mercredi 31 décembre 2025

Johnny Blue Skies : « Passage du désir »

 


Un patronyme pour le moins énigmatique et un titre d’album qui fleure bon la France et Paris. Et c’est d’ailleurs avec un air d’accordéon évoquant une capitale qui n’existe plus que débute l’album. Le tout semble trop typique pour être vrai et pour cause ! Le fameux Johnny Ciel Bleu n’est autre que le nouveau nom d’artiste de Sturgill Simpson, un musicien de country alternative bien connu, de retour après une longue période d’abstinence. Nonobstant une pochette « parisienne », l’album est bel et bien un disque de country/americana/bluegrass pur sucre mais façon Sturgill Simpson. C’est a dire à la manière d’un artiste qui autant à cœur de s’inscrire dans une lignée patrimoniale que de s’en défaire. Ainsi, l’idiome revu et corrigé par Simpson se teinte d’une couleur planante, aérienne, les nappes de lap-steel en guise de piste de décollage (les huit minutes et quelques de "One for the road") et d’une tentation soul (« Jupiter’s Faerie ») voir rock au-dessus desquelles plane la voix du chanteur. Produit et arrangé avec soin, cordes à l’appui, « Passage du désir » rappelle surtout l’immense auteur/compositeur qu’est Simpson. Recommandé.



mardi 30 décembre 2025

Floo Flash : « Rose Bonbon »

 


Il y a des noms plus évocateurs que d’autres. En nommant son EP « Rose Bonbon », du nom d’une défunte discothèque mythique située dans le sous-sol de l’Olympia, Floo Flash nous replonge en pleine nostalgie eighties. Et pour cause, Floo Flash n’est autre que la nouvelle incarnation d’une formation mythique du rock français des années 1980, signée chez New Rose et ayant assuré les premières parties de pointures internationales telles que U2 ou REM ! Passé depuis longtemps à autre chose, c’est en exhumant une antique cassette de 1985 (sur laquelle on retrouve le titre « Mon Idole » présente sur ce nouvel EP) qu’Hervé Paul (guitare et chant) a senti l’impérieuse nécessité de relancer son groupe. Et c’est donc avec une certaine émotion que l’on découvre ce nouveau disque, un peu comme on traverserait une passerelle imaginaire entre le passé et le futur. D’obédience power pop, énergique et justement dosé en guitares, l’EP trahit son appartenance aux années 1980, notamment palpable dans les textes du groupe. Mais en appliquant à sa musique une production et une dynamique tout à fait moderne, le trio évite intelligemment le passéisme rance. Ces cinq titres sont autant de petites bombes pop, prêtes à faire pétiller les oreilles. Champagne ! Espérons que ce nouvel EP marque un véritable nouveau départ pour Floo Flash et ne reste pas un coup d’épée dans l’eau. A coup sûr, ces musiciens ont encore beaucoup à offrir.

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lundi 29 décembre 2025

The Guilteens : « Heavy Letters »

 


Entre autres originalités, ce quartet venu d’Irlande, possède la particularité de compter un guitariste / trompettiste en son sein. Loin d’être anodin, ce détail dénote la volonté de sortir des lieux communs pour s’ouvrir à de nouveaux horizons. Ce premier EP nous en apporte la preuve manifeste mélangeant, avec bonheur, le spleen downtempo atmosphérique (« Born Evil ») et le psychédélisme (« Saviour » peut-être le meilleur titre de cette courte livrée) flirtant à l’occasion avec le grand écart expérimental (« Further Down The Channel »). Le tout baigne dans une délicieuse ambiance 90s (« The Monolith »). Concentré sur quatre titres l’EP peut désarçonner l’auditeur tant il donne l’impression de sauter du coq à l’âne. Cependant, l’ensemble est suffisamment prometteur (et produit avec beaucoup de soin) pour que l’on s’autorise à attendre la suite avec curiosité.

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samedi 27 décembre 2025

Dom Mariani : « Apple of life »

 


Voici un album inattendu ! Les nostalgiques des années 1980 se souviennent certainement des Stems, fine fleur du rock garage/psychédélique australien et de leur album « At first sight, violets are blue » (1987). Contre toute attente revoici leur leader Dom Mariani revêtu d’un nouveau costume, celui d’un songwriter power-pop. Mais on ne se refait jamais totalement et l’idiome, revu et corrigé par l’Australien met définitivement l’accent sur le côté « power » de l’affaire, à l’aide de guitares vitaminées (« Apple of life », petit clin d’œil aux Beatles, également en rappel sur la sérigraphie ornant le cd). Dans ses meilleurs moments, l’album n’est pas si éloigné de Big Star (« World on its head ») voire d’un Bowie (« Sad state of affairs »), c’est dire le niveau auquel évolue Mariani. De solides compositions auxquelles la présence d’une lap-steel apporte une petite touche americana du plus bel effet (« Where do lovers go » ; « Jangleland » ; "Jealous Love"). Classique dans sa forme, les 11 plages qui composent l’album font montre d’un impeccable savoir faire à l’ancienne. La confirmation de l’excellence du songwriter, hélas trop méconnu par chez nous. On rêve d’en avoir la confirmation sur scène.

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Romain Podeur : « Le bordel à l’intérieur »

 


Romain, que l’on avait connu autrefois sous le nom de Candide, entame un nouveau projet sous son nom propre dont il s’agit du premier album. Aussi improbable que cela puisse paraître, ce disque inaugural est le résultat de la rencontre entre Romain et Steve Hewitt, l’ancien batteur de Placebo (!) que le chanteur/guitariste qualifie comme « le bon batteur, celui qu’il fallait ». On ignore ainsi par quel miracle les deux compères se sont retrouvés dans le même studio, mais toujours est-il que la paire a enregistré l’intégralité de l’album en duo - une première pour le batteur peu habitué de la scène française - au fil des allers-retours de Romain dans le Surrey. Néanmoins, la connexion a belle et bien eu lieue et l’apport du batteur semble indispensable pour apporter cette touche rock essentielle. Les amplis chauffent, les aiguilles dans le rouge, tous les curseurs sont montés d’un cran : les guitares se font plus abrasives (« Un peu de tout ça »), le chant également (cf. « Comme la Joconde » ; « Sous le viaduc de Morlaix » où le chanteur est poussé dans ses retranchements suivant la pulsion rythmique) et, sans Hewitt derrière les fûts, il y a fort à parier que l’album serait tombé dans le côté obscur de la chanson pop (« On dit oui à tout » ; « Mon Himalaya » présente en deux versions électrique puis acoustique). Si c’est « le bordel à l’intérieur », fort est de constater que sur le plan musical, Romain garde les idées claires. Son nouvel effort est de très haute tenue, produit avec soin (« Chacun son odyssée » sous influence Beatles), aux textes et aux mélodies soignés ("Chérie, Chérie" ; "Jamais Assez"), ce qui n’est pas antinomique avec la haute énergie rock’n’roll déployée. Preuve en est faite sur ces 13 plages.

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jeudi 25 décembre 2025

Loudon Wainwright III, L’Archipel, 22 décembre 2025.




Sacré Loudon ! Annoncé au débotté, Loudon Wainwright s’est produit sur la scène de l’Archipel, trois jours avant Noël, alors que l’on pensait que toutes les salles de concert de la capitale étaient fermées pendant la trêve des confiseurs. Seul avec une guitare folk empruntée à un ami (un certain Michel) Loudon a tenu la scène pendant près de deux heures revisitant ainsi les quelques cinquante années de sa carrière. Du folk, un peu de blues, un peu de country constituent le sel d’un concert en roue libre en partie improvisé. L’Américain s’est ainsi laissé aller, assez rapidement, au petit jeu des suggestions auprès du public, soit autant d’occasion de ravir le public de son sens de l’humour ravageur (cf. ses tirades sur les mots de passe ou la conspiration adulte concernant le Père Noël), instaurant ainsi une connexion quasi intime avec le public. Un concert à la fois émouvant lorsqu’il s’est agi de rendre hommage aux disparus qu’hilarant (« on souffrira ensemble ironise-t-il sur l’absence de bar dans la salle rouge du bas), le tout dans un ambiance débonnaire et à la bonne franquette. Quelle meilleure manière de finir cette année de concerts ?

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mercredi 24 décembre 2025

The Hives forever forever The Hives

 


Les Hives pour toujours ! Près de trente ans (et oui!) après leurs débuts, force est de constater que les Suédois n’ont jamais vraiment dérivé de leur ligne, sans pour autant lasser, un petit exploit en soi, qui fait qu’aujourd’hui leur nouvel album s’écoute comme on écouterait un best-of. En résumé voici un album qui file sur une autoroute sonique, guitares abrasives et tempo échevelé à l’appui (« They can’t hear the music »). L’affaire est pliée en une petite demi-heure environ et entre-temps l’auditeur à l’impression d’être passé à la lessiveuse. Quelques détours par le punk (« O.C.D.O.D. ») et la new-wave énervée (« Legalize Living ») se greffent sur le rock garage teinté de hard-rock seventies (on note une discrète citation d’AC/DC) typique du quintet (« Roll out the red carpet »). Intrinsèquement rythmique, énergique par essence, le groupe réussit à mettre en valeur son sens de la mélodie (« Born a rebel ») maintenant un équilibre constant dans ses compositions. Sans pour autant surprendre, creusant toujours un peu le même sillon, The Hives réussit pourtant à nous scotcher les oreilles, une fois encore, dans ce style fort en décibels, qui nous ravit, et dont ils sont l’un des plus dignes représentants.

https://thehives.com/

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dimanche 21 décembre 2025

Great Lake Swimmers : « Caught Light »

 




Ainsi, le nouvel album du groupe mené par Tony Dekker, voit ce dernier « chercher la lumière ». Et, sans prendre trop de risques, on pourrait bien affirmer qu’ils l’ont bien trouvé, cette fameuse lumière. Alors certes, depuis une vingtaine d’années, les Canadiens ont aligné les albums remarquables avec une admirable constance. On devrait finir par avoir l’habitude. Mais la musique a ceci de magique que l’on ne se lasse jamais des belles choses. Et ce nouvel effort ne dévie pas de la règle. Des guitares folk, de la lap-steel : une fois encore les Great Lake Swimmers nous transportent, en musique, vers les grands espaces fantasmés dans ce territoire nord-américain qui, en musique du moins, ne cesse pas de nous faire rêver. Emprunt d’émotion, le chant de Dekker attrape l’auditeur par l’oreille dès le morceau d’ouverture « One more dance around the sun » pour ne plus lâcher l’auditeur. Ni passéiste, ni révolutionnaire (on s’en fout un peu à vrai dire) juste d’une beauté intemporelle, ce nouvel album est aussi beau qu’un couché de soleil.

https://greatlakeswimmers.com/

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mercredi 17 décembre 2025

Gaspard Royant + Bobbie, La Maroquinerie, 16 décembre 2025.

Elle nous avait charmé avec son premier album, « The Sacred in the Ordinary », en 2024, aussi c’est avec une certaine émotion que l’on découvre Bobbie sur scène pour la première fois. Seule avec sa guitare folk, cette dernière s’attaque à un exercice pour le moins compliqué. En dépit des limitations de la formule qui, soyons honnêtes, ne rend pas vraiment justice à la richesse harmonique de son album, la magie qui entoure la musique de l’artiste fonctionne à plein. Sa voix est superbe et résonne magnifiquement, avec émotion, entre les murs de La Maroquinerie. L’impression de voyager dans le temps vers un lieu, Laurel Canyon, et une époque, les sixties, fantasmés, est palpable. L’artiste nous a réservé deux surprises, une nouvelle composition pleine de promesse pour la suite, et une reprise, de très haute facture en dépit du stress et des doutes de l’artiste, de sa chanteuse préférée, la grande Joni Mitchell. Un très beau moment.

https://www.facebook.com/bobbiemusicofficial


C’est une tradition entamée l’an dernier, au Petit Bain, avec laquelle on renoue avec bonheur en ce mardi soir : le concert de Noël de Gaspard Royant ! Déjà, parce que, en dehors de Gaspard, on ne voit pas très bien qui, dans ce pays, peut se livrer à l’exercice, périlleux, des chansons de Noël avec autant de bonheur artistique. C’est donc dans un décor à l’avenant, des guirlandes partout, et tout de rouge vêtu, que Gaspard nous souhaite de joyeuses fêtes, chapeau, pardessus et fausse neige sur les épaules. Entouré de ses amis, Bobbie, Héléna Noguerra, Talisco, Aurélie Saada (une ex-Brigitte) et Julien (le chanteur/guitariste des excellents After Geography) et autour d’un répertoire allant du folk au rock’n’roll sauvage que Gaspard à fait honneur à cette période de fête. Le concert fut joyeux, festif, et, dans la joie et la bonne humeur, Gaspard à fait montre de tout l’étalage de son talent vocal, charmeur, un véritable crooner (et on ne dira jamais assez à quel point ce statut est atypique sur la scène hexagonale) ! Entouré d’un groupe top niveau, dans lequel se distingue le merveilleusement sobre guitariste Laurent Blot, également capable de fulgurances soniques dingues, Gaspard nous offert un cadeau de Noël bien à lui : un duo inédit de son nouveau groupe, Ravage, formé en compagnie d’Aurélie Saada, dont on devrait reparler bientôt. Et en attendant, joyeuses fêtes !

https://www.facebook.com/gaspardroyant1


vendredi 12 décembre 2025

Little Barrie + Charb-On, Point Ephémère, 2 décembre 2025.



C’est un très beau plateau, cohérent, complémentaire et plein de promesses, qui a été réuni au Point Ephémère en ces premiers jours de décembre. On débute avec le trio français Charb-On. On vous avait déjà entretenu du premier EP du groupe et voici maintenant venu le temps du grand test live. Profitant de la flexibilité de leur formation, entre une originale version à deux guitares et batterie ou une autre, tout aussi originale, guitare, claviers et batterie, le trio pousse les murs du blues pour les agrémenter d’hypnotisme séduisant, de groove entêtant ou plus généralement de guitares abrasives poussant les aiguilles du potentiomètre dans le rouge. Le blues fondateur du groupe se pare ainsi de nouveau atours, au parfum Tex-Mex (l’EP a été enregistré à Austin au Texas ce qui a semble-t-il profondément influencé leur son), avec une apparition surprise du chant en français, ou bien encore, classiquement rock’n’roll. Le passage sur scène confirme donc tout le bien que l’on pensait du groupe, définitivement une formation à suivre dans le paysage hexagonal.

Place ensuite à des revenants que l’on attendait plus, le trio britannique Little Barrie. Toujours ensemble depuis 20 ans (ou presque) Lewis Wharton (basse) et Barrie Cadogan (prodigieux guitariste méritant une plus ample reconnaissance) sont désormais accompagné du batteur Malcolm Catto, plus habitué de la scène groove/soul au sein du groupe Heliocentrics. Des années et des années se sont écoulées depuis la dernière fois que l’auteur de ces lignes avait vu Little Barrie en concert (2012). Que le groupe a évolué depuis ! Qu’il semble loin le temps ou le trio s’ébrouait dans un savoureux cocktail entre rock garage et blues tout en swing ! Au fil du temps, des albums, et de la découverte des possibilités offertes par les pédales d’effet par le guitariste Barrie Cadogan, le trio a ainsi évolué vers des paysages de plus en plus psychédéliques voire abstraits ! Ainsi l’apport du batteur Malcolm Catto, qui n’a rien perdu de sa souplesse groove, s’avère fondamental pour appuyer cette sensation de transe psychédélique, relativement inédite, dans le son du groupe. Bien soutenu par le groove solide de la basse, toujours aussi rock’n’roll, la voie est ainsi pavée pour les envolées de guitares de Barrie, entre fulgurances soniques abrasives et sinuosité psychédélique, les fameuses pédales d’effets à l’appui, une approche qui colle particulièrement bien avec le chant de tête du guitariste. Baigné dans des effets de lumière virevoltante, le public, fort nombreux, a pu ainsi tripper une heure et demie durant, à peine perturbé par les difficultés techniques récurrentes rencontrées par le groupe. Ma foi, on peut appeler cela une soirée réussie !

https://www.facebook.com/Charbonband

https://www.facebook.com/littlebarrie



jeudi 11 décembre 2025

Loudon Wainwright III en concert le 22 décembre à l'Archipel

 


C'est Noël avant l'heure, le légendaire chanteur folk, Loudon Wainwright III sera en concert à l'Archipel le 22 décembre !

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