jeudi 3 avril 2025

Chris Smither, l’Archipel, 30 mars 2025.

 


Assez méconnu dans nos contrées, Chris Smither, 80 ans au compteur, a pourtant fait salle pleine dans l’écrin de l’Archipel, qui fait également office de salle de cinéma, un public nombreux se presse dans les travées où l’on parle beaucoup anglais, accent américain en prime. Ce qui n’est pas le cas du chanteur vétéran, parfaitement francophile et francophone. Chris Smither donc, a sorti ses deux premiers albums au tout début des années 1970, avant une longue éclipse et fait depuis le mitan des années 1980 une carrière d’une remarquable régularité. A peine moins rugueux que le regretté Calvin Russell, seul sur une chaise, sa guitare folk en mains, Chris Smither a donné un show intimiste et old-school, sans artifice aucun, sans loop ou autre gadget d’un autre âge. Chez le natif de la Nouvelle-Orléans, seul compte la chanson, tout en respectant la sainte trinité, folk, blues et country. Autant d’idiomes que le chanteur exhale de tout ses pores et qu’il sert de sa voix burinée par les ans. Son jeu de guitare se révèle remarquable, et ses arpèges dégoulinent de feeling tandis qu’il bat la mesure du pied. Sa voix et sa seule guitare suffisent pour remplir l’espace. Un grand moment d’Americana en plein Paris, remarquable !

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https://smither.com/


Cash Savage and The Last Drinks, La Maroquinerie, 29 mars 2025.

Attention, alerte rouge, quand Cash Savage et son groupe The Last Drinks sont en ville, les oreilles averties sont de sortie ! Certains artistes proposent des entames en douceur, arrivent timidement sur scène, l’Australienne déboule comme on monte sur le ring, prête à en découdre, toise le public d’un regard déterminé, prête à tout donner sur scène, pour le public ! Tapis, quinte flush, le grand jeu du rock’n’roll peut commencer ! Avec un groupe aussi remarquable que les Last Drinks (au sein duquel on note une nouveauté l’habituel violon étant pour l’occasion remplacé par un saxophone), le concert ne pouvait être que mémorable d’une intensité folle (ah ce « Rat-a-tat-tat » complètement dingue !) à telle qu’enseigne qu’un titre (le dévastateur « Human, I Am ») joué en plein set recueille un tonnerre d’applaudissement équivalent à celui d’un rappel de fin de show. Ce qui tombe plutôt bien, Cash détestant le concept, ne donne jamais de rappel mais donne tout pendant une heure et demie non stop, un grand huit où les explosions sonores alternent avec les épisodes éthérés. Charismatique, talentueuse, touchante lorsqu’elle évoque sans fard les problèmes de santé mentale, tout simplement une grande artiste de notre époque !

https://www.facebook.com/savagedrinks

cashsavage.com.au

mardi 1 avril 2025

The Datsuns + Sha-La-Lees, La Maroquinerie, 26 mars 2025.

Groupe mi-belge, mi-hollandais, les Sha-La-Lees ouvrent les agapes en première partie. La formation ne nous est pas totalement inconnue puisqu’elle repose, pour la moitié belge (c’est à dire le chanteur/guitariste et le bassiste), sur les cendres des Sore Losers (que l’on avait vus en ce même lieu en 2017 dans le cadre des Nuits de l’Alligator) ; un groupe qu’on a avait particulièrement aimé à l’époque. En résumé, les Sha-La-Lees reprennent les choses là où les Sore Losers les avaient laissées, c’est à dire avec un appétence particulière pour le rock des années 1970, mais en laissant le métal influencé par Black Sabbath de côté, au profit d’une approche plus garage rock, le blues en ligne de mire. A ce titre, la différence fondamentale est la présence d’un harmonica dans le line-up, que l’on entends que trop peu malheureusement. Le set se révèle particulièrement efficace, dans un genre proche de Jim Jones Revue (le chant hurlé en moins) mais tout aussi dévastateur tel un rouleau compresseur de décibels et de notes saturées. Du rock’n’roll pur et dur, particulièrement attachant.

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Arrivé à ce stade, il est temps pour nous de renouer avec une madeleine de Proust, qui nous avait fait tomber dans le rock garage il y a une vingtaine d’année (déjà!) : The Datsuns ! Sans nouvel album à promouvoir, juste pour faire coucou, les Néo-Zélandais sont de retour à La Maroquinerie après un dernier passage en 2023. Toujours aussi efficace et enthousiaste, le groupe égrène ses vieux tubes (cf. un « MF from hell » qui fait toujours son petit effet auprès du public) sans oublier les compositions plus récentes, extraites de « Eye to Eye », le dernier album en date du groupe, qui se pare d’atours psychédéliques. En dépit des soucis du chanteur Dolf, en délicatesse avec ses cordes vocales ce soir là, le groupe est toujours prêt à délivrer au public sa dose d’électricité saturée comme si le temps n’avait pas de prise sur lui. Christian se révèle un guitariste remarquable qui semble même s’être bonifié avec les années, plus musical, lorgnant parfois avec bonheur sur le blues et le psychédélisme. De quoi passer une excellente soirée au point de faire slammer et pogoter un public qui n’a plus exactement 20 ans !

https://www.facebook.com/thedatsuns