mardi 23 octobre 2007

Jesus « Sixto » Rodriguez, génie oublié des sixties.







L’histoire est injuste. Le succès mal foutu. Comment expliquer que certains accèdent à une célébrité superfétatoire en s’agitant le popotin sur des plateaux télé scabreux du samedi soir alors que d’authentiques talents restent dans l’ombre des décennies durant. La reconnaissance. Certains courent après toute une vie. Pour d’autres, elle tombe toute cuite. Sixto Rodriguez est originaire de Detroit dans le Michigan où il est né le 10 juillet 1942. Rodriguez a enregistré en tout deux albums studio « Cold Fact » sorti en 1970 et « Coming from reality » publié un an plus tard. Devant l’absence totale de succès sa maison de disque l’a jeté comme un malpropre. Sixto n’a jamais tourné aux Etats-Unis, n’a pas participé aux agapes des différents festivals hippies (Monterrey, Woodstock, Isle de Wight…), il est largement méprisé sur sa terre natale et complètement inconnu en Europe. Peut-être était-il trop en avance sur son temps. On pense qu’une décennie n’a plus rien à offrir, que l’on a tout entendu, que tout a été réédité en double voire triple bonus, et là l’air de rien un Sixto Rodriguez vous tombe dessus, tombé du ciel. Sa musique est indéfinissable. Prenez à la base un songwriter folk, ajoutez-y la grandiloquence typiquement Beatles des arrangements psychédéliques (époque Sgt Pepper), une dose de free-jazz à la soft machine / sweet smoke (album « just a poke ») et une petite touche rythm n’blues pour la bonne note groove. Et voilà vous obtenez Sixto Rodriguez. Les échos de « Sugar Man », la ligne de basse d’ « I Wonder » n’ont pas fini de vous hanter. Comment ce type a-t-il pu à ce point passer à côté du succès ? Enfin pas tout à fait puisqu’il est une authentique star en… Afrique du Sud et en Australie ! D’ailleurs il s’agit des seuls pays où son œuvre en disponible en CD. Et encore pas complètement seul son premier album « Cold Fact » a été réédité. Il existe également un best of (pour un artiste qui n’a enregistré que deux albums !!!) qui malgré les doublons (6 titres sont sur les deux CD) est indispensable, les 5 titres restants sont de vrais pépites. Plutôt que de publier une compilation, le label aurait plus inspiré de rééditer son deuxième album « Coming from reality » qui a ma connaissance est inédit en format CD. Mais enfin que voulez-vous, l’industrie du disque marche sur la tête et bien souvent au détriment des authentiques passionnés, mais il ne s’agit ici que du premier chapitre d’une interminable diatribe, alors arrêtons-nous là et écoutons Jesus Sixto Rodriguez, génie oublié des sixties.

http://www.sugarman.org/

1 commentaire:

Olivier a dit…

Je suis un gros fan de Sixto Rodriguez, est ce que tu sais si on peut trouver des chansons sur internet, via des fichiers torrent, ou limewire? Je n'ai que le Best Of, et j'aimerai bien chopper les deux albums!

mon contact myspace : www.myspace.com/oscillo_scope
Olivier