dimanche 30 janvier 2011

Askmood : « The Weather EP »


Premier maxi pour ce tout jeune groupe français. Toutes guitares dehors, le groupe fonce tête la première et droit dans le rock. Car c’est bien de cela dont il est question ici, du rock, des guitares et du gros son. Ce qui n’empêche nullement les Askmood de se jouer des époques et des ambiances alternant grunge (« No dope for the soak » ; « Solitary »), lignes mélodiques plus atmosphériques héritées du psychédélisme (« Goo ») et une puissance digne du hard rock des années 70 (« Too Much »). Le grain de la voix apporte une touche gothique à l’affaire, le chant est à la fois monocorde et rauque et rappelle un peu Andrew Eldritch des Sisters of Mercy. Un sympathique maxi mais la production limitée fait sonner le tout comme une démo. On ne peut cependant pas en tenir rigueur au groupe qui enregistre avec les moyens du bord. Encourageons plutôt les jeunes talents…

www.myspace.com/askmood

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samedi 29 janvier 2011

Ginkgoa, Le Sunset, 26 janvier 2011.


C’est un projet des plus intéressant que l’on a pu découvrir mercredi soir dernier sur la petite scène du Sunset. Le groupe en question s’appelle Ginkgoa et comporte cinq membres : guitare, violoncelle, batterie, clarinette et la chanteuse Nicolle Rochelle. Cette dernière a un destin particulièrement intriguant. Afro-américaine, originaire de New York et du New Jersey, Nicolle se retrouve membre d’un groupe français et chante dans la langue de Molière, qu’elle semble également parler couramment. Comme elle explique dans la chanson « New York Paris », depuis toute petite elle rêvait de chanter à Paris prenant exemple sur Josephine Baker et Edith Piaf. Elle vit, suivant sa jolie expression, un « rêve français ». C’est aussi une bête de scène qui danse avec conviction, et ce jusque dans l’allée centrale au milieu du public au rythme de la batterie. Elle agrémente ses interprétations de charmantes mimiques illustrant ses paroles. Quelque chose dans sa façon d’être sur scène nous fait penser qu’elle pourrait également faire l’actrice dans une comédie musicale et provoquer des ravages en cascade sur les planches théâtrales. Musicalement, Ginkgoa se retrouve à la croisée des chemins entre la chanson française, le jazz et le cabaret. Batterie swinguante et guitare, électrifiée sur deux titres, d’inspiration manouche forment l’épine dorsale de Ginkgoa. Les deux autres membres du groupe restant soufflent le chaud et le froid. La clarinette au son frais apporte une touche de gaieté contagieuse et entraînante. Le violoncelle, qui fait également office de contrebasse, est plus mélancolique sur les quelques plages plus lentes de leur répertoire. Dans l’ensemble Ginkgoa est un groupe plutôt enjoué et festif, assez frais. Leur joie de vivre, la joie qu’ils ont de jouer ensemble et l’humour dont ils font preuve dans leurs textes, font souffler un vent d’optimisme parmi l’assistance. Voilà un groupe propre à apporter fraîcheur et renouveau à la scène française qu’ils ne manqueront pas de dynamiter dans un proche avenir. Il ne manque plus qu’un premier disque pour matérialiser tout le talent dont ils ont fait preuve ce soir, car jusqu'à présent Ginkgoa est un projet essentiellement scénique. Raison de plus pour ne pas les rater si ils passent près de chez vous…

www.myspace.com/ginkgoa


GINKGOA - "Qu'est ce que je peux faire" from Ginkgoa on Vimeo.

Marie Fleur : « Bébé Licorne »


Quelque mois après la réédition de son superbe « Sittin in the catbird seat » (voir mon message du 12 janvier 2011), la superbe Marie Fleur est déjà de retour avec ce nouvel effort intitulé, en français s’il vous plaît, « Bébé Licorne ». On aimait l’album précédent et on ne peut qu’adorer ce nouvel opus. Si le répertoire visité ici puise encore et toujours sa source dans le jazz vintage des années 30 à 50, les styles manouche et dixie semblent avoir ses préférences, l’artiste à la recherche de fraîcheur va puiser dans d’autres sonorités de nouvelles sources d’inspirations. Ainsi les deux premières plages « Caravan » et « Guitly » se permettent quelques pas du côté du rock n’roll 50s, le temps d’un solo de guitare électrique rockabilly. « Guilty » prolongeant même l’expérience au point de sonner étrangement hawaiienne, soleil et chaleur sont au rendez-vous. Marie varie donc les ambiances entre douce mélancolie et joie communicative parfois au cœur d’un seul et même morceau (« We’ll meet again »). Reprise de Marilyn « My heart belongs to daddy » la voit flirter avec un registre sexy qui lui va à ravir et sur « Cou Cou » elle tente courageusement le chant en français. Autre nouveauté de ce nouveau disque l’apparition d’une certaine étrangeté, un petit grain de folie pas forcément étonnant de la part de celle qui se définit comme une créature chantante créée par des aliens. « Burning for you » se pare de voix étranges, sonnant comme trafiquées, avec de, très légères, nappes électroniques. « Tokeyokee » est également bizarre avec une intro et une coda faîte de bruitages divers, comme si les micros avaient été laissés branchés par inadvertance, et une ligne de basse dissonante. Mais le titre le plus barré du lot est certainement le morceau titre (un plaisanterie d’après elle) où Marie récite un poème frappadingue, au passage sa voix n’a jamais été aussi sexy, sur un fond musical électro-planant tranchant radicalement avec le reste du disque, ce qui explique certainement que le titre ait été relégué parmi les bonus cachés en bout de tracklisting. Excellent album, « Bébé Licorne » est un considérable pas en avant pour cette artiste arrivée à maturité. Quoi qu’il advienne, Marie Fleur a déjà réalisé un petit exploit devenant, en un temps record, une des chouchou d’amour préférées de l’auteur de ces lignes. Marie, on t’aime très fort !!!!

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dimanche 23 janvier 2011

Jenny Gillespie : « Kindred »


Voici un album plutôt inattendu. On avait quitté Jenny Gillespie en chanteuse folk sur son dernier album le magnifique « Light Year » (voir mon message du 4 juillet 2009). Un an plus tard, la jeune chanteuse originaire de Chicago revient avec un album « Kindred », aux vertus curatives toujours aussi apaisantes mais à l’instrumentation radicalement différente. Faisant (provisoirement ?) fi des guitares acoustiques, la voix, toujours aussi belle, de Jenny Gillespie évolue dorénavant sur un assemblage musical assez complexe de nappes synthétiques et de pianos acoustiques et électriques. Un album d’inspiration électronique, à l’approche plus européenne. Il se dégage quelque chose de planant de ces cessions, une sorte de psychédélisme moderne et électro, sur « Secret Passageway » notamment, comme un Pink Floyd des temps modernes qui s’exprime le mieux sur des composition d’une durée assez longue. Si les guitares sont toujours présentes, ces dernières ne semblent plus être le moyen d’expression privilégié de Jenny (à l’exception de « Swimming in Amber » qui n’aurait pas dépareillé sur son disque précédent) et semblent toujours reléguées à l’arrière-plan pour arriver à une subtile balance entre sonorités organiques et électroniques (« My love’s mind »). Par contre le songwriting est resté le même, toujours aussi pop, sobre et délicat. Un bel album, ambitieux et ouvragé, soigné dans les moindres détails (les arrangements de cordes de « Blue Morpho »), œuvre de Jenny Gillespie une jeune artiste toujours en mouvement.

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samedi 22 janvier 2011

MLCD (My Little Cheap Dictaphone) : The Tragic Tale of a Genius


Précédé d’une réputation flatteuse sur sa terre natale de Belgique, le quatuor My Little Cheap Dictaphone (MLCD) -élu « Groupe de l’année » et « Album de l’année » aux Octaves de la musique (l’équivalent belge des victoires)- débarque dans nos contrées avec un album qui n’en déplaise le nom de ses auteurs n’a absolument rien de « cheap ». C’est même plutôt tout l’inverse. Monumental, l’opus doit autant au rock indépendant et à la pop qu’à la musique de film, renouant avec un sens de l’ampleur sonore qui a fait tout le succès d’Arcade Fire (par exemple). Concept album de 13 titres, cet effort nous conte, ainsi que son titre l’indique, le destin tragique d’un génie de la musique, librement inspiré de la vie de Brian Wilson, le fantasque leader des Beach Boys. Pour ce faire Redboy (Hollywood Porn Stars) et sa troupe n’a pas hésité à mettre les petits plats dans les grands, piano bastringue, arrangements de cordes et grand orchestre sur quasiment tout les titres et convoquant les talents des deux côtés de l’Atlantique (Jonathan Donahue, Ralph Mulder et Pall Jenkins en guests) plongeant tout ce beau petit monde dans des ambiances allant de la pop rêveuse (« No self esteem ») au cabaret jazzy déjanté (« Slow me down », « The tragic tale of a genius »). Et on a encore rien vu, l’album ne représentant que la face musicale de ce qui s’annonce comme un projet artistique de grande ampleur. La tournée a été l’occasion de mettre en place une collaboration avec des professionnels issus du cinéma, du théâtre et de la vidéo qui agrémentent des concerts tenant de la performance artistique. 2011 sera-t-elle l’année du dictaphone cheap ??

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jeudi 20 janvier 2011

Rencontre avec CharlElie


En pleine campagne de promotion de son nouvel album « Fort rêveur » CharlElie Couture (voir mon post du 7 janvier 2011) a trouvé 15 petites minutes pour évoquer sa musique, ses paroles et la sortie originale de son nouvel effort. Sympa, détendu (une tape sur l’épaule et un « merci bonhomme et à bientôt » en forme de conclusion), il se dégage une très grande honnêteté artistique de ce pilier de la scène francophone à la carrière commencée en 1978. Rencontre…

En écoutant l’album j’ai été marqué par l’ambiance très new yorkaise du disque (Le Phénix, Ta phosphorescence) mais avec des textes chantés en français. « Fort Rêveur » est-il une passerelle entre la France et les Etats-Unis ?

CharlElie (silence) : Il y a quand même 6000 kilomètres qui nous sépare et j’ai du mal à imaginer le pont du Verrazano traverser l’Atlantique (rires)… Le disque a été produit par Sean Flora qui travaille surtout avec des groupes de rock indépendant de la côte ouest. Il a traité mes chansons comme il enregistre les groupes avec lesquels il travaille d’habitude. Donc sans s’appuyer sur le sens des mots mais en écoutant l’émotion. C’est un disque de rock américain mais chanté en français. La plupart du temps c’est l’inverse, des mecs de Bordeaux, Lille où Roubaix vont chanter en anglais alors qu’il s’agît de disques français.

Tes paroles ont un aspect très storytelling, est-ce que tu te sens plus comme un conteur qu’un chanteur ?

CharlElie : Je fais des paraboles, des métaphores… Les chansons que je raconte sont des mises en formes d’idées et de concepts. La chanson sur l’anorexie (« Si Légère », ndlr) c’est une chanson sur le malaise des jeunes d’aujourd’hui qui ne savent plus quoi trouver pour être attrayantes. La question est clairement posée. Ou « La vie facile », j’attends tout le temps des gens qui disent : « c’est dur, c’est dur ». Mais pour qui c’est facile (il insiste) ? C’est plus facile pour un boulanger, un plombier, un homme politique ? La vie facile cela n’existe pas. Chacune des chansons essaye de mettre en forme des histoires, des concepts. Quelque fois c’est des énoncés, comme dans « La vie facile », d’autre fois c’est sous forme de métaphore comme « Le Phénix » par exemple qui est l’histoire d’une ballade qui évoque en fait la reconstruction d’une Amérique suite à l’élection d’Obama. Le phénix c’est Obama et l’Amérique qui renaît de ses cendres. Cela commence dans le Bronx et cela redescend tout le long de Manhattan, Brooklyn pour finir à Ground Zero. Donc effectivement, depuis toujours que cela soit sur « Under Control », « Bob le prophète », les chansons que je raconte sont des paraboles. Souvent je me dis que pour faire partager le film, il faut raconter une histoire. Il y a le niveau d’écoute des mots, ensuite ce que la musique évoque et enfin ce que l’on retire du mélange des deux.

Le disque a bénéficié d’une sortie particulière, avec une édition collector disponible en avant première sur internet…

(CharlElie sort de la salle et va chercher une édition collector de l’album) Je n’arrivais pas à trouver de distribution. Je suis allé les maisons de disques en leur proposant ce projet et on m’a dit ça va coûter trop cher, c’est en dehors des formats traditionnels, il va falloir construire des trucs spéciaux et ainsi de suite (visiblement il a l’air très affecté par toute cette histoire)… Les médias n’ont pas voulu en parler (CharlElie déballe le disque et semble très fier de sa création. L’album est présenté dans une pochette grand format, comme les anciens EP anglais dans une taille intermédiaire entre les petits 45 et les grands 33 tours. Un très beau feuillet grand format contenant les textes des chansons et des photos exclusives et une affiche de la tournée sont livrés avec. Le cd est une superbe réplique vinyle.). C’est une formalisation du disque complètement nouvelle. On retrouve la dimension objet d’un album et le plaisir qui va avec. Et tout cela pour six euros (effectivement à ce prix là, c’est une affaire, ndlr) ! Moins cher qu’un téléchargement légal, je ne sais si tu te rends compte (et aussi beaucoup moins cher que le prix moyen d’un cd dans le commerce, ndlr). Et ça ce n’était pas question ni pour les maisons de disques où les distributeurs de prendre ça. Le seul qui a risqué le coup c’a été vente-privée chez qui il est disponible jusqu’à la fin du mois de janvier.

Et le fait qu’il s’en est écoulé 6000 exemplaires en deux jours, cela t’a rassuré ?

CharlElie : Tu peux aussi dire qu’il s’en est vendu 14000 en une semaine, ce qui d’emblée nous a placé au quatrième rang des ventes. Personne n’a voulu en parler, mais bon passons sur ces détails, on perdrait du temps…

Musicalement, l’album marque un retour vers les guitares, le rock avec quelques notes de blues…

CharlElie : Le blues c’est un questionnement existentiel, ce qu’il y a au fond, à l’intérieur de beaucoup de musiques qui me touchent. Le rock donne au blues une espèce de portée supérieure, mais le blues reste intrinsèquement un point d’interrogation. Et c’est ce que l’on ressent à l’écoute de l’album car il n’y aucune chanson qui est un vrai blues. Moi je suis autant attiré par Satie, Debussy, Ravel que par Bob Dylan, les Stones ou les Beatles. Mais c’est vrai qu’il y a une sous-jacence de la question blues avec le fameux majeur/mineur qui intervient dans les structures. Avec un mélange de beat, de pulsion avec une espèce de formalisation des notes appuyées sur la quarte et la quinte. Après ce n’est pas du blues à la Paul Personne…

C’est surtout dans les intros que l’on ressent l’influence du blues…

CharlElie : Oui, oui c’est ça. Je ne pense pas être un chanteur de blues. Le blues fait partie de mes interrogations et de mes fondements comme le rock qui est important pour moi par ce que suis urbain.

www.charlelie.com

Propos recueillis le 18 janvier 2011.

Un grand merci à CharlElie pour sa gentillesse et sa disponibilité et un grand merci à Netta (Ephélide) qui m'a arrangé le coup.

mercredi 19 janvier 2011

Milkymee : « To all the ladies in the place, with style & grace »


Deuxième album, après « Songs for herr nicke », pour Milkymee (Emilie Hanak de son vrai nom), jeune chanteuse française, auteur, compositrice et guitariste. Sur une base acoustique, Milkymee cisèle de petits bijoux pop dépassant rarement les trois minutes. C’est à la fois mélodique, délicat, extrêmement féminin et servi par le timbre doux de l’artiste. Entre autres réussites citons notamment « No end in sight 2 » où Milkymee développe un univers propice à la rêverie porté par un arpège de guitare électrique répétitif et obsédant. Extraite de la BO du film « Domaine » réalisé par Patric Chiha « Best Sunday Dress » joue sur un registre différent, plus pop 60s avec clavecin assez baroque. L’album bénéficie d’arrangements variés, des nappes synthétiques, quelques cuivres discrets soutenants les basses, des harmonies vocales, apportant de la couleur dans l’univers de Milkymee. Une belle découverte.

www.milkymee.com

www.myspace.com/milkymee

lundi 17 janvier 2011

Stoned Popes


Faisant fi de la morosité ambiante, les Stoned Popes nous propose ce que l’on pourrait considérer comme l’équivalent musical d’un bain de soleil. Cocktail détonnant de pop, de folk, de reggae avec un très léger soupçon de hip-hop (les scratches de « Loser song »), les Stoned Popes mélangent les ingrédients avec bonheur : ukulélé, harmonica, trompettes, guitares carillonnantes, claviers et tout un attirail de percussions qui font tchik-tchik. Primesautière, l’affaire est rondement menée, tambour battant, sur des tempi élevés et dans des teintes assez chaudes. Ce ton plutôt guilleret n’empêche pas l’engagement dans le propos, la chanson « Golden boy », sur un fond musical de surf music promet au personnage du golden boy la pendaison à l’aide de sa cravate. Ainsi vont les Stoned Popes, entre légèreté et sérieux, définissant les contours de ce qu’ils appellent « The sound of happiness ».

www.myspace.com/stonedpopes

dimanche 16 janvier 2011

MIDEM 2011



Le Midem, Marché International du Disque et de l’Edition Musicale, se tiendra à Cannes du 23 au 26 janvier 2011. A cette occasion, trois soirées de concerts seront également organisées :

La soirée French Vibes réunissant de jeunes talents de la scène française (Syd Matters, Revolver, The Chase, The Bewitched Hands…)

Le Midem Talent regroupe des artistes internationaux à la notoriété montante. On pourra ainsi (re)découvrir en live James Vincent Mc Morrow, Saul Williams, Monarchy…

Enfin la soirée Fringe mettra en avant de jeunes talents à l’orée de leur carrière.

La page Facebook consacrée aux concerts du Midem 2011

La page consacrée à la soirée French Vibes sur le site du Midem


Meltones, L’OPA, 14 janvier 2011.


Premier concert de l’an 2011 et l’occasion de découvrir de grands espoirs pour cette nouvelle année, les Meltones (voir mon message du 10 janvier 2011) qui ce soir brûlent les planches de l’OPA, un petit bar sympa du quartier de la Bastille, malheureusement pas toujours indiqué pour la musique live. La scène assez peu élevée et le plafond plutôt bas, les allées et venues incessantes et les discussions du public font qu’il est assez difficile de suivre la performance des musiciens que l’on ne voit pratiquement pas de toute façon, cachés par un mur de spectateurs. Néanmoins on a pu entendre le groupe et se faire ainsi une première idée de leur album, dont la sortie est prévue pour un peu plus tard cette année. Un répertoire plutôt sympa orienté pop rock à guitares on pense aux années 70 mais aussi à la vague rock qui des Strokes aux Kooks a agité la dernière décennie. Les compos sont assez chouettes mais c’est surtout le travail sur le son des guitares (Pierre et Daniel) qui leur donne une identité. Chaque chanson à ainsi son « hook », une ligne de guitare, un gimmick qui rend la rend mémorable. Certes le groupe n’invente rien mais le tout est parfaitement exécuté. La voix du bassiste Thomas passe bien, la batterie d’Etienne est solide. Le groupe compte déjà de nombreux supporters, assez jeunes, que Thomas ne manquera pas de saluer d’un grand coup de basse, réplique du modèle « violon » de Paul Mc Cartney, concluant ainsi une soirée sympathique.

www.myspace.com/meltonesmusic

mercredi 12 janvier 2011

Marie Fleur (Mac Gillis) and The Model Millionaires : « Sittin in the Catbird Seat »



Autrefois connue sous le nom de Marie Mac Gillis, Marie Fleur est une jeune chanteuse de jazz originaire de Detroit. « Sittin in the Catbird Seat », son deuxième album, originairement sorti en 2008 vient tout juste d’être réédité. Un petit mot pour commencer sur l’aspect graphique des choses, superbe pochette d’inspiration art nouveau (aussi belle que celle du dernier Katy Carr), magnifique cd « vinyle replica », les photos gentiment coquines de la belle Marie Fleur sont aussi très réussies. La sensualité qui se dégage de l’objet est tellement grande, qu’avant même d’avoir écouté une seule note, on ne peut s’empêcher de tomber en amour devant la plantureuse Marie et son univers délicieusement chamarré et désuet. Le regard ne peut se détacher de l’objet et l’on passe ainsi de très longues minutes à scruter les moindres détails de la pochette. Lorsque la musique commence à s’écouler lentement des enceintes, on est en premier lieu marqué par le timbre de la voix de Marie. Comment une voix aussi grave et mature peut-elle s’échapper d’un corps si jeune et si gracile ? Fascinée par Billie Holiday et le jazz dixieland des années 30 Marie et son groupe The Model Millionnaires renouent ici avec un répertoire tombé en désuétude et assez peu connu du grand public. Les quatorze reprises ici présentes sont ainsi jouées parfaitement et avec passion. Richesse des arrangements : violons, piano, batterie, contrebasse, guitares d’inspiration manouche, banjo, trompettes, trombones et saxophones, toute la palette est ici utilisée pour recréer une époque. L’écoute de l’album se révèle être une sorte de voyage dans le temps, la musique est d’une beauté intemporelle. La voix de Marie fait des merveilles, jouant avec justesse des intonations, toujours dans le bon tempo, à l’aise dans un registre mélancolique, « You were meant for me », « I’ll close my eyes », ou plus swing et enlevé, « From Monday on », « After you’ve gone », « The Stuff is here », « When i get low i get high », « Are you making any money ? » ; ces derniers titres dégageant une sorte d’optimisme béat auquel il est difficile de résister. Que dire de plus, l’écoute de l’album est un délice.

PS : Et un grand merci à Saab pour cette magnifique découverte de plus !

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lundi 10 janvier 2011

Meltones : « EP n°1 »


Toute première sortie pour ce tout jeune quartet, vingt ans de moyenne d’age, originaire de Boulogne Billancourt. Un premier EP de quatre titres, présenté dans une jolie pochette au format d’un ancien quarante-cinq tours, en avant goût de leur premier album à venir intitulé « Nearly Colors ». Le son du groupe est très marqué par le rock britannique et ce que l’on retient d’eux en premier lieu c’est cette capacité à sortir des compositions pop, enlevées, mémorisables dans l’instant. Ainsi « Don’t Stop Breathing » et « Dear Leader », aux rythmes sautillants, ont tout du tube potentiel, classique instantané. Si grâce aux guitares nerveuses, les Meltones ont tout du groupe influencé par les années 60 et 70 certaines chansons comme « Early Colours » et « Out and inside » révèlent une ampleur sonore, et des lignes de claviers discrètes, héritées de la new-wave, quelque chose du début de U2 où des Kings of Leon de l’album « Only by the night » pour prendre une référence plus récente. Un premier disque à la production soignée et qui révèle un potentiel intéressant et prometteur. A confirmer sur la longueur d’un LP…

www.myspace.com/meltonesmusic

http://www.mymajorcompany.com/Artistes/meltones/

dimanche 9 janvier 2011

Eight Of Spades : « Driven by hate »


Alors là, on ne rigole plus du tout ! Formé en 2004 à Pontoise, les quatre membres d’Eight Of Spades (un clin d’œil à Motorhead ?) sortent leur deuxième album intitulé « Driven by hate ». La particularité d’Eight of Spades est de jouer vite, très vite et très fort. Qu’ils oeuvrent dans le punk (« Revolt ») ou le métal (« March of the Lambs ») le huit de pique est constamment sous speed. Les compositions sont claires, concises (l’album dure 32 minutes) parsemées ça et là de solos de guitares héritée du rock n’roll et de la surf music (« Driven by hate »). Les voix sont gutturales dans la plus pure tradition punk et métal. Grâce à une excellente production, soignée et pleine de petits détails sympa comme les craquements de vinyle en intro d’ « High Speed rock n’roll », l’album sonne plutôt bien, aussi bien qu’un shot de rock n’roll sous adrénaline. La petite cerise sur le gâteau, le morceau « Ride » nous offre l’intro la plus sexy de l’année. Attention, le huit ça pique !!!!

www.myspace.com/eightofspades

samedi 8 janvier 2011

Les Touffes Kretiennes Live


Collectif à géométrie variable ne comprenant pas moins d’une vingtaine de membres issus de groupes divers (Les Hurlements d’Léo, Babylon Circus, Les fils de Teuphu, Les Têtes Raides…) le brass band Les Touffes Kretiennes sort un luxueux digipack live comprenant un cd et un dvd, enregistré et filmé au festival Musicalarue de Luxey (40) et pendant le festival Hongrois de Zsiget. Qui dit brass band dit fanfare à base de cuivres, saxophones, trombones et trompettes. Dans le genre on est servi, ils ne sont pas moins de neufs à s’époumoner dans leurs instruments. Mais les Touffes Kretiennes font un drôle de brass band à l’esprit punk, se placement au croisement de la soul, du disco et du rock n’roll. Leur répertoire est majoritairement composé de reprises piquées chez Les Clash (« Guns of Brixtol »), Les Beatles (« Taxman »), Rage Against The Machine (« Know Your Enemy »), Madness (« On the beat Pete ») ou bien encore Deee Lite (« Groove is in the heart »). Un agrégat plutôt hétéroclite donc, mais rendu cohérent par la présence des cuivres qui donnent un sérieux coup de groove à l’ensemble. Plutôt agréables et réussis, voire franchement entraînants par moments, les enregistrements présents ici témoignent d’un groupe au caractère festif affirmé qui va transformer votre salon en piste de danse…

www.lestouffeskretiennes.com

www.myspace.com/lestouffeskretiennes



Les Touffes Kretiennes - Live at Sziget 2008
envoyé par monteurdours. - Regardez plus de clips, en HD !

vendredi 7 janvier 2011

CharlElie : « Fort Rêveur »


Installé à New York depuis quelques années où il se consacre à la peinture, CharlElie (Couture) s’était un peu éloigné de la musique depuis son dernier album « New Yor cœur » sorti en 2006. 2011 marque donc le grand retour de CharlElie qui s’est accoquiné pour l’occasion du producteur Sean Flora. Si la tonalité générale s’est électrifiée vers une direction plus « rock » que « chanson », plus que jamais, CharlElie semble s’abreuver à la source blues. Source que du haut de sa longue expérience (premier album sorti en 1978), CharlElie se charge de propulser dans le futur. Le morceau « Ta Phosphorescence », produit par Nicolas Repac, est à ce titre remarquable : basse énorme, boucles sonores, sirènes lointaines plongeant l’auditeur au cœur de la grosse pomme, la chanson est un parfait résumé de soixante dix ans d’Histoire car tout est basé sur ce bon vieux rythme ternaire. Il en va de même avec « Les Gestes gratuits », « Quelqu’un en moi » et « La vie facile », moins futuristes certes, mais toujours ancrées dans le blues. Album généreux, 14 titres et plus d’une heure, « Fort Rêveur » met en évidence les talents de conteurs de CharlElie, peut-être dans le fond encore plus cinéaste que chanteur. Quatorze chansons comme autant de petites histoires, de petits films, d’étapes sur ce pont géant qu’il se charge de construire entre les deux rives de l’Atlantique. Car album francophone s’il en est (un seul titre, « Born Again » en anglais), « Fort Rêveur » n’en plonge pas moins son auditeur dans un New York rêvé. Le climax est atteint avec le monumental « Le Phénix » où en peu de mots l’artiste nous ballade littéralement dans New York, décrivant la ville tentaculaire « boroughs » par « boroughs » en autant d’images saisissantes. Tout cela serait vain si CharlElie n’avait pas une Voix. Qu’il agace ou séduit, son timbre est unique et a une amplitude assez large quelque part entre Serge Gainsbourg et Tom Waits auquel on ne peut s’empêcher de penser sur l’énorme « Nés trop loin ». Le premier choc francophone de 2011.

Sortie le 31 janvier 2011

www.charlelie.com

mercredi 5 janvier 2011

The Hub : A Sleepless Night


Au début était Hubert#06 auteur en 2009 de l’album « One Man Delta Blues Show » et récipiendaire la même année du prix électro-acoustique du festival Blues sur Seine. Le projet The Hub, et l’album « A Sleepless Night » qui en découle, sont nés de la rencontre entre Hubert#06 et Yarol Poupaud. Ce dernier est depuis le début de la décennie 90 un acteur important de la scène française, ancien guitariste de FFF, ex-batteur de Mud (le tube « Désolé » en 1995) et moitié du duo country Heatbreak Hotel. Yarol Poupaud est également le fondateur (en 2006) de l’excellent label Bonus Tracks Records (Bad Mama Dog, The Parisians) qui a la particularité d’apporter une touche française aux musiques typiquement étasuniennes telles que le blues, la country ou le rock n’roll. Hubert#06 ne pouvait que se fondre avec délectation dans un tel univers. Autour de sa guitare slidée ou pickée descendant directement des grands anciens du Delta, Yarol le multi-instrumentiste (basse, accordéon, mandoline, batterie, percussions, wurlitzer) a tissé une toile sonore rendant hommage au blues sur son versant électrique et à la country dans son côté acoustique. On pense ainsi beaucoup à l’écoute du disque à la nouvelle scène blues, celle des Black Keys, du Legendary Tiger Man où de Seasick Steve, qui marie fraîcheur et tradition. Mais pas uniquement. L’accordéon ornant « The One I Miss » apporte une touche cajun. Les titres en français « Non ne dis rien » et « Plus fort que toi » donnent à l’ensemble une note francophone que l’on aimerait entendre plus souvent dans la scène blues hexagonale. Joué avec passion le blues se fait ici tour à tour poisseux et collant « A Voice Calling My Name » ou aguicheur à l’image du « Midnight Dream » qui ouvre l’album de la plus belle des façons. The Hub, un album et un projet attachant que l’on prendra plaisir à suivre sur les routes en 2011…

SORTIE LE 17 JANVIER 2011.

www.bonustracksrecords.com

mardi 4 janvier 2011

Los Disidentes Del Sucio Motel : « Soundtrack from the motion picture »


Sextet originaire d’Alsace au nom impossible, Los Disidentes Del Sucio Motel, frappent fort d’entrée de jeu avec ce premier album « Soundtrack from the motion picture », en forme de bande originale d’un film qu’il est inutile de chercher à voir puisqu’il n’existe pas. Ce qui est bien réel par contre, c’est le talent des LDDSM pour vous donner le tournis. A mi-chemin entre rock n’roll et métal (un peu à l’image des normands d’Headcharger), Los Disidentes Del Sucio Motel pratiquent une espèce de groove métallique (oui, oui c’est possible) assez inédit. Basée sur des riffs de guitares simples mais puissants et surtout immédiatement mémorisables, la musique des dissidents du motel donne irrésistiblement l’envie de bouger, excellente section rythmique au passage, et c’est particulièrement vrai sur l’incendiaire « A beauty among the crowd ». Le groupe joue également avec brio des changements de volume et de tempos, les intros sonnent comme étouffées avant que les décibels ne vous sautent à la tête dès le premier couplet (« No pity for the cheaters »). Ainsi qu’ils le disent eux-mêmes : (it’s) « Not Folk ». Ce qui ne les empêchent pas de jouer d’un habile contrepoint roots le temps d’un « Somewhere else to drive » apaisé à base de guitare acoustique et d’harmonica. Perdue en ghost track à la fin de l’album, « We rock the world » débute tranquillement au piano avant de faire honneur à son titre dans un déluge de gros son. Seul ombre au tableau, le groupe a peut-être vu un peu trop grand, 13 titres et plus d’une heure de musique, c’est certes généreux mais un poil trop long. La lassitude pointe parfois de temps en temps après une ou deux compos plus anonymes. L’album aurait certainement gagné à être un peu plus court. Cela reste cependant une excellente découverte pour bien débuter la nouvelle année.

www.myspace.com/losdisidentesdelsuciomotel

www.lddsm.com






lundi 3 janvier 2011

Rencontre avec Carosel (version française)


Rencontre avec Carosel (voir mon post du 8 décembre 2010) un charmant duo pop irlandais installé depuis peu à Paris.

Votre premier album a plutôt bien marché en Grande-Bretagne et en Irlande, quels sont vos espoirs pour ce nouveau disque ?

Pete : Notre premier album était plus relax, plus jazzy, tendre. On fait de la pop maintenant. Notre nouveau son est sur notre maxi « Star ».

Michelle : Notre premier album était différent. On est excité par notre nouveau son. Et par toutes les salles de concert dans ce nouveau pays. On voudrait se faire connaître en France et dans toute l’Europe.

Comment vous êtes-vous retrouvé à Paris ?

Michelle (rires) : Je passe mes vacances en France depuis mon adolescence. J’ai des cousins à Paris.

Donc en fait, tu n’as aucune excuse pour ne pas parler français ?

Michelle (rires) : Je prends des cours de français deux fois par semaine. Mais je n’ai jamais eu la chance de rester plus d’une semaine ou deux. Peut-être que j’ai toujours rêvé de venir vivre à Paris…

Pete : C’est peut-être différent pour toi, mais pour un Irlandais, c’est excitant de venir vivre à Paris.

Et est-ce que tout se passe comme vous l’aviez imaginé ?

Michelle : C’est différent quand tu es en vacances…

Pete : C’est plus difficile que l’on l’imaginait. Chercher un appartement par exemple. En Grande-Bretagne ou en Irlande c’est beaucoup plus simple. Tu appelles le propriétaire est soit il t’aime bien ou pas. Il n’y a pas de gros dossier. C’est ce genre de choses qui sont différentes, on ne s’imaginait pas…

Michelle : Quand tu es en vacances, tu visites. Les Champs-Elysées, Notre-Dame… En vivant ici tu découvres les autres aspects de la vie française. Les français protègent leur identité, c’est comme ça qu’ils vivent. On mange comme ça, on fait ceci. J’aime bien. La nourriture est incroyable. Je pense que j’ai tout essayé maintenant…

Pete : On est nouveaux ici, c’est encore assez excitant. Franchement la qualité de vie est meilleure ici. Spécialement maintenant avec nos problèmes économiques (il indique une chute vertigineuse de la main). En France, quand tu n’es pas content, tu vas dans la rue. Les français sont focalisés sur leur mode de vie. Et ils veulent le conserver. Les cafés, les déjeuners assez longs, les vacances… Et la musique. On savait que la France était un bon endroit pour la musique…

Vraiment, tu plaisantes ?

Pete : Non, non pas du tout. Sérieusement. Il y a plein d’endroits pour jouer ici, les clubs, les festivals…

Michelle : Le public français est vraiment, vraiment sympa. Ici, les gens t’écoutes quand tu joues. C’est agréable, c’est vraiment bon. Et ils viennent discuter après le concert.

Pete : C’est vrai. A Dublin, il y a tellement de bruit. Les gens sortent pour boire et se saouler. On est venu en vacances ici en novembre 2009. On a un ami irlandais qui vit ici et nous a trouvé plein de concerts dans des pubs ici. Je pensais que personne ne nous écouterait. En fait, l’expérience s’est révélée différente.

Michelle : On s’est tellement plu en vacances ici, qu’à peine rentrés en Irlande on est allé directement sur internet pour trouver un appartement et déménager. C’était en février dernier.

Pete : On a fait des allers et retours. C’était difficile de trouver un appartement de trouver un appartement sur le long terme. On début on était à Bastille. Maintenant on est dans le quinzième qui est beaucoup plus tranquille.

Et vous avez enregistré l’EP à Paris ?

Pete : Non à Dublin.

Et à propos de la musique, la scène française vous aimez la scène française ?

Michelle : Oui ! J’aime bien Zaz. On écoute la radio.

Pete : Et on entends les Black Eyed Peas à longueur de journée… J’aime bien Sanseverino et les « anciens » : Françoise Hardy, Serge Gainsbourg « La chanson de Prévert »…

Michelle : Je l’apprends en ce moment.

Pete : Je joue de la basse dans un groupe français. Et notre percussionniste est français. Plus on reste, plus on rencontre de monde. On commence notre réseau.

Vous avez le mal du pays ?

Michelle : De temps en temps. Ma famille me manque. Mes neveux et mes nièces. Ils grandissent… Et les frites. Les vraies frites. Ici elles sont différentes. En Irlande elles sont plus grosses, plus épaisses. C’est bon… Il y a beaucoup d’Irlandais qui vivent ici. Il y a beaucoup de…

…de pubs ?

Michelle : Je ne bois pas, alors les pubs…

Pete : On essaye de ne pas trop boire, seulement de temps en temps quand un ami vient nous rendre visite.

Michelle : C’est certainement la raison pour laquelle je suis en France. Je ne bois pas comme une Irlandaise. Je bois très peu.

Pete : L’Irlande ne me manque pas du tout. Jamais. Je suis très heureux ici. J’ai vécu dans plein d’endroits, L’Inde, New York, le Canada. J’ai passé beaucoup de temps hors d’Irlande.

Pete, est-ce que tu penses que tous ces voyages ont changé ton jeu de guitare ?

Pete : Bien sur. J’ai étudié la guitare en Espagne. Ma guitare vient d’Espagne. Il faut jouer avec des ongles assez longs (il me montre ses doigts). C’est un style beaucoup plus percutant (il prend sa guitare et commence à jouer). J’ai passé beaucoup de temps en Andalousie, près de Séville. J’ai étudié la guitare là-bas pendant six mois.

Et tu es allé là-bas spécialement pour étudier la guitare ?

Pete : Oui, oui. Aller en Espagne a vraiment fait une différence dans ma musique. Et après j’ai passé six mois en Inde et j’ai joué avec des musiciens locaux tous les jours. A Dharamasala, la ville au nord de l’Inde où réside le Dalai Lama en exil, il y a beaucoup de Tibétains et beaucoup d’excellents chanteurs. Et ce qu’ils chantent est tellement différent de ce que je connais ou comprends de la musique… J’ai passé trois mois là-bas dans des petits villages en dehors de la ville. On faisait de la musique tous les jours. Je jouais de la guitare classique, un ami anglais faisait de la flûte et ils chantaient des chansons locales. Le « mélange » (en français dans le texte) était très intéressant. C’est là que commence l’Himalaya. Il y a beaucoup de forêts, c’est magnifique. J’ai aussi navigué en Australie pendant longtemps. Sur le bateau on n’avait ni radio, ni télévision, ni internet. Je jouais de la musique dans ma tête. Cela peut être très intéressant aussi.

Michelle : Je pense que c’est très important. On n’a pas de télévision. En fait, cela fait des années que l’on n’en a pas. On se fait toujours face dans notre salon. On s’assoit en cercle. Il n’y a pas de distractions.

Michelle, est-ce que tu peux nous dire quelques mots sur le jukebox de tes parents, dans le restaurant familial ?

Michelle : Mon père est chef. Quand j’étais enfant, mes parents avaient un restaurant sur la côte Irlandaise, près de la plage. Un restaurant de fruits de mer. Mon père vivait là-bas. On avait une grande pièce, pour les danseurs. On avait un jukebox et des tonnes de boîtes remplies de disques. Quand j’étais petite, j’y allais pendant la journée et je passais des disques. Il y avait plein de disques des années 60 et 70. C’est comme ça que j’ai découvert les Beatles et les Carpenters. Je dansais toute seule. J’ai encore la platine et les boites de disques. Les années 60 et 70 sont vraiment importantes pour moi. Les chansons pop étaient courtes, concises. Burt Bacharach avait des mélodies très fortes. J’adorais, je les écoutais tout le temps. Mes amis étaient plus intéressés par ce qui se passait dans les charts.

Est-ce que vous pouvez nous décrire votre « upbeat happy sound » ?

Michelle : C’est moi. J’ai toujours été comme ça. Je ne suis pas affectée par ce qui se passe même si c’est moche. Je ne suis jamais triste. Je vis ma vie.

Pete : En concert, cela peut être enlevé, sur des tempos rapides, sans que cela soit forcément très fort. Et c’est sympa de le voir sur le visage des spectateurs dans le public.

Votre chanson « Something i need » sonne très Soul. Est-ce que vous écoutez beaucoup de Soul Music ?

Pete : En fait, non.

Michelle : Non, pas vraiment. Un peu. Je ne sais pas comment s’est arrivé. J’aime bien Marvin Gaye, Al Green et Bill Withers. Je suis accro à ses chansons. Mon frère avait un de ses albums.

Pete : En concert on fait régulièrement « Let’s stay together » (Pete prend sa guitare et le duo se lance dans une magnifique reprise acoustique de cette chanson). Peut-être qu’on la mettra sur notre prochain album. On veut l’enregistrer, peut-être dans une version acoustique.

La dernière chanson du disque « Take me » a une couleur plus années 80…

Michelle : Nous sommes des enfants des années 80. On a été influencé par tout ce qui passait à la radio. Tu connais les disques « Now » ? Tous les ans, il y avait une compilation. J’ai le volume n°2. C’est un disque des années 80. Mes parents l’avaient pour le restaurant.

Pete : Quand on a enregistré « Take me » on voulait ce genre de son dès le début. On a utilisé un petit ampli un très mauvais ampli mais j’aimais bien le son. J’ai branché la guitare électrique. On a mis l’ampli et le micro à l’extérieur. C’est comme ça qu’on a obtenu ce son.

Michelle, qu’est-ce qui est le plus important dans ta vie, la cuisine où la musique ?

Michelle : C’est dur ! J’ai étudié la nutrition à l’université. Et mon père est chef. La nourriture c’est quelque chose de très important pour moi. Tous mes bouquins sont des livres de cuisine.

Pete : Tu passes plus de temps à chanter qu’à manger. Donc la musique est plus importante…

Michelle : Je pense que c’est égal. J’aime les deux. Quand j’étais petite mon père m’emmenait dans les restaurants, juste pour visiter et regarder les menus. C’est de sa faute si je suis obsédée par la nourriture…

Propos recueillis le 16 décembre 2011.

EN CONCERT LE 22 JANVIER 2011 AU THEATRE TRAVERSIERE.

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A consulter également, le blog de Michelle sur sa vie parisienne et la cuisine :

www.greenteaandbiscuits.wordpress.com

An Interview with Carosel


An interview with the charming irish pop duo who recently moved to Paris.

Your first album did pretty well in the UK, what expectations do you have for the new one ?

Pete : The first album was more jazzy, relaxed and mellow. We’re into pop now. The Star EP is how we sound now.

Michelle : The first album was different. We’re excited about our new sound. And the venues in this new country. Our expectations ? Spread the word out in France and all over Europe.

How did the two of you end up in Paris ?

Michelle (laughing) : I spent holidays in France since i was a teenager. And i also have cousins in Paris.

So, basically, you have no excuses for not speaking french ? (I’m just kidding…)

Michelle (laughing) : I go to french class twice a week. But i never had a chance to stay for more than a week or two. Maybe i always dreamed to come live in Paris…

Pete : Maybe it’s different for you, but from an Irish point of vue, it’s exciting to come live in Paris.

And is it like you think it would be ?

Michelle : It’s different when you are on holidays.

Pete : It’s more difficult than we thought. For example, when you look for an apartment… In the UK it’s easier, you ring the landlord and either they like you or they don’t… There is no big file… Things like this are different, we had no idea but we like it.

Michelle : When you are on holidays, you just go visit, the Champs-Elysées, Notre Dame, you don’t go around… Living here you discover all the other parts of the french way of life. French people protect their identity, this is how we live. We eat this, we do that. I like that. The food is amazing. I think i’ve tried everything now.

Pete : We’re new here, it’s still very exciting. Honestly, the quality of life is better here. Especially now, with our bad economy… In France, when you’re unhappy, you get in the streets. People are very much into their way of life here. And they want to keep it that way. The coffee places, long lunches and good holidays. And all the great music. We knew France was good for music…

Really ? Are you kidding ?

Pete : No really. I’m serious. You have many venues for live music and all the clubs and festivals…

Michelle : Audiences here are really, really nice. People here, they listen when you play a gig. It’s enjoyable, it’s very good. People come up afterwards and talk to you.

Pete : It’s true. In Dublin, there is so much noise. People are getting very drunk. We came for holidays here in november 2009. We had a friend, an irishman living here who booked us many gigs in Paris pubs. I thought that nobody will listen to us. But the experience was different.

Michelle : We enjoyed that holiday so much that when we get back to Ireland we went straight on the internet to find an apartment and move here. That was last february.

Pete : We went back and forth. It was hard to find an apartment for a long time. In the begining we were in Bastille. And now we are in the 15th district, which is a lot more quiet.

Did you record the new track on the EP in Paris ?

Pete : No, Dublin.

And about the music, do you like the french scene ?

Michelle : Yeah ! I like Zaz. We listen to the radio here.

Pete : And all you can hear on the radio here is The Black Eyed Peas… I like Sanseverino and the old french music, Françoise Hardy, Serge Gainsbourg « La chanson de Prévert »

Michelle : I’m learning it now.

Pete : I play bass for a french band. Our percussionist is french. The longer we stay, the more musicians we meet. The network begins.

Do you ever feel homesick ?

Michelle : Sometimes. I miss my family. I have small nieces and nephews, i miss them. They’re growing older. And I miss chips sometimes. Proper chips. They’re different here. In Ireland they make it bigger and thicker. It's good. There is a lot of Irish people here. There is a lot of…

…Pubs ?

Michelle : I don’t drink so…

Pete : We try not, but sometimes when we had a friend over…

Michelle : Maybe that is the reason why i am in France. I don’t drink like an Irish person. I drink very little.

Pete : I don’t miss Ireland at all. Never. I’m very happy to be here. I’ve lived in many places, in India, in New York, Canada. I spent a lot of my life outside of Ireland.

Do you think that all this travelling improved your guitar playing ?

Pete : For Sure. I studied the guitar in Spain. My guitar is from Spain. You have to play with long nails (he shows his fingers) because it’s very percusive (he takes his guitar and start playing). I’ve spent a lot of time in Andalucia, near Sevilla. I studied there for six months.

And you went there specifically to study guitar ?

Pete : Yes, yes. Going to Spain has really made a difference in my music. And then i was in India for six months and i played with local musicians everyday. In Dharamasala, this is the town where the Dalai Lama stays in North India. He’s in exile today. Lots of Tibetans live there in exile and some great singers. And what they sings is so different from what i understand or know about music. I spent three months in little villages outside this town playing music everyday. I was playing classical guitar, an english friend of mine played the flute and they were singing local music. The « melange » was very interesting. This is where the Himalaya starts. Many forests. It’s beautiful. I used to sail in Australia for a long time. We didn’t have radio, television or internet on the boat. And because of that i started to make more music in my head. And this can be interesting too…

Michelle : I think it’s very important. We don’t have a television at all. We didn’t have a tv in years. Our living-room is always centered around facing each other. There is no distraction. We sit around in a circle.

Michelle, can you say a few words about your parents’s jukebox in the family restaurant ?

Michelle : My daddy is a chef. When i was a child, my parents had a restaurant on the side of Ireland, by the beach. My dad lived there. It was a seafood restaurant. And we had a big room, a function room. For dansers. We had an old record player and many boxes of records. When i was small i used to go in during the day and play the records. They had so many things from the sixties and the seventies. It got me into The Beatles and The Carpenters. I used to dance around. I still have that record player and the boxes. The sixties and the seventies are really important to me. Pop songs were short and sharp. Burt Bacharach had such strong melodies, i loved it. I used to play them all the time. My friends were more into what was in the charts at that time.

Can you describe your upbeat happy sound ?

Michelle : It’s me. I’ve always been like that. I’m not the kind of person who gets affected by things, even if something bad happens. I never feel sad, i just go on with life.

Pete : When we’re playing live it doesn’t have to be very loud but it can be upbeat. And it’s nice to see it in people’s faces in the audience.

On the ep the song « Something i need » have somekind of a soul quality into it. Do you listen a lot of soul music ?

Pete : Actually, no.

Michelle : Some, but no, not really. I don’t know how that happened. Maybe some Marvin Gaye, Al Green and Bill Withers. I’m addicted to his songs. My brother had one of his albums.

Pete : We play « Let’s stay together » at our shows. (Pete takes his guitar and they actually play a beautiful acoustic version of the song). Maybe we’ll put that song on our next album. We want to record it properly, maybe an acoustic version.

The last song on the EP « Take me » has more of an eighties feel...

Michelle : We are child of the eighties. Whatever influenced us was on the radio. Do you know the records « Now » ? Every year there was a compilation, i have the second one. That was from the eighties. My parents had this for the restaurant.

Pete : When we recorded « Take me » we had the idea we wanted that kind of sound for that track. For « Take me » we had a small amplifier, a very bad one but i liked the sound. I plugged in my electric guitar. We put the amplifier and the microphone outside and that’s how we got that sound.

Michelle, what’s the most important thing in your life, music or food ?

Michelle : That is tough ! In College i’ve studied nutrition and my dad being a chef, food is very important to me. All my books are about food.

Pete : Well you do spend more time singing that you do eating. So music is more important.

Michelle : I think they’re equal… I do both equally. Me dad used to take me to restaurants when i was a child, just to visit places and look at the menus. It’s his fault if i became obssessed with food.

IN CONCERT ON JANUARY 22nd AT THE THEATRE TRAVERSIERE.

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Read also Michelle’s blog about her life in Paris and food :

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