dimanche 27 décembre 2009

The xx



Originaires de Londres, les quatre membres de The xx oeuvrent un peu à contre courant dans une Angleterre qui n’a de cesse de se trouver des nouveaux Beatles. Ici, c’est plutôt à Young Marble Giants que l’on pense. Il n'y a dans ce groupe point de guitare sauvage, de larsen échevelé ou même de break de batterie furieux (et pour cause, il n’y a pas de batteur). The xx pratique plutôt une pop, tendance new-wave, minimaliste et atmosphérique. Tout, dans The xx, n’est que rêverie et lenteur. Chantée à deux voix, celle féminine de la guitariste Romy Madly Croft qui se mélange harmonieusement avec le timbre grave du bassiste Oliver Sim. La guitariste/clavieriste Baria Qureshi (qui depuis aurait quitté le groupe) et le Dj Jamie Smith, s’occupant pour sa part des beats, complètent le line-up. C’est un sentiment étrange et agréable que procure la musique des double x. Au fur et à mesure de l’écoute, l’album grandit un peu plus et révèle une foultitude de petits détails qui font la différence au point d’atteindre une sorte d’hypnose contagieuse. Il y a, intrinsèquement, quelque chose dans la musique de The xx de fondamentalement britannique. Une certaine idée du spleen peut-être. C’est reposant. Le premier coup de cœur de cet hiver.
www.myspace.com/thexx
www.thexx.info










samedi 26 décembre 2009

Placebo : « Battle for the sun »



Placebo, groupe qui, soi-disant, revient de loin et de retour avec un nouvel album et on se demande bien pourquoi. Bon, ok, sans être un super groupe Placebo a quand même réussi quelques chouettes choses depuis une bonne dizaine d’années. Mais là on a un peu l’impression d’être arrivé au bout de l’histoire. L’album n’est pas mauvais, mais cela ne veut pas dire que cet opus est bon non plus. On s’ennuie tout simplement. Pas très inspiré, Placebo propose ici des compositions plutôt insipides et oubliables. Il n’y a rien que l’on n’a pas déjà entendu auparavant et en mieux. Ce disque à néanmoins le mérite de bien porter son titre, car, effectivement, il faut se battre pour y trouver un peu de lumière…
http://www.placeboworld.co.uk/

vendredi 25 décembre 2009

Chris Isaak Christmas



En règle générale, il n’y a rien à attendre d’album de Noël. Ce dernier est un exercice quasi-obligé pour tous les artistes étasuniens. Et bien souvent, la déception est au rendez-vous, il faut dire que le répertoire de Noël n’est pas spécialement rock n’roll, et donc plutôt en décalage avec les goûts personnels de l’auteur de ces lignes, déjà pas très fan des fêtes de fin d’année pour commencer. Mais bon, pour rester dans le ton, je vous propose donc de découvrir mon disque de Noël préféré (à égalité avec celui des BellRays, chroniqué l’année dernière à la même époque) celui de Chris Isaak. Si vous imaginiez Chris Isaak en doudoune, le nez tout rouge et transi de froid sous cinquante centimètres de neige, et bien vous avez tout faux. Le sieur Isaak reste fidèle à son image et, veinard, fête Noël en tongs et à la plage. C’est donc à un réveillon au feu de bois, sous les palmiers, et en tête à tête avec l’océan pacifique que nous sommes conviés. Cette fidélité à lui-même se retrouve jusque dans les paroles où Chris nous refait le coup de l’amoureux éconduit mais l’adapte à la saison (It’s Christmas i’m lonely without you). Evidemment, le thème est éculé, mais tant que les filles nous quittent, et croyez-moi ça arrive, on n’a pas vraiment de raison d’écouter autre chose. Je dirais même que c’est charitable de penser aux cœurs brisés en cette saison. Revenons aux choses sérieuses, en dehors des grands classiques, « Auld Lang Syne » ; « Let it snow » ; « Rudolph the red-noised Reindeer », Chris sort sa plume pour l’occasion et livre cinq chansons originales et c’est un petit air frais qui souffle en ce jour particulier. Musicalement l’album se place sur le terrain du crooner et cela lui va à merveille, on pense aux grands anciens, Elvis, Roy Orbison… La musique est très roots, orgue, guitare hawaiienne, batterie jouée aux balais, pas de chi-chi on joue et on se fait plaisir. Au final, cet album, censé être un projet de second ordre dans sa discographie, se révèle être beaucoup plus convaincant que le dernier disque en date de Mister Isaak. Mais il est vrai qu’avec une voix pareille, c’est un peu Noël tous les jours…
http://www.chrisisaak.com/
www.myspace.com/chrisisaak






jeudi 24 décembre 2009

MELUN IS NOT DEAD


C’est à une cinquantaine de kilomètres de Paris, au milieu de la plaine, que se niche un terreau musical particulièrement fertile : la communauté d’agglomérations Melun Val de Seine. Réunissant quatorze communes, cette dernière a pris la décision, courageuse et culottée, d’orienter sa politique culturelle en direction de la musique actuelle. Plusieurs axes de travail sont ainsi mis en place : organisation de concerts (les amplifiés) ; promotion des groupes locaux via le site internet lamplificateur ; journées de formation offertes aux groupes amateurs et interventions dans les lycées : rencontres avec les musiciens, prévention liées aux risques auditifs, cours d’histoire et généalogie des musiques actuelles. Entre parenthèses, cours que j’aurai adoré suivre à l’époque où j’étais moi-même lycéen.

Dernière brique manquante à l’édifice, la promotion, à l’échelle nationale, des groupes melunais, dans l’ensemble assez largement ignorés par les grands médias. C’est dans cette optique qu’a été réalisée la compilation MELUN IS NOT DEAD regroupant quatorze groupes. Ce disque sortira le 11 janvier 2010 et sera distribué gratuitement dans les magasins Cultura (Sénart), Espace culturel E.Leclerc (Dammarie-lès-Lys) et Fnac (Villiers en Bière).

Alors bien évidemment, vu la diversité des styles représentés dans ce disque, il est impossible de tout aimer de la première à la dernière plage. Cependant, le tout est suffisamment varié pour que chacun y trouve son compte. Et les bonnes surprises sont assez nombreuses : le rock : Etikal lab, Eole, Never on TV où la pop : Elejia, Copernic #. Plus acoustique Jul fait sensation avec sa pop/folk cool et ensoleillée, pour un peu on se croirait sur une plage californienne. Dans le registre groove, Desko pratique un hip-hop « good vibes » lettré et intelligent. Enfin le disque s’achève, en douceur, avec Funde un groupe reggae tranquille et plein de charme. Indéniablement, le disque donne de Melun l’image d’une ville vivante bien loin du cliché « banlieue morte ». Les groupes présents sur cette compilation ont tous du potentiel et du talent. Et, qui sait, peut-être même un avenir, pour peu que l’on leur en donne les moyens…
www.lamplificateur.com

mardi 22 décembre 2009

Daisybox : « Polyester »




Souvenez-vous en 2002 : « Je voudrais que tout explose »… Ca y est, vous y êtes ? Il s’agit du refrain de « Pause », le premier tube, et hélas unique, de Daisybox. C’était il y a 7 ans, autrement dit une éternité dans le sujet qui nous occupe, le rock. Les groupes vont, viennent, connaissent leur heure de gloire, tombent dans l’oubli. En 2002, le quatuor Daisybox sort son premier album, est signé sur une major et tourne en première partie d’Indochine. Qu’en reste-t-il en 2009 ? Plus grand-chose, hélas. Mais que s’est-il passé entre-temps ? Un guitariste qui a fait ses valises et un album, Diagnostic, raté (désolé). Adieu la major et bonjour à un avenir brusquement plombé. Daisybox a refait surface en 2008 sur un petit label indépendant avec ce « Polyester » sorti en catimini. Et si j’en parle aujourd’hui, c’est que j’ignorais tout de ce disque, jusqu’à ce que je tombe, complètement par hasard, dessus en traînant dans les allées d’une grande enseigne. Et c’est bien dommage, car c’est un Daisybox en pleine forme que l’on entend tout au long de cet opus. Au revoir les tentatives électro et les synthés douteux de l’album précédent, Daisybox revient à l’essentiel : des mélodies, des hooks que l’on retient facilement, des guitares et un son à la fois simple mais travaillé dans les nuances. C’est de la pop « ligne claire ». Et réussir quelque chose de simple mais accrocheur, c’est juste un des trucs les plus compliqué en musique. Et cette petite note amère dans les textes qui, je trouve, colle bien avec le ressenti procuré par les fêtes de fin d’année. Malheureusement il est fort probable que cette pépite soit le chant du cygne de Daisybox. Fatigué, le groupe a depuis jeté l’éponge, splitté. Il reste plus que les souvenirs, l’ambiance chaleureuse des concerts à la boule noire. La première phrase du disque est : « Je suis démodé ». Vous avez dit prémonitoire ?
www.myspace.com/daisybox

lundi 21 décembre 2009

Traces, Le Casino de Paris, 20 décembre 2009.



Une fois n’est pas coutume, il sera aujourd’hui plus question de danse que de musique aujourd’hui sur ce blog. Traces est la nouvelle création de la troupe «Les sept doigts de la main » originaire de Montréal. Dès le début, une voix off à l’accent québécois nous prévient, le désastre est imminent. Alors que la fin du monde approche, réfugiés dans un bunker, nos six artistes tentent de laisser chacun leur « Trace » en ce bas monde utilisant des moyens d’expression différents. Il en résulte un show très spectaculaire où se mélange danse, théâtre et acrobaties. Traces c’est, pêle-mêle, de la culture urbaine : du basket, du skate, mais aussi du piano, du pole-dancing… Le spectacle se déroule en une succession de saynètes mettant en valeur ces différents moyens d’expression. Pendant le numéro de basket, la troupe développe un jeu de passe aussi élaboré que celui des Harlem Globetrotters. Avec les skateboards, la compagnie pratique une chorégraphie assez charmante. La musique n’est pas absente des débats, un des artistes, Antoine, est un chanteur/guitariste accompli et chante à un moment donné. Nos six artistes sont tous pianistes, un sketch assez sympa les voit se succéder au piano pendant que les autres dansent tout autour. Le spectacle est aussi très acrobatique et spectaculaire il faut les voir descendre le pole la tête en bas, sauter à des hauteurs folles, passer d’un pole à l’autre… Physiques les six doigts de la main !!! Une performance électrisante et fougueuse comme la jeunesse de ses interprètes.
http://www.7doigts.com/


Pour un extrait vidéo cliquez ici

samedi 19 décembre 2009

Greg Zlap, Le Café de la Danse, 18 décembre 2009.



La soirée a commencé avec une magnifique, mais hélas trop courte, première partie assurée par le duo Mathieu Pesqué, guitare acoustique + voix, et Roll Pignault, sosie de Bruce Springsteen jouant de l’harmonica. Malgré leur jeune age, les deux Palois jouent le blues avec la maturité des grands anciens. Mathieu tire de sa guitare acoustique, jouée en slide et posée sur les genoux, des sonorités très pures, très roots. Sa voix a beaucoup de grain. C’est beau. On est transporté.

13 mois après sa dernière venue, Greg Zlap fit son retour dans sa salle fétiche du Café de la Danse pour présenter son nouveau projet. Le groupe est légèrement remanié, on reconnaît entre autres Damien Cornelis, aux claviers, que l’on avait pu écouter auparavant avec les excellents Blues Power Band. Ce nouveau projet donc s’articule autour des notions d’air et de souffle, car comme le dit Greg, « l’harmonica et la voix ce n’est que du souffle », et donc pour poursuivre cette théorie, quiconque respire peut jouer de l’harmonica. Et puisqu’il est question de « jeu » la notion de plaisir n’est jamais bien loin. Et pour jouer, ça a joué et particulièrement bien, ce vendredi soir. Un solo de basse énorme et funky, un autre, de batterie inoubliable, l’auteur Toma Milteau est un spécialiste en la matière, le guitariste, Eric, impeccable du début à la fin et le clavier Damien, toujours aussi bon. Ne manque plus que notre homme Greg, aux solos d’harmonica inspirés et chanteur à la voix de plus en plus assurée. Entre les musiciens ça chauffe, mais dans le meilleur sens du terme et Greg n’est pas le dernier à exhorter ses compagnons de jeu à repousser un peu plus loin les limites. Un concert de blues qui respire la joie, ce n’est pas incompatible. D’un point de vue strictement musical, j’ai l’impression que le groupe s’oriente vers des sonorités plus rock, ce n’est pas fait pour me déplaire. Parmi les invités, le slammeur D’ revenu faire un numéro déconseillé aux âmes sensibles sur le thème « I am the blues ». Et enfin n’oublions pas les deux compères de la première partie, revenus taper le bœuf ce qui accouchera d’un duel d’harmonicas entre Roll et Greg, un de ces moments magiques comme seul le live peut en procurer. Le spectacle se terminera avec « Oxygen » en forme de bouffée d’air frais pour bien terminer cette année de concerts.
www.myspace.com/gregzlap
www.myspace.com/mathieupesque2roll

mercredi 16 décembre 2009

C'est Noël !!!

Vous l'avez probablement remarqué, Noël approche à pas de géants et voici donc venu le temps de la générosité. On s'aime, on s'offre des cadeaux sous le sapin et on espère faire plaisir aux autres. Le blog se met donc au diapason de la saison et vous propose de gagner les disques suivants :
- Jill is Lucky, EP 6 titres ;
- Diving with Andy, single 2 titres ;
- Holden, album "Fantomatisme".
Pour participer rien de plus simple, il suffit de m'envoyer un mail (avec en objet concours noël) à l'adresse suivante contact@myheadisajukebox.fr en précisant le disque de votre choix ainsi que votre adresse postale. Attention, les disques sont disponibles en quantité limitée et il n'y en aura pas pour tout le monde. Seuls les plus rapides seront servis !
Et un grand merci à l'équipe d'Ephélide pour tout ces cadeaux !!!

lundi 14 décembre 2009

Pete Yorn & Scarlett Johansson : « Break Up »


Les actrices qui décident de se lancer dans la chanson ne laissent pas forcément des disques impérissables. Le cas de Scarlett Johansson (Lost in Translation) est différent, elle a trouvé en Pete Yorn, un compositeur fin et élégant, un musicien pop assez sous-estimé. Leur collaboration a donné naissance à « Break up », une courte, mais charmante, collection de 9 chansons. Deux termes suffisent pour définir cet opus : pop et acoustique. Beaucoup de guitares pedal steel, slide et folk, du banjo, une petite note roots qui achève de rendre le disque irrésistible. La voix de Scarlett Johansson étonne. Parfois légèrement gutturale, à la Amy Winehouse, parfois douce. La belle a visiblement un registre assez large et beaucoup de possibilités. Et se complète très bien avec celle de Yorn, le disque est chanté en duo. Il ne manquait plus que l’essentiel, les chansons. Et Yorn a assuré avec sa classe habituelle, le single « Relator » en tête. Le disque est suffisamment bref pour éviter de tomber dans l’ennui, les perles s’enfilent naturellement. Notons la, très belle, reprise du « I am the Cosmos » du regretté Chris Bell (ex-Big Star), l’un des mentor de Mister Yorn. A l’image de sa pochette, voilà un album, frais, chaleureux et ensoleillé. De quoi combler le besoin de lumière qui se fait cruellement sentir en ce moment. Il serait dommage que cette collaboration se termine en « break up »…
http://www.peteyorn.com/
www.myspace.com/peteyorn
www.myspace.com/scarlettalbum


dimanche 13 décembre 2009

Power Solo


Découvert en première partie des Bellrays il y a quelques années, le trio Power Solo, avait délivré une performance furieuse, du genre à vous traumatiser les oreilles (comme quoi il est important de sortir couvert) mais également propre à vous faire fondre. Et puis plus rien… Oublié Power Solo, peut-être même rangé des voitures (où en l’espèce des guitares), va savoir… Impossible de trouver la moindre info, un myspace, un site internet quelque chose. RIEN ! Assez improbable à notre époque, tout de même. Et miracle, il y a quelques semaines alors que je déambulais, entre midi et deux, dans les allées d’une horrible « grande surface culturelle » je tombe sur l’album. Je suis quand même pris d’un doute mais un coup d’œil sur la quatrième de couverture me rassure aussitôt, c’est bien eux, le chanteur Kim Kix ressemble comme deux gouttes d’eau à mon pote Steph ! Et bien que l’album date de 2006, il me plaît suffisamment pour que je décide aujourd’hui de vous en toucher deux mots. Dans mon souvenir, en live, Power Solo pratiquait un mélange rock n'roll, punk et garage assez sauvage. Heureuse surprise, l’album, beaucoup plus nuancé, n’en est que meilleur. Au programme du blues, de la country (Mr Marsman) mais aussi du rock (Action) et de la pop sous l’influence des merveilleuse sixties et d’un orgue Hammond chaleureux (« Think about it », «Rockin 8 », « White Chocklet » ). Le blues bien nommée « Aloha New York » puise à la source de la guitare hawaiienne. Power Solo nous gratifie même d’un titre dans notre langue, « Dans les rues de Paris » où Kim Kix chante dans un français parfait (et cite Jacques Dutronc). C’est assez surprenant, je n’ai pas de souvenir d’eux pratiquant la langue de Molière. En même temps, ce titre souligne en creux une des faiblesses de l’Hexagone et il est quand même malheureux qu’il faille un groupe américain pour nous prouver que le français peut très bien être rock n’roll. Bref, passons, si vous arrivez à le trouver, vous passerez un bon petit moment en compagnie de ce disque roots et sympa.

samedi 12 décembre 2009

Richard Hawley : Truelove’s Gutter


Deux ans après un album en demi-teinte, « Lady’s Bridge », c’est un Richard Hawley régénéré et en grande forme qui nous revient avec un nouveau disque, son sixième, l’impressionnant « Truelove’s Gutter ». C’est un fait acquis, Hawley n’a jamais été un boute-en-train. Assez sombre ce nouvel opus ne fait qu’accentuer cette image. Lentes et hiératiques, les huit compositions de ce nouveau cd reposent sur des nappes synthétiques sur lesquelles se greffent des arpèges de guitare acoustique. Les chansons sont assez longues et dégagent un magnétisme assez étrange, hypnotique. On ressort de la chose assez éberlué comme après un doux rêve, quand l’être aimé vous chuchote dans le creux de l’oreille. Les batteries sont très légères voire complètement absentes. On est quelque part entre Nick Drake (l’héritage folk) et Roy Orbison (cf. la pochette) pour les voix. Doté d’une belle voix de gorge, Hawley est un stentor. Et un crooner. Sa voix traînante nous conte de tristes amours déçus et nous promet des histoires de caniveau. Mais c’est pourtant bien au chaud, dans notre cœur, que l’on a envie de garder ce disque, tout indiqué pour une écoute solitaire et nocturne. Et c’est bien, la nuit commence tôt en ce moment.
www.richardhawley.co.uk
www.myspace.com/richardhawley



La Session live: Richard Hawley
envoyé par liberation. - Regardez la dernière sélection musicale.

dimanche 6 décembre 2009

Traces

Originaire de Montréal, la compagnie Traces déboule en France avec un show spectaculaire et pluridisciplinaire, basé sur les arts du cirque, mélangeant acrobatie et musique. Emotions fortes en perspective à découvrir lors de leur tournée française du 8 au 12 décembre à Mulhouse (La Filature) et du 15 décembre au 3 janvier 2009 (pauses les 21 et 28 décembre) à Paris (Le Casino de Paris). Pour découvrir des extraits vidéo, cliquez ici.www.7doigts.com

Gospel Dream, Eglise Saint-Christophe, Créteil, 6 décembre 2009.


Un dimanche après-midi à l’Eglise. Je dois bien avouer que cela fait bien longtemps que cela ne m’était pas arrivé, honte à moi ! Après avoir assisté, il y a quelques années, à un office un dimanche matin dans une Eglise d’Harlem, je m’étais déjà fait la réflexion que si on avait la même chose en France, j’irais plus souvent à l’Eglise. Et donc, pour une fois que la chorale vient par chez moi, j’ai tenu parole ! Ils sont donc quinze : quatorze choristes et un saxophone. Cette troupe a de la gorge ! Et une bien belle collection de voix, en majorité féminines et seulement quatre hommes. Gospel Dream chante avec un enthousiasme communicatif, on tape dans ses mains, on balance les bras en l’air et on reprend Alléluia en chœur. Avec en plus quelques chorégraphies le long des travées de l’Eglise (qui date du XII ème siècle). La religion swingue en ce dimanche après-midi. Entre deux sermons, l’occasion de réentendre « We shall overcome » et « When the saints go marchin’in » entres autres classiques revisités ensuite par la soul music. Malgré le manque de moyens, le piano, les boîtes à rythmes et l’orgue sont enregistrés sur bande jouée en play-back, on passe un moment agréable qui respire la joie de vivre.
http://www.gospeldream.com/

Woodstock 40 ans : Richie Havens + The Young Gods, La Cité de La Musique, 5 décembre 2009.


On n’en finit plus de fêter les 40 ans de Woodstock, et il faut se dépêcher d’ailleurs, dans trois semaines c’est foutu ! C’est donc à la Cité de La Musique, à deux pas du Zénith, que l’on a donc rendez-vous en ce samedi soir pour ledit anniversaire, avec un programme assez original.

En première partie on commence par un set acoustique de Richie Havens, une légende authentique rescapée du festival original. Accompagné de son guitariste Walter Parks, équipé d’une belle guitare demi-caisse rouge, ce dernier nous a régalé pendant un peu plus d’une heure d’un très beau mélange entre folk et soul. Ce set a commencé par un long, voire interminable, monologue de Richie racontant sa rencontre avec Bob Dylan, avant d’enchaîner sur un « All along the watchtower » repris du maître. La rythmique assurée à la guitare folk par Havens, est percutante et Parks ajoute son phrasé jazzy joué à la guitare électrique mais avec un son clair. La voix d’Havens est assez particulière et reconnaissable son timbre est chaud et humain, touchant voire poignant et il se dégage comme une sorte fièvre chaleureuse de ses cordes vocales. Parfois les deux compères passent en mode totalement acoustique avec deux guitares folk. Bien évidemment Havens a joué « Freedom », titre qui l’a fait connaître au monde entier quand, à court de compositions, il s’est mis à l’improviser sur la scène de Woodstock et qui deviendra par la suite son grand tube. Le concert s’est achevé avec un medley « Maggie’s Farm » / « Won’t get fooled again », assez étonnante cette reprise acoustique des Who complètement à l’opposé de l’original, très électrique. C’est hélas déjà fini, Havens est resté un peu plus d’une heure sur scène, et la suite du programme s’annonce assez chargée. C’était en tout cas très beau.
The Young Gods Play Woodstock, 1h30 of peace & music

La soirée s’est continuée avec un, assez déroutant, ciné-concert autour du film « Woodstock » assuré par les Young Gods. Pour ceux qui ne sont pas familier du concept, le ciné-concert est un hybride entre cinéma et musique. On prend un film, muet en général, dont on ne garde que les images et la musique est assurée par un groupe en live. En l’occurrence les Young Gods, groupe Suisse des années 80 et pionnier de l’électro-rock. Un choix étonnant ce groupe étant à l’opposé de l’imaginaire hippie de Woodstock, mais c’est justement de ce contraste que naîtra l’intérêt de la chose. Le film est diffusé sur un écran géant au dessus de la scène sur laquelle se trouve le groupe. On est à la limite de l’expérience sensorielle entre son et image. Richie Havens est revenu sur scène interpréter « Freedom » et c’est étonnant de le voir en vrai et sur l’écran, avec quarante de moins, la barbe moins blanche et des cheveux en plus, en même temps. L’autre grand moment a été le passage avec Santana avec un tour de force d’anthologie du batteur. Par contre à d’autres moments, le mix électro live, est complètement en décalage avec les images ou se bousculent pêle-mêle Stephen Stills, Alvin Lee et Janis Joplin. Certaines pistes sonores du film ont été gardées et sont mixés à la musique live, on voit ainsi la guitare d’Hendrix samplée puis rejouée au clavier. Les reprises sont méconnaissables : « See Me, Feel Me » (The Who), « If 6 was 9 », « Purple Haze » (Jimi Hendrix) où « The End » (The Doors qui n’étaient pas à Woodstock). Assez bizarre ce saut entre générations…

mercredi 2 décembre 2009

Yodelice, La Cigale, 1er décembre 2009.




Au lieu des sempiternelles playlists d’avant concert, le trio Yodelice (voir mon post du 9 août 2009) a choisi de diffuser une bande son de bruitages nocturnes. On est de suite plongé dans une drôle d’ambiance. La salle baigne dans l’obscurité quand le concert commence. Deux spots de lumière blanche, aveuglante, placés à l’arrière de la scène balayent la salle de gauche à droite, un peu comme des phares à l’approche du port. Les musiciens n’apparaissent que par intermittence en ombres chinoises. Sur le deuxième titre on les voit un petit peu mieux, bien que le chanteur/guitariste, coiffé d’un chapeau melon, est éclairé d’une façon telle que l’on ne distingue que ses membres, Mesdames, Messieurs, ce soir l’homme invisible est en concert ! Voici en tout cas un groupe qui préfère être écouté que vu. Ce n’est qu’à partir du troisième morceau que les musiciens –alors qu’ils sont lancés et à l’aise ?- apparaissent en pleine lumière. Laquelle lumière est magnifique. Baignés dans des couleurs primaires, rouge, vert où bleu, parfois magnifiés par des fumigènes et quelques autres effets visuels, ce concert se regarde autant qu’il s’écoute. D’autres lumières évoquent un soleil désertique (ambiance western) ce qui va à ravir à la musique. Deux sculptures en forme d’arbres morts (auxquelles sons suspendues les guitares) et quelques tapis persans constituent le décor de la scène. C’est un peu reculé que l’on profite le mieux du spectacle, on s’extasie un peu comme devant un tableau. Les musiciens sont trois : un violoncelle (qui fait office aussi parfois de contrebasse), Maxime le chanteur/guitariste qui joue aussi d’une grosse caisse, placée derrière lui, avec son talon et un enfin un deuxième guitariste qui, lorsqu’il délaisse la six cordes, joue des cymbales, de la caisse claire et du tome basse. C’est assez étonnant de séparer la batterie en deux comme cela. Il y a bien un rythme derrière mais il tient plus de la pulsation, qui porte l’ensemble. Le jeu de guitare incisif, aussi bien en électrique (belle demi-caisse noire et jaune) qu’en acoustique (étonnante guitare en forme de tête de mort) nous rappelle l’ancrage rock n’roll de la chose. On peut d’ailleurs noter quelques petits clins d’oeils à Led Zeppelin et à Jimi Hendrix. Le violoncelle apporte une note mélancolique, on dirait The Auteurs, seul groupe de rock à avoir joué la carte du violoncelle à ma connaissance. Un harmonica additionnel donne l’indispensable note bleue. Beaucoup de nouveaux titres on été joués, un nouvel album serait-il dans les cartons ? C’est en tout cas avec plaisir que l’on s’est plongé dans l’atmosphère si particulière de ce groupe à part…
www.myspace.com/yodelice




lundi 30 novembre 2009

Avishai Cohen, l’Alhambra, 25 novembre 2009.


Nouvelle escale parisienne pour le jazzman Avishai Cohen (voir mon message du 24 juin 2009) qui se présente avec un groupe au grand complet, soit cinq musiciens : guitare, piano, percussions, une chanteuse et Cohen au chant et à la contrebasse. A l’image de son passage précédent on se retrouve immédiatement embarqué pour un beau voyage sur les rives de la mer Méditerranée, dans un pays où il fait toujours chaud et où le soleil est à son zénith. Les percussions orientales, la guitare arabe, le chant tantôt en hébreu, tantôt en espagnol et parfois en latino -cette langue ancienne tombée en désuétude et mélange suranné d’hébreu et d’espagnol- tout confère à donner au jazz d’Avishai Cohen, une saveur exotique, une chaleur poussiéreuse. Il y a, intrinsèquement, quelque chose de profondément méditerranéen qui se dégage de cette musique. Le concert se déroule dans une sorte d’opposition/dialogue entre les instruments. Les percussions (impressionnantes) répondent à la contrebasse. Le piano lutte contre la guitare. Les échanges sont parfois profonds, comme en témoignent les regards complices et les clins d’œil des musiciens entre eux. Le dialogue est tendu, l’auditeur transporté très très loin. Et puis il y a les voix celle, profonde, éraillée et de gorge d’Avishai (on pense à Tom Waits) et les contre-chants féminins éthérés et aériens (un peu trop effacés à mon goût). Parfois, Cohen interprète sa musique seul à la contrebasse, chantant et jouant des percussions à même la caisse de son instrument. Pas avare avec le public, l’orchestre reviendra par trois fois sur scène pour les rappels sous les ovations d’un public qui, bien que repu, ne peut les laisser partir. Et l’on ressortira de l’Alhambra, après plus de deux heures intenses, un peu étourdi, comme après une traversée du désert.
www.avishaimusic.com


dimanche 29 novembre 2009

Seasick Steve, Le Trabendo, 23 novembre 2009.


Si sur son dernier disque Seasick Steve à tendance à faire preuve d’un certain recul et à faire montre de sérénité, sur scène, notre homme au mal de mer sort les griffes et pratique un blues électrique et enlevé aussi féroce qu’addictif. Arrivé sur scène avec dans une main sa guitare et dans l’autre une bouteille de vin (qu’il aura l’outrecuidance de nous faire croire qu’elle venait d’Espagne), Steve, au look de bûcheron fatigué, prend place sur une vieille chaise en bois accompagné de son batteur Dan. Dès les premières notes de « Cheap » la magie opère et une sorte de transe prend possession des musiciens et du public, j’ai à ce propos, retrouvé le hurleur qui m’avait déjà cassé les oreilles lors du précédent concert à la Maroquinerie en février dernier. Steve a également élargi sa collection de guitares toutes plus pourries les unes que les autres et il est d’ailleurs assez rare qu’elles disposent toutes des six cordes réglementaires (mention spéciale à celle fabriquée à partir d’une boîte de cigares). Quant au batteur Dan, il est plutôt en forme, sa crinière blanche se balance d’avant en arrière entre les cymbales. Passons maintenant à la séquence émotion de la soirée. « I need a girl » clame Seasick Steve. Une petite brunette, plutôt mignonne, s’en vient du public et prend place à côté de Steve qui se fait prévenant : « Ne t’inquiètes pas je vais juste chanter une chanson ». « Walking man » en l’occurrence. La nénette n’a pas l’air très rassurée et est toute rouge de confusion. Dan bat calmement la mesure à poings nus, un peu comme on jouerait du djembé. Arpèges de guitare acoustique délicats, beau moment d’émotion partagée. « Chiggers », nommée d’après une maudite mauvaise puce du sud des Etats-Unis, a été le théâtre d’une explication sur les méfaits de ladite puce. Pour « Diddley Bo » Steve a sorti le plus improbable des instruments, un diddley bo de récupération composé d’une planche de bois, une seule corde et agrémentée d’une poignée de porte (Chevrolet 75) et d’une boite de conserve concassée. Quand les moyens manquent, l’imagination et la débrouille prennent le pouvoir. Arrive alors la jeune Amy Lavere venue chanter en duo la délicate « I’m so lonesome i could cry » la reprise d’Hank Williams et les choses sérieuses commencent puisque les musiciens carburent désormais au Jack Daniel’s. Parfois la musique s’arrête et Steve prend le temps de nous parler de sa vie, de son histoire. En dehors de son talent de musicien il est également un exceptionnel storyteller. Le temps d’un dernier tour de la fosse, au milieu du public, guitare en mains et c’est fini. Ainsi s’achève cette belle prestation de Seasick Steve, révélation blues de cette année 2009, inconnue dans nos contrées il y a encore un an.

samedi 28 novembre 2009

Black Joe Lewis & The Honeybears, Le Nouveau Casino, 22 novembre 2009.


Ouh là là, ça dépote !!! Venus de leur bonne ville d’Austin, Texas, Black Joe Lewis (cf mes posts des 7 avril et 2 novembre 2009) et son groupe, les Honeybears, ont débarqué au nouveau casino pour leur première visite française. Un constat s’impose d’emblée, la soul music telle qu’elle pratiquée par Mister Lewis, suinte, sent la sueur et est aussi moite que leur sud natal. Comme on pouvait l’imaginer à l’écoute du disque leur musique est aussi fortement imprégnée de blues mais aussi de rock garage. Contrairement à Eli « Paperboy » Reed ou au classieux James Hunter, les guitares de Lewis, que l’on a également pu écouter à l’harmonica, sont grasses et les deux guitaristes n’ont pas peur du gros son. On pense aux BellRays, sans chanteuse mais avec trois cuivres. Sur un titre comme « I’m broke » la formule marche à merveille d’autant que Black Joe « Shout » aussi le blues très bien. Agrémenté de plusieurs reprises Black Joe Lewis a joué un set assez long, trop long même, la belle énergie du début s’étant délitée au fil de la soirée. Le groupe est alors retombé dans une espèce de mécanique répétitive avant de finir dans un chaos total. Le bassiste a même carrément pété les plombs, envoyant de grosses patates désordonnées qui agressent les oreilles et finit par jongler avec sa basse. Alternant le très bon avec le n’importe quoi le groupe a délivré un set à l’image de son album, survolté et intriguant, confirmant son image d’espoir qui manque cruellement de maturité. Gardons la foi, cela va venir…
http://www.blackjoelewis.com/
www.myspace.com/blackjoelewis

samedi 21 novembre 2009

Tennisoap, Le Grand Palais, 20 novembre 2009.


Le Grand Palais, petite merveille architecturale avec une immense verrière en guise de toit, accueille ce week-end un évènement autour du skateur Tony Hawke, auquel le groupe Tennisoap a été invité. Drôle d’ambiance. Le groupe est perché sur une scène, à plusieurs mètres de hauteur, au dessus d’un wagon SNCF et surplombant plusieurs rampes de skate. Le groupe est loin du maigre public rassemblé sur une petite estrade. L’horaire inhabituel, entre 13 et 14 heures un vendredi en semaine, n’aide pas non plus. Alors évidemment dans un tel contexte, le concert, qui d’ailleurs ressemble plus à une répétition, de Tennisoap passe un peu inaperçu et, dans tous les cas, accessoire. La connexion avec le public est nulle (et ce n’est certainement pas la faute du groupe qui fait ce qu’il peut) qui est loin. Le silence entre les morceaux est parfois pesant et est à peine comblé par le bruit des skateurs qui se vautrent la gueule les uns après les autres (on n’y pense pas mais c’est super bruyant une rampe de skate). Ironie de la chose, pendant le set l’écran géant à côté diffuse des images de skate tournées dans ma bonne vieille banlieue de Créteil sur la place devant la mairie. Et pendant ce temps là Tennisoap joue, et plutôt bien, un set rentre-dedans et énervé, dans l’esprit skate quoi. En tout cas, là bas, dans leur coin, ils ont l’air de bien s’amuser entre eux avec leurs Telecasters. Et pourtant c’était loin d’être gagné car si le Grand Palais offre un cadre de rêve, l’endroit est loin d’être adapté pour la musique. La hauteur sous plafond est immense, il y a beaucoup de réverbérations et de résonances. Les gars m’expliqueront après qu’ici une note met six secondes à faire le tour de la salle, ce qui est énorme ramené à la durée d’une chanson. Sonoriser un endroit pareil, c’est un cauchemar. Cependant même si c’est loin d’être idéal, ce n’est pas la catastrophe non plus. Disons que l’on a déjà entendu pire. Sentiments mitigés donc mais on a quand même eu la confirmation du potentiel scènique du groupe que l’on pourra beaucoup mieux juger lors de leur passage à l’international en février prochain.
www.myspace.com/tennisoap

vendredi 20 novembre 2009

Big Brother and the Holding Company, New Morning, 19 novembre 2009.



Toujours ensemble, le guitariste Sam Andrews, le bassiste débonnaire Peter Albin et le batteur Dave Getz poursuivent la route commencée il y a bien longtemps, à la fin des années 60 avec la chanteuse irremplaçable Janis Joplin. Manque également à l’appel le guitariste James Gurley remplacée par un petit jeune, excellent, qui cherche, lui, à réveiller le fantôme de Jimi Hendrix. Tout ceci n’est pas sans provoquer quelques situations cocasses, quand je suis allé retirer mes places à la fnac, le vendeur, très compétent, m’a tendu les billets en me disant : « et voilà vos deux places pour le concert de Janis Joplin ». Véridique. Faut-il en rire ou en pleurer ?


Le début du concert procure une étrange sensation. Depuis des années on écoute Janis et Big Brother en pensant que jamais on aura la chance de vivre cette expérience en live (j’avais déjà ressenti ça il y a quelques années à un concert du MC5). Et là on y est presque. Janis n’est évidemment plus là mais sa remplaçante ne manque pas de mérite. Ca en devient troublant, le grain de la voix est exactement le même, le chant identique et le look copié. Et la dame met dans ses vocaux autant de passion que son modèle, c’est flagrant sur « Mercedes Benz ». Du coup, dès le premier titre « Down on me » on y est presque, là-bas, au loin, quelque part entre San Francisco et Woodstock. C’est vraiment étrange d’entendre en live pour la première fois « Summertime », « I need a man to love » (plus funky que l’originale », « Turtle Blues » (ma préférée, mon péché mignon) et les autres… La taille humaine de la salle, le public un peu clairsemé et le français, très correct, de Sam Andrews, a contribué a créer une réelle connivence entre le groupe et le public. Comme le disait Sam Andrews : « C’est un rêve devenu réalité pour nous de jouer en France pour la première fois ». Et bien, pour moi et pour les autres spectateurs présents aussi j’imagine, c’était un rêve devenu réalité de les voir en live pour la première fois. Une soirée magique…
http://www.bbhc.com/
Et un grand merci à Xav' pour les jolies photos !

jeudi 19 novembre 2009

Raul Midon, La Cigale, 16 novembre 2009


Il est gentil Raul Midon. Avant même le début du concert, il s’excuse auprès du public pour ses quelques petits problèmes de voix qui l’empêchent de chanter normalement et l’obligent à tenter des choses différentes. Qu’il soit rassuré Raul, on n’entendra pas la différence. Livré à lui-même, seul avec sa guitare acoustique, sur la magnifique scène de la Cigale Raul Midon a livré une performance qui confine à la magie onirique grâce à la beauté du lieu et au superbe light-show. De belles lumières colorées qui mettent dans l’ambiance. Problème de voix ou pas, Raul reste un superbe chanteur au timbre doux et fort à la fois. Ce concert permet aussi de mieux réaliser quel excellent guitariste il est. Jouant sans médiator, il effleure les cordes dans des arpèges délicats, tirant de l’instrument des harmoniques invraisemblables, avant de frapper ses cordes transformant la guitare folk en instrument de percussion. Ses mains dévalent le manche avec dextérité passant d’une gamme à l’autre et même si personnellement je trouve qu’il se perd un peu en route et coupe trop les cheveux en quatre, c’est quand même incroyable. Le public ne reste pas insensible à tant de beauté éthérée et lui réserve une chaude ovation. Le plus beau moment sera certainement « sunshine » où la foule reprend en chœur le refrain lui donnant un tour très émouvant. Equipé de petites percussions, Midon réussi la prouesse de jouer des deux instruments en même temps, une main pour la guitare, l’autre pour les percus, et prouve qu’il n’a besoin de personne pour groover. Le set reprend de larges extraits du premier album, superbe version de « State of mind » et du dernier opus « Synthesis ». Malheureusement du deuxième album seule « Ain’t it happened yet » sera jouée. Dommage, j’aurai bien aimer écouter « Pick somebody up ». Enfin un concert de Raul Midon ne serait pas complet sans ses fameuses imitations de la trompette, plus vraies que nature, dont il gratifiera le public ici et là. Et on a même eu droit à un petit cours de reggae très instructif avec démonstrations à la guitare à la clef. Très belle soirée.



dimanche 15 novembre 2009

Art Brut vs. satan


On ne parle pas assez des britanniques d’Art Brut. Ces derniers, en toute discrétion et complètement « off the radar », viennent de nous gratifier d’un excellent album, leur troisième en l’occurrence, intitulé « Art Brut vs. satan ». Mais qui est ce satan ? Certainement pas Black Francis, qui a produit le disque, et les a gratifié d’un son clair et tranchant aussi efficace que celui du grand modèle Pixies. Pour le reste la formule bouge peu, Eddie Argos chante toujours aussi peu mais déclame ses textes à l’humour toujours aussi ravageur. Connaissez-vous un autre groupe capable de vanter les mérites des comics books et des milkshakes au chocolat sans être ridicule ? Ou les malheurs avec la gente féminine ? Une section rythmique qui dépote, quelques excellents riffs de guitares, excellents et bien mis en valeur par le Sir Francis et le tour est joué. Certes ça ne révolutionnera pas le monde, mais ça fait du bien et ça remonte le moral. Après tout c’est bien pour ça qu’on l’aime notre bon vieux rock n’roll, non ?
http://www.artbrut.org.uk/
www.myspace.com/artbrut

samedi 14 novembre 2009

Pura Fé : Full Moon Rising




Sur ce nouvel album, la chanteuse indienne d’origine Tuscarora, Pura Fé, ratisse large et voit les choses en grand. Un opus du genre maousse, 17 titres et 74 minutes, au temps du vinyle cela nous aurait fait un beau double album. Ce tout nouveau « Full Moon Rising » marque une évolution musicale très nette. Il est vrai que le disque précédent « Hold the rain » était une sorte de climax du blues acoustique de la demoiselle, dans le genre il est difficile de faire mieux. Alors autant éviter la redite et tenter d’envisager les choses différemment. D’où cette collaboration avec des nombreux rappeurs, dont les interventions émaillent le disque. Deux expressions différentes d’un même cri. Où bien alors ce son beaucoup plus électrifié qu’à l’accoutumée. Dans le style « Borders » est une belle réussite, la rythmique à la « wha-wha », assez hendrixienne, se mariant très bien avec la voix puissante de Pura Fé. Sur ce disque, cette dernière paraît plus concernée par le chant, mais c’est avec plaisir qu’elle retrouve sa guitare lap-steel acoustique : « Hard time killing floor » (reprise de Skip James), "My Angel" (sept minutes, la plage la plus émouvante de l'album), « Flight tonight » et « Woman sacred » sont d’autres réussites plus représentatives de son style habituel. C’est comme ça, on ne se refait jamais tout à fait… Enregistré sur sa terre natale de Caroline du Nord, cet opus se teinte parfois de country : « **** 4 Daughters », « Great Gandpah’s banjo » aux rythmiques jouées au banjo. Comme toujours Pura Fe émaille le tout de chant Indiens traditionnels. Dépaysement garanti.
http://www.purafe.com/
www.myspace.com/purafe




vendredi 13 novembre 2009

The Jim Jones Revue




Ames sensibles, passez votre chemin !! Dans le genre boucherie, le premier album des Britanniques de la Jim Jones Revue, se pose là. Leur ambition : mélanger les guitares punks les plus crades possibles sur des rythmes swing hérités du blues et du jazz avec en prime du piano pour lier le tout et un hurleur de première classe en guise de chanteur. Ca détonne. Voici donc le groupe avec le son le plus sale du moment. Tellement sale que c’est en même parfois un peu trop, certains passages sont limites, limites. Mais peu importe. L’album ne s’écoute pas. Il se prend en pleine tête. Dans un magma électrique infernal et hallucinant de violence, en survoltage permanent. Débridé, échevelé et sauvage. Ce disque c’est un shoot de pure adrénaline électrique. Du rock n’roll comme on l’aime doté d’un fort potentiel addictif. C’est fort. C’est ça la classe…
www.jimjonesrevue.com
www.myspace.com/jimjonesrevue
www.punkrockblues.co.uk




mercredi 11 novembre 2009

We want Miles


Après les expositions consacrées à Jimi Hendrix et John Lennon, c’est au tour de Miles Davis de se voir accueillir au sein de la Cité de la Musique. Une quantité impressionnante de documents et artefacts divers a été ainsi réunie : instruments de musiques, partitions, photos, magazines et articles, pochettes originales des 33 tours d’époque. Plusieurs œuvres également, de Jean-Michel Basquiat notamment, mais aussi de Miles Davis lui-même. En effet après avoir été victime d’une attaque au début des années 80, Davis s’est mis à la peinture afin de rééduquer sa main. Le site est divisé en deux parties, la salle du haut est consacrée aux débuts marqués par le be-bop ; celle du bas à la période électrique qui donnera naissance à des chef-d’œuvres aussi importants qu’ « In a silent way » et « Bitches Brew ». Un casque distribué gratuitement permet de profiter des nombreux extraits sonores et vidéo. Le tout dessine un passionnant portrait en creux de Miles Davis, un des musiciens les plus importants du 20ème siècle. A voir jusqu’au 17 janvier 2010.
http://www.citedelamusique.fr/

Mayer Hawthorne & The County, La Bellevilloise, 10 Novembre 2009.


Première visite parisienne pour Mayer Hawthorne, le jeune artiste de Detroit, accompagné pour l’occasion de son groupe The County. Concert au moins aussi attendu, son premier opus « A Strange Arrangement » est l’un des événements de l’automne, que redouté tellement le niveau de sophistication du disque, sous haute influence Motown, paraît impossible à reproduire sur scène. Problème visite résolu par la jeune bande en goguette, ce que la musique perd, à peine, en élégance, elle le gagne en efficacité brute, grâce à un groupe de musiciens talentueux. Ils sont quatre : guitare, basse, batterie, clavier et Mayer Hawthorne qui donnera aussi du clavier. C’est sous un feu d’applaudissements nourri que le dandy, en costume trois pièces, chemise blanche et cravate rouge fait son entrée en scène sur les premiers accords de « Maybe so, Maybe no ». Parmi les bonnes surprises, des versions survoltées de « Your easy lovin’ ain’t pleasin’ nothin’ », de « Green eyed love » (qui me rappelle quelqu’un) et de « One Track Mind » enchaînée avec une surprenante reprise du « Mr Blue Sky » d’Electric Light Orchestra, que tout le monde connaît depuis une fameuse publicité pour un opérateur de téléphones portables. Comme quoi Mayer Hawthorne n’est pas uniquement focalisé sur la Motown ce qui sera confirmé un peu plus tard avec un autre moment amusant une reprise karaoké, par-dessus le disque, du « Just a friend » du rappeur Biz Markie enchaînée avec « Just ain’t gonna work out », le superbe premier tube d’Hawthorne. Cette dernière donnera lieu à une séquence rigolote, d’abord jouée de manière classique, comme sur le disque, le groupe s’arrêtera de manière brutale, Mayer estimant que Paris mérite quelque chose de spécial. On aura droit ensuite à un premier essai (sans rire) version heavy-metal (huées du public) puis country (nouvelle huée) avant que The County ne trouve la note juste avec un reggae qui fait l’unanimité au sein de la fosse. Au final un excellent moment passé en compagnie d’un jeune groupe talentueux et très sympa et communicatif avec le public (on a beaucoup levé les bras et chanté à la demande de Mayer). En résumé une soirée parfaite à la veille d’un jour férié.
www.myspace.com/mayerhawthorne
www.stonesthrow.com/mayerhawthorne


lundi 9 novembre 2009

She Keeps Bees


La formule duo guitare + batterie fait des émules. On connaissait les Black Keys, les White Stripes on a récemment découvert les Golden Animals. Originaires de Brooklyn, New York, She Keeps Bees vient s’ajouter à la liste. Petite originalité de la chose, le batteur, Andy LaPlant, est accompagné ce coup-ci par une chanteuse, Jessica Larrabee, superbe voix et pas maladroite non plus à la guitare, ce qui ne gâche rien. En 11 titres et 26 minutes, She Keeps Bees revisite les fondamentaux de la musique américaine, cela commence par un gospel « Ribbon », et cela dévie rapidement vers le blues aussi bien acoustique qu’électrique. La voix de Jessica parsème le tout de soul music du meilleur effet. Economies de moyens et de personnel obligent, les deux membres du groupe sont obligés de chercher au fond d’eux-mêmes la petite étincelle, celle qui fera chavirer l’auditeur. La formule est simple, tout fonctionne à partir de motifs de guitares répétitifs et entêtants, propres à imprimer durablement le tympan de l’auditeur. Dans le genre, la palme revient à « Gimmie », « Focus » et « My last Nerves », tout simplement irrésistibles. Une suggestion pour cet hiver : Gardons les abeilles !
http://www.shekeepsbees.com/
www.myspace.com/shekeepsbees



dimanche 8 novembre 2009

The Dynamites featuring Charles Walker


La belle histoire des Dynamites c’est surtout celle de leur chanteur Charles Walker. Celle d’un destin forçant le succès, d’une revanche sur le sort prise le tard. En quelque sorte un pendant masculin de Candi Staton ou Bettye LaVette. Originaire de Memphis, Tennessee, Charles Walker commence sa carrière de chanteur à la fin des années 50. Il peut vivre de l’intérieur les succès –et les revers aussi- du label Stax, avant de déménager à New York où il prend ses quartiers à l’Apollo Theater et au Small’s Paradise. Tout en restant à la marge, un outsider auquel le succès et la célébrité se refusent. N’importe qui d’autre aurait lâché l’affaire. Mais pas Charles Walker qui fait montre d’une pugnacité sans pareille. Des années, des décennies plus tard, son chemin croise celui de Leo Black, se dernier guitariste et tête pensante du groupe soul-funk de Memphis The Dynamites. Ces derniers, tout comme Walker, végètent dans leur coin et décident d’unir leurs forces. Leo Black voit en Charles Walker la pierre angulaire de l’édifice, celle sans laquelle tout s’écroule : une Voix tout d’abord et ensuite le vécu indispensable pour chanter la soul de manière crédible. Un premier album « Kaboom ! » sort en 2007. D’emblée l’album se place sur le terrain d’une soul sudiste aussi explosive que le patronyme du groupe le laisse supposer : Kaboom ! fait la stéréo à peine le disque posé. Le groupe, composé de neuf membres avec cuivres, orgue et percussions fait feu de tout bois, toutes les ruses sont bonnes pour allumer la mèche. Parfois le groupe s’autorise quelques pas du côté de la soul de « dig deeper » ou du blues, l’étouffant de « way down south ». Le reste de l’album pratique une soul funk aussi dansante qu’efficace : « What’s it gonna be ? », « Come on in », « Can you feel it ? ». Evidemment dans ce contexte, la voix de Charles Walker fait, enfin, des merveilles. Comme l’affirme le dernier titre « Killin’ it » les Dynamites ont bien tué l’affaire. Toute résistance est inutile.

BURN IT DOWN

Deux ans après un, très encourageant, premier album, The Dynamites sort son second opus « Burn it down ». N’ayant jamais les Dynamites en concert, c’est pourtant en live, sur Canal +, que je les ai découverts. Et la scène est probablement leur terrain d’expression privilégié. Charles Walker, en costume blanc et cravate, dégage une classe folle. En studio, hélas, les choses sont beaucoup moins évidentes pour le groupe. Les musiciens sont toujours aussi bons et efficaces. Le problème est ailleurs, un peu comme une panne d’inspiration. Ce nouvel opus est à la fois la suite et un copié/collé du premier. Des plans de guitare, aux breaks de batteries en passant par les cuivres péchus, tout est bon mais déjà entendu. Et le groupe de tomber dans une sorte de mécanique répétitive. « Ah quoi bon ? » se demande alors l’auditeur. C’est le revers de la médaille. Depuis quelques années la soul « classique » est en plein revival, cette page s’en fait régulièrement l’écho, les sorties, les découvertes sont légions. C’est logique, les déceptions sont plus nombreuses aussi. C’est dommage pour Charles Walker, vocaliste d’exception, qui mérite bien ce bout de gloire qui enfin s’offre à lui. Même si l’album est un tantinet décevant, il mérite d’être écouté. Car même en panne de songwriting, les Dynamites sont mille fois plus honnêtes et intéressants qu’un pathétique et racoleur Seal.
http://www.thedynamites.net/
www.myspace.com/thedynamitesband








Seasick Steve : « Man from another time »




Infatigable Seasick « Mal de Mer » Steve. A peine a-t-on le temps de s’extasier sur cette nouvelle découverte (totalement inconnue il y a un an) qu’un nouvel album sort, le deuxième cette année. Il est vrai que si Steve n’est pas le perdreau de l’année, il est encore un jeune bluesman ce nouvel opus est seulement son quatrième. Ce « Man from another time » puisque c’est son titre, ce pourrait être Steve lui-même. Personnage iconoclaste qui a connu la route, a chanté dans le métro et a déménagé un nombre incalculable de fois avant de se poser en Norvège. Aujourd’hui encore, alors qu’il a signé sur une major, il refuse toute idée de confort n’ayant besoin que de ses vieilles guitares rafistolées à partir d’une boîte de cigares où à trois cordes pour enregistrer un album. Avec, quand même, l’aide précieuse de son fidèle batteur Dan Magnusson sur sept titres. Un disque enregistré selon les propres termes des intéressés « old fashion way ». Sur le plan musical, l’album ratisse large. Steve n’a pas un style en particulier mais maîtrise tout. Le blues rural acoustique, teinté de country « The banjo song », électrique façon Chicago « Never Go West » ou bien les boogies ravageurs « Seasick boogie ». Steve sait tout faire. On peut toutefois remarquer qu’il a tendance à envoyer le gros son quand il est accompagné de son batteur. C’est lui, l’excellent Dan, qui donne l’impulsion nécessaire pour faire démarrer le moteur. Mettez le disque en route, vous êtes partis pour une sacrée ballade.
http://www.seasicksteve.com/
www.myspace.com/seasicksteve




Seasick steve in a coffee shop
envoyé par charlattend. - Regardez d'autres vidéos de musique.

vendredi 6 novembre 2009

Calvin Russell : Dawg eat Dawg


A l’instar d’un Elliott Murphy, d’une Demi Evans, d’un Seasick Steve ou bien encore de Paul Collins, Calvin Russell fait partie de cette catégorie de musiciens étasuniens, complètement ignorés sur leur sol natal et adulé en Europe ou bien souvent ils ont élu domicile. Quel autre pays peut se permettre de mettre de côté une telle collection de talents ? Si Calvin Russell ne vit pas dans l’Hexagone c’est bien en France qu’il fait carrière, depuis une bonne quinzaine d’années maintenant, et son nouvel album « Dawg eat dawg » a été enregistré avec des musiciens français et produit par Manu Lanvin (le fils de Gérard qui fait d’ailleurs une apparition sur l’album récitant « 5m2 »). Depuis toutes ces années, la recette, bien éprouvée maintenant, pourrait être définie comme un quatre-quarts musical : un quart blues, un quart rock, tendance gros son, un quart folk et un quart country. Voilà ce n’est pas compliqué et ça marche à merveille. Sur disque cela donne à peu près ceci une chanson acoustique suivi d’un morceau électrique. Un petit air de mandoline ici auquel répond en écho un énorme riff de guitare électrique gras et saignant à souhait un peu plus loin par là. Et c’est finalement la voix de Russell qui fait le lien entre tout ça touchante sur les ballades acoustiques, féroce sur les blues-rock électriques. Une variété d’ambiances et de climats comme autant d’étapes du voyage initiatique de Calvin Russell au-dessus de l’Atlantique…
www.myspace.com/calvinrussell

Note : Souhaitons un bon rétablissement à Calvin Russell contraint d’annuler sa tournée après des soucis de santé. Espérons qu’il nous revienne vite…

mercredi 4 novembre 2009

Raul Midon : « Synthesis »


Un nouvel album de Raul Midon, c’est l’occasion pour nos oreilles de retrouver une figure familière de cette page. Raul Midon, chanteur métis afro-latino et guitariste folk de talent sort donc un nouvel opus, son troisième, intitulé « synthesis ». Deux ans après « a world within a world » qui n’était qu’une moitié de chef d’œuvre, Midon revient donc cette fois pour nous faire la totale : aucun temps mort n’est a déplorer sur ce disque beaucoup mieux équilibré que le précédent. Si le registre est toujours peu ou prou le même, à savoir un soul matinée de folk, Raul prend cette fois ses distances avec l’image de « nouveau Stevie Wonder » qui lui colle aux basques depuis ses débuts. « Bonnie’s song » le voit plutôt flirter avec Nick Drake, « Everyone deserves a second chance » est une bossa brésilienne et « Invisible chains » un reggae. Soit autant de nouveaux territoires sonores que Midon ne se prive pas d’explorer. Autre nouveauté ce nouveau cd a été conçu écrit et enregistré en groupe. Seuls deux titres sont des compositions de Midon en solo. Mais le véritable petit trésor du disque est « Don’t take it that way » au groove percutant et efficace. Enfin il est impossible de finir cette chronique en passant sous silence sa reprise du « Blackbird » des Beatles. Les fab four, il est plus facile de se casser les dents dessus, les exemples sont légions, que de rendre véritablement hommage à la beauté éthérée de leurs compositions. Et c’est pourtant ce que réussi Raul Midon tout au long de ce « blackbird » aux arpèges de guitare acoustique en apesanteur. Un peu le résumé de ce bel album qui n’a pas fini de nous réchauffer le cœur cet hiver.
www.raulmidon.com
www.myspace.com/raulmidon