais le groupe pèche au niveau vocal. Il n’y a aucun chant. Juste de la récitation, ce qui crée une sorte de distance, il est difficile de se sentir en empathie avec le groupe, ce dernier donnant l’impression de prêcher. Et puis les textes, surtout celui de Mekanique la première plage, ressemble, une fois de plus, à du Noir Désir, ce modèle donc le rock français semble bien incapable de se débarrasser. Finalement, ce sont les deux plages instrumentales les plus réussies, le groupe réussissant le tour de force de convertir les mélodies les plus calmes en éclairs de violence.
La démo est disponible à prix libre sur la page bandcamp du groupe
samedi 9 juillet 2011
Johnny Winter + Warren Haynes, L’Olympia, 8 juillet 2011.


C’était la date à ne pas manquer pour tous les amoureux de la six cordes qui se retrouvaient en ce vendredi soir avec une belle, et double, affiche réunissant sur la scène de l’Olympia deux maîtres de la guitare électrique, Johnny Winter le vétéran revenu de tout et Warren Haynes, l’un de ses disciples.
Assez étonnamment c’est à l’aîné, Johnny Winter, qu’il revient l’honneur d’ouvrir les débats. Avec la vie qu’il a vécue, les excès, l’alcool, les drogues et les ennuis de santé en découlant, c’est en soi un petit miracle que Johnny Winter soit encore parmi nous, alors le revoir en concert… Son entrée en scène fait un peu pitié. D’une maigreur inquiétante, pâle, il a besoin d’être soutenu pour rejoindre son siège. Il se produit maintenant assis la majorité du temps. Si il n’est plus le guitariste percutant qu’il fût dans les années 60 et 70, Winter a encore de beaux restes, musicalement parlant s’entend. Bien soutenu par un groupe (basse, batterie et deuxième guitare) puissant mais aussi capable de groove quand le besoin s’en fait sentir, Winter reprend les classiques (« Got my mojo working », « Goodbye little school girl », « Johnny be good », « Hideaway », « Highway 61 »…) dans des versions blues chargées en guitares. Globalement comparée au concert précédent à Bobino, Winter semble avoir retrouvé de sa superbe. Image rarissime, il se lèvera même pour jouer un rappel debout, tel un homme se battant pour retrouver sa dignité. Ses solos sont inspirés et bien exécutés, même si il se contente du minimum syndical, cela suffit à scotcher tout le monde. Après Hendrix l’année dernière, le clin d’œil du soir fut ce coup-ci adressé à Eric Clapton avec un petit bout du riff de « Sunshine of your love » (Cream) enquillé à une excellente reprise du « Gimme Shelter » (des Rolling Stones). Le concert fût également plus long que la dernière fois, une bonne heure et demie. Globalement un bon moment de guitare, efficace a défaut, soyons honnêtes, de retrouver la magie d’antan. Un peu comme un passage de témoin entre deux générations différentes, mais pratiquant le même son, c’est Johnny Winter en personne qui a accueilli Warren Haynes sur scène le temps d’un rappel en commun (« Dust my broom ») avant que ce dernier ne prenne possession de la scène à son tour. Au côté de l’un de ses héros (comme il l’expliquera plus tard les deux autres sont Jimi Hendrix et Eric Clapton) Warren semble un peu intimidé et a un peu de mal à trouver ses marques, on ne l’entends pratiquement pas sauf au moment de son solo.
Si il est encore assez peu connu du grand public et si on le découvre ces temps-ci en artiste solo, Warren Haynes a un CV long comme le bras, guitariste au sein des Allman Brothers et fondateur de Gov’t Mule. A l’instar de son ex-bandmate, Gregg Allman, Warren Haynes infuse une bonne dose de groove héritée des musiques noire dans son blues symbolisée par la reprise du « It’s a man’s world » de James Brown. Un batteur originaire de la Nouvelle Orléans, ça aide aussi pas mal. D’ailleurs, à deux percussionnistes et un pianiste près, la formation entourant Warren Haynes est quasiment identique à celle de Gregg Allman (qui au passage avait repris l’une de ses compos) lors de son passage récent au Grand Rex : orgue Hammond B3, basse, batterie, saxophone et une chanteuse à la voix superbe assurant chœurs et contre-chants. Comme quoi Warren a bien retenu deux ou trois trucs de son ex-patron. Le son est propre et excellent, la rythmique est redoutable, au groove puissant. Les soli de Haynes sont déliés et il est loin de tirer la couverture à lui, régulièrement sa guitare converse avec le saxophone ou les claviers (orgue hammond et fender rhodes). Il est aussi remarquable à la pédale wha-wha. Le timbre de Warren Haynes est également particulier, un peu éraillé, grave et profond, cela convient bien au blues. Le seul reproche que l’on pourrait lui faire, c’est un manque de concision, les morceaux s’étirant à n’en plus finir aux fils des soli des intervenants mais à part cela il n’y a rien à redire, c’est un grand artiste.
jeudi 7 juillet 2011
Charles Bradley, La Maroquinerie, 5 juillet 2011.

Charles Bradley, chanteur soul âgé de 61 ans, nous a mis une bonne claque cette année avec son premier album (oui oui son premier !) « no time for dreaming » sorti en début d’année sur le label dunham (une sous-division de Daptone). Si les musiciens du Menahan Street Band sont hélas absent le temps de cette tournée européenne, le charisme de Charles et le lieu, la maroquinerie, sont malgré tout la garantie d’une soirée réussie. Alors que les lumières rouges nappent la petite salle d’une ambiance onirique, mettant en valeur les piliers de briques rouges (très NYC dans l’esprit), un constat s’impose. Si la ville regorge d’endroits ayant conservé un cachet d’époque (le Trianon, la Cigale, le China…), que ne possède pas tout à fait la maroquinerie, peu de salles respirent comme cette dernière les bonnes vibes, le groove, le rock n’roll, la musique quoi ! La musique suinte et transpire à travers les murs de l’endroit. Il y a vraiment une âme dans les lieux, l’un des meilleurs de Paris. Comme de coutume dans ce genre de concert, le groupe entame le set par deux instrumentaux pour faire chauffer le public. Charles Bradley fait alors son apparition, saluant le public de façon très solennelle, à la manière d’un karatéka avant un combat puis se redresse et tends les bras en croix. La dramaturgie est étudiée à l’extrême et on a tout de même un peu de mal à distinguer ce qui ressort du calcul ou de l’émotion pure. Charles a, plus d’une fois, le visage bouffi par l’émotion, mais ma parole tu vas finir par pleurer ??? Le groupe (deux cuivres, batterie, basse, guitare et clavier) distille un groove pêchu, puissant et efficace fortement marqué par les JBs, le groupe de feu James Brown. C’est d’ailleurs à un mini (par la taille et non par le talent) James Brown, que ressemble Charles Bradley, performer dont le déhanché pelvien ferait mourir Elvis de jalousie. Le groupe, excellent, ne se contente pas de briller sur les up tempo funky mais est aussi à l’aise dans un registre plus soul (« Lovin’you baby » ; « Heartaches and pain » ; « The world (is going up in flames) » où l’émotion est à fleur de peau. Le terrain est alors parfait pour un move spécial Bradley : faire monter des spectatrices (assez jolies) sur scène et leur donner un « hug » (une coutume typiquement américaine) avant d’entamer un tour de la fosse et de serrer des mains à tour de bras. Sur scène, le groupe a beau assurer comme des bêtes, plus personne ne les regarde, les spectateurs tournent le dos pour suivre Bradley dans sa progression à travers la salle. Un excellent concert et un très bon moment qui s’est achevé par une reprise, surprenante, du « Heart of gold » de Neil Young.
lundi 4 juillet 2011
Ray Manzarek et Robby Krieger, Le Bataclan, 3 juillet 2011.

A la vue du Bataclan, complètement comble et dans lequel on étouffe vu la chaleur, la première chose qui nous vient à l’esprit est que, quoi que l’on puisse en penser, la nostalgie se porte bien. A 55 euros la place, c’est aussi un bon business. On est ce soir le trois juillet 2011 et il y a exactement quarante ans, jour pour jour, Jim Morrisson disparaissait. 14600 jours plus tard (ça calme !) les deux compères survivant attaquent la scène du Bataclan. Manque à l’appel le batteur John Densmore qui depuis dix ans a toujours refusé les appels du pied des deux compères (c’est dommage car on adore son sens du swing, c’est un musicien venu du jazz, qui avait fait des merveilles sur « Touch Me » et « Hello i love you »). En effet après s’être produit sous le nom des Doors (of the 21st century) puis des Riders on the Storm, le duo s’est choisi un nouveau patronyme pour cette nouvelle virée estivale : Ray and Robby (of the doors). Le duo est donc accompagné d’une toute nouvelle section rythmique (et oui par ce que maintenant ils ont un bassiste à temps plein, on n’arrête plus le progrès) ainsi qu’un nouveau chanteur, un type dénommé Dave Brock. Ce dernier satisfait à au moins quatre critères de recrutement : il est brun, les cheveux longs et bouclés, a à peu près le même look que Jim et, surtout, la même tessiture de voix. Tout cela nous rappelle l’illustre inconnue qui se produit ces jours-ci en remplacement de Janis Joplin au sein de Big Brother and the holding company. La soirée commence de façon très solennelle sur l’air de Carmina Burana en fond sonore avant que le groupe n’arrive sur scène. Robby a fait des efforts vestimentaires et est vêtu d’un pantalon, importable dans le civil, à l’effigie du drapeau US : une jambe avec les étoiles, l’autre avec la bannière ! Et puis sa guitare Gibson SG de laquelle il tire encore des sons incroyables. Derrière son orgue vintage, Ray Manzarek est beaucoup plus sobre tout de noir vêtu. Le concert commence avec « Roadhouse blues » alors que l’écran derrière la scène diffuse des images plus où moins d’époque de routes et de bagnoles dans le coucher de soleil. Dave Brock donne le ton de la soirée : « Nous sommes là pour célébrer la vie et la musique de Jim, great american poet ». Dès les premières notes on comprend pourquoi on est venu prendre part à tout ce cirque : la musique ! Car ne soyons pas mauvaise langue, à la vue de leur prestation du soir il semblerait que Ray et Robby, outre le fait qu’ils sont toujours aussi bons musiciens, prennent autant de plaisir qu’au premier jour. Et le fait d’entendre pour la première fois en live les classiques : « Break on through », « Strange Days », « When the music is over », la magnifique « Peace Frog » procure un sentiment diffus : on est content d’être là mais tout semble un peu irréel. C’est peut-être les visuels psychédéliques diffusés par l’écran derrière les musiciens. Après une grosse demi-heure de concert, le groupe passe au deuxième événement de la soirée. 2011 marque aussi le quarantième anniversaire de l’album « LA Woman » qu’ils joueront en intégralité (les Pixies nous avaient déjà fait le coup avec les 20 ans de doolittle). On en retiendra deux choses. Dans son rendu live, l’album a pratiquement doublé de durée. La faute aux intros et aux nouveaux solis dispersés à droite, à gauche par les deux tauliers de l’affaire. Comme quoi les deux ne se contentent pas de faire du copier/coller mais cherchent encore un peu d’espace pour innover (ce qu’ils faisaient déjà dans les années 60 cf. les nombreux bootlegs sortis ces dernières années). On retiendra ensuite l’apport fondamental du blues dans leur musique (ce qui a manqué aux années 80). Robby Krieger qualifiera l’album de « very bluesy ». Vers la fin du show, la sécurité sera un peu débordée par les tentatives de slam venues du public, qui brasse les générations et n’est pas uniquement de vieux hippies sur le retour. Dans le fond, ce n’est pas si mal que ça la nostalgie…
samedi 2 juillet 2011
Gregg Allman, Le Grand Rex, 29 juin 2011.


C’est une des résurrections de l’année, Gregg Allman, ex-membre du fameux groupe portant son patronyme à la fin des années 60, est de retour avec un nouvel album « low country blues », mettant ainsi fin à 14 années de silence discographique. Depuis 1997, ce n’est rien de le dire, mais le paysage musical a énormément changé. Pas Gregg Allman qui, lui, reste bien droit dans ses bottes derrière son orgue Hammond B3 (et sa cabine Leslie). Comparé aux albums des Allman Brothers, les efforts en solo de Gregg ont toujours plus été ancrés dans les musiques noires. C’est donc sans surprise que le survivant des Allman apparaît sur scène entouré d’un groupe assez ample. Batterie, guitare, basse, deux percussions, piano, orgue Hammond B3 joué par le leader et enfin un dernier musicien alternant flûte et saxophone. Le groupe fait preuve de savoir-faire et se révèle ainsi particulièrement à l’aise dans plusieurs styles allant du jazz à la country. Car il s’agit bien de cela, une plongée au cœur des musiques roots. Les solos de piano apporte une touche de boogie-woogie, ceux du saxophone traînent du côté du jazz, la guitare (une belle demi-caisse soit dit en passant) est bluesy et quand à l’orgue du patron, c’est une brique de soul qu’il apporte à l’édifice. Quand Gregg passe à la guitare, on se retrouve en plein territoire country dans une ambiance typiquement sudiste. Par deux fois, Gregg Allman cède le micro à l’un des percussionnistes dont le timbre à des accents soul beaucoup plus marqués. Après deux bonnes heures de show, assez bucoliques, Gregg Allman quitte la scène d’un pas traînant, serrant quelques mains au passage, un peu surpris d’avoir un public aussi fidèle après quarante ans de carrière.
vendredi 1 juillet 2011
Brian Setzer’s Rockabilly Riot + Imelda May, Le Grand Rex, 28 juin 2011.

C’était une belle affiche, presque un festival, pour fêter le rockabilly qui était réunie en ce mardi soir dans la salle du Grand Rex.
On commence avec un grondement de contrebasse et Imelda May, toute belle dans sa robe vintage et ses talons aiguilles, fait son entrée en scène. Si l’Irlandaise est inconnue dans nos contrées, c’est une star du rockabilly en Grande Bretagne. Sa maison de disque a, enfin, décidé de la lancer sur le marché européen continental, et son prochain album bénéficiera d’une sortie officielle chez nous à l’automne prochain. Superbement bien accompagnée par son groupe, guitare Gretsh, contrebasse, un batteur ultra véloce et un dernier musicien alternant entre guitare et trompette. Quant à Imelda, elle a une bien jolie voix, grave et légèrement éraillée avec beaucoup de coffre. Bien qu’un peu court, un peu plus d’une demi-heure, le set a permis de se faire une bonne idée de l’univers d’Imelda, du rockabilly bien sur mais aussi un soupçon de country, ce qui la rapproche de Wanda Jackson. La trompette apporte aussi un influence légèrement jazz ou mariachi suivant les morceaux. Evidemment devant le public dévoué à Brian Setzer (où aux Stray Cats), la belle a quasiment joué à domicile et n’a pas tardé à se mettre l’audience en poche. Ce fut même un carton et des débuts extrêmement prometteurs. Rarement une première partie a été autant applaudie, comme si elle était la tête d’affiche en fait. On parie que son prochain passage à la Cigale en octobre prochain sera complet ??
Devant le public chauffé à blanc, Brian Setzer, le guitariste virtuose de feu les Stray Cats, a fait son entrée sur scène pour un show retraçant trente années de carrière dévouée à la cause du rock n’roll et des années 50. Un show en deux temps. La première partie fut consacrée à la carrière solo de Setzer. A ses côtés se trouvent un contrebassiste, aux cheveux assortis à sa chemise rouge, et un batteur assis et rigolo avec son costume nœud papillon qui le fait ressembler à un jazzman. Un quatrième musicien alternant entre piano et deuxième guitare fait régulièrement son apparition sur scène. Tout de vert et de noir vêtu, Setzer a également sa guitare Gretsh demi-caisse au design personnel, les boutons de volume ayant la forme de dès à jouer. Outre les grands classiques, Setzer a également joué quelques compositions de son nouvel effort instrumental.
Au mitan du concert, changement de personnel, un nouveau contrebassiste arrive. Alors que les roadies changent la batterie, le public réserve une ovation à Slim Jim Phantom, ex-batteur des Stay Cats venu prêter main forte à son ancien compagnon de route. Slim Jim est un des rares batteurs à jouer exclusivement debout. Son kit est également très particulier puisqu’il ne comprend qu’une caisse claire, une cymbale et une grosse caisse. Toujours aussi svelte, et slim, Jim prend un malin plaisir à faire le tour de sa batterie, sans rater une seule croche, et saute régulièrement comme un cabri ce qui a le don d’électriser la foule. Le nouveau trio revisite alors le répertoire des Stray Cats et les grands classiques, « Rumble in Brighton », la swinguante « Stray Cat Strut », « She’s sexy and 17 »… Le point culminant du concert a été une version d’anthologie de « Fishnet Stockings » où le groupe a été rejoint par le contrebassiste aux cheveux rouges. Les deux musiciens se sont alors lancés dans un concours de contrebasses vrombissantes avant que Setzer ne mette tout le monde d’accord débarquant avec une contrebasse deux fois plus imposante que les autres (genre c’est moi le patron) et se joignant à la lutte. Lutte qui se terminera avec Setzer se tordant les doigts de douleur avec beaucoup d’autodérision. Enfin le concert s’est terminé en version big band avec l’ensemble des musiciens : deux batteries, deux contrebasses, le piano et la guitare de Brian Setzer dans un final assourdissant rappelant les Dirtbombs.
lundi 27 juin 2011
True Live : « Found Lost »

Originaire de Melbourne, c’est sur la base de jam sessions à l’initiative de leur chanteur Ryan Ritchie (aka RHyNO) qu’est né True Live. Des rassemblements hebdomadaires de musiciens venus d’horizons divers qui aujourd’hui forment un line-up assez étonnant où se côtoient une batterie, une contrebasse, un piano, un violon et un violoncelle. Les musiciens de True Live ont tous des profils différents, venant du jazz, du classique, du hip hop ou du funk. Et à l’écoute de « Found Lost », le deuxième album du groupe, c’est un petit peu tout cela que l’on entend. Mais aussi, surtout, la fusion entre différentes cultures musicale, celle venue du funk et du rap, où la notion de beat, et donc par extension de rythme, est fondamentale. Celle de la musique classique, instrumentale et mélodique. Enfin on retrouve dans l’album l’improvisation chère au jazz. A ce titre, le disque, regorge de passages, souvent au moment des codas, extrêmement mélodiques où les cordes et le piano conversent ensemble dans des instants de grande musicalité (« Got to go got to get me », « Need to be now »). Mais ce n’est pas tout, « Man Man » voit le groupe développer une puissance digne d’un groupe de métal sans les guitares, « Something to be » joue sur un registre plus guilleret et primesautier alors que « Need to be now» chasse sur les terres du free jazz. Tout au long du disque la scansion funky du batteur n’à de cesse de se frotter aux cordes classiques. Malgré tout le personnage le plus fascinant du groupe reste RHyNO son chanteur/rappeur. Doté d’un timbre caverneux et profond il a de plus un flow intéressant. Un peu comme un Tom Waits sachant rapper. Un groupe réellement original et novateur. L’album qui en découle est le plus frais que l’on ait entendu depuis longtemps.
En concert le 6 juillet à la Bellevilloise (Paris).
dimanche 26 juin 2011
Rencontre avec Thomas VDB

Thomas VDB : Toujours bien. Mais là, particulièrement exténué. J’enchaîne en ce moment. Beaucoup de taf. Quand le travail déborde sur ton temps de sommeil, cela devient pénible. Là, je suis fatigué mais ça va, je n’ai pas le trac. L’essentiel c’est d’être bien concentré, les cinq minutes qui précèdent l’entrée sur scène.
jeudi 23 juin 2011
France de Griessen : Electric Ballerina

SORTIE PHYSIQUE LE 26 SEPTEMBRE 2011
www.francedegriessen.com
mercredi 22 juin 2011
Dave Stewart : « The Blackbird Diaries »

www.theblackbirddiaries.com
Pour voir le nouveau clip de Dave Stewart cliquez ici
lundi 20 juin 2011
Sly Johnson, Paris Jazz Festival, Parc Floral, 19 juin 2011.


Pratiquement un an après la sortie de son album, le superbe 74, Sly Johnson a enflammé la scène en plein air du Parc Floral à l’occasion du Paris Jazz Festival. Festival qui est d’ordinaire synonyme de chaleur estivale, concerts gratuits tous les samedis et dimanches après-midi jusqu’à fin juillet, a débuté sous un vent glacial. On a certes échappé à la pluie, mais il s’agit, de mémoire, de l’édition la plus froide. Heureusement, Sly Johnson (à la notoriété inversement proportionnelle à son talent, tout le contraire de son concurrent Ben l’Oncle Soul) nous a bien réchauffé grâce à sa soul music, en provenance directe des grands anciens de l’age d’or des années 70 et de la Motown en particulier. Un petit mot pour commencer pour rendre hommage au groupe qui l’accompagne avec classe. Une excellente section rythmique, un batteur au groove puissant (Manu Diaz) et le bassiste Ben Molinaro (jolies basses vintages) qui l’accompagne discrètement, pas une note de trop, pas de démonstration superfétatoire, mais avec efficacité. La jeune (et très jolie) choriste Valérie Delgado possède une belle voix et une touche de féminité dans les chœurs et sur scène. Ses chorégraphies coordonnées avec celles de Sly apportent de la grâce au show. Armé de sa Les Paul noire, le guitariste est funky sur les parties rythmiques et bluesy pendant les solis, avec quelques attaques soulful à la pédale wha-wha. Enfin, last but not least, un plus indispensable, un véritable orgue Hammond B3 (et sa cabine Leslie, respect !) instrument rarissime sur scène tant il est lourd et difficile à transporter (profitons-en au passage pour saluer les roadies qui doivent se trimballer la bête). Mais quel son ! Ce souffle chaud inimitable qui s’en échappe est un vrai délice. D’autant plus que le claviériste a à disposition un petit piano électrique vintage (un Fender rhodes probablement) complément idéal de l’orgue pour plonger l’auditeur dans une somptueuse ambiance 70s. Tous les ingrédients sont donc réunis pour mettre les compositions de Sly en valeur, d’autant que ce dernier possède une technique vocale incomparable, capable même à cappella de scotcher l’auditoire (il n’a pas été human beat boxer dans le Saian supa crew pour rien). Et un timbre soulful à l’avenant. Un excellent concert marqué par la reprise magnifique (et saluée par maints applaudissements) du « What’s going on » de Marvin Gaye, pour un peu on se serait cru à Detroit.
samedi 18 juin 2011
Winston McAnuff, Le Point Ephémère, 17 juin 2011.

C’est un point éphémère bien rempli qui a accueilli Winston McAnuff par un tonnerre d’applaudissements en ce vendredi soir. Dans la foulée de son excellent album « A Bang », le vétéran jamaïcain du reggae est (très bien) entouré ce soir du groupe de Camille Bazbaz, qui assure pour sa part les claviers, groupe dans lequel on reconnaît notamment Yarol Poupaud. A l’image de l’album, le concert donne de Winston McAnuff, l’image d’un artiste complet, bien loin de se satisfaire du seul genre reggae, dans lequel il excelle pourtant, piochant également son inspiration dans le rock alors que les soli de guitare, nous emmènent vers un terrain plus blues. Alternant entre deux instruments, Yarol apporte une touche rock à la deuxième guitare (« Jacob’s ladder ») et assure des lignes de basses puissantes sur les morceaux plus reggae/roots (« Hey Girl » ; « Angela Davis ») dans un parfait complément de l’excellente batteuse. Les claviers vintages de Monsieur Bazbaz apportant une touche soulful. Vêtu d’un pantalon de cuir noir et d’un tee-shirt à l’effigie de Bob Marley, Winston McAnuff prêche ses textes avant de s’enflammer d’une transe sauvage vers la fin du show. Quant à Yarol, il a l’air de se plaire dans la fosse qu’il a traversé une première fois sur les épaules d’un spectateur, chopant une pinte de bière au passage et portant un toast au public dans un fracas d’applaudissements, avant de retraverser la fosse une deuxième fois, à pieds cette fois, dansant et jouant son solo en même temps au centre d’une tranchée en plein milieu de la foule. Une bien belle soirée et qu’importe qu’il pleuve et qu’il vente à l’extérieur, la chaleur de Winston et de son reggae nous a bien réchauffé le cœur.
lundi 13 juin 2011
CharlElie, Le Casino de Paris, 10 juin 2011.

Entamée dans la foulée de la sortie de son excellent album « Fort Rêveur », la tournée de CharlElie Couture a fait étape vendredi soir dernier au Casino de Paris. Entouré de son quartet (guitare, batterie, claviers et une basse un peu trop énorme qui prend beaucoup d’espace) de musiciens américains, le new-yorkais d’adoption a donné un show euphorisant revisitant à la fois son ancien répertoire et quelques titres du dernier album. Un pied sur chaque rive de l’Atlantique, CharlElie colle son chant, en français, sur une musique ancrée dans une tradition à la fois rock et blues grâce notamment à un guitariste particulièrement inspiré. CharlElie passe la première partie du show à la seconde guitare avant de déménager derrière le clavier. Entre chaque titre CharlElie égrène philosophie sur la vie en général (la disparition des abeilles, ce genre de choses) et quelques plaisanteries : « Il y a une chanson que je suis obligé de jouer, sans elle je ne serais pas là aujourd’hui » avant d’enchaîner sur « Comme un avion sans ailes » (ah ah ah). Elliott Murphy est également passer faire un petit coucou, assez inattendu, ce qui a donné lieu à un échange d’anthologie :
-D’où viens-tu Elliott ?
- Je suis parisien, le new-yorkais, c’est toi !
Les deux musiciens ont ensuite entamé « 58th street », dans une version agrémentée de quelques couplets en anglais signés de la main de Mr Murphy. Plutôt généreux avec son public, CharlElie reviendra plusieurs fois sur scène pour les rappels : « Moi, je m’en fous je ne travaille pas demain, mais il y en a qui vont avoir du mal à se lever… ». Bah nous non plus, on est en week-end !
jeudi 9 juin 2011
Vernissage France de Griessen, Galerie Le Terrier, 8 juin 2011.

(c) Holden Warren

(c) Frédéric Ambroisine
A cette occasion, accompagnée par le fidèle guitariste Shanka (The Dukes, No one is innocent), France a dévoilé en version acoustique quelques titres de son futur album « Electric Ballerina » dans un cadre particulièrement intime. Le mini set commence donc à deux France jouant de sa « guitare de la rue », du nom de l’endroit où ledit objet fut trouvé au petit matin en sortant d’une fête. Les premiers titres sont très roots, notamment grâce au dobro Washburn de Shanka joué au bottelneck. Alors que France sa guitare à terre de manière très théâtrale, la performance du soir prend alors une tournure beaucoup plus rock, même en acoustique, Shanka accompagnant avec efficacité la voix de France. A genoux, ou déambulant, telle une ballerine électrique (quoique débranchée), blonde comme les blés et le sourire barrant son visage d’une oreille à l’autre, France adopte une posture évoquant aussi bien l’actrice ou la performeuse qu’elle est également par ailleurs. France fait bien plus que chanter, vivant littéralement ses textes de sa voix puissante et pleine de coffre. Une petite soirée pleine de bonne humeur, où même un raté lors d’un changement d’accord provoque l’hilarité. Un mini show hybride entre folk et punk car comme le résume France elle-même : « On ne fait pas des folkeux avec des punkettes » !
L’album « Electric Ballerina » de France de Griessen (chronique à venir) sortira le 4 juillet en digital et le 26 septembre dans les bacs.
Exposition jusqu’au 26 juin 2011 à la galerie Le Terrier, 82 rue de Clignancourt 75018 Paris.
www.francedegriessen.com
Pour voir un court extrait du showcase filmé par Frédéric Ambroisine cliquez ici
mercredi 8 juin 2011
Jeu-Concours Lyre Le Temps
mardi 7 juin 2011
The Love Me Nots : The Demon and The Devotee

Bien qu’originaire de Phoenix dans l’Arizona, The Love Me Nots (voir mes messages des 24 juin 2010 et 9 avril 2011), un des fleurons du garage rock actuel, développe une attirance pour les guitares grasses, les orgues vintages et les rythmiques au groove hérité des musiques noires. Un mélange typique des productions de Detroit, dans la droite lignée du MC5 et des Stooges, dont ils sont les dignes descendants. C’est donc dans le Michigan qu’une fois de plus le quartet a posé ses valises en compagnie du producteur Jim Diamond, avec qui ils ont l’habitude de travailler, pour enregistrer ce nouvel effort afin de retrouver cette inimitable patte so sixties. Ce nouvel album marque également le retour dans le line up du batteur Jay Lien, qui avait joué sur les deux premiers albums du groupe, et cela s’entend. Car les love me nots sont un groupe essentiellement rythmique, comme le prouve l’incroyable morceau d’ouverture « The end of the line » qui tient tout entier sur un simple pattern de batterie soutenu efficacement par l’excellente bassiste Kyle Rose Stokes. Bien que toujours fasciné par le son des années 60, les love me nots s’offrent une petite distraction le temps de « Demons » où la chanteuse Nicole Laurenne, délaisse un instant son orgue vintage pour des synthés au son plus eighties. C’est une ouverture inédite pour ce groupe vers la new wave, assez surprenant mais pas foncièrement désagréable. Pour le reste on retrouve cette alternance entre morceaux down tempo « Trouble » (à noter un solo de trompette inattendu) et shots de rock n’roll incandescent : « I’m gonna be your girl » (PS : Yes Nicole anytime !) ; « I’m not okay » par ailleurs une des plages les plus réussies de cet album marquée par un festival du guitariste Michael Johnny Walker qui s’en donne à cœur joie dans un registre surf/cradingue. L'album se termine avec la sublime ballade pop sixties "The girl lights up" comme quoi chez les love me nots tout ne tourne pas autour de guitares ravageuses. Voila pour ce groupe qui nous a encore sorti un des meilleurs albums de l’année.
lundi 6 juin 2011
JNEB BAND

Bien souvent l’enfance détermine le parcours de celui qui deviendra adulte plus tard. A ce titre, la pochette de cet EP ravivera de bien douloureux souvenirs à tous ceux qui n’ayant jamais été « cool » à l’école ont trouvé refuge dans la musique ou la lecture. Le lillois JNEB en a fait certainement partie, lui qui a choisi d’intitulé son nouvel EP « Enfance v(i)olée », également le titre d’une chanson aux paroles émouvantes. Musicalement, le JNEB BAND pratique un mélange entre guitares punk et rythmiques métal. La formation est à la fois réduite et originale : deux guitares et deux trombones. Pas de batterie ni de basse. Les cuivres apportent un contrepoint intéressant au son saturé des guitares. L’EP s’offre également quelques détours bienvenus : les nappes électro au début d’ «Il faut être pris pour être prisonnier » alors que le piano en ouverture d’ « Histoires courtes » apporte une ouverture inattendue vers le jazz. Quand il ne s’attarde pas sur ces blessures intimes, JNEB revendique et s’engage portant un regard acéré sur la société qui nous entoure. Textes scandés et engagés, JNEB prolonge une longue tradition punk de chez nous entamée par Métal Urbain il y a fort longtemps. Hélas, les paroles se perdent parfois dans une grossièreté un peu facile (« Ca pue la merde ») qui, à mon sens, décrédibilise un peu l’acuité du propos. Cette petite réserve mis à part, l’EP ravira tous les fans du genre.
dimanche 5 juin 2011
The Barettes

ALB : « I beg for a summer »

En préambule à son deuxième album, trois ans après le premier intitulé « Mange Disque », le rémois Clement Daquin a.k.a ALB est de retour avec ce nouvel EP. Ces quatre titres mettent en valeur le savoir-faire mélodique et la diversité des influences d’ALB. Influences qu’il faut aussi bien chercher dans les grands classiques des 60s, Beatles et Beach Boys en tête (« Never miss you ») que dans la chip music, cette musique inspirée par les jeux vidéos des années 80, sur le premier single « Golden Chains » (avec The Shoes en guest). Avec en prime quelques détours du côté de la new-wave (« Brand new start »), c’est finalement quarante années de pop music qui est ici revisitée, parfois même au sein d’un seul titre (« Show me your love »). Un univers qui paraît de prime abord assez attachant mais en attente de confirmation sur la longueur d’un LP.
SORTIE LE 6 JUIN 2011
samedi 4 juin 2011
Meltones : Nearly Colored

On avait déjà repéré les Meltones (voir mes messages des 10 et 16 janvier 2011) grâce à un excellent EP sorti en fin d’année dernière. Tous les espoirs placés en eux trouvent leurs consécrations dans ce premier album « Nearly Colored », véritable petit exploit en soi. A la base nous avons en les Meltones, quatre jeunes gens, la vingtaine environ, fans des grands classiques, Beatles, Led Zeppelin, Pink Floyd, mais aussi du son des années 90, de Supergrass ou d’Oasis. Grâce à la paire formée par Philippe Zdar et Florent Livet, les Meltones ont trouvé les producteurs idoines. Ces derniers ont effectué un travail d’orfèvre pour mettre en valeur les mélodies composées par le groupe sans dénaturer ni le son ni les racines rock de la chose. En gros, les claviers vintage (la touche french touch de Zdar ?) rajoutés ça et là sont toujours forts à propos. Ni trop puissants, ni trop faibles, juste ce qu’il faut pour mettre en valeur les chansons sans jamais virer dans une complaisance pop propre à propulser le groupe dans un star-système qui ne demande qu’à les broyer. Extrêmement bien produit mais jamais aseptisé, il en résulte un album qui lâche parfois les chevaux dans une cavalcade de guitares échevelées (« Don’t stop breathing », « Out & Inside » la très attachante et accrocheuse « Dear Leader ») mais qui sait également décrocher quelques flèches pop et mélodiques propres à faire fondre les cœurs, fussent-ils de pierre : « Audrey » ou les petits bijoux pop « Secret rules » et "Outer Space", qui comptent parmi les meilleures du lot. Enfin, les Meltones sont également ambitieux, les sept minutes trippantes sous influence Pink Floyd d’ « I don’t live today » prouvent qu’ils sont capable de sortir d’un format de trois minutes où l’efficacité prime. Un excellent album, tellement réussi qu’il va probablement vous accompagner tout l’été pendant vos ballades sur la plage.
SORTIE LE 6 JUIN 2011.
vendredi 3 juin 2011
Rafale, La Flèche d’or, 2 juin 2011.

Paul Personne + A l’ouest : « Face A »

Après plus de trente ans de carrière, Paul Personne est le genre de musicien à qui on ne la fait plus. Doté d’une paire de mains très sures, Paul sait ce qu’il a envie de jouer et se contente de faire ce qu’il aime. Et il a bien raison, car de tous les mouvements qui agitent le rock français, il est fort probable que c’est son style blues/rock à l’ancienne qui vieillira le mieux et c’est probablement ses albums à lui qu’on réécoutera encore dans dix ans. En gros, on aime Paul Personne comme on aime AC/DC, et on a surtout pas envie que cela change, ne parlez pas de malheur ! Pour ce nouvel opus, Personne s’est entouré de l’excellent trio normand A l’ouest dans une démarche qui rappelle Neil Young quand ce dernier s’est acoquiné avec Crazy Horse ou Pearl Jam. S’il s’agit de leur premier effort discographique en commun, les deux parties se connaissent bien, ayant souvent eu l’occasion de jammer ensemble sur scène, lors de concerts en commun où A l’ouest assurait la première partie. D’un strict point de vue musical, ce nouveau disque est en tout point conforme à la réputation de Paul Personne, du rock, du blues et un soupçon de folk. Et des guitares ! Beaucoup de guitares, qu’elles soient électriques ou acoustiques pour autant de solis. D’autant qu’en la matière Anthony Bellanger d’A l’ouest est loin d’être manchot, ce qui donne lieu à des joutes épiques (« Qui t’aime vraiment ? »). Pas fondamentalement original, c'est vrai, mais joué avec amour. A noter également un héritage venu des musiques Noires, les percussions rappellent Curtis Mayfield et apportent un léger piment groove soul/funk à l’ensemble, quant à la wha-wha de Paul, et bien elle est aussi efficace que celle du Dieu Jimi. Parmi les plus belles réussites notons l’instrumental « To a friend », le blues pour ce regretté Calvin Russell. Comme pour son diptyque « Coup de blues » / « Demain il fera beau », ce nouvel album est double et bénéficie d’une sortie en deux temps. Après cette excellente face A, la face B sera disponible à l’automne.
jeudi 2 juin 2011
Lyre le temps : « Lady Swing »

Lyre le temps est un trio français qui, comme son nom ne l’indique pas, chante exclusivement en anglais. Composé d’Amorphe, Ry’m et Seconde, ce nouveau groupe fait sensation avec son premier album « Lady Swing ». « Lady Swing », tout est dans le titre et tout dans ce groupe part du swing et d’influences jazz qu’ils dynamitent à grand coups de rythmiques électro et de phrasé hip-hop. Et même un soupçon de rock, sans utiliser une seule note de guitare, le temps d’ « Against the grain ». Ce qui donne quelques belles réussites qui parsèment le disque : « Go down » où un flow rap rencontre une très belle ligne de contrebasse ou bien la très roots « Jazzy degree », à base de piano, trompettes et la magnifique voix, étrangement féminine, du chanteur. Lyre le temps livre ici un très bel album, le point de rencontre entre respect de la tradition et modernité.
EN CONCERT LE 9 JUIN A LA MACHINE DU MOULIN ROUGE
mercredi 1 juin 2011
Miro and the 2 Pigeons : « Roader »

C’est un bien intriguant album que nous livre ici Miro. Accompagné par le groupe italien The 2 Pigeons, Miro nous livre un exercice d’équilibriste, donc potentiellement casse-gueule, où son songwriting nourri à la source du rock et de la chanson se mélange à des arrangements électronica à base de claviers vintage. Le tout sur un mode low-fi assumé : boîtes à rythmes, parfois rudimentaires, synthés cheap (« La planète se connecte ») et effets sur la voix. Une trompette égarée apporte une note jazzy « Allume-moi II » alors que l’intro au clavier de « Indomptable » rappelle Supertramp. Mi chanté, mi parlé, avec un phrasé toujours langoureux, l’album découvre aussi une légère facette blues dans l’utilisation des guitares, "Mon revolver", ou des rythmiques funky 80s, « La boîte à gants ». Un effort difficile à cerner donc qui ne ressemble à rien où à tout en même temps, c’est selon. Attention toutefois, les cocktails ne sont pas forcément digestes…
www.myspace.com/miromaispasourd


