jeudi 30 octobre 2008

Allen Toussaint, l’Elysée-Montmartre, 27 octobre 2008.


Le flyer promet un « concert exceptionnel » en compagnie de « la légende vivant de New Orleans ». Le propos est élogieux, mais c’est amplement mérité. Allen Toussaint, c’est du lourd. Un pianiste virtuose pour commencer que l’on a pu entendre récemment en compagnie de James Hunter (voir mes messages des 20 septembre et 19 octobre) ou d’Elvis Costello pour le superbe album « River in Reverse » (on peut également le voir jouer dans les vidéos illustrant mon post sur Earl Palmer). En tant que songwriter et producteur, Toussaint a travaillé avec le gratin musical de sa New Orleans natale (et Dieu sait si la Crescent City est riche en la matière) : Dr John, The Meters… Son travail lui a également ouvert des portes vers des artistes plus « mainstream », les Rolling Stones notamment. Hélas, comme artiste solo, Allen Toussaint est assez peu connu et a peu d’albums à son actif. Enfin si le concert est « exceptionnel » c’est aussi parce que c’est le premier depuis 15 ans sur une scène française. Pour moi, c’est l’occasion de le voir en vrai. Et coïncidence calendaire qui n’a rien à voir avec la musique, son retour a lieu quelques jours à peine avant les fêtes de la Toussaint !!!!

Aussi cela m’a fait beaucoup de peine de voir la salle aussi peu remplie. L’Elysée-Montmartre, deux ans que je n’était pas revenu, j’y retourne comme on retrouve un vieil ami, c’est une petite salle au plafond décoré de modénatures en principe on y est debout, le bar se trouve au fond. Mais le concert étant loin d’être complet on a réduit la capacité de moitié grâce à des rideaux. Et on a même eu droit à une distribution de chaises de jardin en plastique. Un concert assis à l’Elysée-Montmartre, je n’avais jamais connu cela avant.

Impeccablement costumé et cravaté, Allen fait son entrée en scène en compagnie de son groupe : batterie, percussions, guitare, basse, saxophone et la star de la soirée au piano et au chant qui précise que son groupe est à 100 % originaire de la Nouvelle-Orléans. Le reste appartient à la fois du miracle et de la téléportation. Ce n’est rien, et d’une platitude sans nom, de dire que ce fût une soirée magique à graver dans les mémoires. De la soul voir du funk, du jazz et toujours ce son reconnaissable entre mille. Comme de coutume, chaque musicien y va de son petit solo et le duel batterie vs. percussions fut particulièrement tendu et impressionnant. Alors que le show touche à sa fin, Allen s’adresse à l’assistance : « Etes-vous déjà allés à la Nouvelle-Orléans ? Vous avez déjà fait mardi-gras ? Non, alors on a décidé de vous apporter un peu de mardi-gras ! ». Et Allen de se lancer dans une distribution de cadeaux « made in New Orleans » à la fosse : tee-shirts, masques de carnaval, CDs… Le public ne prête plus attention qui continuent à faire le bœuf et pourtant ça joue grave… Et voilà comment on délocalise l’Elysée-Montmartre et le boulevard de Rochechouart en plein Bourbon Street…

Allen Toussaint piano solo


Allen Toussaint : Southern nights

2 commentaires:

saab a dit…

Si peu de monde pour ce Dieu de la musique, que cela est triste ! Ta chronique ets l'une des meilleures que j'ai lues jusqu'à présent, contrairement à moi qui bloque devant ce que j'apprécie le plus
;-)

My Head is a Jukebox a dit…

Tu bloques ? Comment ça ?

Bises
Régis