lundi 31 mars 2025

Thorbjorn Risager and The Black Tornado, New Morning, 19 mars 2025.

 

Thorbjorn Risager, c’est un peu le feu venu du froid ! Fidèle à sa réputation flatteuse, le Danois accompagné de son groupe The Black Tornado a délivré une prestation incendiaire sur la scène du New Morning. Il faut dire que le chanteur/guitariste est bien aidé dans sa tâche par une, remarquable, formation très étendue, comprenant cuivres, clavier, basse, batterie et deux guitares, propre à traduire sur scène la multitude de ses influences. Le blues bien entendu figure au centre de ses préoccupations, un genre aux ramifications multiples, lorgnant vers la soul voire le funk (cf. les cuivres), un groove (ah ce boogie au piano!) dont la puissance d’interprétation fait appel au rock. Mais point de bûcheronnage musical pour autant, la justesse et le feeling, entre autres dans les soli du jeune guitariste, très inspiré, mais aussi dans les chorus des cuivres, haussent le niveau du groupe, incarnant par là même la proverbiale différence entre le bon grain et l’ivraie. Une note folk bienvenue parachève le spectre musical du groupe, qui n’a pas son pareil pour s’approprier, sans plagier, la multitude de ses influences, en livrant sa version personnelle. Ajoutez à cela le charisme du chanteur, son humour lorsqu’il essaye de parler français, et on tient là une des soirées le plus réjouissantes de l’année !

https://risager.info/

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vendredi 28 mars 2025

Tamino, Salle Pleyel, 11 mars 2025

C’est à quelques jours de la sortie de son troisième album que Tamino, fraîchement installé aux Etats-Unis, a fait escale à la Salle Pleyel pour présenter son nouveau répertoire en avant-première. Signe de l’intensité qui caractérise l’artiste et sa musique, c’est dans un silence quasi-religieux que débute son concert, les conversations environnantes stoppant instantanément dès l’instant où le chanteur a fait son apparition sur scène, comme si sa seule présence imposait respect et concentration d’écoute. Un silence qui finalement le définit assez bien, sa musique, calme et reposée, folk aux effluves orientales, emprunte de spiritualité, joue sur les émotions et dont les compositions peuvent s’envisager comme un exercice qui constituerait à justement sculpter les notes entre les silences. Ils sont quatre sur scène, un violoncelle, une guitare électrique assez discrète (le musicien a également assuré la première partie en solo sous le nom mystérieux de Plus) et un quatrième larron alternant entre la batterie et les guitares. Une batterie dont l’apport est fondamental, posant le socle pour les envolées lyriques du chant et qui, lorsqu’elle monte dans les tours et augmente le tempo, permet à la musique de littéralement s’envoler, emportant les spectateurs avec elle. Alternant entre l’oud (l’utilisation de ce dernier instrument relève presque de la quête identitaire pour le chanteur) et la guitare, Tamino joue des mélodies aux motifs entêtants et hypnotiques et qui transforment le tout en expérience quasi-mystique, bouleversante pour les spectateurs, de tous âges, qui étaient présents ce soir là.



dimanche 9 mars 2025

THORBJØRN RISAGER & THE BLACK TORNADO : « House of Sticks »

 


Une grande figure, marquante, du blues européen le Scandinave évolue dans un univers bétonné et tentaculaire à la Métropolis (Fritz Lang) sur ce nouvel album (cf. la sublime pochette). Un environnement idoine pour les tensions et inquiétudes, toutes deux au programme, autant d'émotions que le chanteur délivre avec maestria de sa voix de gorge, grave et profonde, de laquelle s'échappe cette tension sous-jacente, la mère nourricière de son approche musicale. Un contexte oppressant d'où il s'échappe parfois de la tendresse lorsque le musicien attaque le blues par sa face la plus soul (la sublime ballade « Light of your love »). Accompagné de sa très large formation (au total huit musiciens, leader compris), Risager met à profit cette profusion d'intervenants pour élargir au maximum son spectre musical. Ancré dans le blues traditionnel, The Black Tornado n'est pas exempt de foudre rock'n'roll (« Already Gone ») ou de groove quasi électro (« Long time ago » qui fera hurler les puristes) soit autant de petites touches qui font évoluer subtilement la musique sans pour autant la dénaturer totalement.

En concert le 19 mars au New Morning

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vendredi 7 mars 2025

Chris Smither à l'Archipel le 30 mars

 


Survivant folk/blues des années 1970, le très rare Chris Smither sera à l'Archipel le 30 mars prochain !

Réservations sur le lien suivant :

https://larchipel.net/spectacle/chris-smither/


ARMELLINO : « Heritage Blend »

 


Lorsque une pointure guitaristique telle que Yann Armellino rencontre Vincent Martinez, ex-chanteur de Carousel Vertigo et lui aussi un guitariste de haut vol, le résultat ne peut que donner des étincelles ! L'album nous transporte dans une ruelle, évoquant celle qui ornait naguère la pochette du premier album de Fleetwood Mac, dans laquelle se trouve, fort justement un magasin de guitares. Tout est dit, la six cordes sera à l'honneur dans ce disque, qui part sur des bases très élevées avec un « Almost Scored Me » qui fera céder toutes les enceintes. Pratiquant une relecture assez musclée du blues voire de la soul, sous le haut patronage de guitares très seventies, l'album ne se classe pas très loin de tout ce que les Black Crowes ont pu produire de meilleur. Un festival de joutes guitaristiques tout sauf vain, le groupe prenant le soin au préalable d'écrire de vraies bonnes chansons, où l'orgue et l'harmonica ajoutent le petit supplément d'âme nécessaire pour franchir la barre séparant le bon grain de l'ivraie. Le résultat se révèle assez attachant.
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jeudi 6 mars 2025

Early James : « Medium Raw »

 


Le savoir-faire, en tant que producteur, de Dan Auerbach (Black Keys), réside aussi dans sa capacité à créer le contexte nécessaire pour permettre à l'artiste de se sublimer ainsi que sa musique. Subjugué par la puissance phénoménale dégagée sur scène par Early James, Auerbach a décidé que ce nouvel album, le troisième, serait enregistré à l'écart des studios traditionnels, dans une maison centenaire, le « Honky Chateau » sise au cœur de Nashville. Ainsi, ce nouvel effort nous offre bien plus qu'un disque à l'os, guitare/voix, de plus. Il s'agît plutôt d'une tranche d'Americana brute, saisie sur le vif, imperfections comprises. Contrebasse, percussions et batterie (tenue par Jeff Clemens, un ex G-Love and The Special Sauce dans les années 1990), tous installés dans des pièces différentes de la bâtisse, constituent les ingrédients, cuits à point, par le producteur. L'éventail est large du folk bastringue « Go Down Swinging » au blues détraqué « Tinfoil Hat » en passant par la country et le bluegrass (« Gravy Train »), l'ensemble est terriblement vivant, vivace et se révèle finalement très émouvant. L'émotion brute découle directement des cordes vocales éraillées du chanteur, conférant à la musique ce caractère débordant de vie, telle une matière insaisissable. L'émotion flotte dans l'air, Early James la capte sur disque avec un panache certain. Le résultat est forcément précieux.

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dimanche 2 mars 2025

Jeremie Albino : « Our time in the sun »

 


C'est au confluent de plusieurs musiques et influences que se nichent bien des trésors. Le dernier en date pourrait bien être ce sublime album de Jeremie Albino, son quatrième, qui prend définitivement son envol avec ce disque, produit d'une main de maître par Dan Auerbach. Une fois de plus, ce dernier réussit totalement à sublimer la musique en lui conférant cette patine classique et intemporelle qui fait que le disque sort aujourd'hui comme il aurait pu sortir en 1972, sans pour autant singer le passé à tout prix. Pour en revenir à notre confluent qui ouvrait cette chronique, au départ notre homme Jérémie se présente en chanteur folk, un sublime cliché en noir et blanc instrument en main illustre la pochette intérieure, auquel la palette des arrangements ouvre en grand de nouvelles perspectives. Des percussions endiablées, un son de basse rond et confortable et quelques giclées de fuzz bien senties fond de ce disque un régal de soul psychédélique abouti et remarquable de bout en bout. Le chant d'Albino se prête particulièrement bien à l'exercice lui conférant cet indispensable supplément d'âme dans la lignée de Nathaniel Ratteliff.

En concert le 30 avril au Supersonic Records

https://jeremiealbinomusic.bandcamp.com/music

https://www.facebook.com/jeremiealbino